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DISCOURS

Cinquantenaire du Jumelage Paris-Rome

30/01/2006

Discours de Bertrand Delanoë, maire de Paris,
en présence de Walter Veltroni, maire de Rome.

 

 

Monsieur le Maire, mon cher Walter,

Monsieur l’Ambassadeur,

Mes chers collègues,

Mesdames, Messieurs,

 

Paris éprouve aujourd'hui un immense bonheur à célébrer l’intensité du lien qui l’unit à la ville éternelle. Au nom des Parisiennes et des Parisiens, au nom du Conseil de Paris, je veux dire à quel point nous nous sentons honorés d’accueillir le maire de Rome, mais très heureux aussi de recevoir un vrai ami.


Il y a cinquante ans, jour pour jour, nos deux cités, deux grandes capitales de l’Europe, décidaient de devenir jumelles.


Aux prémices même de cette étape majeure dans l'aventure de notre continent, ce jumelage avait valeur de symbole.

Il signifiait que la réconciliation était en marche, et que la volonté des peuples dessinait enfin un nouvel horizon.


Cet acte de paix et de fraternité ne s’est jamais démenti. Nous avons fait vivre cette ambition singulière, léguée par nos prédécesseurs. Pendant ce demi siècle, les élus, quelle que soit leur famille politique, sont restés fidèles à ce geste originel. Les citoyens de nos cités, n’ont eu de cesse de mieux se connaître, d’agir ensemble et de puiser dans l’amitié, les ressorts d’une dynamique dédiée à la liberté et à la démocratie.
Incontestablement, Rome et Paris occupent une place unique dans l’histoire et l’imaginaire des hommes.
Villes de science et de culture, elles ont apporté une contribution puissante à l'expression du genre humain.


Notre culture s’est nourrie de l'apport de la Rome éternelle, et ceux de nos artistes qui la visitèrent en furent marqués à tout jamais : Stendhal, Chateaubriand, Ingres ou Degas n’illustrent-ils pas cette fascination qui réveille elle-même la création et le goût de l’essentiel ? Le compositeur Lully, le poète Malaparte, le peintre Modigliani ont, parmi d’autres, imprimé leur marque sur la vie culturelle de Paris, témoins de ce fluide subtil qui nous unit. Et quand Renoir annonce le néo-réalisme du cinéma italien, c’est là encore le temps qui, inlassablement, procède au partage de la beauté.


L’échange culturel s’est imposé comme une évidence. De tout temps et avec force.

Récemment encore, cher Walter, nous avons fait nôtre cette volonté de rendre le beau et l’inattendu accessibles à tous : c’est le sens de la gratuité de nos musées municipaux et de cette Nuit Blanche que nos cités vivent en commun.


Quand elles s'illuminent des performances et des gestes qui magnifient leur patrimoine, en y conviant toute la diversité de leur société. Oui, nous voulons que nous concitoyens puissent s’imprégner mutuellement de cet exceptionnel héritage et de la création contemporaine qui forgent l’identité de chaque cité. Déjà, les expositions croisées, les échanges culturels assurent entre nos villes une sorte de continuité dans l’espace, dépassant les frontières et les langues.


Ainsi, des dessins de Victor Hugo ont été exposés à Rome, le Musée du Capitole a accueilli l’exposition « Yves Montand », le festival Paris-Cinéma a célébré Ettore Scola, la Maison européenne de la Photographie a présenté les œuvres du Caffe Greco.

Et nous étudions actuellement l'instauration de tarifs exclusifs pour intensifier encore ces visites mutuelles.


Mais au-delà de cette connivence culturelle, notre amitié doit nous permettre de mieux relever, ensemble, les formidables défis qu’affrontent aujourd’hui toutes les grandes métropoles.


Garantir à chacun les plus fondamentaux de ses droits, l’accès à un logement décent, à l’eau, à l’énergie, aux soins, à l’éducation et au savoir ; mieux organiser l’espace de nos villes en rénovant nos politiques de déplacements  ; créer les conditions d’un développement durable et rendre plus accessible un environnement au sein duquel nous voulons préserver le chemin de la solidarité. Et, parce que rien n’est jamais acquis, parce que l’histoire a enseigné à nos villes, à nos nations, que tout, soudain, peut toujours basculer, il nous faut, sans relâche, servir les idéaux démocratiques, ceux qui préservent un monde civilisé et désignent un socle à partir duquel toute entreprise s’enrichit.


En unissant leurs destinées, Rome et Paris sont devenues plus fortes.

C’est l’écho de cette voix commune qu'elles font désormais résonner dans les instances européennes et internationales.


Surtout, nous avons voulu donner un nouvel élan à une coopération déjà riche de sens et d’actions. En conférant au jumelage de nos cités un contenu plus concret, visible et durable. Ainsi, depuis novembre 2003, Rome et Paris ont-elles décidé de renforcer leurs dispositifs contre les discriminations. Par exemple, en élaborant un programme de formation de leurs agents qui améliore sensiblement l'accueil des étrangers. En veillant aussi à ce que nos experts, romains et parisiens, travaillent en symbiose sur la concertation avec les habitants et sur l’insertion des populations défavorisées.


En menant à bien cette tâche, c’est le modèle de la ville du XXIème siècle que nous voulons approfondir. Quel lien social, quel vivre ensemble, devons-nous contribuer à mettre en place ?


La somme de ces recherches participe aussi de notre histoire commune ; mais une histoire qui ne se limite pas au périmètre de nos richesses respectives. Car nous avons souhaité l’ouvrir aux autres, fidèles au goût de l'universel qui a façonné nos cités. Déjà, à Pékin, nous sommes intervenus de concert, pour améliorer la conservation du patrimoine local. Et nous avons également la volonté de faire aboutir des missions concertées dans d’autres domaines, notamment en Afrique où nos projets concernent directement l’accès à l’eau et la lutte contre sida.


Monsieur le Maire, je sais à quel point nous partageons cette conviction : sans cesse, l’avenir verra nos cités explorer de nouvelles voies de partenariat. Parce qu’elles peuvent être les moteurs de cette "Europe des villes" qui peu à peu, conquiert sa légitimité. Et parce que la proximité entre nos métropoles peut servir de levier décisif pour ériger en projet ce qui n’était qu’utopie.


Or,  la plus belle des utopies, dans le monde urbain où nous vivons, n’est-elle pas de réconcilier la vie avec la cité, le quotidien avec la maîtrise des rythmes, l’urgence contemporaine avec la beauté intemporelle ? Bref, de donner un sens moderne à cette « dolce vita » que vous avez inventée. C'est là, un des ingrédients de ce futur que bâtissent ensemble nos deux villes, unies par ce lien exclusif qui nous guide.


N'en doutez jamais : vous et vos compatriotes êtes ici dans votre ville. Vous êtes des Parisiens "de bonne humeur" selon les termes de Cocteau. Oui, en ce moment fort et emblématique, je voudrais redire au messager de la ville éternelle, qu'il est toujours le bienvenu. Aujourd'hui et demain.

Discours de de Walter Veltroni, maire de Rome.
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