«« retour

DISCOURS

Conseil de Paris : Communication d’étape sur la gestion d’une éventuelle épidémie de grippe aviaire à Paris

30/01/2006

  

L’Organisation Mondiale de la Santé a mis en exergue le risque d’une pandémie mondiale de grippe aviaire, dans l’hypothèse d’une mutation future de ce virus, lui conférant une capacité de transmission inter humaine.

A ce stade, en effet, aucun cas de transmission inter-humaine n’a été officiellement identifié. Les décès enregistrés en Asie et, ces dernières semaines, en Turquie, résultaient – selon toute vraisemblance - d’un contact des personnes avec des volailles infectées.

 

Chaque pays, chaque collectivité a évidemment le devoir impératif de se préparer à tout éventualité, en distinguant  deux cas de figure :

-  le risque d’une épidémie aviaire animale, pouvant provoquer l’infection des personnes, par un contact direct entre des volailles et des humains ;  

-  le risque d’une pandémie liée à la transformation du virus rendu ainsi transmissible d’être humain à être humain. Cela constituerait un fait sanitaire majeur, dont l’impact sur notre organisation collective serait considérable. Face à une telle perspective, l’action concertée et la capacité d’anticipation sont les seules réponses pertinentes. Il ne s’agit en aucun cas de faire naître un sentiment de « panique » chez nos concitoyens, mais de poser dès à présent les actes nécessaires.

L’objet de cette communication est précisément de rendre compte, au moment où nous sommes, du travail mis en œuvre par notre collectivité, en synergie étroite avec les services du Préfet de police, au titre de sa fonction de Préfet de la zone de défense. En effet, la gestion des crises sanitaires est une responsabilité de l’Etat. Celui-ci a rendu publique une première version de son plan d’action en mai 2005, réactualisée très récemment.

 

Pour sa part, et en cohérence avec ce cadre, la Ville de Paris veille bien entendu à s’organiser :

-  pour une mobilisation efficace des moyens dont elle dispose, dans une complémentarité indispensable avec ceux de l’Etat ;

-  pour garantir, en cas de crise, le maintien des missions qui lui incombent.

 

C’est pourquoi la continuité des services publics les plus essentiels, l’expression d’une vraie solidarité de proximité et l’information des personnes, sont notamment au cœur de nos préoccupations.

 

Dès le début de l’année 2005, j’ai donc souhaité que le Secrétaire Général de la Ville crée autour de lui un comité de pilotage composé notamment de la Direction de la Prévention et de la Protection, de la Direction de l’Action Sociale de l’Enfance et de la Santé, de la Direction des Ressources Humaines et de la Direction des Moyens Généraux.

Un partenariat s’est noué avec la Préfecture de police, au travers de réunions régulières auxquelles participent les représentants des différents ministères concernés, en particulier ceux de la Santé, de l’Intérieur, de l’Economie et des Finances.

Des sous-groupes thématiques poursuivent leurs travaux afin d’approfondir tous les dispositifs opérationnels.

  Bien entendu, les Parisiens seront régulièrement informés de l’évolution des dispositions adoptées et de l’état d’avancement de leur mise en œuvre.

 

I) Le dispositif de prévention de l’épidémie aviaire animale

 

  La seule épidémie qui existe aujourd’hui est une épizootie, à savoir la grippe aviaire animale. Ce virus a infecté une centaine de personnes à ce jour, au plan international mais ne s’est pas transmis d’être humain à être humain. Il ne s’agit donc pas, à ce stade, d’une épidémie humaine.

 

  Depuis janvier 2004, l'importation de volailles et de produits dérivés en provenance des pays infectés ou suspects est interdite dans tous les pays de l'Union européenne. La diffusion du virus animal vers la Sibérie occidentale et le Kazakhstan durant l'été 2005, ainsi que la mortalité anormale d'oiseaux sauvages en Mongolie et en Russie, ont également conduit à renforcer la surveillance des oiseaux sauvages.

 

  A) Une surveillance renforcée de la mortalité des oiseaux

 

Les mesures de prévention et de détection étant primordiales pour limiter les risques, la Ville participe activement aux actions de surveillance de cette épidémie animale, dans le cadre des dispositifs sanitaires réglementaires et sous l’autorité de la Direction départementale des services vétérinaires (DDSV), rattachée à la Préfecture de Police et compétente en matière sanitaire.

 

A cette fin, une réunion, tenue en novembre 2005 entre la Direction départementale des services vétérinaires, l’Inspection vétérinaire de la Préfecture de Police et la Direction des Parcs, Jardins et Espaces Verts de la Ville de Paris, a déterminé les conditions dans lesquelles les agents municipaux présents sur le terrain (notamment DPJEV, DPE, DPP) pouvaient contribuer à la surveillance de la mortalité des oiseaux.

 

  Il s’agit concrètement d’apporter une attention particulière aux oiseaux comme les corneilles, les mouettes, les canards et les pigeons, surtout ceux pouvant côtoyer les oiseaux migrateurs à proximité des grands plans d’eau parisiens intra-muros et dans les Bois. S’agissant spécifiquement des pigeons, il semble, en l’état actuel des connaissances scientifiques, que la probabilité d’une contamination possible de cette espèce, soit très faible. On soulignera notamment qu’à l’occasion des trois grandes épidémies de grippe qui ont frappé la France en 1918-19, 1957-58 puis 1968-69, il n’a pas été constaté de mortalité particulière au sein de cette espèce.

 

  En cas de mortalité anormale, signalée par la découverte sur un site de plus de cinq oiseaux morts de façon inexpliquée en une semaine, la Ville alerterait la DDSV pour déterminer le mode de traitement des cadavres et des analyses seraient effectuées par le laboratoire de Touraine, référent pour la région Ile de France. Des fiches de conduite à tenir ont d’ores et déjà été élaborées sous l’égide de la Préfecture de zone.


   B) Le respect scrupuleux des règles de prévention sanitaire

 

A la Ferme pédagogique de Paris, située dans le Bois de Vincennes, les volailles, conformément à l’arrêté du Ministère de l’agriculture, sont confinées dans les bâtiments d’élevage. L’eau et la nourriture sont mises à l’abri de toutes retombées de fientes d’oiseaux sauvages.

  Par ailleurs, la vente d’animaux vivants est interdite sur les marchés alimentaires parisiens et le marché aux oiseaux et petits animaux à la Cité a été suspendu. Toutefois, pour ne pas pénaliser les commerçants de ce marché sur une durée trop longue, la Municipalité a autorisé de nouveau la vente des produits autres que les oiseaux,  tels que graines, cages et petits animaux d’agrément « à poils ». Des contrôles très fréquents sont organisés pour vérifier le respect de cette autorisation strictement encadrée, et s’assurer régulièrement d’une absence de risque sur le plan sanitaire.

  Enfin, le pigeonnier expérimental installé dans le 14ème arrondissement est très précieux pour la surveillance des épizooties chez les pigeons et la régulation des naissances. Les avantages et inconvénients d'une extension du dispositif sont actuellement à l’étude.

 

II) Le risque, aujourd’hui hypothétique, d’une épidémie humaine


  L’épidémie actuelle liée au virus H5 N1 n’est pas une épidémie humaine. Un peu plus d’une centaine de cas humains ont été recensés en Asie ainsi qu’en Turquie, mais dans des conditions très particulières de contact avec des oiseaux malades.

  C’est donc à l’éventuelle mutation de ce virus que nous devons nous préparer, cette mutation résultant de sa combinaison avec le virus courant de la grippe humaine, et lui conférant une capacité de transmission inter humaine.

Mais aujourd’hui, par définition, nul ne peut identifier la configuration ni le pouvoir pathogène d’un virus qui n’existe pas encore.

En l’état actuel des connaissances scientifiques et des scénarios élaborés notamment par l’OMS, l’épidémie pourrait se dérouler en deux phases successives d’environ huit à dix semaines chacune.

 

D’ores et déjà, l’Etat a décidé, en cas de situation épidémique déclarée sur le territoire national, un certain nombre de mesures qui viseront :

-  à limiter les risques de diffusion de l’épidémie liés à des situations de promiscuité: c’est dans ce cadre que les écoles, crèches, centres de Protection Maternelle et Infantile (PMI) pourront être fermés et qu’il sera recommandé à la population de rester chez elle, sauf nécessité absolue.

-  à maintenir les fonctions vitales pour le pays : infrastructures de transports,  fourniture d’énergie, approvisionnement alimentaire et médicamenteux, services bancaires  et postaux, télécommunications notamment.

 

La Ville veillera, en cohérence avec de tels objectifs, à assurer un certain nombre de services indispensables à la vie de la cité et à répondre à des besoins conjoncturels liés à une situation de crise. Ainsi, c’est au début de chacune des deux périodes de l’épidémie que des mesures drastiques doivent être prises pour contenir au maximum la progression de l’épidémie. C’est pourquoi, dans une première séquence - d’une durée d’environ une semaine - l’organisation des services sera étroitement resserrée sur les fonctions vitales ; puis au cours des semaines suivantes les autres fonctions collectives pourront progressivement reprendre.


A) Une organisation adaptée pour la permanence du service public municipal

 

  En l'état actuel du dispositif défini par la Préfecture de police, les transports en commun ne seraient pas totalement arrêtés en Ile de France, ou en tout cas pour une durée très limitée. Ils seraient vraisemblablement réservés aux personnes devant absolument se déplacer, sur la base de critères et dans des conditions réévalués par le Préfet au fur et à mesure du processus épidémique. En revanche, les établissements scolaires, les crèches et tous les lieux de rassemblement seraient fermés, tout au moins dans un premier temps.

C'est à partir de ce cadrage que la Ville a établi un mode de fonctionnement précis.

 

1)  Le fonctionnement des Services au cours de la première semaine.

 

La cellule de crise sera immédiatement activée autour du Secrétaire général, en coordination étroite avec la Préfecture de zone. Quant à l’équipe municipale, j’en assurerai personnellement l’animation, avec le concours d’Anne HIDALGO, d’Alain LHOSTIS, de Christophe CARESCHE, d’Yves CONTASSOT et de François DAGNAUD.

 

Il s’agira d’assurer les fonctions indispensables à la vie de la cité en période de crise, telles que la distribution de l'eau, le chauffage urbain, les établissements accueillant de façon permanente des personnes âgées (CASVP) ou des enfants confiés à l’Aide sociale à l’enfance, l’aide à domicile, l’état-civil, les cimetières et bien entendu la propreté. Sur ce dernier point, la DPE organisera une collecte des ordures ménagères dans les prochaines semaines, à l’occasion de laquelle les agents municipaux testeront la tenue spécifique de protection prévue en cas d’épidémie. Celle-ci doit leur permettre d’assurer la continuité de ce service, dans des conditions d’hygiène et de confort parfaitement appropriées.

 

  S’ajouteront à l’ensemble de ces missions, plusieurs services logistiques comme les moyens de communication, les services informatiques et de sécurité, mais aussi la direction des moyens généraux dont l’une des premières tâches sera de distribuer des masques spéciaux de protection pour les agents et pour les élus au service et au contact du public.

 

A l’exception des agents assurant ces missions essentielles, le personnel municipal et départemental sera invité à rester à domicile. 

 

2) A partir de la deuxième semaine

 

En fonction de l’évolution de la situation, tout sera mis en œuvre, tant au niveau national que local, pour garantir au mieux réactivité et capacité d’adaptation. Bien entendu, à ce stade, les dispositifs prévus reposent sur des projections scientifiques qui, par définition, ne peuvent prétendre à une lecture exhaustive et certaine des événements. Raison de plus pour mettre l’accent sur une vraie souplesse dans les réponses à des faits ou à des contraintes pas forcément identifiables au jour d’aujourd’hui.

Il conviendra en tout état de cause d’assurer de nouveau des fonctions techniques (voirie, parcs et jardins,…) et administratives (mairies d’arrondissement, instruction de dossiers d’urbanisme, services assurant la paye des agents, etc.), puis progressivement, toutes les autres missions de la collectivité parisienne.

 

  Pour affiner ce dispositif, le Secrétariat général, appuyé par la Direction des ressources humaines et la Direction de la prévention et de la protection, achève actuellement le recensement des qualifications nécessaires pour assurer les fonctions indispensables à la vie de la cité et les agents susceptibles d’être les plus disponibles, à savoir ceux qui habitent la capitale et qui n’ont pas d’enfants de moins de douze ans (âge en deça duquel on peut raisonnablement estimer qu’un enfant restera difficilement seul à domicile). Cette réflexion concerne bien entendu toutes les Directions de la Ville, les Mairies d’arrondissement mais aussi le CASVP et les SEM.

 

B) Assurer des fonctions exceptionnelles, liées à une situation de crise

 

La Ville pourrait être conduite à assurer elle-même, ou bien à soutenir, des fonctions exceptionnelles d’aide à la population, en particulier les personnes isolées, malades ou non, âgées ou handicapées. Bien entendu, la réflexion avec l’Etat sur ce sujet se poursuit actuellement. En tout état de cause, la Ville est prête à mettre à disposition ses équipements tels que les écoles ou les gymnases. En effet, ces lieux serviraient dans l’hypothèse d’un accueil indispensable de personnes malades qui, sans forcément nécessiter une hospitalisation, ne seraient pas en mesure de  rester à domicile sans courir le risque de contaminer éventuellement certains de leurs proches.  

 

Par ailleurs, la Ville disposera de deux outils :

-  le fichier créé après la canicule, où s’inscrivent les personnes âgées et handicapées souhaitant bénéficier d’un contact au moins téléphonique en cas de crise grave pour vérifier que leurs besoins vitaux sont assurés. Ce fichier est désormais permanent et une campagne d’information a lieu chaque année pour inciter les personnes potentiellement concernées à s’y inscrire. Il constituera la base des contacts à mettre en œuvre, avec les services de proximité - tant de la Ville qu’associatifs - pour s’assurer que les personnes isolées ont accès aux soins et aux nécessités de la vie courante. Des réunions thématiques sur chacun des ces aspects seront très prochainement organisées sous l’impulsion de la Préfecture, en synergie avec la Ville. L’objectif est de préciser les dispositifs d’information ainsi que les moyens de protection destinés aux associations de solidarité ;

 

-  En vertu de la loi de modernisation de la sécurité civile des « réserves communales de sécurité civile » permettront de pallier l’absence d’agents malades ou empêchés de rejoindre leur poste de travail. Concrètement, dans un premier temps, cette participation volontaire et bénévole sera proposée aux agents et aux personnels de la Ville, retraités depuis moins de cinq ans. Aussitôt après que le Préfet aura décidé de l’ouverture de cette réserve communale, une délibération sera soumise au Conseil de Paris pour préciser ce dispositif.

 

Dans le même esprit, à l’initiative de la Municipalité et en étroite collaboration avec la Préfecture de police et le Conseil de l’ordre des médecins, le Conseil de Paris a adopté en octobre dernier, une convention de partenariat pour la création de « médecins de crise ». Dès que la liste constituée par le Conseil de l’Ordre sera établie, les médecins, le plus souvent jeunes retraités, suivront une formation courte et se mettront à disposition des autorités préfectorales et municipales pendant une durée de trois ans renouvelables, pour assurer des taches médicales jugées nécessaires en situation de crise et que ne peuvent remplir les médecins libéraux.


De plus, dans l’hypothèse où les écoles, les crèches et les PMI seraient fermées, le personnel médical et paramédical de la Ville disponible (une centaine d’agents environ) sera réorienté vers les besoins prioritaires définis par les autorités sanitaires dans le cadre de la réquisition par l’Etat. Les Mairies d’arrondissement pourront quant à elles contribuer à coordonner la solidarité de proximité déjà évoquée, notamment avec les associations. Une base commune d’organisation et d’intervention sera soumise prochainement aux vingt maires d’arrondissements. Dans cette perspective, ceux-ci seront conviés à une réunion d’information et de concertation, en présence des adjoints concernés et du Secrétaire Général de la Ville.

 

  Enfin, la Ville pourra être amenée, en cas de difficultés de transports, à assurer temporairement l’hébergement de certains agents, soit dans des lieux spécialement aménagés, soit dans des hôtels désignés à cet effet en lien avec le Préfet.

 

C) Les mesures de protection des agents et des élus


  En cas d’épidémie humaine, aucune mesure de protection absolue n’existe réellement, même si les traitements antiviraux et la vaccination seront des moyens efficaces pour lutter contre l’épidémie. Tous les experts s’accordent cependant pour souligner que la production d’un vaccin adapté, en quantité suffisante, prendra plusieurs mois. En revanche, les modes de transmission seront les mêmes que ceux, bien connus, de la grippe « classique » : elle ne se transmet d’être humain à être humain que par contact rapproché (moins de 2 mètres) avec des malades qui toussent ou éternuent.

 

  La vaccination annuelle contre la grippe n’est pas une protection contre la grippe aviaire. Cependant, elle facilite - et rend plus rapide - le diagnostic de la grippe aviaire chez un patient déjà vacciné contre la grippe « classique », les risques de confusion entre les deux étant alors réduits.

C’est pourquoi un effort particulier a été fourni pour inciter agents municipaux et élus à se faire vacciner : leur nombre a doublé entre 2004 et 2005, ce qui est positif, même s’il semble légitime d’inviter chacun à opter désormais pour cette mesure de précaution simple.

 

  En cas d’épidémie de grippe aviaire, plusieurs mesures de protection seront prises :

 

-  les agents seront invités à rester chez eux, sauf ceux qui assurent une des fonctions considérées comme indispensables à la vie de la cité en temps de crise. Le télétravail à domicile à partir d’un poste informatique pourra être facilité dans les cas, limités, où il s’avérera possible et utile, par exemple pour poursuivre l’approvisionnement des services et la relation avec les fournisseurs. Dès à présent, le Secrétariat Général met en place les conditions d’application de ce projet.

-  des masques spéciaux (de type FFP2) seront fournis aux agents et aux élus en contact direct avec le public. La Ville en a d’ores et déjà acquis 3,4 millions. Leur durée de port variant de 4 à 6 heures, environ 15 000 personnes peuvent être protégées pendant deux fois dix semaines. On considère en effet que ce nombre de 15.000 correspond à la moyenne du nombre d’agents amenés à exercer leurs fonctions au cours des 8 à 10 semaines que durerait chaque période épidémique.

-  Enfin les précautions de base seront rappelées aux agents, comme à toute la population conformément aux consignes nationales : lavage fréquent des mains, port d’un masque en tissu qui diminue la circulation du virus, utilisation de sacs poubelles fermés pour les mouchoirs et les masques usagés.

  Enfin, il est prévu que le Comité d’Hygiène et Sécurité central (CHS) dont la Ville achève la mise en place - tout à fait indépendamment d’ailleurs de l’enjeu grippe aviaire -  consacrera sa première séance - début mars - à une information sur la grippe aviaire et les dispositions mises en œuvre par la Ville de Paris : les organisations syndicales seront ainsi informées précisément du travail en cours.

 

D) Les dispositions particulières à l’AP-HP

 

  L’AP-HP participe d’ores et déjà au dispositif de veille épidémiologique dans trois hôpitaux référents : la Pitié-Salpêtrière, Bichat et Necker

 

Par ailleurs, l’AP-HP, suivant les recommandations ministérielles, a entrepris de constituer des stocks de Tamiflu (médicament antiviral) et de kits pour prélèvements naso-pharyngés (VIROCULT), pré-positionnés dans chaque hôpital accueillant des urgences avec une réserve complémentaire dans 3 hôpitaux référents et dans les 4 SAMU de l’AP-HP. De plus, elle a acheté 5 millions de masques FFP2 destinés à son personnel et stockés dans les 22 hôpitaux concernés par l’accueil possible de malades.

 

1) La stratégie de montée en charge de l’accueil

 

  La mobilisation des hôpitaux de l’AP-HP se fera en 3 étapes. En premier lieu, 3 hôpitaux de « première ligne » seront désignés pour la prise en charge en urgence de quelques cas possibles, voire avérés (une centaine au maximum) : la Pitié-Salpêtrière, Bichat et Necker. Ensuite, 8 hôpitaux de « seconde ligne » sont prévus, dotés d’un service de maladies infectieuses. Enfin, les autres hôpitaux de l’AP-HP sont positionnés en « troisième ligne » dans l’éventualité d’une pandémie de grande ampleur.

 

2) L’élaboration du plan d’établissement pour faire face à une épidémie de grippe  aviaire

 

  L’AP-HP élabore son propre plan pour faire face aux conséquences sanitaires d’une épidémie de grippe aviaire, avec trois niveaux opérationnels : les hôpitaux, le SAMU de zone de défense et le centre de gestion de crise de la Direction générale de l’AP-HP.

 

  Trois groupes de travail ont été créés, coordonnés par un comité de pilotage placé sous l’autorité du Secrétaire Général de l’AP-HP :

 

-  Le groupe de travail « hôpitaux » est dirigé par un directeur d’hôpital directement appuyé par deux médecins référents, l’un représentant les hôpitaux de première ligne, l’autre la direction de la politique médicale. Il est chargé de décliner l’organisation pratique des hôpitaux, notamment dans le cadre des dispositions nationales.

-  Le groupe de travail « SAMU de zone » est dirigé par le directeur médical du SAMU de Paris appuyé par un directeur de SAMU de la petite couronne et un directeur de SAMU de la grande couronne. Il est chargé de préciser l’organisation de la coordination des transports spécialisés, de la régulation de l’offre de soins et du système d’interface à mettre en place entre le traitement des appels téléphoniques du public et la permanence médicale de ville.

-  Le groupe de travail « siège » est dirigé par le délégué aux affaires de défense et de sécurité civiles. Il est chargé de mettre en place un centre opérationnel (CO-Victoria) qui assurera la coordination du dispositif.

  Ce plan sera présenté devant les instances centrales de l’AP-HP et au niveau local. D’ores et déjà, un point d’étape a été communiqué au Comité d’Hygiène et de Sécurité de l’APHP du 22 septembre 2005. A la fin des travaux, un groupe sera créé pour suivre la préparation aux échelons locaux et le contrôle des bonnes pratiques en cas d’activation du plan.

 

 

III) La formation et l’information

 

  Compléments indispensables des réponses techniques, la formation et l’information constituent des outils de gestion de crise auxquels il convient d’apporter une attention particulière. L’hypothèse d’une pandémie, impliquerait évidemment une information quotidienne, des gestes et des réflexes appropriés, pour une meilleure adaptation de notre organisation collective à ce contexte particulier.

 

A) Un dispositif de formation spécifique pour les agents et pour les élus

 

1) La formation des agents

 

Dès 2002, un ambitieux programme de formation, d’organisation et d’adaptation des services de la Ville à la gestion de crise a été engagé, s’appuyant sur une cellule spécifique au sein de la DPP. Cette action globale traite de l’ensemble des risques auxquels peut être  confrontée notre collectivité. Précisément, en 2005, le risque « grippe aviaire » s’est imposé comme une thématique centrale. Un programme approfondi de formation a été animé par des intervenants extérieurs spécialisés dans la gestion de crise au sein des grandes institutions.

 

La formation dispensée à cet effet a pour objectifs :

-  de construire une culture de gestion de crise au sein de l’ensemble des services. Elle complète ainsi le travail déjà engagé par la DPP pour créer des référents crises dans chaque direction et animer ce réseau de correspondants ;

-  d’améliorer la coordination des services en cas de crise en les faisant travailler  ensemble sur des mises en situation (attentat, grippe aviaire, inondation…) ;

-  de développer des réponses pertinentes en direction des victimes, en identifiant l’aide qui peut leur être apportée.

 

Six séances de travail en petits groupes et plusieurs exercices de simulation à partir de scénarios divers se sont déjà déroulés. Ces exercices sont essentiels pour identifier d’éventuels dysfonctionnements et développer notre capacité de réaction collective. Ils ont d’ailleurs permis, lors d’un module conduit par l’Etat en décembre dernier à propos d’attentats multi sites, de mesurer la bonne réactivité des services de la Ville.

 

A la fin du trimestre en cours, plus de 300 cadres de l’administration parisienne auront bénéficié d’une formation adaptée, pouvant ainsi coordonner utilement l’action de leurs services, à partir des connaissances pratiques qu’ils auront ainsi acquises.

 

  Par ailleurs, une information consacrée de façon spécifique à la gestion d’une pandémie de grippe aviaire a été donnée aux médecins et au personnel paramédical de la Ville, référents naturels dans une crise sanitaire, au cours de deux séances à l’automne 2005.

 

 

  2) Un module spécial de formation pour les élus

 

  Tous les élus parisiens, Conseillers de Paris mais aussi élus d’arrondissement, ont reçu en novembre dernier, un courrier de Christophe Caresche les invitant à suivre une formation spécifique sur la gestion de crise. Très précisément, sept matinées sont prévues le jeudi de 9h30 à 12h30, à partir de février prochain.

Une trentaine d’élus se sont d’ores et déjà inscrits, chiffre encore très insuffisant compte tenu de l’importance du sujet. Les inscriptions restent ouvertes sans limitation et devraient concerner le plus grand nombre d’entre eux.

 

Il convient d’ailleurs de souligner la mission essentielle que les Mairies d’arrondissements seraient amenées à remplir en cas de crise, celui de pivot de l’action de proximité et de point d’information. Aussi, la Direction de la Décentralisation et des relations avec les Associations, les Territoires et les Citoyens (DDATC) et la DPP ont été chargées d’organiser un réseau de correspondants dans chaque Mairie d’arrondissement, qui bénéficieront eux aussi de séances d’information et, le moment venu, des mêmes moyens de protection que ceux destinés aux agents en contact avec le public.

 

B) Les moyens de communication

 

Afin que tous les agents aient accès au même niveau d’information sur ce dispositif municipal, l’intranet de la Ville sera prochainement réactualisé.

 

Par ailleurs, sauf circonstance nécessitant une information en urgence, un point d’étape annuel sera effectué au Conseil de Paris au fur et à mesure de l’avancée des travaux avec la Préfecture de zone.

 

Informer en amont :

 

Un site Internet spécifique, dédié à la problématique grippe aviaire, sera mis en ligne dès le mois de mars, afin d’informer les Parisiens des mesures adoptées par la Ville et de leur état d’avancement. En cas de pandémie, ce site serait mis à jour en temps réel.

 

Un document d’information très didactique sera encarté dans le prochain numéro du journal A Paris. Il contribuera à une information directe et factuelle et sera également à la disposition du public dans les mairies d’arrondissement et autres équipements municipaux. Bien entendu, cette opération pourra être renouvelée, si nécessaire.

Un espace sera d’ailleurs réservé dans chaque numéro de ce magazine, pour assurer un point d’information régulier à destination des Parisiens.

 

Afin de renforcer la visibilité et l’accès à ces vecteurs d’information (adresse du site par exemple), seront utilisés les panneaux lumineux de la Ville ainsi que des affichettes apposées dans les mairies d’arrondissement.

Cette information pratique sera également diffusée au sein du monde associatif, acteur de proximité impliqué notamment auprès des personnes âgées ou isolées.

 

En cas de pandémie :

 

Pour ce qui concerne l’information des Parisiens en cas de crise, l’ensemble des moyens logistiques de la Ville seront mis à disposition afin de donner et de relayer toutes les informations pratiques indispensables.

 

Les médias jouant un rôle évidemment capital dans l’information des citoyens, une synthèse d’information leur sera diffusée régulièrement - voire quotidiennement - sous forme électronique et téléphonique.

 

Par ailleurs, la Ville mobilisera son centre d’appel (le 39 75, qui traite actuellement plus de 2.000 appels par jour et répond aussi bien aux appels téléphoniques qu’aux mails). 

Elle s’appuiera également sur une version adaptée de son site Internet paris.fr (près de 11 millions de visites en 2005).

Ces deux vecteurs d’information garantissent en effet une grande réactivité dans les réponses apportées au plus grand nombre, tout en évitant aux personnes de se déplacer.

 

En outre, les panneaux lumineux répartis sur le territoire parisien s’intègreront à ce dispositif, réservés strictement à la délivrance d’une information de proximité. La diffusion d’informations pratiques par des moyens complémentaires - en particulier envois de SMS - est actuellement à l’étude.

 

Chaque jour, un bulletin d’information audio sera également accessible à chacun, en composant simplement un numéro de téléphone. Cela permettra ainsi de faire un point précis de la situation et de son évolution.

 

Outre ce dispositif global, des actions spécifiques et ciblées seront développées en direction des personnes isolées, âgées ou handicapées, à l’instar du plan d’information mis en œuvre lors de la canicule, en liaison avec les services de l’Etat. Envois de mails d’information, rappel téléphonique des personnes et visites à domicile articuleront notamment cette démarche.

 

De plus, la Ville fournira un point d’information quotidien aux professionnels de santé (médecins, pharmaciens…) ainsi qu’aux associations qui, en contact avec les habitants, constituent sans doute l’un des relais les plus efficaces pour les sensibiliser et les informer.

 

Festival
Capitaine Futur à la Gaîté lyrique

Que faire à Paris ? C'est le site pour trouver activités, idées de sorties et bons plans pour tous les goûts et sans se ruiner.

Vidéos

  • Balade autour des ponts de Paris

    >>Toutes les vidéos

Suivez @ Paris sur Twitter