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DISCOURS

Conseil de Paris : Communication sur le Budget Modificatif

08/07/2002
Mes chers collègues,
Le budget modificatif qui vous est soumis aujourd'hui confirme pleinement les objectifs et la démarche définis en décembre dernier. Il est construit sur le solde excédentaire de l'exercice 2001, et sur des rentrées de recettes plus importantes que prévu.
Respect des engagements pris devant les Parisiennes et les Parisiens ; constance des priorités ; maîtrise de la gestion, enfin, avec la stabilité des taux de fiscalité, directs et indirects : tels sont, mes chers collègues, les principes autour desquels nous avons conçu ce budget modificatif. Il vise à répondre à des enjeux clairement identifiés.
D'abord, la sécurité. Les attentes, nous le savons, sont très fortes dans ce domaine : elles appellent des réponses concrètes, équilibrées et novatrices. C'est pourquoi, depuis quinze mois, la municipalité parisienne tente de mener cette action avec pragmatisme et volontarisme, mais hors de toute dérive démagogique. La co-production que nous avons engagée avec la Préfecture de police s'est traduit par une contribution de 192 millions d'euros au budget de la PP dès avril 2001, contre 186 millions en 2000. Au budget primitif 2002, l'effort de notre collectivité a encore crû de 11% par rapport à l'exercice précédent. Et aujourd'hui, avec un concours supplémentaire de 14,4 millions d'euros, nous portons la hausse de la contribution municipale à 22,5% par rapport à 2000 . Ce nouvel effort, dédié au bien être de nos concitoyens confirme notre volonté de maintenir avec la Préfecture de police un partenariat loyal et efficace : j'entends que la sécurité des Parisiens ne soit en aucune façon fragilisée par des considérations annexes. Ce budget modificatif signe donc, selon nous, une démarche et un état d'esprit, que nous souhaitons voir durer. Par ailleurs, ce budget modificatif prévoit d'affecter 150 000 euros à la sécurisation des sites fréquentés par la communauté juive, conformément à ce que j'avais annoncé il y a quelques mois.
C'est le même souci de résultat qui nous inspire dans un autre domaine : la propreté. La situation à laquelle nous devons faire face n'est d'ailleurs pas nouvelle : en parcourant récemment le fascicule diffusé par l'ancienne municipalité après les " états généraux de la qualité de la vie " en décembre 1999 j'ai été frappé de constater qu'il s'agissait déjà d'une des insatisfactions les plus systématiquement exprimées dans les contributions des habitants. L'adjoint en charge de ce dossier et moi-même sommes totalement déterminés : Paris sera propre, plus propre qu'hier et plus propre qu'aujourd'hui. Après l'effort réalisé en 2001, nous amplifions notre dispositif : les prestations de propreté urbaine bénéficieront d'une dotation de 2,1 millions d'euros, qui permettront notamment l'installation de 4000 corbeilles supplémentaires sur la voie publique. Le budget modificatif intègre aussi la création de 99 postes d'agents affectés au service de la propreté, et l'inscription de 7,6 millions d'euros complémentaires pour améliorer la collecte des ordures ménagères et le traitement des déchets. Ce dispositif illustre assez bien, je crois, une vraie volonté politique, sans laquelle toute notion de changement demeure illusoire.
La remarque s'applique aussi à une valeur que nous considérons comme plus moderne que jamais : la solidarité. Vous le savez : la lutte contre les inégalités et les exclusions a déjà été engagée sur de nombreux fronts. Mais il reste évidemment beaucoup à faire pour réduire ces zones d'ombre et de solitude qui atteignent la vie de notre cité. L'enjeu est double : faire face aux situations d'urgence, mais aussi apporter des réponses aux nouvelles attentes, souvent complexes, multiples et donc très exigeantes. Concrètement, nous lançons le " plan alimentation pour l'été ", en instaurant dans le même temps un partenariat avec les " Restos du Cœur ". A ce chapitre, je citerai aussi la mise en œuvre de l'Allocation Personnalisée d'Autonomie, qui fait l'objet d'un nombre croissant de demandes à Paris. En tant que département-pilote, Paris consacrera 40 millions d'euros supplémentaires au financement de cette disposition. C'est un signe de reconnaissance que notre collectivité exprime ainsi à l'égard de ses aînés, à leur rôle et à leur dignité. Car notre objectif est clair : permettre aux Parisiens les plus démunis et les plus vulnérables, de mieux connaître et de mieux faire valoir leurs droits. C'est pourquoi la Ville créera cette année un nouveau point d'accès au droit dans le 18ème arrondissement, grâce à l'inscription de 85.000 euros au budget modificatif.
Dans ce combat permanent pour faire entrer de vrais changements dans la vie quotidienne des Parisiennes et des Parisiens, j'évoquerai ici une autre ambition de l'équipe municipale : repenser la ville, pour la rendre plus accueillante, plus conviviale, plus accessible, plus démocratique aussi. Ainsi, 43,3 millions d'euros compléteront le montant des subventions accordées au logement social, qui constitue à nos yeux une autre priorité essentielle. Ces crédits contribueront, à la réalisation annuelle de 3500 logements, y compris dans le centre et l'ouest parisiens, où nous voulons favoriser une vraie diversité sociale, source de dynamisme et de richesse pour tous nos quartiers. Cet effort participe d'un projet plus vaste : créer les conditions du maintien des familles à Paris. La construction de nouveaux logements, le développement des transports collectifs, la création d'espaces verts désignent autant de réalisations qui doivent contribuer à inverser la tendance qui conduisait de nombreux foyers à quitter Paris.
Pour redonner aux enfants toute leur place dans notre cité, l'accent est mis sur l'accueil dans les crèches et les écoles. Ce budget prévoit donc l'inscription de 9 millions d'euros pour les travaux d'entretien, de rénovation et de sécurisation des établissements, réalisés cet été, ainsi que le versement de 2,9 millions aux caisses des écoles. A ces chiffres s'ajoute la progression des crédits d'investissement pour les crèches, à hauteur de 2,5 millions, afin d'atteindre l'objectif de 750 nouvelles places créées en 2002.
Dans cet effort en faveur de la justice et de l'harmonie urbaine, j'évoquerai également l'ouverture des pelouses au public, qui justifie un entretien supplémentaire de 0,6 million d'euros, ou encore l'aménagement du Quai de l'Oise, pour lequel 1,3 millions de nouveaux crédits ont été dégagés. Parce que Paris, ville de savoir et de culture, doit aussi tenir son rang de capitale de la créativité et de l'innovation, nous souhaitons promouvoir différentes actions qui contribuent à son dynamisme et à son rayonnement. Ainsi, fidèle à sa vocation de pôle universitaire d'excellence, la Ville de Paris participera activement à la rénovation de la Cité Universitaire, pour améliorer l'accueil des étudiants étrangers.
Afin d'encourager et de diversifier les pratiques sportives, le Palais Omnisport de Paris Bercy ouvre sa patinoire au public dès le mois d'octobre, et installe une aire de roller acrobatique. Je n'oublie pas non plus cet événement majeur que constituera la " Nuit Blanche ", pour laquelle 150.000 euros supplémentaires ont été inscrits au budget modificatif.
Enfin, je veux rappeler deux initiatives fortes programmées cet été à Paris : l'opération des " ambassadeurs de l'accueil ", nouvel élément essentiel de notre politique du tourisme. Et bien sûr " Paris-Plage ", qui permettra aux Parisiens - notamment à ceux qui ne partent pas en vacances - de s'approprier les berges de la Seine d'une manière totalement inédite, en faisant de cette aire un axe de détente, d'animation et de convivialité. Voilà mes chers collègues, quelques éclairages sur le budget qui vous est proposé : Je tiens à exprimer mes remerciements chaleureux à l'excellent Christian Sautter pour le travail qu'il a effectué, dans la fidélité à nos engagements communs vis à vis des Parisiens.
Je salue également l'action efficace de tous les adjoints ainsi que des services : je veux d'ailleurs souligner l'esprit de dialogue, de concertation, qui a dominé dans l'élaboration de ce document. Un rendez-vous budgétaire, c'est toujours un moment de vérité : parce qu'il révèle des priorités, parce qu'il illustre une volonté, parce qu'il traduit des arbitrages. Il arrive même que le passé resurgisse à travers des héritages encombrants : c'est ainsi que nous avons dû provisionner 20 millions d'euros, en prévision du règlement de l'affaire de la ZAC Porte Maillot. Ce projet pharaonesque, lancé en 1988 et abandonné en 1996 en raison du verdict des tribunaux, fait peser sur nos finances une menace qu'il fallait hélas prendre en compte : nous nous en serions bien passé, mais c'est ainsi…
Quoiqu'il en soit, mes chers collègues, je réaffirme ici notre détermination à tenir le cap fixé dès mars 2001. Car ce contrat démocratique demeure - et demeurera - la référence qui nous engage collectivement.

Expo Niki de Saint-Phalle
au Grand Palais

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