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DISCOURS

Conseil de Paris : communication sur l'emploi et le développement économique

20/09/2003

Cette communication a pour objet de présenter la politique globale de l'emploi menée par la Municipalité. Paris n'est malheureusement pas épargnée par un contexte économique national que domine une forte détérioration de l'emploi. Avec un taux de chômage avoisinant les 11 %, la situation parisienne est caractérisée par une concentration du chômage dans les arrondissements du Nord-Est. Sur les 127.000 demandeurs d'emploi en juillet 2003, plus d'un sur trois est au chômage depuis plus d'un an. De plus, 30 % des demandeurs d'emploi sont des cadres, très qualifiés et expérimentés tandis que 7.200 jeunes étaient à la recherche d'un emploi en juillet 2003.

Cette situation résulte d'une dévitalisation progressive du tissu économique depuis de nombreuses années. Ainsi, de janvier 1990 à décembre 2001, la capitale a perdu plus de 126.000 emplois. Les secteurs d'activités les plus touchés sont l'industrie, la construction et le commerce alimentaire. L'effet de la délocalisation d'activités financières s'est également fait sentir avec la perte de 9.000 salariés en 10 ans.

Cependant, des éléments récents laissent présager une tension supplémentaire. En effet, depuis plusieurs mois, une série de plans sociaux frappent la capitale (notamment la fermeture de Marks & Spencers, qui employait 1.700 personnes) et des menaces planent sur l'emploi dans certains secteurs sensibles (Canal Plus, plus récemment Tati), le Conseil de Paris ayant eu l'occasion d'exprimer ses vives préoccupations à ce sujet.

En outre, la SNCF, EDF-GDF, la Poste ou la Banque de France connaissent des réorganisations, susceptibles d'engendrer des pertes d'emplois, et par là même de fragiliser la qualité du service public rendu à Paris.

Enfin, des délocalisations ont été annoncées par les pouvoirs publics, aggravant là encore la situation de l'emploi à Paris : le Centre Français du Commerce Extérieur et UBI-France, organismes publics d'appui au développement international des entreprises (soit un total de 570 emplois) transférés à Marseille mais aussi le Centre National de Documentation Pédagogique (250 emplois) transféré en Poitou-Charentes.

Ces quelques données confirment la nécessité d'une action d'envergure pour tenter d'enrayer cette montée du chômage. Sans qu'il soit question de se substituer à l'Etat, dont c'est la compétence, la Ville dispose néanmoins de leviers d'action qu'elle entend mobiliser aussi utilement que possible afin de favoriser un cadre économique propice à la création d'emplois et de renforcer plus que jamais la nécessaire solidarité envers les demandeurs.

Cette politique de soutien aux activités porteuses d'emplois et d'aide aux chômeurs de longue durée, enrichie par les travaux du Conseil du développement économique durable de Paris (CODEV), nécessite des moyens importants que la municipalité a dégagés. Mais elle suppose également l'affirmation d'une véritable attractivité économique de la capitale et de la région Ile-de-France, qui ne repose pas seulement sur des outils économiques ou sociaux : les conditions de vie, les conditions de logement, la lutte contre la pollution, la dynamique universitaire, la politique culturelle constituent également des arguments importants qui influent sur l'attrait de notre cité auprès des décideurs étrangers.

 CREER UN CADRE ECONOMIQUE ATTRACTIF 


Depuis plus de deux ans, la municipalité veille à développer une politique volontariste qui vise à actionner tous les leviers pour préserver et créer des emplois, à harmoniser croissance économique et développement durable et à préserver la diversité de l'offre commerciale.

Dans cette optique, Paris dispose d'atouts incontestables qui doivent être renforcés et valorisés : sa situation géographique au cœur de l'Europe, une main-d'œuvre hautement qualifiée, la qualité de ses moyens de communication et de transport, la concentration de laboratoires de recherche au sein des universités et des grandes écoles, l'implantation de jeunes entreprises mais aussi la présence de l'ensemble des compétences financières qui accompagnent la création et le développement des entreprises (fonds d'amorçage, sociétés de capital-risque, banques d'affaires, marché boursier notamment).

A) Une méthode basée sur la concertation et la mobilisation générale

Dans ce contexte qui dépasse largement le cadre parisien, la Ville ne peut agir seule. C'est pourquoi ses initiatives sont étroitement concertées avec tous les acteurs intervenant en faveur de la création d'activités, avec pour objectif la recherche de l'efficacité des dispositifs mis en place.

1) Une concertation avec tous les partenaires du développement économique et social

La Ville travaille au quotidien avec l'ensemble de ses partenaires : Chambres de commerce et de métiers, fédérations professionnelles, Crédit municipal, structures associatives et institutionnelles, au premier rang desquels la Région Ile-de-France. La concertation conduite au sein des diverses commissions extra-municipales et du CODEV, mais aussi avec les maires d'arrondissement permet quant à elle de mieux appréhender les réalités du terrain, leurs évolutions, et d'adapter les actions.

De même, la municipalité attache une grande importance au dialogue avec les organisations syndicales. Ainsi, les moyens de la Bourse du Travail ont été renforcés, permettant de développer les consultations gratuites en droit du travail : chaque jour, deux Conseillers membres des organisations syndicales dispensent information et assistance aux personnes qui se rendent à leur permanence.

De plus, les modalités de soutien aux Organisations syndicales parisiennes ont fait l'objet d'une charte qui garantit l'attribution de subventions sur des bases transparentes et équitables, fondées sur la prise en compte des résultats enregistrés lors des élections professionnelles.

2) Un dispositif mobilisateur

Dans le but de renforcer l'efficacité du service rendu aux acteurs économiques, les structures administratives de la Ville ont été réunies au sein de la nouvelle Direction du développement économique et de l'emploi, qui dispose d'équipements de proximité dans les arrondissements.

De plus, parce que de nombreuses offres d'emplois ne sont pas pourvues, la municipalité a décidé de donner une forte impulsion aux initiatives de type " forum-emploi ". Tel est le sens de l'opération Paris pour l'Emploi des 16 et 17 octobre 2003, sur le parvis de l'Hôtel de Ville, mais aussi de sa déclinaison dans 17 arrondissements. Paris pour l'Emploi permettra ainsi la rencontre entre plus de 200 employeurs porteurs d'offres concrètes et plus de 10.000 demandeurs d'emploi.

Enfin, Paris-développement, agence de développement économique de la Ville, a bénéficié d'un plan de relance ambitieux, avec une augmentation de 28,5 % de sa subvention. La modification de ses statuts a permis d'augmenter la représentation du monde économique (parmi les nouveaux adhérents : Sanofi, Aventis, Microsoft, Canon, ou encore Apple) et de définir une nouvelle stratégie destinée à soutenir le développement économique durable de Paris.

L'association est désormais organisée en deux départements : d'une part, Paris Implantation qui développe des actions de promotion, de prospection et de conseil à l'implantation, afin d'attirer ou de maintenir les investissements stratégiques et durables d'entreprises à fort potentiel. D'autre part, Paris Technopole qui soutient le développement et la création d'activités innovantes en assurant la gestion des structures d'accueil et d'aide à la création d'entreprises de haute technologie, incubateurs et pépinières.

Paris-développement anime également la mise en réseau des acteurs économiques : universités, grandes écoles, centres de recherche et entreprises, au service du développement économique de Paris. Parmi ces actions figurent les Matinales de Paris Technopole ou le Grand prix de l'innovation de la Ville de Paris. Ainsi, en 2002, Paris-développement a accompagné la création et l'implantation de 746 emplois et devrait dépasser en 2003, le nombre de 1.300 emplois. Pour 2004, un objectif de 2.000 emplois lui a été assigné.

B) Conforter le développement des entreprises


La solidité et la diversité du tissu économique parisien constituent une priorité : la municipalité a donc mis en place plusieurs dispositifs distincts, adaptés aux spécificités parisiennes.

1) Le commerce et l'artisanat : un bien précieux pour la qualité de vie à Paris

A Paris comme ailleurs, le commerce est un élément structurant de la ville et de la vie quotidienne de ses habitants. Les activités commerciales et artisanales, créatrices d'emplois, contribuent également à enrichir le lien social. La rareté des commerces de proximité ouverts durant le mois d'août est d'ailleurs une donnée à prendre en compte, en particulier pour lutter contre l'isolement des personnes âgées en été à Paris.


a) Le soutien à l'activité commerciale

Les associations de commerçants sont fortement soutenues et le savoir faire des artisans est mis à l'honneur grâce au Grand prix de la baguette de la Ville de Paris, au Grand prix du chocolat artisanal de la Ville de Paris ou encore au soutien aux manifestations des Fédérations professionnelles (Fête du pain, Fête de la boucherie, Marché aux chocolats…).

De plus, une lettre d'information sera prochainement adressée plusieurs fois par an à chacun des 100.000 commerçants et artisans parisiens afin de les informer régulièrement sur la mise en œuvre des projets municipaux les concernant et de répondre à leurs préoccupations.

En outre, destinés à soutenir l'activité des commerçants et des artisans, les Espaces commerce-artisanat constituent des lieux d'accueil, d'information et de services dédiés aux entreprises de moins de 20 salariés dans les 11ème, 12ème, 18ème et 19ème arrondissements. Ces équipements de proximité proposent une bourse de locaux ainsi qu'un centre informatique et multimédia pour optimiser l'usage des technologies de l'information.

Elément important de la politique commerciale à Paris, la refonte des textes relatifs aux activités de vente sur la voie publique a été menée à bien avec par exemple le règlement de la foire du Trône ou la réglementation des petits marchands. Quant à la réforme de la tarification des droits de voirie pour les terrasses, étalages et enseignes, elle permettra notamment de supprimer la surtaxe pour la pose de la première enseigne qui alourdit les frais d'installation d'une activité.

De même, la tenue des brocantes, vide greniers et marchés gourmands, qui participent à l'animation des quartiers, a fait l'objet, à l'issue d'une large concertation, d'une Charte de qualité qui assure un meilleur respect de l'environnement du quartier et de son commerce de proximité et améliore la tenue de ces manifestations.

Enfin, pour faciliter l'approvisionnement des magasins ou la livraison des clients, un effort est conduit visant à mieux intégrer le transport des marchandises dans la capitale. A cet effet, un interlocuteur a été désigné dans les services pour traiter spécifiquement ces questions.

b) Préserver la diversité de l'offre commerciale dans tous les quartiers.

Au sein de la Commission départementale d'équipement commercial, qui donne un avis sur les projets de création ou d'extension des équipements commerciaux de plus de 300m2, la Ville fonde ses positions sur des critères objectifs : création d'emplois, incidences possibles sur le commerce de proximité, respect de l'environnement concurrentiel existant, endiguement du développement des grandes enseignes, notamment textiles, modalités d'approvisionnement des magasins et préoccupation environnementale.

De même, la vigilance s'exerce sur les projets de centres commerciaux aux portes de Paris dont les incidences peuvent être dramatiques pour les commerces parisiens. A cet égard, des concertations avec les collectivités sont menées afin de garantir un développement économique équilibré des deux côtés du périphérique.

Par ailleurs, afin de faciliter l'installation de commerces de proximité, la Ville mobilise les pieds d'immeubles sociaux. Des conventions d'objectifs sont passées avec les bailleurs sociaux afin de réimplanter des commerces, notamment dans les quartiers GPRU et politique de la Ville.

De plus, une SEM de la Ville sera chargée d'intervenir dans certaines secteurs touchés par la mono-activité ou délaissées par l'initiative privée. Elle contribuera à la diversification des commerces de proximité et à la redynamisation des quartiers.

La municipalité porte également une attention particulière aux quartiers situés dans les zones GPRU, notamment les portes de Vanves, Montreuil et Clignancourt où sont situées les trois marchés aux puces, Paris Rive Gauche ou le quartier des Halles.

c) Les marchés : un commerce très apprécié des Parisiens

Eléments du patrimoine municipal, les marchés alimentaires représentent de véritables facteurs d'animation. Espaces de convivialité, ils sont parfois les seuls lieux d'approvisionnement de proximité.

De nouveaux marchés ont été créés comme celui du marché Saint-Honoré (1er) en 2003, et des projets de marchés existent près du square d'Anvers (9ème), place de la Bourse (2ème) et dans le quartier des Halles (1er). En outre, pour tenir compte du rythme de vie spécifique à Paris, des marchés se tiennent l'après-midi : place Baudoyer (4ème), marché de Bercy (12ème) et marché St Honoré (1er).

La gestion des marchés est désormais attribuée à l'issue de procédures de mise en concurrence qui garantissent transparence et efficacité économique accrue. La réglementation a été améliorée pour une meilleure qualité du service public prenant en considération les attentes des Parisiennes et des Parisiens : généralisation de l'offre de produits biologiques, meilleure accessibilité, qualité des installations…

2) Les métiers d'art et de la création


Les métiers d'art et de la création participent à la richesse culturelle, patrimoniale et artistique de Paris et constituent un formidable vivier économique. La Ville participe à la promotion de ces métiers par l'attribution de 15 bourses de formation aux métiers d'art d'un montant de 8.800 € et en décernant 6 Grands prix de la création de la Ville de Paris (dotés de 8.000 €) dans les catégories Mode, Design et Métiers d'Art.

La Ville souhaite également acquérir l'immeuble situé 30 rue du Faubourg Saint Antoine, afin d'y créer un lieu dédié à la création d'entreprises, au développement économique et à la valorisation des métiers de la création et de l'artisanat.

Par ailleurs, dans le secteur de la mode, un accord de partenariat a été signé avec la Fédération française du prêt à porter féminin, qui permet aux jeunes créateurs de bénéficier de l'appui de la profession et de la Ville pour promouvoir leurs premières collections (défilés, vitrines, ateliers, ….)

Enfin, nous suivons avec intérêt le projet de création de la Cité de la mode et du design initié dès 2001 par l'Etat, et qui est désormais soutenu par l'ensemble des partenaires professionnels et institutionnels.

3) Paris, technopole de l'innovation

D'après l'enquête menée par Healey & Baker, pour " Paris-Ile de France, Capitale Economique ", Paris est, comme en 2001, classée seconde des villes européennes les plus attractives pour l'implantation d'entreprises étrangères, après Londres.

La municipalité porte donc une attention spécifique aux activités liées aux technologies de l'information et de la communication, à la santé et aux métiers d'arts, du design et de la mode. Pour chacun de ces domaines, elle accentue sa politique de soutien financier et immobilier aux entreprises, notamment celles en cours de création. L'objectif fixé par la municipalité est de mettre au moins 20.000 mètres carrés de surfaces d'accueil à disposition des jeunes entreprises d'ici à 2007, soit un quadruplement des surfaces en six ans.

Au delà des crises conjoncturelles, le secteur des technologies de l'information et de la communication constitue une force du développement économique, en créant des produits et des services nouveaux et en irriguant les secteurs économiques traditionnels.

Les efforts de la Ville sont déclinés dans le Plan Paris Ville Numérique (PARVI) qui vise notamment à développer l'usage d'internet par les Parisiens : c'est ainsi que 10 Espaces publics numériques ont d'ores et déjà été ouverts. Trois autres devraient l'être d'ici la fin de l'année et deux sont programmés par an entre 2004 et 2007. Par ailleurs, la Ville apporte son soutien au développement du haut débit, en direction notamment des jeunes entreprises afin de faire de Paris une métropole de l'économie numérique.


Dans le domaine de la santé, Paris est forte de ses centres hospitaliers et de ses laboratoires de recherche, de réputation internationale. Trop longtemps négligé, le potentiel scientifique sera valorisé par des aides municipales permettant aux porteurs de projets de se concentrer sur le développement de leurs innovations afin d'entrer sur les marchés nationaux et internationaux dans les meilleures conditions de compétitivité.


C'est dans cet esprit que la Ville co-finance des incubateurs qui facilitent l'émergence de nouvelles entreprises : Paris Innovation, Paris Biotech (Paris V, ESSEC, Ecole Centrale, INSERM)), Agoranov (émanation de Paris VI et Paris Tech) ou Télécom Paris Entrepreneurs (ENST). De nouveaux sites existent comme Paris Cyber Village (Pépinière de 31 entreprises du pôle logiciel/multimédia créée en 2002 dans le 19ème et représentant 275 emplois), Paris Biopark (Pépinière d'entreprises du pôle santé/biotechnologie créée en 2003 dans le 14ème) et République Innovation (Pépinière d'entreprises du pôle création/design créée en 2003 dans le 11ème).

4) Le tourisme de loisirs et d'affaires : Paris international

Dans un contexte international difficile et sur fond de concurrence accrue entre les grandes métropoles européennes et mondiales, la politique municipale entend soutenir les mesures destinées à améliorer la qualité de l'accueil des visiteurs, car l'exceptionnel patrimoine de Paris ne peut suffire en tant que tel à son attractivité touristique. Plusieurs mesures ont été prises :


- "les ambassadeurs de l'accueil ", opération conduite depuis 2001 avec l'Office du tourisme et la RATP pour mieux informer les touristes, ont mobilisé 170 jeunes étudiants parlant 14 langues différentes dans 33 lieux touristiques.
- la Ville soutient les projets hôteliers situés dans l'Est parisien.
- des solutions alternatives aux autocars de tourisme ont été mises en place comme l'interdiction du stationnement sur les îles de la Seine, la mise en place de navettes fluviales, une meilleure offre de parkings réservés aux autocars ou le forfait de stationnement.
- deux hébergements touristiques spécialisés dans l'accueil de jeunes ont été inscrits dans les Prévisions d'Investissements pour Paris, ils permettront de soutenir le tourisme des jeunes.

La Ville accompagne également le tourisme d'affaires via la modernisation du Parc des expositions de la Porte de Versailles, ainsi que la participation à un fonds de promotion de la place de Paris et son soutien à Europlace. En outre, l'évolution de " Paris, capitale de la mode " en " Paris, capitale de la création " s'avère positif : la Ville, l'Office du tourisme et près de 15 salons professionnels, travaillent ensemble à offrir une vitrine de l'activité économique des métiers de la création tant à l'international que pour les Parisiennes et les Parisiens.

L'outil majeur de la politique de développement durable du tourisme de loisirs et d'affaires, est l'Office de tourisme et des congrès de Paris. Son activité a été repensée : rationalisation de la gestion, modernisation des outils de promotion, forte présence sur les salons, identification de nouveaux marchés.

Le déménagement de l'Office de tourisme et l'ouverture de points d'information décentralisés dans Paris (quartiers touristiques, gares, Hôtel de Ville, etc). renforceront, dès 2004, le potentiel de cet outil et son adaptation aux nouveaux besoins. Par ailleurs, l'intensification des actions de promotion de Paris se poursuivra, en direction du marché étranger et français, notamment avec des actions spécifiques pour la clientèle américaine, ou chinoise à l'occasion de l'année de la Chine en France.

Enfin, des Etats généraux du tourisme parisien se tiendront en juin 2004 afin de mieux positionner la capitale dans ce contexte de très vive concurrence internationale.

C) Développer la création d'entreprises

Promouvoir la création d'entreprises et, plus largement, soutenir le développement des activités économiques génératrices d'emplois sont deux orientations prioritaires de la municipalité.

1) Accompagner la création d'emplois

En matière d'accueil, d'information, de conseil et d'accompagnement des projets de création ou de développement des entreprises, un réseau de 8 structures de proximité a été constitué: cinq Maisons du développement économique et de l'emploi et trois Espaces commerce artisanat. L'objectif de 300 créations d'emplois consécutives à la création d'entreprises leur a été assigné.

Afin de rendre le dispositif plus lisible, la Ville souhaite constituer un véritable réseau parisien avec la création d'un numéro vert " création d'entreprise ", en partenariat avec la CCIP, la Chambre des métiers, ADIE, France Active, France Initiatives Réseau Entreprendre, Boutiques de gestion, des experts comptables, etc.

Gage de réussite et de pérennité de l'entreprise en création, l'accompagnement s'effectue dans le cadre de conventions que la Ville de Paris a passées avec des réseaux spécialisés, pour une expertise affinée de la viabilité des projets. Une " plate-forme d'essai", la couveuse Le Geai (Groupement d'entrepreneurs accompagnés individuellement), dans le 11ème arrondissement, permet par exemple de tester la validité des projets de création d'entreprises. Cette expérience convaincante a permis de créer une antenne au sein de l'Espace Commerce Artisanat du 19ème arrondissement .

L'Espace Commerce et Artisanat des 11ème et 12ème arrondissements s'est, quant à lui, spécialisé dans la transmission d'entreprises, ce qui a fait l'objet d'un colloque à l'Hôtel de Ville en avril dernier.

2) Favoriser le financement des créations d'entreprises

Plusieurs dispositifs sont prévus :


- La plate-forme d'initiative locale " Paris Initiatives Entreprises ", qui consent des prêts d'honneur, a permis la création de 260 entreprises en 2003. Pour 2004, l'objectif assigné est la création de 370 entreprises.

- l'Association pour le droit à l'initiative économique (ADIE) propose des prêts sans intérêt aux très petites entreprises qui n'ont pas accès au crédit bancaire. Son intervention peut également se traduire par du prêt de matériel (ordinateurs, voitures …) et un accompagnement individualisé des porteurs de projets est systématiquement mis en place.

- Le nouveau fonds de garantie " Paris Finance Plus " destiné aux entreprises de moins de 10 salariés, concerne notamment les artisans, commerçants et très petites entreprises localisées dans les territoires de la politique de la Ville ou du GPRU. L'objectif assigné est la création ou le développement en 2003 d'une centaine d'entreprises, soit 250 emplois.

- le dispositif Paris Entreprendre devrait, avant la fin 2003, permettre de financer la création de PME à fort développement, en partenariat avec les pépinières, grâce à des prêts d'honneur.

- la Ville met au point avec l'ADIE et le Crédit Municipal un projet d'aide à la location de locaux d'activités, notamment dans les quartiers commercialement les plus en difficultés. Il s'agit de favoriser l'installation durable de commerçants et d'artisans qui rencontrent des difficultés à disposer d'une caution ou d'une garantie bancaire demandées par les bailleurs.

3) L'offre d'immobilier d'entreprise et de locaux d'activités

L'une des difficultés principales pour un chef d'entreprise désireux de s'implanter à Paris est de trouver rapidement des locaux adaptés à son activité et à ses moyens. C'est pourquoi la municipalité souhaite saisir toutes les opportunités foncières et immobilières (en particulier dans les secteurs du GPRU ou dans les quartiers relevant de la Politique de la Ville) pour faciliter l'implantation des entreprises. Cette offre d'initiative municipale, confortée par le Contrat particulier entre Paris et la Région Ile de France, se décline en fonction des attentes des entrepreneurs, dans trois directions :


- les locaux commerciaux et d'activités en rez-de-chaussée d'immeubles de logements sociaux sont recensés dans la Bourse des Locaux.


- La création de rues thématiques pour les métiers de la création : " la rue des Gardes " dans le 18ème (création de 25 emplois), le futur quartier de la musique (18ème) (création de 40 emplois), l'artisanat d'art au " Viaduc des arts " avenue Daumesnil (12ème) ou la requalification du Village Saint Paul (4ème ).


- Les pépinières municipales : la " pépinière " permet aux jeunes entreprises encore fragiles de bénéficier de bonnes conditions de démarrage.


- Les hôtels d'activités : Paris compte 25 hôtels industriels accueillant des sociétés de la petite industrie, de l'artisanat ou des hautes technologies. Ces équipements représentent environ 11.000 emplois. De nouveaux projets d'hôtels d'activités sont en cours rue de l'Est (20ème), rue Raymond Losserand, (14ème), ilôt Brûlon-Citeaux (12ème) et un " hôtel industriel " sera installé boulevard Ney (18ème).


Paris dispose en outre de réels atouts pour répondre à la demande des entreprises : par exemple, 50.000 m² de bureaux et activités sont programmés dans la ZAC Porte des Lilas (19ème) et 405.000 m² dans Paris-Rive-Gauche (13ème). A cet égard, le PLU constitue un outil privilégié pour recréer une dynamique de l'emploi tenant mieux compte des réalités économiques. Les nouvelles règles d'urbanisme permettront de développer l'activité dans les terrains du Nord-Est parisien et les territoires GPRU. Elles permettront également de maintenir les activités commerciales dans les rez-de-chaussée et de faciliter la modernisation de l'immobilier d'entreprise.

 UN DEVOIR DE SOLIDARITE AVEC LES DEMANDEURS D'EMPLOIS

La menace d'exclusion qui pèse sur les demandeurs d'emplois à Paris impose des mesures de solidarité fortes et adaptées à leur situation. Si notre collectivité doit tout faire pour créer les conditions propices à leur embauche, en favorisant la création d'entreprises et en se dotant d'outils de développement économique performants, elle a aussi un devoir de solidarité à l'égard des Parisiens écartés du marché du travail. Une politique de solidarité qui vise précisément l'objectif d'une réinsertion et d'un retour à l'emploi rapides.


A) L'embauche de proximité : vivre et travailler à Paris

Un des paradoxes du marché du travail parisien, mis en lumière par le CODEV, est l'existence simultanée d'un chômage important, y compris au sein d'une population qualifiée, et un gisement considérable d'offres d'emplois non satisfaites.

Pour lutter contre ce phénomène, la Ville conclura dans les prochaines semaines une série d'accords avec des entreprises privées et publiques, autour du thème de l'emploi de proximité.
De même, le partenariat avec l'ANPE est redynamisé avec l'objectif d'une nouvelle convention en 2004 favorisant les recrutements de proximité en partenariat avec les entreprises.

1) Le renforcement du service municipal de proximité

Les cinq Maisons du développement économique et de l'emploi ont vocation à faciliter l'accès direct à l'emploi des publics qu'elles accueillent, à développer l'insertion par l'activité économique et à apporter un appui à la création d'entreprise. Deux nouvelles Maisons ont été ouvertes en 2002 dans les 19ème et 20ème arrondissements afin de renforcer l'emploi dans le Nord-Est parisien.

Ces Maisons et Espaces ont permis de créer ou sauvegarder 1.000 emplois en 2002 et 2.000 en 2003. Grâce à leur renforcement, l'objectif pour 2004 est de 2.500 emplois.

De même, après avoir accueilli 31.000 personnes en 2002, ce sont 60.000 Parisiens qui les ont fréquentées en 2003, auxquels s'ajoute le public des permanences ad hoc tenues par les Mairies d'arrondissement. Dans le même cadre, les Cyber-emplois, développées par la Ville, ont reçu 27.550 jeunes en 2002 et 32.500 en 2003.

Des axes spécifiques ont été définis pour chaque Maison au regard des caractéristiques de l'arrondissement dans lequel elles sont implantées. Par exemple, la Maison du 18ème est spécialisée dans le soutien au réseau de l'insertion par l'activité économique avec l'objectif de mettre en place en 2004 un premier Programme local d'insertion par l'économique, dispositif de coordination expérimenté par de très nombreuses collectivités depuis 1998.

Des permanences d'accompagnement individualisé sont notamment assurées par des partenaires associatifs et s'adressent prioritairement aux chômeurs les plus éloignés de l'emploi. La mise à disposition d'équipements informatiques contribue à compléter cette action en permettant aux demandeurs d'emploi d'effectuer gratuitement sur Internet leur recherche d'emploi, de formation ou de renseignement, avec l'assistance d'un agent spécialisé.

De nombreuses animations sont également développées chaque mois, par exemple des forums-emploi en liaison avec les mairies d'arrondissement et les entreprises locales. De même, des ateliers de découverte des métiers portant sur les secteurs d'activité en pénurie de main d'œuvre (secteur des métiers de l'aide à domicile…) sont organisés.

En 2003, de nouvelles initiatives ont été portées par les Maisons du développement économique et de l'emploi. Par exemple, l'opération " Cap Parrainage " (19ème) s'appuie sur la mobilisation de 13 entreprises afin de permettre à 84 demandeurs d'emploi d'être accompagnés dans leurs démarches de recherche d'emploi par un " parrain " en activité : 55 acteurs apportent ainsi leur collaboration à l'opération.

2) Les Missions locales : un instrument essentiel

Lieux de proximité particulièrement adaptés aux réalités du terrain, les Missions locales accueillent les jeunes de 16 à 25 ans et les accompagnent dans leur recherche d'emplois. Plus de 2,6 M€ leur ont été consacrés en 2003, soit une progression de plus de 10 % en un an. En décembre 2002, une nouvelle antenne d'accompagnement des jeunes a été ouverte 60, rue Vitruve (20ème).

En 2002, elles ont ainsi accueilli près de 15.000 jeunes. Outre les missions traditionnelles qui leur sont dévolues, les Missions locales tendent à développer des expériences innovantes afin de faciliter l'accès à l'emploi des jeunes : l'animation des trois espaces " Cyber Emplois Jeunes " respectivement implantés dans les 5ème, 11ème et 17ème arrondissements, la création de réseaux de parrainage au sein d'entreprises pour des jeunes issus de quartiers Politique de la Ville (pôle d'accompagnement dans l'emploi), ou encore l'orientation des étudiants en situation d'échec universitaire…

En 2003, une réflexion sur les activités et l'organisation des cinq Missions locales a débouché sur des contrats d'objectifs avec chaque Mission locale, qui feront prochainement l'objet d'un examen par le Conseil de Paris.

3) Des guichets uniques pour les allocataires du RMI

Paris compte près de 50.000 allocataires du RMI et les mesures gouvernementales récentes en matière d'indemnisation du chômage, applicables dès 2004, risquent d'engendrer une sensible augmentation de ce chiffre. De plus, l'incertitude qui pèse sur les effets de la décentralisation en matière de RMI doit inciter à une réelle prudence.

En application des orientations pluriannuelles fixées dans le Programme départemental d'insertion, tous les nouveaux allocataires sont désormais accompagnés et les plus anciens qui ne bénéficiaient pas d'un suivi font progressivement l'objet d'un nouveau contact.

Des guichets uniques " Espaces insertion " ont été créés pour permettre, en un même lieu, l'ouverture des droits, le suivi social et l'accompagnement vers l'emploi avec l'aide d'agents de l'ANPE. Ainsi, quatre arrondissements supplémentaires bénéficient depuis 2003 d'un Espace insertion (10ème, 11ème, 18ème et 19ème ) avec l'objectif de couvrir à terme l'ensemble du territoire.

4) Des Equipes emplois insertion dans les quartiers " politique de la Ville "

Pour aller au devant des chômeurs non accompagnés dans des quartiers où le taux de chômage est particulièrement élevé, des équipes portées par des associations ont été missionnées par le Département et l'Etat, qui travaillent en partenariat avec l'ANPE et les missions locales. Elles sont chargées d'aller au devant des publics en difficultés non suivis. Cinq Equipes emploi insertion ont été mises en place depuis 2001 dans les quartiers " politique de la Ville " des 10ème, 14ème, 18ème, 19ème et 20ème arrondissements.

B) Le développement de l'offre d'insertion

La municipalité a pour objectif de favoriser l'insertion sociale et professionnelle par une politique volontariste et bien adaptée aux spécificités des demandeurs d'emplois parisiens. Cela suppose des moyens et des outils élaborés en concertation avec tous les acteurs concernés, comme l'Etat, la Région, l'ANPE ou le monde associatif.


1) La formation tout au long de la vie


Le Plan départemental de formation, qui a accordé la priorité à l'insertion professionnelle des personnes en situation de grande précarité, concerne chaque année environ 2.000 Parisiens et bénéficie d'un taux d'insertion professionnelle de plus de 50 %. Il a été profondément réformé pour favoriser l'accès aux stages des publics les plus en difficulté et les orienter vers les secteurs porteurs d'emploi.

Il comporte par exemple, des formations linguistiques d'apprentissage de la langue française pour 462 personnes, des stages de courte durée dans le secteur tertiaire pour 414 personnes, des formations dans les métiers de l'aide à domicile aux personnes âgées pour 327 places ou encore un volet à destination des cadres composé de formations transversales de courte durée qui sera soumis au Conseil de Paris en novembre prochain.

Les conditions d'admission à l'ensemble de ces formations ont été assouplies afin de permettre une meilleure accessibilité des stages aux demandeurs d'emploi les plus en difficulté. Par ailleurs, une modification importante a été introduite cette année afin d'offrir aux publics de faible niveau de qualification la possibilité de s'inscrire dans un parcours de 1.200 heures de formation sur une période de 18 mois. Les stages sont gratuits. Enfin, le Département verse une bourse mensuelle aux stagiaires ne disposant d'aucune ressource.

La ville soutient également la création d'un centre de formation des apprentis dédiés aux métiers de l'alimentaire rue des Fillettes (18ème), contribuant à la revitalisation de ce quartier " politique de la Ville ".


2) Le co-financement et l'embauche de contrats aidés

La municipalité a fortement développé son action en matière d'emplois aidés, en concluant 850 Contrats emploi-solidarité, recrutés et formés en son sein. La Ville poursuit également son effort en matière d'accueil d'apprentis (440 en 2003, avec un taux de réussite aux concours administratifs de 82 %) et a conclu en 2003 ses premiers Contrats emplois-consolidés, en faveur des personnes de plus de 50 ans.

La Ville de Paris s'était mobilisée pour lutter contre le chômage des jeunes en s'engageant résolument dans le programme " emplois jeunes ". Ainsi, 1.414 Contrats emplois jeunes ont été conclus. Ce programme ayant été remis en cause par les pouvoirs publics, la Ville n'a pas pu recruter les 500 ALMS supplémentaires initialement prévus.

La collectivité parisienne doit désormais gérer la sortie des emplois jeunes en fin de contrat, alors qu'aucun dispositif de pérennisation n'a été mis en place pour les collectivités locales. De plus, elle se mobilise pour éviter que l'arrêt de ce programme ne se traduise par une situation de chômage avec trois dispositifs: des formations, la proposition de deux offres d'emploi à la Ville et de deux offres d'emplois à l'extérieur en partenariat avec l'ANPE et le transfert de certaines activités à des associations financées par la Ville.

3) Le développement de l'insertion par l'activité économique

Afin de faciliter le retour à l'emploi des personnes qui en sont le plus éloignées, la municipalité a souhaité se doter d'un plan de soutien aux structures d'insertion par l'activité économique et, plus généralement, au secteur de l'économie solidaire qui ont fait l'objet de journées en juin 2003 à la Maison des Métallos. L'engagement financier de la Ville, de 230.000 € en 2000, a été multiplié par 7 et porté à 1,6 M€ en 2002.

En outre, Paris a décidé d'adhérer au Réseau des territoires de l'économie solidaire et de lancer, avant la fin 2003, un diagnostic approfondi de ce secteur dans la capitale.

D'ores et déjà, Paris soutient 20 associations intermédiaires, 25 entreprises d'insertion, 6 entreprises de travail temporaire d'insertion, 1 Groupement d'employeurs pour l'insertion et la qualification, 2 régies de quartier et 10 opérations de chantier d'insertion qui emploient au total plus de 6.000 personnes.

Pendant la mandature, l'objectif est de parvenir à un potentiel de 30 entreprises d'insertion et 12 régies de quartier, avec l'appui du Comité national de liaison des régies de quartier, avec lequel la Ville a conclu une convention. D'ores et déjà, ce partenariat a permis la création en janvier 2003 de la nouvelle Régie de quartier Curial Cambrai (19ème).

De plus, dès 2001, la municipalité a décidé l'introduction des clauses sociales dans les marchés publics passés par la collectivité. Ainsi, fin 2002, 45 appels d'offres ont fait l'objet d'une mention de clauses sociales. Un effort identique est réalisé en direction des marchés conclus par les bailleurs sociaux.

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