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DISCOURS

Conseil de Paris : Communication sur le projet international de la Ville de Paris

02/02/2004

Celles et ceux qui, parmi nous, se sont rendus ou ont vécu à l'étranger, connaissent l'effet produit par la seule évocation du nom de notre capitale. Ville du monde, dont l'histoire, les valeurs et l'identité se projettent au-delà de ses frontières, ville " pour le monde ", au sens où Victor HUGO invoquait sur elle les droits du genre humain, Paris fait l'objet d'une immense demande de liens qui s'exprime dans tous les domaines.

Cette demande se nourrit aussi d'interrogations multiples et communes à tous les responsables locaux : la qualité de vie et la place des citoyens dans la ville, la coexistence des cultures et des croyances, l'harmonie entre les générations, la lutte contre la pauvreté dans les quartiers défavorisés, l'organisation de transports respectueux de l'environnement, l'accès à l'emploi, à l'éducation, à la santé et à la culture.

C'est pourquoi le fait urbain constitue bien le point de départ de notre action internationale. A l'heure où 60% des habitants de la planète - et jusqu'à 80% des Européens - vivent en ville, les grands enjeux du monde contemporain sont largement d'essence citadine : enjeux démocratiques d'une mondialisation qui renforce en fait la pertinence de l'échelon local ; enjeux économiques, car c'est dans les villes que se situent les gisements de croissance et d'emplois, et où se concentrent les inégalités les plus vives ; enjeux sociaux et de solidarité, car les combats pour l'intégration, la mixité sociale et contre l'insécurité se livrent d'abord au cœur des cités ; enjeux écologiques, enfin, car des solutions durables mises en œuvre dans les villes dépendra, en partie, la préservation de notre planète.

Or aucune ville - fut-elle capitale - ne peut prendre, seule, la mesure de ces enjeux pour les affronter. C'est pourquoi l'objectif premier de notre action est de promouvoir les échanges avec les autres villes, afin de partager le capital d'informations, d'études et d'expériences de chacune, et de tenter ainsi, d'inventer des réponses communes efficaces. L'objectif est ici de substituer une démarche de coopération à une logique de compétition - par ailleurs incontestable - entre grandes villes du monde.

C'est cet échange que nous nous efforçons de promouvoir depuis bientôt trois ans : dans un esprit d'égalité, respectueux de chaque identité et en harmonie avec la politique étrangère du gouvernement de notre pays. Cette approche repose sur une conviction : si Paris a évidemment le devoir de se rendre disponible pour les autres, la performance et le dynamisme de notre cité résultent aussi de sa capacité à tirer bénéfice des expériences conduites ailleurs.


Une telle démarche impliquait sans doute de mieux définir le champ et les axes de l'action internationale de la Ville de Paris.

Dans cette perspective, un audit - lancé en juin 2001 - de l'Inspection Générale de la Ville a contribué à préciser les domaines dans lesquels des avancées étaient nécessaires. Cette étude soulignait en particulier :

- l'insuffisance de véritables priorités géographiques ou sectorielles ;
- un certain cloisonnement entre les acteurs : Services de la Ville, mais aussi S.E.M., Syndicats de villes, associations (ainsi l'Association Internationale des Maires Francophones et l'Association pour la Diffusion des Techniques Municipales, aujourd'hui dissoute) ;
- une dispersion des moyens, voire une certaine opacité dans leur utilisation : la situation des associations Paris-Berlin, -Londres et -Tokyo, aujourd'hui dissoutes, illustre ce constat. De même, la subvention de l'AIMF échappait alors à l'examen du Conseil de Paris.
- enfin, une pratique trop formelle de la coopération, les accords conclus ne faisant pas toujours l'objet du suivi nécessaire.

Ce constat global nous a donc également inspiré dans la définition des axes autour desquels s'articule l'action internationale de la collectivité parisienne :

- une politique qui s'appuie sur des valeurs et engage l'ensemble des Parisiennes et des Parisiens ;
- définir nos priorités, à partir d'une communauté d'histoire, de culture et de références qui font de l'Europe, de la Méditerranée et du monde francophone notre espace naturel de coopération ;
- faire le choix de l'échange et de la coordination, en insérant Paris dans les réseaux de villes, afin de bénéficier de l'expérience des autres villes ;
Une politique qui s'appuie sur des valeurs et engage l'ensemble des Parisiennes et des Parisiens.


 
La ville, espace d'apprentissage des libertés et des droits, se révèle aussi, dans le contexte de la mondialisation, comme l'un des rares territoires pertinents de démocratie active, un champ dans lequel le débat et l'action peuvent se féconder mutuellement. C'est pourquoi le lien entre démocratie participative et action internationale constitue l'un de nos axes : Paris se veut d'abord disponible pour les initiatives qui concourent à l'épanouissement des libertés et au renforcement des droits fondamentaux.

 1. Des initiatives à Paris, en premier lieu à l'Hôtel de Ville, pour favoriser le débat :

- sur les enjeux européens : l'illustrent, le débat entre le Chancelier allemand et le Premier Ministre français dans le cadre du forum franco-allemand, le 5 octobre 2001 ; la rencontre des Maires des capitales de la zone Euro (14 janvier 2002) lors du passage à la monnaie unique et, prochainement, pour marquer l'élargissement de l'Union qui interviendra le 1er mai 2004 ; les rencontres de jeunes Européens, mais aussi d'élus pour un séminaire sur l'évolution des services publics locaux ;
- sur la question de la paix au Proche-Orient, avec l'accueil de jeunes Israéliens victimes des attentats, ainsi que de jeunes Palestiniens ; à travers l'organisation d'un débat entre l'Ambassadeur d'Israël à Paris et la Déléguée générale de la Palestine ; mais également à travers la programmation de deux concerts (septembre et décembre 2002) de l'Orchestre de la Paix, composé de jeunes musiciens de ces deux pays ;
- sur la place des femmes dans le monde (à l'occasion de la Journée internationale de la femme).


De même, parce que Paris incarne - avec d'autres villes - des valeurs de liberté dont nombre d'habitants de la planète sont privés, le Conseil de Paris a exprimé des positions claires dont témoignent, par exemple, l'adoption de vœux concernant Safiya HUSSEINI et Amina LAWAL, condamnées à mort au Nigéria, ou le sort de deux journalistes - Vincent REYNAUD et Thierry FALISE - retenus au Laos.

Dans ce même contexte où les libertés se nourrissent aussi de symboles, l'élévation d'Ingrid BETANCOURT - enlevée et retenue par les Forces Armées Révolutionnaires Colombiennes - ou de Mumia ABU JAMAL - détenu dans une prison américaine - au titre de " citoyens d'honneur de Paris ", traduisent l'attention que nous continuerons de prêter à la dénonciation des injustices et aux progrès du droit.

La visite effectuée à New-Yok en février 2002 s'inscrit dans la même logique : témoigner l'amitié et la solidarité de notre ville aux habitants de cette grande cité, meurtrie par les attentats de septembre 2001 mais aussi dessiner de nouvelles perspectives en terme d'échanges et de synergie, notamment dans les domaines de l'architecture et de l'aménagement urbain.


Mais par-delà la signification et la force des symboles, la municipalité porte ou accompagne les projets qui visent à faire de Paris une ville-refuge pour celles et ceux dont les libertés sont menacées : emblématique d'une telle préoccupation, l'ouverture, en décembre dernier, d'une Maison des Journalistes, dans le XVème arrondissement de Paris, destinée à l'accueil de journalistes poursuivis pour délits d'opinion dans leur pays. De même, dès novembre 2002, Paris a adhéré au Parlement International des Ecrivains, présidé par Salman RUSHDIE, afin d'offrir à des écrivains persécutés dans leurs pays un asile dans notre capitale.


De nombreux projets liés aux enjeux stratégiques du moment, se sont déroulés dans la capitale. Ainsi, en accueillant - avec d'autres collectivités de Seine Saint-Denis - le Forum Social Européen (novembre 2003), notre ville a eu à cœur de soutenir cet espace de débats, de réflexions, d'opinions, impulsé par celles et ceux qui, en Europe et dans le monde, s'efforcent de proposer une alternative à la mondialisation économique.

C'est la même logique qui nous a conduit à confirmer notre engagement concret en faveur du commerce équitable, par des actions de valorisation des produits équitables dans le cadre de nos appels d'offre ou par la réflexion lancée sur la création d'un pôle de la solidarité internationale à Paris.

L'affirmation du rôle des Parisiens dans la mise en œuvre de l'action internationale de la ville est essentielle à nos yeux. A cet égard, si beaucoup a déjà été entrepris, des avancées sont encore nécessaires.


· Une conviction : mieux impliquer les Parisiens face à l'enjeu du développement.
L'Hôtel de Ville a ainsi accueilli, en mai 2003, des Assises du co-développement mobilisant les acteurs publics et associatifs (en particulier les Organisations de Solidarité Internationale et les Organisations de Solidarité Internationale des Migrants). Une charte adoptée à cette occasion et la création, en 2004, d'un label Solidarité-Sud encourageront les projets associatifs, concrétisant ainsi le lien entre démocratie participative et coopération au développement dans les villes du Sud.


· Un engagement qui reste à concrétiser : en plus du label Paris-Europe, créé en 2001, il y a incontestablement place pour un " Espace des Européens " dans notre capitale. Si la Maison de l'Europe de Paris ne remplit pas encore cette fonction, nous devrons encourager la nouvelle équipe dirigeante de cette association à poursuivre ses efforts visant à offrir aux Européens de Paris et, plus largement, à tous les Parisiens qui s'intéressent à la construction européenne - notre entreprise commune - un espace de débats, de rencontres et de services sur l'Europe.

 2. Des initiatives à l'étranger pour témoigner de notre solidarité face à l'urgence. 


Notre collectivité a souhaité venir en aide aux victimes de catastrophes naturelles ou des conflits qui déchirent le monde. La liste de ces crises est longue : à Arequipa, au Pérou, dévastée par un séisme en 2001 ; à New-York, frappée par le terrorisme en septembre 2001 ; à Alger, en 2002, à la suite des inondations qui ont ravagé Bab-el-Oued, puis en 2003, lors du séisme qui a meurtri la capitale algérienne ; à Goma, au Zaïre, en 2002, pour les rescapés d'une éruption volcanique ; à Buenos-Aires, en 2003, pour la fourniture de 10 tonnes de médicaments ; à Kaboul, pour le fonctionnement de centres de santé ; à Bagdad, pour la fourniture d'eau potable ; en Palestine, pour la formation de chirurgiens traumatologistes dans les hôpitaux de Gaza et Khan Younis… Cet effort sera poursuivi : aujourd'hui pour les sinistrés de Bam, demain partout où l'urgence exige l'expression active de notre solidarité.

L'urgence se manifeste aussi dans le domaine de la lutte contre le Sida, l'un des axes forts de l'action internationale de notre collectivité : face à l'expansion dramatique de cette pandémie, qui affecte aujourd'hui le Sud, la municipalité parisienne a décidé dès 2003, et en 2004 encore, de renforcer son action en soutenant des projets en Afrique du Sud, au Burundi, au Cameroun et au Bénin.


Définir nos priorités à partir d'une communauté d'histoire, de culture et de références, qui font de l'Europe, de la Méditerranée et du monde francophone notre espace naturel de coopération.

 
Parce qu'elles sont souvent le théâtre de conflits tragique dont les populations urbaines sont les premières victimes, les villes ont un rôle à jouer - fut-il modeste - dans la prévention et dans le règlement des crises, et, à tout le moins, dans l'expression d'une solidarité effective entre les peuples. Ainsi, les jumelages dans le cadre européen, premières ébauches des échanges entre villes, ont sans nul doute, contribué à résorber les fractures issues des deux grands conflits du XXème siècle. Le " jumelage exclusif " qui lie notre ville à Rome depuis 1956 en porte notamment la signature.
 

Dans cette perspective, des processus de coopération ont été lancés depuis 2001, avec Belgrade, Kaboul et Bagdad, capitales de pays en sortie de crise. A chacune de ces villes, nous nous sommes efforcés d'apporter une contribution aussi utile que possible au retour à la paix : fourniture de véhicules de propreté et ébauche de liens culturels dans la capitale serbe ; aide au fonctionnement de centres de santé maternelle et infantile dans la capitale afghane, rétablissement de l'eau potable dans le sud de la capitale irakienne.

Dans le même esprit, des projets de coopération viennent d'être ébauchés avec les Maires de Tel Aviv, de Jérusalem et les Président et vice-Président de l'Association des Maires Palestiniens, afin d'exprimer notre solidarité avec ces peuples amis. En Afrique, c'est la même inspiration qui oriente les projets mis en œuvre dans le cadre de l'AIMF, comme nous le préciserons dans un point suivant.

Au-delà même de ces enjeux de paix, les villes peuvent être des laboratoires d'idées et d'expériences, au sein desquels s'élaborent des réponses concrètes aux enjeux de la civilisation urbaine. En renforçant par les actes le sentiment " d'espace de civilisation ", elles contribuent à affirmer leur statut de contre-pouvoirs potentiels à la mondialisation.

 1. En Europe

En Europe, nous avons ainsi renoué des liens qui étaient en sommeil, parfois en désuétude, avec de grandes capitales du continent européen - Rome, Berlin, Moscou, Vienne, Lisbonne, mais aussi Genève, Budapest, Prague et Varsovie. De nouveaux accords de coopération ont été conclus, depuis près de trois ans, avec Londres, Genève, Saint-Petersbourg (et prochainement avec Copenhague).


Des mémorandums sont venus compléter certains des accords existants - avec Moscou et Berlin - afin de donner à chacun une nouvelle impulsion, et des pistes de coopération ont déjà été ébauchées avec Budapest et Prague. Toutes ces initiatives permettent d'engager des échanges d'expériences dans les domaines convenus avec nos partenaires, tant au niveau du Maire et de ses Adjoints qu'à celui des services de la Ville.

Plusieurs exemples peuvent être donnés :

· avec Rome, qui partage avec notre ville le privilège d'être l'une des grandes capitales culturelles de l'Europe, de nombreuses entreprises communes ont été lancées dans le domaine de la culture, autour de la peinture, de la littérature et du cinéma, jusqu'à la gratuité réciproque des musées municipaux pour les habitants des deux villes et, depuis l'an dernier, le lancement conjoint de la " Nuit Blanche ". Par-delà la culture, les deux municipalités mènent en commun un processus de réflexion et de travail sur les questions de l'intercommunalité et de la sécurité urbaine ;


· avec Londres, la coopération, qui a déjà suscité plusieurs séries d'entretiens techniques, porte principalement sur trois domaines : une comparaison des systèmes d'aide au logement dans les deux capitales ; une expertise croisée des dispositifs mis en place dans le domaine des transports et des déplacements ; enfin, un échange de pratiques en matière d'intégration des citoyens étrangers ;


· avec Copenhague, l'accord en préparation met l'accent sur les échanges de savoir-faire en matière d'aménagement des espaces verts, de protection de l'environnement. Il porte aussi - et logiquement - sur la place du vélo en ville, domaine dans lequel la capitale danoise dispose d'une grande expertise ;


· avec Moscou, la signature d'un mémorandum de coopération a généré des échanges d'expériences dans les domaines de l'urbanisme et de la gestion de l'eau. Dans le secteur culturel, un nouvel accord a également été conclu, portant sur une programmation d'actions communes pour la période 2004-2006, en particulier des accueils croisés d'artistes et de photographes des deux villes, la participation de notre cité et de la Maison européenne de la photographie aux festivals " modes et styles dans la photographie " à Moscou ou encore la participation en 2004, de la Maison de la poésie de la Ville de Paris à la manifestation " saisons françaises de poésie " dans la capitale russe.


· avec Berlin, une nouvelle impulsion a été apportée depuis deux ans au traditionnel séminaire d'urbanisme. Organisé en 2003 à Paris, ce rendez-vous a permis d'examiner les nouvelles orientations des deux villes en matière d'urbanisme : aménagement des friches, organisation de la concertation, enjeux du PLU et partenariats inter communaux. Plusieurs adjoints des deux capitales ont participé à ces débats, en présence d'architectes, de sociologues et d'urbanistes.


· avec Genève, la signature d'un accord a d'ores et déjà donné lieu, en novembre 2002 - dans le cadre de la Foire internationale de cette ville - à une action importante de promotion des jeunes designers parisiens, et de premiers échanges en matière de lutte contre la toxicomanie ont eu lieu ;


· avec Prague, l'accent sera mis, au cours du premier semestre de cette année, sur la lutte contre les inondations, pour laquelle la capitale tchèque a acquis une réelle expertise à la suite des grandes crues de l'été 2002.

 
2. Sur le pourtour méditerranéen
 


Sur le pourtour méditerranéen et, plus largement, au sein du monde arabe, les liens créés privilégient l'échange d'expériences, le transfert de savoir-faire ainsi que la formation :


· avec Alger, un accord, signé en janvier 2003, verra la mise en place, dès le mois de février 2004, d'une mission de la Ville et de l'APUR destinée à engager une coopération dans quatre domaines distincts : réhabilitation de l'habitat dégradé (en collaboration avec l'OPAC), aménagement des espaces verts, appui à l'Agence d'Urbanisme d'Alger pour la révision des documents d'urbanisme ; gestion de l'eau (en liaison avec la Direction de la Protection de l'Environnement et le SIAAP) ;


· avec Tunis, l'accord de coopération qui sera signé en 2004 formalisera en particulier une action d'assistance à maîtrise d'ouvrage engagée dès 2001 pour réhabiliter le théâtre municipal - vecteur important de la culture francophone -, le marché central et la rénovation du Jardin de la Méditerranée, entreprise avec le concours de l'AIMF ;


· Plusieurs coopérations ont été mises en œuvre avec différentes villes du Maroc ; en particulier, l'informatisation de l'Etat civil à Casablanca ; la fourniture de matériels informatiques à Casablanca, Marrakech, Mekhnès et Rabat ; la formation de cadres municipaux à Casablanca, Marrakech et Mekhnès ; ou encore le projet d'aménagement des Jardins de Marrakech…


· au Caire, c'est une vaste opération de réhabilitation qui a été engagée avec l'APUR dans le district de Sayeda Zeinab (centre historique) rassemblant à la fois les marques de la présence française et un important patrimoine urbain égyptien. Les thématiques retenues à la suite de missions d'identification de la Ville de Paris en 2002 et 2003, et après consultation du Gouverneur du Caire, concernent l'aménagement de la voirie du quartier et la question de la circulation, l'environnement et les espaces verts, l'urbanisme et la réhabilitation de l'habitat ;


· à Istanbul, une mission conjointe, en 2003, de la Ville et de l'APUR a abouti à des préconisations sur le schéma directeur d'Istanbul. Cette phase devrait être suivie d'un travail sur la préservation du patrimoine architectural dans le quartier très commerçant de Zeytinburnu, et d'actions de formation à l'Université Galatasaray, sur la pratique urbaine et sur le respect des espaces publics ;


· à Amman, enfin, nous achèverons en 2004 les travaux d'un " square de Paris " situé dans le centre historique de la capitale jordanienne : l'occasion sera ainsi créée de solliciter l'expertise parisienne dans le domaine de l'aménagement des espaces verts au service d'un acte d'amitié.

 3. Nos relations avec les villes francophones 


Elles constituent une autre dimension de notre action internationale :

A. A l'approfondissement - déjà évoqué - de nos relations avec les capitales du Maghreb, une coopération élargie en Amérique du Nord et dans les capitales du Cambodge et du Laos :


· avec Québec, la signature d'un accord de coopération va permettre d'engager un échange concret d'expériences sur la place des aînés dans nos villes, sur l'organisation de la démocratie participative mais aussi sur la revitalisation des quartiers ;


· à Phnom Penh, une opération en cours doit permettre d'améliorer l'entretien et d'étendre le réseau d'assainissement, afin que la capitale cambodgienne puisse mieux répondre aux défis liés à un développement démographique rapide. De même, une action menée en association avec Venise dans le cadre du programme européen Asia Urbs, vise à améliorer la réglementation de l'aménagement urbain et la protection du patrimoine ancien ;


· à Vientiane, la Ville a achevé le projet entrepris avec l'APUR et la SAGEP, et en association avec la Région de Bruxelles-Capitale, pour former les cadres administratifs chargés de la réglementation urbaine, des projets d'aménagement et de l'alimentation en eau. Ce projet devrait se prolonger par un appui de la Direction Générale de l'Habitat et de l'Urbanisme visant à doter le Laos d'un éventail complet de réglementations en matière d'urbanisme et de construction ;

B. Réorientation de l'action de l'Association Internationale des Maires Francophones (AIMF). Ce réseau, fort aujourd'hui des 110 villes qui le composent, constitue un outil de coopération - il met l'expertise des villes du Nord au service de projets de partenariat dans les domaines de l'état-civil, de la santé et de l'éducation - , mais aussi un levier puissant de partage de la culture et des valeurs francophones (ainsi, l'AIMF est devenue l'un des opérateurs de l'Organisation Internationale de la Francophonie).


· Traditionnellement présidée par le Maire de Paris - la Ville apportant environ le tiers des ressources de l'AIMF - le choix a été fait, dès mars 2001, de moderniser et d'adapter cet outil de coopération aux exigences du développement, afin de mieux répondre aux enjeux auxquels les pays francophones du Sud sont confrontés : formation et recherche d'emploi pour la jeunesse, renforcement du secteur de la santé, en particulier dans le domaine de la lutte contre le Sida.


· La liste (jointe en annexe 1) des projets adoptés depuis mars 2001 illustre l'ampleur et la qualité de la coopération engagée, dont peuvent également témoigner les élus parisiens qui se sont rendus, avec le Maire de Paris, aux assemblées générales successives (Casablanca en 2001, Beyrouth en 2002, Dakar en 2003) ainsi qu'aux colloques annuels (Bamako en 2002, Phnom-Penh en 2003) de cette association.


· Ce sont aussi les modes de fonctionnement et de management de l'association qui ont été profondément réformés :


- renouvellement du Bureau ;
- augmentation du nombre des commissions qui concourent à l'expertise des projets dont les Maires du Sud sollicitent tout ou partie du financement auprès de l'AIMF ;
- maîtrise des coûts de fonctionnement de l'association, afin de dégager davantage de ressources pour le financement des projets de coopération ;
- évolution dans la structure de la subvention parisienne, qui, plus que par le passé, sert aux projets concrets de l'association et moins au financement de son fonctionnement ;
- transparence vis-à-vis de notre collectivité, avec une subvention qui fait désormais l'objet - ce n'était pas le cas avant 2001 - d'un examen annuel par le Conseil de Paris.

 4. Avec les capitales et grandes villes européennes


Avec les capitales et grandes villes européennes, de la Méditerranée et de l'espace francophone, mais aussi avec les grandes villes d'Amérique du Nord, du Sud et de l'Asie, nous souhaitons enfin promouvoir la création d'un véritable espace culturel.

Ainsi, par-delà les actions engagées à Paris par les Centres culturels étrangers et les diverses Institutions culturelles municipales, nous avons confirmé notre partenariat avec l'Association Française d'Action Artistique, afin de promouvoir la création parisienne dans le monde entier, comme en témoigne la liste des projets figurant en annexe 2.

Forts de l'attrait que notre capitale continue d'exercer, forts des valeurs de paix, de liberté et de solidarité que notre culture continue de porter à travers le monde, riches enfin de l'intelligence et de la créativité des institutions culturelles parisiennes - auxquelles cette communication veut aussi rendre hommage, ce sont des passerelles que nous nous efforçons de construire entre les cultures du monde, et c'est cette part de l'identité de Paris que nous voulons affermir :


- en participant au succès de grands événements nationaux (Année de l'Algérie en France l'an passé, Saisons hongroise en 2001, tchèque en 2002, polonaise en 2004, Année de la Chine en France cette année…) ;
- en tissant les liens entre artistes de Paris et de New-York, de Paris et de Sao Paulo ou de Rio, de Paris et de Montréal, Toronto ou Québec, accueillis en résidence à la Cité internationale des Arts ou au Couvent des Récollets.
Mettre Paris en réseau.


 
Aller vers l'autre, s'enrichir mutuellement, rompre avec le " splendide isolement " de Paris : cette démarche nous a conduit à adhérer à plusieurs réseaux de villes qui constituent autant de " multiplicateurs d'expérience et d'influence ".


· Dans le contexte d'une priorité relationnelle assumée avec les grandes villes d'Europe, nous avons fait le choix d'adhérer, en juin 2002, au réseau des Eurocités (115 villes européennes de plus de 250 000 habitants). Sans doute plus actif que l'Union des Capitales de l'Union européenne (UCUE), dont Paris reste néanmoins membre, c'est principalement au sein de ce réseau que se confrontent les expériences urbaines concrètes et que s'élabore la place des villes dans les institutions et les programmes européens.

C'est pourquoi nous avons décidé de participer à plusieurs pôles de travail et, surtout, de présider le groupe " consommation responsable ". A cet égard, un forum récent à Porto, présidé par Pierre SCHAPIRA, a lancé un programme de travail sur les échanges de " bonnes pratiques " des villes (en termes de commerce équitable, d'achats socialement responsables, de clauses environnementales dans les marchés publics…) et sur des actions de sensibilisation auprès des citoyens.


· Paris a également rejoint le réseau URBAL de l'Union européenne, qui rassemble plusieurs dizaines de villes d'Europe et d'Amérique latine et favorise les échanges d'expériences et la diffusion de bonnes pratiques en matière de gestion urbaine, de démocratie participative et de lutte contre l'exclusion. C'est dans ce cadre que nous finaliserons les projets d'ores et déjà envisagés avec plusieurs grandes villes latino-américaines : Sao Paulo et Rio, mais aussi Montevideo et Buenos Aires.

· C'est cette même volonté de rechercher ensemble des solutions face à des interrogations communes aux villes du monde qui nous a conduit, le 13 juin 2003, à réunir à Paris, des maires de villes européennes (Londres, Rome et Vienne) et non européennes (Buenos Aires, Rio, Sao Paulo Québec) venus apporter le fruit de leur expérience dans le cadre de la finalisation de notre Plan Local d'Urbanisme (PLU).

· Enfin et surtout, la municipalité a souhaité adhérer, dès 2001, aux deux principales associations mondiales de villes : la Fédération Mondiale des Cités Unies (FMCU) et l'Union internationale des Autorités Locales (IULA). La cohérence de ce choix est double : il s'inscrit d'abord dans une démarche plus globale que l'adhésion aux réseaux " régionaux " - européens et francophones - déjà mentionnés ; surtout, il confirme notre soutien à l'objectif d'une organisation mondiale conçue comme un réseau d'échanges, de mise en commun d'expériences et d'élaboration de projets concrets au service des villes. En effet, dans la mondialisation actuelle, les pouvoirs locaux constituent autant d'espaces de démocratie dont les liens doivent être encouragés et valorisés.


Dans cet esprit, il était logique que Paris propose sa candidature à l'organisation - du 2 au 5 mai 2004 - du congrès d'unification de ces deux associations, dont sera issue la nouvelle organisation intitulée Cités et Gouvernements locaux Unis. Notre cité apporte ainsi tout son appui à l'expression d'une voix plus forte et plus cohérente des acteurs urbains au sein de cet espace mondialisé.

Ce temps fort de notre action réunira environ 2 500 Maires et élus locaux du monde entier au Palais des Congrès de Paris. Important pour nous tous, pour les représentants de ces villes et pour la prise en compte de la démocratie urbaine par les grandes organisations internationales, il sera aussi l'occasion de valoriser le savoir-faire de notre ville dans le cadre d'un Salon du monde urbain qui se tiendra simultanément. Celui-ci contribuera à souligner l'inventivité qui s'exprime dans la cité, à travers des expériences, des réalisations, des projets nés au cœur des villes pour tenter de répondre aux défis communs qui caractérisent l'époque.

 
Mise en œuvre de notre action internationale : des leviers multiples, un budget maîtrisé, un souci de transparence.


 1. Les composantes indirectes du rayonnement de Paris : 

Cette communication ne peut présenter l'ensemble des actions ou des secteurs qui entrent dans le champ de la délégation de l'Adjoint chargé des relations internationales et de la francophonie. Celle-ci est également associée à l'accueil et à l'intégration des étrangers à Paris, à la valorisation - notamment culturelle - de l'identité des Parisiens d'origine étrangère et au soutien à des associations parisiennes à vocation internationale (Comité Français pour la Solidarité Internationale, Forum des Organisations de Solidarités Internationales Issues des Migrations…).

Cette délégation concourt également à de nombreuses actions, notamment en matière de développement économique (promotion du tourisme parisien mais aussi dispositifs d'accueil des étudiants, des chercheurs et des artistes étrangers) qui participent du rayonnement de notre capitale. En effet, nos liens de coopération active avec d'autres métropoles et l'attrait de Paris sur la scène internationale contribuent à renforcer sa force économique. Ainsi, une étude internationale récente (Europeean Cities Monitor - octobre 2003) confirme l'importance du paramètre " qualité de vie " auprès des décideurs économiques internationaux (Paris se classe deuxième de ce classement, derrière Barcelone) et révèle des perspectives très encourageantes en terme d'intentions d'investissement à l'horizon 2008, Paris comptant alors - sur la base de cette étude prospective - le plus fort taux de représentation de sociétés européennes.

Ce rayonnement découle aussi d'une dynamique globale impulsée par la municipalité : il est clair en effet que les résultats obtenus en matière de développement économique, de qualité de vie, de création culturelle et artistique, de sécurité ou d'intégration - influent nécessairement sur l'attractivité de notre ville et sur son image dans le monde, ce que soulignent d'ailleurs, de façon emblématique, le succès de " Paris-Plage " ou de la " Nuit Blanche " à l'étranger.

 2. Une approche budgétaire maîtrisée.


La coopération internationale a un coût que nous assumons en veillant cependant à une démarche très maîtrisée, comme l'illustre la stabilité du budget de la DGRI - hors événements exceptionnels - sur la période 1997-2003. Encore faut-il préciser que ce budget concentre désormais l'essentiel de la dépense en la matière, ce qui n'était le cas sous les précédentes mandatures où nombre de délégations et de services de la Ville pouvaient conduire une action internationale sans que la cohérence ne soit toujours avérée.

Cette stabilité découle aussi de la recherche de cofinancements bilatéraux (par exemple avec le Ministère des Affaires étrangères pour nos actions de coopération décentralisée au Caire, à Istanbul et à Amman, mais aussi avec le Ministère de l'Education nationale, pour le financement du budget de l'AIMF) et multilatéraux (l'Union européenne, ainsi pour nos actions à Phnom-Penh et à Vientiane), voire d'opérations conjointes avec d'autres acteurs (la SAGEP et le SIAAP notamment).

L'augmentation exceptionnelle de ce budget en 2004 s'explique exclusivement par les dépenses liées à l'organisation du Congrès d'unification de la Fédération Mondiale des Cités Unies et de l'Union internationale des Autorités Locales. Mais nous assumons cette dépense, non seulement parce que le partenariat financier du secteur privé devrait in fine se traduire par une opération neutre pour les finances de la collectivité, mais surtout, comme cela a été dit, parce que cette rencontre internationale illustre pleinement le rôle qui, selon nous, doit être celui des villes dans la mondialisation.

L'implication des élus dans la mise en œuvre de cette politique internationale se situe à deux niveaux :

- notre exigence de transparence, qui nous conduit à rendre compte des orientations et du suivi des actions dans le domaine international ;

- notre souci de collégialité, qui implique la participation des élus - et notamment des Adjoints au Maire de Paris - à la mise en œuvre de cette coopération :

· la liste, en annexe 3, des Maires reçus à l'Hôtel de Ville par le Maire de Paris ou par ses Adjoints, témoigne ainsi de l'implication de l'ensemble de l'Exécutif ;
· la liste, en annexe 4, des missions effectuées par ces élus en 2003 démontre la pertinence de leurs interventions par rapport aux objectifs présentés dans cette communication. Par son caractère limitatif, elle souligne l'effort de maîtrise de la dépense qui s'applique à leurs déplacements comme à ceux du Maire de Paris dont les délégations sont volontairement réduites.

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