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DISCOURS

Visite d’Etat de Norodom Sihamoni

21/11/2006

Majesté,

Monsieur le Vice-Premier Ministre,

Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs les ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs les élus,

 

 

C’est un immense honneur pour Paris, de recevoir aujourd’hui le chef d’un Etat pour lequel la France éprouve un réel sentiment de fraternité.


Permettez-moi donc, au nom des Parisiennes et des Parisiens, de vous souhaiter la plus chaleureuse des bienvenues.

Pour nos deux peuples, cette année 2006 marque, à plus d’un titre,  un anniversaire chargé de symboles très forts. En effet, il y a juste un siècle, le roi Sisowath était le premier souverain cambodgien accueilli dans notre pays.


Soixante ans plus tard, le général de Gaulle prononçait à Phnom Penh un discours historique devant plus de 100 000 personnes.

Et à cette occasion, rappelant, je le cite qu’il faut « laisser les peuples disposer à leur façon de leur propre destin », il soutenait ainsi la politique de neutralité du Cambodge et sa souveraineté face aux menaces étrangères.

Il y a quinze ans enfin, étaient signés les accords de paix, plus connus - et c’est une fierté pour nous tous - sous le nom d’« accords de Paris ».


Permettez-moi d’ailleurs d’en saluer l’un des acteurs essentiels, votre père, sa majesté Norodom Sihanouk, avec lequel j’ai eu le privilège de partager plusieurs entretiens très enrichissants. Le combat et la sagesse de ce grand Homme d’Etat, inspirent un profond respect à la France.


Après avoir été, en 1953, l’artisan de l’indépendance de son pays, il a su incarner l’héritage d’une culture si brillante. Pendant plus d’un demi-siècle et malgré les soubresauts parfois terribles de l’Histoire, il fut le garant de l’unité nationale.

En abdiquant en votre faveur, il y a maintenant deux ans, il vous a transmis, après votre élection par le Conseil du Trône, ce flambeau décisif de la souveraineté du peuple cambodgien et de la fidélité à ses idéaux.


Aujourd’hui, votre pays assume la redoutable exigence d’examiner l’un des épisodes les plus sombres de son passé.

Il y a un peu plus de vingt ans, en effet, débutait une tragédie sanglante dans laquelle allait disparaître près du cinquième de la population cambodgienne. Cette frénésie meurtrière laisse dans la conscience des Hommes une trace indélébile. Aujourd’hui, sous votre égide, sa voie est celle de la paix et du développement.

Au sein du continent asiatique, votre nation est partie prenante d’un formidable essor économique et culturel.

Elle inspire l’amitié constructive de la communauté internationale, et en particulier celle de la France. Paris prend toute sa part dans cette relation privilégiée. Je tiens en particulier à souligner l’exemplarité de la coopération fructueuse qui s’est établie, de longue date, avec la ville de Phnom Penh.

Aménagement urbain, assainissement, protection du patrimoine : nos villes ont développé ensemble, dans des domaines très divers, des projets considérables qui illustrent cette dynamique en marche, fondée sur les échanges, l’innovation et le goût du concret. J’en livrerai deux exemples, que nos cités ont initiés récemment.

Le premier s’est traduit par un diagnostic établi en commun sur le fonctionnement des services de l’eau potable et de l’assainissement, à Phnom Penh. Nous l’avons prolongé par une action dédiée à la gestion des déplacements et de l’aménagement de l’espace public de votre capitale, enjeu que nos deux villes partagent, à l’image d’ailleurs de la plupart des métropoles internationales.


Je donnerai une autre illustration de ce partenariat entre nos capitales. Elle s’applique au travail de mémoire et de témoignage, auxquels nos peuples sont légitimement attachés. Ainsi, Paris s’est associée à la création d’un Centre de la mémoire documentaire du Cambodge. Ce lieu permettra à chacun de mieux percevoir la richesse infinie de votre pays.  


Je pense notamment au formidable héritage des XIIe et XIIIe siècles, lorsque l'Empire khmer étendait loin son influence et son aura. Les constructions grandioses d'Angkor témoignent, aux yeux du monde, de la puissance de cet Etat agraire dont la modernité technologique et administrative a largement contribué à son influence.


Mais au-delà de l’Histoire qui forge notre amitié, cette proximité naît aussi de notre attachement commun à la langue française. Nous savons bien, Majesté, à quel point vous aimez le français ! Nous savons aussi la beauté des rapports que vous avez noués avec la France, où vous avez vécu pendant plus de deux décennies. Oui, à Paris s’est épanouie votre œuvre artistique !

En particulier dans le domaine de la danse, puisque vous y avez développé vos activités de chorégraphe, notamment au sein de deux conservatoires municipaux. C’est à Paris aussi, que vous avez exercé vos fonctions d’ambassadeur du Cambodge auprès de l’UNESCO.


Dans cette enceinte comme au sein des institutions internationales de la francophonie, vous avez marqué les esprits par votre engagement inlassable au service d’une vraie ambition culturelle. La même énergie, le même investissement caractérisent d’ailleurs la démarche de tous les élus cambodgiens, membres de notre association des Maires francophones.

Me revient ici la belle définition que Léopold Sedar Senghor donnait précisément de la francophonie : « elle n’est pas une idéologie - disait-il -  « c’est un idéal qui anime des peuples en marche vers une solidarité de l’esprit ». Toujours, il en soulignait la dimension historique et universelle, qui trouve dans votre pays une expression particulièrement riche.


Pour notre capitale, cette dimension francophone du Cambodge est une fierté qui nous rapproche.

Je veux d’ailleurs saisir l’occasion de votre visite pour remercier tous les Cambodgiens de Paris. En effet, ils sont, aussi, les dépositaires de ses valeurs, qu’ils font vivre au quotidien. Ils nourrissent cette alchimie ouverte à chaque influence, qui fonde l’identité même de notre cité.

 

Un tel constat me conduit à évoquer l’espérance que nous partageons, d’un avenir pacifique et stimulant. Au nom des Parisiennes et des Parisiens, je veux vous dire notre reconnaissance pour le rôle majeur que vous assumez et assumerez encore, au service de la stabilité sociale, politique, et démocratique de votre grand pays.


Et  je ne saurais conclure mon propos sans exprimer à votre famille, à votre père, à votre mère que j’ai également eu le privilège de rencontrer, ainsi qu’à vous-mêmes, tous nos vœux de bonheur et d’harmonie.

Car à travers votre venue, c’est la relation entre nos peuples, que nous célébrons aujourd’hui. Avec le plaisir et la joie simples que suscite toujours la rencontre entre de vrais amis…

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