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Partager sur Facebook | Partager sur Twiter | Partager | Imprimer | A+ | A- | A=Visite au réservoir d'eau potable de Montsouris

Mairie de Paris - François Grunberg
[15/04/2013]

Construit sous le couvert d'une butte plantée de gazon, pour maintenir fraicheur et humidité, le réservoir de Montsouris, est l'un des 5 principaux réservoirs d'eau de Paris. Visite très privée de ce lieu insolite qui n'est pas ouvert au public.

Le réservoir Montsouris est ce long bâtiment recouvert de pelouse et coiffé de deux délicats pavillons de verre et de métal à l'architecture typique du XIXe siècle qui s'étale en bordure de la rue de la Tombe-Issoire. Ce chef-d’oeuvre de Belgrand, unique en son genre, stocke 202 000 m3 d'eau en provenance de Nemours, Provins, Fontainebleau, les Vals de Seine, et approvisionne en eau 1/5 de la population parisienne.

On y pénètre au 118 de la rue Montsouris par une petite porte voutée. Ce lieu très privé qui stocke et conserve l'eau potable des Parisiens est fermé à la visite depuis 2001 pour raisons de sécurité.


300 000 m3 d'eau cachés à Paris par mairiedeparis

Un peu d'histoire

Le réservoir de Montsouris a été construit par l'ingénieur Eugène Belgrand pour alimenter en eau la partie sud de la capitale.
Situé en plein Paris, il fut longtemps la plus grande réserve d’eau potable de la ville et même du monde. Le monument a été construit sur un des points les plus hauts du sud de Paris. Les travaux commencèrent en 1869 et ne furent achevés qu’en 1875 pour cause d’interruption pendant la guerre avec les Prussiens. Une des grandes préoccupations de l’ingénieur a été de soustraire l’eau de la Vanne à l‘influence de l’air extérieur. À son arrivée à Paris, cette eau a déjà parcouru, (respectivement 90km et 150 Km) en suivant les aqueducs. Protégée de la chaleur ou du froid, elle conserve à l'arrivée la température initiale de la source.

Le réservoir Montsouris, vue extérieure 

A l'extérieur, tenue de camouflage

À l’extérieur, rien n’annonce ce chef-d’oeuvre caché. Les voûtes qui le surmontent sont recouvertes de 30cm de terre gazonnée et un grand mur en pierre meulière borne toutes les faces du réservoir. Sur le toit on n’aperçoit rien d’autre qu’une immense prairie. Sous cette prairie s’étendent les différents réservoirs, trésor liquide que l’herbe garantit pendant l’été contre la chaleur du jour. On accède à la partie supérieure de l'édifice par un petit escalier extérieur. Nous pénétrons dans un des pavillons de verre et de métal. Deux larges ouvertures offrent une vue plongeante sur les réservoirs supérieurs. Au plafond une très belle mosaïque représente les armoiries de la ville. C'est depuis le réservoir supérieur que l'eau stockée dans les réservoirs inférieurs est pompée puis distribuée sur le réseau de la ville.

A l'intérieur, des galeries voutées abritent des bassins d'eau très pure sur deux étages.

Nous pénétrons dans les réservoirs inférieurs et longeons une longue coursive de 254m qui offre une vue plongeante sur cet univers liquide. Le lieu ressemble étrangement à une immense cathédrale. Une eau couleur de lagon s'étale à l'infini sous une grande voûte autour d'une forêt de piliers.

Nous découvrons une citerne à perte de vue composée d’innombrables galeries voutées. Ces galeries ont 254 mètres de longueur sur 127 de largeur.
Bâti sur d'anciennes carrières, cette construction hydraulique a donné lieu au plus grand chantier de confortation souterraine. Près de 1800 piliers maçonnés ont été construits pour soutenir le poids du réservoir et de ses 300 000 m3 d'eau. Quand on est muni de lanternes, on peut entrevoir les rangées de piliers massifs qui supportent la voûte et se répètent ainsi à l’infini dans chacun des quatre compartiments des deux étages de l’édifice.

Conduits 

Comment ça marche ?

Dans un fracas de cascade, une énorme vanne déverse des trombes d'eau. Cette eau provient, (pour une part) de la région de Nemours et de Provins via l’aqueduc du Loing et (pour une autre part) de la région de Fontainebleau et les Vals de Seine via l’aqueduc de la Vanne.

La gestion des niveaux d'eau est complètement automatisée. Pour réguler le niveau de l'eau, il faut tenir compte des pics de consommation qui sont à leur maximum le matin et à leur minimum à partir de 3h du matin. En cas de canicule, il faut prévoir une consommation de 100 000m3 en plus.

Dans les réservoirs supérieurs, il y a 3,30 mètres d’eau. Les réservoirs inférieurs sont plus profonds : ils ont 7,5 mètres de hauteur avec 5 mètres occupés par l’eau. La contenance totale des quatre réservoirs est de 300 000 mètres cubes. Chacun de ces réservoirs est complètement indépendant : il a le tuyau d’arrivée et le tuyau de dégagement, de telle façon que, s’il arrive un accident à l’un d’eux, le service puisse être fait sans aucune interruption. Un grand nettoyage est effectué une fois par an.

5 grands réservoirs pour alimenter Paris en eau potable

Le réservoir Montsouris est toujours utilisé aujourd’hui pour distribuer l’eau aux robinets des Parisiens. C’est l’un des 5 principaux réservoirs d’eau de la ville (Montsouris, L’Haÿ-les Roses, St Cloud, Ménilmontant et les Lilas) qui alimente en eau une grande partie de la rive gauche de la capitale mais également la partie basse de part et d’autre de la Seine. A ces réservoirs s'ajoutent 3 châteaux d'eau qui alimentent les quartiers hauts de Paris (Montmartre et Belleville).

 Quelques chiffres

 

 - Paris compte 3 millions de consommateurs et 94 071 abonnés
 - 525 000 m3 d’eau potable sont consommés en moyenne par jour à Paris (chiffres 2011)
 - Eaux souterraines : 102 points de captages dans les régions de Provins, Sens, Fontainebleau et Dreux, correspondant à 50   % de l’eau de robinet bue par les Parisiens
 - Eaux de surface : 2 rivières (La Seine et la Marne) où est prélevée 50 % de l'eau traitée pour alimenter la capitale
 - 470 kilomètres d’aqueduc et 1 990 kilomètres de canalisation d'eau potable dans Paris
 - 3 aqueducs principaux : la Vanne, le Loing et l’Avre et 5 grands réservoirs situés aux portes de Paris
 - 6 usines de traitement (4 pour les eaux souterraines et 2 pour les eaux de rivières)
 - 10 étapes de contrôle depuis le point de captage jusqu'au robinet du consommateur
 - 1 200 points de distribution publics d’eau potable à Paris dont 3 fontaines à l’Albien, 95 fontaines Wallace,
 - 4 fontaines « du millénaire » , 1 fontaine pétillante, 4 fontaines totem
 - 62 critères de potabilité analysés
 - 1 million de mesures qualité par an

 

 

Pour tout savoir sur la gestion de l'eau: Eau de Paris  (régie municipale, gestionnaire unique de l'eau à Paris depuis 2010.) 

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