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Partager sur Facebook | Partager sur Twiter | Partager | Imprimer | A+ | A- | A=Le Kamishibaï, un théâtre d'images

Mairie de Paris
[09/12/2010]

Cette technique, entre théâtre et conte, est utilisée dans les crèches pour développer le goût de la lecture chez les enfants  

Le Kamishibaï (kami : papier / shibaï : théâtre) est une technique du langage oral qui nous vient du Japon où il était, au XVIe siècle, utilisé par les religieux bouddhistes pour convertir les habitants. Il connut un nouvel essor au XXe siècle avec la crise des années 30 qui fit des milliers de chômeurs qui utilisèrent ce procédé pour gagner un peu d’argent. Le Kamishibaï devint alors un spectacle de rue. Le conteur fixait un cadre en bois sur le porte bagages de son vélo et racontait des histoires dans la rue. La représentation était gratuite, mais le conteur gagnait sa vie en vendant des bonbons aux enfants. Le conteur racontait les histoires en plusieurs épisodes, incitant ainsi le public à revenir pour écouter la suite et acheter de nouveaux bonbons. Lorsqu’à la fin des années 50, la télévision se popularise au japon, le Kamishibaï disparaît des rues pour laisser la place au Kamishibaï éducatif largement utilisé depuis dans les écoles et les bibliothèques publiques.

De quoi s’agit-il ?
Le conteur utilise un petit castelet (un Butaï), en bois, dans lequel il insère des planches cartonnées illustrées, pour raconter des histoires aux enfants. Des histoires courtes de 12 à 18 planches. Parfait moyen de valorisation des textes, le Kamishibaï permet de mettre en scène et de présenter des pages de contes où l’écrit apparaît sous forme de légendes au dos des dessins. Le conteur lit alors le texte correspondant à l’image présentée à un petit groupe d’enfants, installés face à lui.
La technique exige le respect de quelques règles, explique Françoise Mathien, directrice de la crèche 7 allée Arthur Honegger (19e) : "L’idée est de reproduire les images que les enfants retrouveront ensuite dans le livre choisi et il est essentiel qu’ils retrouvent aussi toute l’histoire telle qu’elle est racontée dans le livre. Cette technique les incite à redécouvrir ensuite ces mêmes histoires dans les livres disponibles de la bibliothèque."

Un outil pédagogique
" Le Kamishibaï est un outil pédagogique très riche qui se situe entre le conte et la lecture", indique Nina Colas, directrice de la crèche collective 25, rue de Nantes (19e). "Cette technique donne le goût de la lecture aux enfants. Lorsqu’un enfant choisit seul un livre, il le fait en fonction d’une problématique qui l’intéresse à ce moment là : la séparation d’avec sa mère, le renoncement à sa tétine, la naissance d’un petit frère…. L’éducatrice ou l’auxiliaire de puériculture va répondre à un besoin individuel, ce qui n’est pas toujours aisé en collectivité. Lorsque c’est une professionnelle qui sélectionne un livre, elle ne peut pas répondre à toutes les problématiques individuelles. Le Kamishibaï est tout à fait indiqué en collectivité car il peut s’adresser à un groupe d’enfants. Ils choisissent ensemble l’histoire qu’ils veulent entendre. On répond donc à la fois aux besoins collectifs et aux besoins individuels.
Avec le Kamishibaï, on développe l’imaginaire et la créativité des enfants. C’est également un support innovant de la lecture qui mérite d’être encouragé dans les structures de la petite enfance."

Le livre spectacle
Réunis autour du conteur, les enfants partagent un moment en écoutant une histoire. « Placé derrière la castelet, le conteur ne voit pas l’image, uniquement le texte. Cela donne toute sa place à la voix. Les enfants doivent à la fois regarder et écouter », indique Fabienne Michaux, éducatrice de jeunes enfants à la crèche 6, rue des Jardiniers (12e). " L’observation aide le conteur à sélectionner les histoires. Certaines par exemple fonctionnent mieux pendant les temps calmes. Les enfants participent au choix des histoires, apprennent à reconnaître les images et connaissent les textes."

Un projet fédérateur
Plusieurs équipes utilisent le Kamishibaï couramment dans les crèches et haltes-garderies. Dans plusieurs arrondissements, notamment les 11e, 12e et 19e, les professionnelles se forment entre elles et échangent les histoires entre établissements. "Dans le 12e arrondissement, 14 établissements proposent cette activité qui malgré le recours à un castelet ne prend pas la place des marionnettes", précise Martine Bizart, coordinatrice des crèches de l’arrondissement. "La transmission se fait entre collègues d’un même établissement qui en changeant de crèche apportent cette technique", ajoute Fabienne Michaux. "Mais aussi, tous les deux mois, les éducatrices et auxiliaires intéressées se réunissent dans deux crèches pour échanger et faire découvrir des histoires, transmettre leur savoir faire."

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