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Partager sur Facebook | Partager sur Twiter | Partager | Imprimer | A+ | A- | A=Fontaines à boire

Flicker - Razmataz
[27/06/2013]

En cas de forte chaleur, ou tout simplement si vous avez soif, n'oubliez pas que près de mille fontaines de distribution d'eau potable sont disséminées dans les rues, squares, jardins, cimetières et bois de Paris.

Consultez la carte des fontaines de Paris 

 

Petite histoire des fontaines de Paris

On retrouve trace certaine de fontaines publiques à Paris à partir du Moyen Age seulement. Celles-ci étaient situées sur la rive droite et alimentées par des dérivations des "sources du Nord" (eaux de Belleville et du Pré St Gervais), opérées par des ordres religieux.

Ainsi, au 12ème siècle, Philippe Auguste dote le quartier des nouvelles Halles qu'il fait construire de trois fontaines publiques: la fontaine des Halles; la fontaine Maubuée, qui se trouvait rue St Martin, approximativement en face de l'esplanade de l'actuel Centre Georges Pompidou; et la fontaine des Innocents, qui existe encore aujourd'hui après avoir été reconstruite à la Renaissance et déplacée au 18ème siècle (son emplacement primitif était à l'angle de la rue St Denis et de l'actuelle rue Berger).

Le nombre des fontaines augmente lentement ensuite, pour atteindre 16 unités à la fin de la Renaissance. Dépendant de l'autorité municipale du prévôt des marchands, elles sont insuffisantes pour alimenter correctement la population parisienne en eau. Celle-ci a alors recours aux puits et à l'eau de la Seine.

La rive gauche, dépourvue de sources, reste privée de fontaines jusqu'à la décision de Marie de Médicis, en 1612, d'y faire construire un nouveau palais qui restera connu sous le nom de palais du Luxembourg. Pour l'alimenter en eau, on décide de retrouver les sources que les Romains avaient découvertes et de reconstruire l'aqueduc antique qui les amenait jusqu'à Lutèce. Quatorze nouvelles fontaines sont ainsi créées de 1624 à 1628.
La construction de la pompe Notre-Dame (sur le pont Notre-Dame, face au Pont au Change), à la fin du 17ème siècle, permet d'alimenter en eau de Seine certaines fontaines. Cette pompe fonctionnera jusqu'au Second Empire.

A la veille de la Révolution, Paris est doté de 58 fontaines et connaît toujours une situation de pénurie en eau. Faute d'une alimentation suffisante, l'eau n'y coule pas en permanence, et notamment pas la nuit.
Parmi les solutions envisagées, c'est le recours à une machine à vapeur pour élever l'eau de la Seine qui est préférée. C'est ainsi que la pompe à feu de Chaillot (16ème arrondissement) des Frères Périer est mise en fonction en 1781, et celle du Gros Caillou (15 ème arrondissement) en 1786. Outre des abonnés et des fontaines marchandes, elles alimentent des fontaines publiques avec une eau malheureusement puisée à l'aval de Paris, et donc polluée. Ces pompes fonctionneront cependant jusqu'au Second Empire.

Certains témoignages laissent penser que les fontaines étaient principalement utilisées par les porteurs d'eau, et non par les particuliers qui soit avaient recours à eux, soit disposaient d'un puits. Il semble également que le puisage aux fontaines n'était pas gratuit, mais on dispose de peu d'informations sur les modes de paiement qui avaient cours.

En prenant le pouvoir, Napoléon 1er souhaite "faire quelque chose de grand et d'utile pour Paris". Son choix se porte sur l'alimentation en eau, et il décide le creusement du canal de l'Ourcq, qui apportera l'eau de la rivière Ourcq un affluent de la Marne, à Paris (il ne sera achevé qu'après la chute de l'Empire, en 1822). L'empereur veille également à l'alimentation des fontaines existantes, et décide la réalisation de quinze nouvelles fontaines. Parmi celles-ci, la fontaine de la place du Châtelet existe encore aujourd'hui.

L'entrée en service du canal de l'Ourcq, sous la Restauration, marque l'avènement d'une idée nouvelle: la distribution de l'eau au domicile des particuliers, par le biais d'un abonnement payant. Les fontaines se voient alors assigner un rôle de plus en plus ornemental, mais aussi une mission de délivrance gratuite de l'eau aux gens modestes, pour lesquels le Préfet Rambuteau fait réaliser 2 000 bornes-fontaines.

Au début du Second Empire, un cinquième des immeubles parisiens, tout au plus, est desservi par un abonnement au service de l'eau. Les porteurs d'eau sont encore très actifs. L'apport d'Haussmann (et de son ingénieur chargé des eaux, Belgrand) est de décider d'aller chercher l'eau potable pour Paris à une distance suffisante pour qu'elle ne soit pas contaminée, en quantité suffisante pour une ville en pleine croissance, et de l'acheminer par des aqueducs clos la préservant. L'arrivée d'une eau abondante permettra, à partir de la fin du 19ème siècle, la généralisation progressive de l'abonnement individuel, et l'abandon du recours aux porteurs d'eau et aux fontaines.

Pour autant, les fontaines à boire ne vont pas disparaître de la voie publique parisienne. Un philanthrope anglais demeurant en France, Richard Wallace, ému par les souffrances de la population parisienne durant le siège de 1870-1871, se révéle un philanthrope pour ses concitoyens parisiens marqués par la misère et le manque d'eau au cours de ces terribles années. Il offre à la Ville de Paris "50 fontaines à boire", à établir sur les points les plus utiles pour permettre aux passants de se désaltérer. Belgrand, Directeur du Service des eaux et des égouts, détermine les emplacements et la pose commence des 1875.

Aujourd'hui, à Paris, on dénombre 119 fontaines Wallace, alimentées à partir du réseau d'eau potable, et qui fonctionnent comme au premier jour. Il existe trois modèles de fontaines Wallace : les « petits modèles » et les « modèles en applique » ont l’apparence de fontaines ordinaires tandis que « le grand modèle », dans lequel l’eau coule sous un dôme soutenu par quatre cariatides (voir photo ci-dessus), est beaucoup plus original et constitue aujourd’hui un élément remarquable du patrimoine parisien. Ce dernier type  était initialement équipé d’un gobelet, attaché à une chaîne, pour permettre de boire aisément. Ces gobelets ont depuis été retirés, pour des raisons d’hygiène.
 

Nouvelles Fontaines à Boire de l'an 2000


Paris a depuis 2000 un nouveau modèle de fontaine à boire. Il représente une porteuse d'eau. Quatre fontaines de ce type sont aujourd’hui installées : la première sur le parvis de Notre Dame, à l'angle de la rue d'Arcole, la deuxième place Saint Michel, la troisième à proximité de la Bibliothèque de France et la quatrième place de la Garenne dans le 14e arrondissement.

 

Télécharger la liste des fontaines sur la voie publique (hors parcs, squares et cimetières) 

 

 

   


 

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