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La Fée Electricité - Raoul Dufy
"Mettre en valeur le rôle de l’électricité dans la vie nationale et dégager notamment le rôle social de premier plan joué par la lumière électrique", tel était l’objectif de la commande passée à Dufy en juillet 1936 par la Compagnie Parisienne de Distribution d’Electricité. Il s’agissait de réaliser un vaste décor (600m2) pour l’un des deux halls du Pavillon de l’Electricité et de la Lumière construit par Robert Mallet-Stevens à l’Exposition internationale de 1937. Exécutée très rapidement, grâce à l’utilisation du médium mis au point par le chimiste Jacques Maroger et à la projection lumineuse sur le support définitif des esquisses par le biais de clichés-verre, La Fée Électricité avait été précédée d’une ample et minutieuse campagne de documentation. La composition générale du décor témoigne de la part de Dufy d’une surprenante déférence à l’égard des modèles académiques.Reprenant un dispositif souvent fréquenté depuis La Dispute du Saint-Sacrement de Raphaël, Dufy répartit deux foules de savants (110 en tout) de part et d’autre d’un motif central, ici les dieux de l’Olympe trônant au dessus de l’ultra-moderne centrale électrique de Vitry-sur-Seine, dont Dufy avait ramené de nombreuses études.
Il est vrai que cette référence à l’Antiquité était suggérée par le programme rédigé par les dirigeants de la C.P.D.E. qui citait Lucrèce et son De natura rerum, que l’artiste s’est empressé de relire.
Par ailleurs, chaque savant, identifié par une inscription, a été précédé de plusieurs études, le représentant nu, puis habillé, suivant la méthode employée par le David du Serment du Jeu de Paume.
Plus séduisant, le registre supérieur se déroule à la façon d’un panorama (se lisant de droite à gauche), parti déjà adopté par l’artiste pour la salle à manger du docteur Viard (un Itinéraire de Paris à la mer et à Sainte-Adresse), et qu’il reprendra bientôt pour le bar du Palais de Chaillot.
Composition essentiellement rhapsodique, tissée d’images d’origine documentaire, La Fée Electricité, si elle recycle des thèmes anciens de l’œuvre de Dufy, comme La Rue pavoisée, en introduit aussi de nouveaux : orchestre et dépiquage y font leur première apparition.
Si nous ne portons plus à cette ode plutôt conservatrice au progrès technique l’admiration sans réserve de ses premiers exégètes, La Fée Électricité reste une courageuse tentative de renouveler un genre, le grand décor à visée apologétique, promis à une rapide déshérence.
Une réplique de La Fée Electricité au 1/10 fut exécutée par Dufy avant la dépose du décor original, qui fut soustrait au regard du public jusqu’à son remontage au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris en 1964.
Mise à jour le : 30 juin 2010
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La Fée Electricité - Raoul Dufy

