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A+ | A- | A=Présentation des bibliothèques municipales
Les bibliothèques de la Ville de Paris constituent un pôle majeur des pratiques culturelles des Parisiens : plus de 330 000 inscrits, 12 millions de prêts et une fréquentation estimée à 8,5 millions d'entrées par an.
Avec ses 58 établissements de prêt (dont une Réserve centrale) et ses bibliothèques spécialisées, le réseau municipal offre un éventail très riche des différentes formes d'expression culturelle.
L’accès aux bibliothèques municipales est libre et ouvert à tous. L’emprunt des imprimés (livres, revues, BD, partitions) et des méthodes de langue est gratuit.
La Ville de Paris met à la disposition de tous une offre de lecture publique comprenant deux réseaux complémentaires :
- un réseau maillé de bibliothèques de proximité, le plus important de France, avec 57 établissements. Ce réseau, complété par une réserve centrale, propose plus de 3 500 000 documents sur tous supports.
- un ensemble de bibliothèques patrimoniales et/ou spécialisées, ouvertes à tous, d'une exceptionnelle diversité et richesse documentaire.
La diversité de l'offre est à cet égard un des moyens privilégiés mis en oeuvre par la Ville pour accomplir au mieux les missions traditionnelles et nouvelles des bibliothèques : initier à la lecture, faciliter l'accès à l'information, contribuer à la formation permanente, ouvrir à toutes les cultures, proposer un large choix de documentation et participer à l'offre de loisirs.
Cette diversité et cette richesse sont aussi l'héritage d'une histoire singulière.
Historique
L'histoire des bibliothèques municipales parisiennes est marquée par quelques traits hérités du passé qui les différencient des autres réseaux de lecture publique, en France comme à l'étranger.
Paris ne possède pas de bibliothèque centrale, bien qu'une telle institution ait existé à deux reprises autrefois. La première fut confisquée par l'État à la Révolution, la seconde, située dans l'ancien Hôtel de Ville, fut détruite dans l'incendie de mai 1871. En 1872, il fut décidé de reconstituer non pas une bibliothèque centrale à caractère encyclopédique mais, à partir du legs Jules Cousin, une bibliothèque consacrée exclusivement à l'histoire de la capitale, donnant ainsi naissance à l'actuelle Bibliothèque historique de la Ville de Paris.
On créa à l'Hôtel de Ville une bibliothèque destinée à répondre aux besoins de l'administration de la Préfecture de la Seine, devenue depuis la Bibliothèque de l'Hôtel de Ville.
Puis, à partir de 1878, le réseau parisien s'est développé par la création dans les quartiers de Paris de bibliothèques populaires conçues au profit des classes déshéritées, et logées dans les mairies ou les écoles.
Au fil des années, les bibliothèques de Paris, sous l'impulsion des pionniers de la lecture publique moderne, se sont peu à peu dégagées de leur caractère initial d'institutions de bienfaisance. De "populaires" elles sont devenues "publiques", avec la généralisation du libre accès aux rayons et l'ouverture à temps complet d'un certain nombre d'entre elles. Elles ont ensuite connu un développement en dents de scie dont les périodes de stagnation, voire de régression, s'expliquent principalement par les vicissitudes budgétaires.
A partir de 1967, pour résorber le retard du réseau et répondre aux besoins de la population en matière de lecture, des efforts importants furent accomplis : modernisation des locaux et construction de bibliothèques nouvelles, création en 1971 du service technique central des bibliothèques de la Ville de Paris, fermeture progressive des "comptoirs de prêt", (anciennes bibliothèques de quartier implantées dans les écoles), développement des sections jeunesse et création des discothèques.
Cette modernisation a été formalisée en 1975 dans un Schéma directeur d'implantation des bibliothèques adopté par le Conseil de Paris, document de référence permettant de fixer les grandes lignes du développement à long terme du réseau.
Avec l'évolution du statut de Paris, qui devient en 1977 une commune de plein exercice, dotée d'un maire, la municipalité poursuit cet effort de développement : diversification des collections, introduction de nouveaux supports, informatisation des bibliothèques de prêt (entreprise en 1989 et achevée en 1998), création de la Médiathèque musicale de Paris, accès aux nouvelles technologies de l'information.
L'accès libre et gratuit à toutes les bibliothèques est resté, tout au long de cette histoire, une constante du réseau.
Les bibliothèques de prêt
Le réseau des bibliothèques de quartier est composé d'établissements de taille diverse, répartis sur l'ensemble du territoire parisien :
• Deux médiathèques dont une de plus de 3 500 m² et treize bibliothèques de plus de 1 000 m² auxquelles il faut ajouter la Médiathèque musicale de Paris, à la fois bibliothèque de prêt et établissement de référence sur la documentation musicale. Ces grands établissements proposent des collections et des services très diversifiés : toutes ont une grande section adultes, une section jeunesse (des tout petits à 14 ans), et une discothèque/vidéothèque.
• Vingt bibliothèques dont la superficie est comprise entre 400 et 1000 m², comprenant au minimum deux sections, adultes et jeunesse, ou, pour deux d'entre elles, jeunesse et discothèque.
• Onze petits établissements (de 100 à 380 m²), installés dans les mairies ou les écoles, témoins de l'ancien réseau, privilégient le service pour les adultes, avec des collections d'imprimés seulement.
• Onze bibliothèques spéciales pour la jeunesse. La plus grande, L'Heure Joyeuse, conserve un riche fonds historique de littérature pour la jeunesse.
• Une réserve centrale, constituée à partir des collections retirées du prêt dans les bibliothèques de quartier faute de place mais aussi d’acquisitions. Les 195 000 documents de la réserve sont référencés dans le catalogue collectif informatisé et les documents prêtés en différé.
Les bibliothèques de prêt disposent d'un service central chargé des acquisitions et du traitement des documents pour l'ensemble du réseau, et offrant aux bibliothèques à la fois un appui logistique et des prestations adaptées.
Les collections, les services, les publics
L'ensemble des bibliothèques de prêt, réserve centrale incluse, propose au public plus de 2 800 000 imprimés, 6000 abonnements à des revues et journaux, 650 000 disques compacts (la plus importante collection de phonogrammes en prêt de France), 62 000 vidéogrammes, mais aussi des partitions, des méthodes de langues et des supports multimédia.
Huit pôles de langues et trois pôles musicaux proposent une offre multisupports dans ces domaines. Des établissements développent des fonds thématiques et des fonds locaux : Afrique et monde arabe, psychologie, informatique, théâtre, métiers et recherche d'emploi (" Infodor "), langues asiatiques, photographie, science fiction, marché de l'art, pour citer les principaux.
Ces ressources sont accessibles avec une carte unique d'inscription, sésame d'un usage en réseau que la mobilité parisienne et l'offre de transports publics facilitent grandement. L'accès est libre et gratuit. Le prêt des livres et des revues, le prêt de tous les documents dans les bibliothèques et sections jeunesse sont également gratuits. Seul le prêt des phonogrammes et des vidéogrammes fait l'objet d'un forfait annuel.
Plus de neuf cent animations sont proposées au public des bibliothèques de prêt chaque année : spectacles, expositions, conférences, rencontres avec des auteurs, lectures, projections, clubs de lecture, ateliers, jeux, etc., avec le concours de l'association Paris bibliothèques.
La recherche de nouveaux publics se développe, avec des actions remarquées comme les Bibliothèques hors les murs (BHLM) en été dans les quartiers, les activités dirigées vers la petite enfance, dans les crèches et les centres de PMI, le portage de livres à domicile, ou la participation à des actions de lecture dans des lieux publics. Un partenariat a également été établi avec la maison d'arrêt de la Santé, pour aider à répondre aux besoins documentaires des détenus.
L'accueil des groupes est également une activité bien établie dans le réseau et en constante progression. Les efforts se portent sur l'accueil des handicapés et la mise en place de collections et services spécifiques, en particulier pour les déficients visuels. C'est ainsi qu'en plus des livres en gros caractères et des livres sonores, dix bibliothèques mettent à disposition depuis 2003 des machines à lire et des vidéo-agrandisseurs. En 2006, un nouveau service, la presse en ligne, accessible aux mal voyants ou non voyants, est mis en place dans cinq bibliothèques grâce au logiciel Vocal presse crée par la société Akompas.
Les bibliothèques et les fonds spécialisés
A la bibliothèque historique et à la bibliothèque administrative, s'ajoutent la bibliothèque Forney, inaugurée en 1886 et consacrée aux arts et techniques, la bibliothèque Marguerite Durand ouverte en 1932 (histoire des femmes et féminisme), la médiathèque musicale de Paris (1986), qui réunit à la fois une bibliothèque de prêt multimédia, un centre de documentation et une riche collection d'archives sonores, la bibliothèque des littératures policières (BILIPO) ouverte en 1995.
La bibliothèque des arts graphiques, fondée en 1918, est actuellement rattachée à la bibliothèque Forney.
La bibliothèque du cinéma, la seconde plus importante collection accessible au public dans ce domaine en France, a ouvert ses portes 4, rue du cinéma, dans le Forum des Halles, en 2008. Ouverte à tous les publics, son originalité est d’être la seule bibliothèque spécialisée à offrir le libre accès de ces collections, à l’exception des revues de presse, consultables à la demande. Elle est également la seule à Paris à proposer le prêt à domicile de tous les documents consacrés au cinéma et à la télévision.
Trois fonds spécialisés très développés méritent une mention particulière : le fonds tourisme et voyages à la bibliothèque Trocadéro (16e), le centre de documentation sur les métiers du livre et de la documentation à la bibliothèque Buffon (5e), enfin le fonds historique de littérature pour la jeunesse conservé à la bibliothèque de l'Heure Joyeuse.
Les collections sont ouvertes à tout public et leur accès est gratuit. En collaboration avec Paris bibliothèques, ces bibliothèques organisent de nombreuses manifestations destinées à faire mieux connaître et à valoriser leurs collections.
De grands axes de modernisation, des projets
• La rénovation des établissements fait l'objet d'un programme pluriannuel ambitieux et va de pair avec une politique de mise aux normes des équipements existants, d'autant plus nécessaire qu'ils sont utilisés de manière intensive. De nouvelles médiathèques permettent aussi de mieux couvrir le territoire parisien et de présenter de nouveaux services au public :
Ainsi, les bibliothèques Trocadéro (16e), Italie (13e), Maurice Genevoix (18e) ont fait l'objet d'une rénovation complète. Deux autres établissements ont bénéficié d’importants travaux (2009) : Picpus (12e) et Flandre (19e). Côté nouveauté, les médiathèques Marguerite Yourcenar (15e), Marguerite Duras (20e), les bibliothèques Chaptal (9e), Audoux (3e), Delbo (2e) ou Louise Michel (20e) ont ouvert leurs portes. D'autres projets sont en cours !
• Le catalogue commun des bibliothèques spécialisées est accessible en ligne depuis le début de l’année 2006. Il répertorie, décrit et localise les documents de toute nature (imprimés, iconographiques, multimédias...) conservés par ces bibliothèques.
Le catalogue commun des bibliothèques spécialisées permet l’accès aux références des collections et s’enrichit régulièrement reliant ainsi le réseau des spécialisées à celui, international, de la recherche.
Parallèlement, le système informatisé de gestion des bibliothèques de prêt a été modernisé (2009) afin d'offrir au public de nouvelles fonctionnalités et une ergonomie plus satisfaisante. C'est ainsi qu'à la consultation des catalogues sur le site Web de la Ville est venu s'ajouter progressivement un bouquet de services à distance : réservation, messagerie, consultation de documents numérisés, etc.
• Collections et services à distance : les ressources et services en ligne sont un des axes développés prioritairement par les bibliothèques parisiennes, dans le droit fil des objectifs définis par le schéma directeur informatique de la Ville.
Les accès à Internet et les services multimédias se multiplient dans toutes les bibliothèques, d'abord avec l'installation de points "WiFi" en 2007, puis des services multimédias variés : accès libre ou assisté à Internet, messagerie et bureautique, en 2008 et 2009 etc.


