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DISCOURS

Communication sur l'environnement

20/06/2005

Depuis le Sommet de Rio en 1992, durant lequel plus de 150 pays se sont engagés à réduire l’émission de gaz à effets de serre, et l’entrée en vigueur récente du  protocole de Kyoto, la nécessité de mieux protéger notre environnement quotidien est au cœur des préoccupations citoyennes, notamment au sein du monde urbain. Si les résultats restent malheureusement modestes, cette prise de conscience est révélatrice de l’époque et des menaces identifiées qui impliquent, précisément, que chacun contribue à des changements.

 

Depuis 2001, dans le champ de compétence qui est le sien, la Municipalité parisienne a fait de la protection de l’environnement une de ses principales priorités. La tempête de décembre 1999 et la canicule de l’été 2003, comme la réduction de la biodiversité ou les pics de pollution, démontrent qu’il faut agir pour préserver la nature et le cadre de vie à Paris.

 

Seule une politique globale de long terme peut produire des effets concrets. C’est pourquoi le Plan local d’urbanisme en cours de finalisation - avec en son sein un Plan d’aménagement et de développement durable ambitieux - vise à mettre en cohérence développement urbain et économique et protection de l’environnement. Le Cahier des recommandations environnementales renforce ce dispositif d’incitation à un plus grand respect de notre environnement.

 

Illustrant cette volonté municipale, la politique des déplacements menée depuis 2001 propose des réponses indispensables à cet enjeu de santé publique que constitue la pollution. Notre démarche vise à la fois à préserver la qualité de l’air et à lutter contre le bruit. Rappelons ici que les transports sont à l’origine du tiers des émissions de gaz à effet de serre dans la capitale ainsi que d’une part importante de la pollution atmosphérique. Le Plan de Déplacement de Paris, actuellement en cours d’élaboration, fera l’objet d’une procédure spécifique : son contenu sera bien entendu soumis à l’examen du Conseil de Paris. C’est pourquoi cet aspect ne sera pas traité dans le détail dans la présente communication.

 

Celle-ci met en revanche l’accent sur la diversité des objectifs qui orientent notre action afin de préserver l’environnement quotidien des habitants.

C’est cette exigence que traduit notre volonté d’élaborer un Agenda 21 local. L’objectif est de favoriser une nouvelle impulsion ainsi qu’une coordination accrue entre les politiques que conduit la municipalité, dans les domaines du social, de l’économique et de l’environnement. Il s’agit ainsi de mieux répondre aux enjeux du changement climatique, de l’érosion de la biodiversité, de la pollution chimique, de créer les conditions d’une meilleure préservation de nos ressources naturelles et d’agir ainsi en faveur des générations futures.

 

L’élaboration de ce document impliquera une coopération territoriale dynamique avec nos voisins et la Région - qui aspire à devenir la première éco-région d’Europe - notamment à l’occasion de la révision du SDRIF et de l’Agenda 21 régional. Elle se traduira par une politique de concertation exigeante afin d’établir à la fois un diagnostic partagé et un plan d’actions avec l’ensemble de ces acteurs mais au-delà, avec les mairies d’arrondissement, les associations et les citoyens eux-mêmes, qui seront conviés à participer à ce processus. Une mission sera créée au sein du Secrétariat général pour assurer la coordination de ce travail considérable.

Afin de suivre la mise en œuvre globale de ce plan, un ensemble d’indicateurs devra être élaboré pour une évaluation transparente des actions intégrées à cet Agenda 21.

 

En mars dernier, un premier acte important a été posé avec la signature de la Charte d’Aalborg. Paris, en se joignant à plus de 2.200 collectivités de 42 pays européens, a affirmé son adhésion aux principes fondamentaux du développement durable : s’appuyer sur la négociation comme méthode de résolution des problèmes, rechercher la justice sociale, mettre en œuvre des politiques d’aménagement durable, développer une économie responsable à l’égard des changements climatiques…

 

La candidature de Paris à l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2012 a également permis de donner un sens concret à de nombreux engagements grâce à la Charte du développement durable intégrée à notre dossier. Ainsi, cette Charte détaille les moyens à mettre en œuvre pour organiser des Jeux avec un bilan neutre sur les gaz à effet de serre, prévoit l’installation de panneaux solaires sur la couverture des voies SNCF aux Batignolles -  assurant 30 % des besoins énergétiques du Village olympique - et annonce l’élaboration d’un Agenda 21 local du Comité d’organisation des Jeux olympiques en cas de victoire.

 

La présente communication s’articule donc autour des quatre priorités qui fondent notre démarche, au service de la protection de l’environnement : 

 

- Préserver nos ressources naturelles et améliorer notre cadre de vie ;

- La volonté de se réapproprier la nature ;

- Agir concrètement en faveur du développement durable ;

- La concertation au cœur de notre démarche, pour une éco-citoyenneté partagée.

 


I. Préserver nos ressources naturelles et améliorer notre cadre de vie

 

En signant la Charte d’Aalborg, la Municipalité a affirmé sa volonté de rendre compatibles et conciliables le développement d’emplois et d’activités économiques socialement et écologiquement responsables, la lutte contre les inégalités sociales ainsi que la protection de  l’environnement.

Ces objectifs impliquent évidemment que les ressources, notamment l’eau et les énergies, ne soient pas consommées plus vite que la nature ne peut les remplacer, que la pollution ne soit pas supérieure à la capacité de l’air, de l’eau et du sol à l’absorber, que la biodiversité soit protégée et que la qualité de l’air, de l’eau et du sol soit maintenue à des niveaux suffisants pour protéger durablement la vie humaine, la faune et la flore.

Pour maîtriser voire réduire notre empreinte écologique, de nombreuses actions concrètes sont déjà menées par la Ville, notamment dans le domaine de la limitation des gaz à effet de serre, de la gestion des déchets, de la qualité de l’eau et de la prévention du bruit.

 

 

A/ Mettre en place un plan climat

 

Au-delà des contraintes économiques que fait peser sur une collectivité l’augmentation de son coût, économiser l’énergie constitue l’un des objectifs majeurs de la lutte contre les changements climatiques.

En effet, que ce soit du fait du chauffage, des systèmes de refroidissement ou des transports de personnes et de biens, l’émission de gaz à effet de serre est la résultante directe de nombreux actes de la vie quotidienne en milieu urbain.

La Municipalité a d’ores et déjà pris des mesures concrètes pour diminuer l’impact de ses activités sur les émissions des gaz à effet de serre (chauffage ou éclairages municipaux, réduction de la circulation, etc.), effort qui mérite toutefois d’être généralisé sous la forme d’un véritable plan climat.

 

            1) Réaliser un état des lieux

 

Dans la perspective de connaître et de mesurer précisément les émissions, un bilan carbone a été lancé en partenariat avec l’ADEME. Il s’agit d’une méthode utilisée pour la première fois par une grande ville pour connaître le bilan réel des émissions en tenant compte de la consommation énergétique, des déplacements, de la consommation de papier, etc.

Une première étape a porté sur sept équipements représentatifs du patrimoine municipal. A partir des résultats et par extrapolation, le niveau des émissions de gaz à effet de serre de l’ensemble des activités de l’administration parisienne sera connu fin 2005.

Parallèlement, le bilan énergétique du bâti parisien est en cours. Il sera détaillé par type de locaux (logements, bureaux, commerces, etc..), par type de flux (CPCU, gaz, fuel, électricité) et par type d’usages (chauffage, éclairage, climatisation, etc.).

Cette étude, qui a reçu le soutien de l’ADEME et l’accord de principe des fournisseurs d’énergie (EDF, GDF, POWEO, CPCU), permettra d’engager une politique volontariste de maîtrise de l’énergie à Paris.

 

2) Agir concrètement pour la maîtrise énergétique

a) L’énergie thermique

 

La Ville de Paris possède plus de 2 000 bâtiments. Depuis 2001, un effort conséquent a été réalisé pour rationaliser et moderniser les installations de chauffage, notamment grâce au doublement du budget de rénovation des centres thermiques. Par ailleurs, des actions systématiques d’isolation lors des grosses opérations de réhabilitation sont menées avec l’abandon des énergies les plus polluantes (charbon, fuel) depuis 2004 tandis que la moitié des établissements municipaux est alimentée par le réseau de vapeur de la CPCU.

 

De plus, la Municipalité favorise l’introduction des énergies renouvelables dans les logements sociaux : plus de 3 000 m² de panneaux solaires ont déjà été installés et des études sont en cours pour étendre cette technologie aux bâtiments municipaux.

b) L’électricité

 

En 2002, la Municipalité a décidé de diminuer la consommation électrique de l’Hôtel de Ville de 15 à 20 %. La baisse constatée en 2003 a permis de rompre avec la longue tendance à la hausse observée depuis de très nombreuses années. Les enseignements tirés de cette première expérience sont progressivement étendus aux mairies d’arrondissement, l’objectif étant de généraliser la maîtrise de la demande en électricité d’ici 2006.

 

De même, pour les illuminations des monuments, un plan de remplacement des lampes a généré une diminution par cinq des consommations électriques. En outre, la Ville a exigé des luminaires d’éclairage de chaussée ne dirigeant aucun flux lumineux vers le ciel. A ce jour, environ 30 % du parc de luminaires sont ainsi équipés.

 

Par ailleurs, depuis 2004, la Ville soutient la campagne nationale de maîtrise de l’énergie. Dans ce cadre, un guide de maîtrise énergétique sera publié en juin 2005 à destination de tous les Parisiens. Cette opération sera relayée par tous les Espaces Info Energie de la capitale qui incitent à des comportements économes en énergie.

 

Enfin, des actions de formation et de sensibilisation des agents de la Ville se mettent en place pour contribuer à l’économie d’énergie dans les Services municipaux.

c) Une attention particulière portée à la climatisation

 

La priorité a été donnée à l’installation de systèmes de ventilation naturelle et au contrôle des expositions. La Ville exige ainsi des architectes une réflexion bioclimatique pour éviter le recours aux systèmes de climatisation. Dans les cas où le recours à la climatisation est inévitable, le raccordement au réseau Climespace est fortement préconisé. Ces orientations sont détaillées dans un Guide public disponible sur le site Internet de la Ville.

 

 

d) Le réseau de chauffage urbain : une énergie à favoriser à Paris

 

La CPCU alimente le réseau de 210.000 logements ou équipements publics, grâce à une chaleur qui provient de l’incinération des déchets ménagers et de la cogénération et qui permet d’économiser des ressources fossiles.

 

Le contrat de concession a été renégocié en 2005 et encourage la CPCU à mener une politique exemplaire en matière d’environnement, par une certification environnementale et des engagements en matière d’émissions de gaz à effet de serre.

 

Enfin, la Municipalité entend favoriser le recours au chauffage urbain et prépare à ce titre une demande de classement auprès du Préfet.

 

 

B/ Le plan de prévention des déchets

 

Chaque jour, Paris produit 3.000 tonnes de déchets, soit 100 kg toutes les 3 secondes, deux fois plus qu’il y a 50 ans. Afin de préserver notre environnement, il est nécessaire non seulement de tenter de limiter ces déchets mais aussi d’optimiser leur recyclage.

 

1) La prévention : le meilleur déchet est celui qui n’existe pas…

 

Le SYCTOM et la Ville ont organisé en octobre 2004 sur le Parvis de l’Hôtel de Ville, un Forum avec les professionnels, les associations et les organismes français et européens des déchets. Cette concertation a notamment permis de progresser sur l’impact économique de la consigne, sur la suppression des sacs et des emballages jetables, sur l’artisanat de la réparation ou de la récupération, sur l’étiquetage spécifique des produits les plus durables ou encore sur l’éco-conception qui constituent des pistes à envisager à Paris en lien avec les acteurs économiques.

Plusieurs actions ont déjà été menées dans ce sens, comme le partenariat avec Emmaüs sur les tissus, la distribution d’un autocollant « stopub » à 800.000 Parisiens, le clin d’œil de la page consacrée aux cadeaux de Noël sans déchets sur paris.fr ou la campagne de promotion de l’eau de Paris.

 

Parce qu’il convient d’être encore plus volontariste, un véritable plan concerté de prévention des déchets pour Paris est en cours d’élaboration, avec de nombreuses mesures concrètes.

 

Le premier axe sera l’exemplarité de l’administration, son action responsable dans ses achats et sa gestion des biens et des fournitures. Le deuxième concernera la sensibilisation des Parisiens et des Professionnels à la question de la prévention. Le dernier axe reposera sur un service de collecte des déchets faisant une large place à leur réutilisation avant le recyclage puis l’élimination. La création de « ressourceries », équipements de proximité actuellement à l’étude, permettra par exemple aux habitants de déposer les objets susceptibles d’être réutilisés.

 

 

            2) Poursuivre l’amélioration du recyclage des déchets 

 

La politique municipale en faveur de la collecte sélective a déjà conduit à généraliser et à augmenter très significativement la quantité de matériau recyclable. Il convient désormais de mieux informer les Parisiens en diffusant chaque année le Mémo du tri et de leur offrir de nouveaux services : ainsi, une deuxième collecte hebdomadaire de déchets recyclables pour chaque immeuble sera mise en place et le tri sera étendu à de nouveaux espaces publics (parcs, Paris Plage).

 

Par ailleurs, l’exiguïté des espaces collectifs dans les immeubles limite souvent les possibilités de tri. C’est pourquoi l'introduction de dispositions spécifiques dans le PLU permettra aux aménageurs de prévoir dans les immeubles les espaces nécessaires.

De plus, pour mieux répondre aux besoins, cinq déchetteries seront réaménagées. Quatre autres sont en projet, notamment aux Halles où il est prévu d’installer un espace qui permettra aux habitants du centre de Paris de bénéficier de ce service de proximité.

 

Trier les déchets des professionnels constitue également un enjeu considérable puisqu’un tiers des déchets collectés est produit par les activités professionnelles. Dans un environnement économique essentiellement tertiaire, les cibles principales sont les déchets de papier et de carton qui représentent plus de 300.000 tonnes chaque année, soit l’équivalent de la part parisienne traitée par chacun des incinérateurs du SYCTOM. Des expériences sont menées dans le 8ème arrondissement pour la récupération du papier et dans les 2ème et 3ème pour les cartons. En outre, des dispositifs seront expérimentés avec les professionnels sur les marchés parisiens.

 

Enfin, autre illustration de cette volonté de favoriser le tri en concertation avec les professionnels, la Municipalité fera mieux connaître dans les prochaines semaines le dispositif de récupération des piles, que les commerçants ont aujourd'hui l'obligation de reprendre. De même, les commerçants devront bientôt récupérer les vieux appareils électriques et électroniques. La Ville sera à leurs côtés pour valoriser leur rôle grandissant en matière de développement durable. C’est ce même souci qui l’a conduit à engager des discussions avec les professionnels de la distribution afin de réduire, voire de supprimer, les sacs de caisses en plastique.

 

C/ Lutter plus efficacement contre le bruit

 

Le bruit est la principale nuisance signalée par les Parisiens et le trafic automobile en est la cause principale. Chaque jour, Paris est traversé par 3 millions de véhicules dont 10.000 par heure sur les voies les plus fréquentées. 150.000 Parisiens sont ainsi exposés à des niveaux sonores supérieurs à 70 décibels le jour et 65 la nuit, seuil considéré comme dangereux pour la santé. Ces résultats particulièrement préoccupants sont issus de la cartographie du bruit routier diurne et nocturne publiée en 2004, disponible sur le site de la Ville et déjà consultée par plus d’un million de personnes.

Par cette cartographie et son plan d’action, la Municipalité devance les obligations de la directive européenne de 2002, qui impose à chaque grande agglomération l’élaboration de cartes de bruit d'ici 2007 et un plan d’action de lutte contre le bruit d'ici 2008.

La meilleure connaissance du bruit routier permet d’ores et déjà d’élaborer des solutions ciblées. Ainsi, les programmes de couverture du boulevard périphérique, l’aménagement des espaces civilisés, les quartiers verts, l’implantation du tramway sur les Boulevards des maréchaux contribuent à la réduction des nuisances sonores pour les riverains.

 

L’Observatoire du bruit, structure de concertation rassemblant tous les acteurs concernés par le bruit sur le territoire de Paris, assure la coordination des actions de lutte contre le bruit et informe les Parisiens, en coordination avec le centre d’information sur le bruit.

Le plan qui sera présenté en septembre prochain au Conseil de Paris, établi en concertation avec l’Observatoire du bruit, concernera toutes les sources du bruit : 

- la collecte des déchets ;

- la motorisation des bennes de collecte ;

- la réduction du bruit dans les jardins ;

 

- l’amélioration du confort acoustique dans les locaux recevant du public ;

- les prescriptions acoustiques renforcées dans les cahiers des charges pour toute nouvelle construction.

Enfin, ce plan d’action s’attaquera à toutes les nuisances sonores à Paris. C’est pourquoi une collaboration avec les professionnels a été engagée pour la protection phonique autour des faisceaux ferroviaires, pour l’amélioration de la tenue des chantiers du bâtiment, pour limiter les nuisances dues aux survols de Paris ou pour réduire le bruit de voisinage.

 

D/La qualité de l’air, une préoccupation majeure de santé publique

 

Les études scientifiques montrent à la fois une surmortalité liée aux effets de la pollution de l’air et des insuffisances respiratoires qui touchent les plus fragiles, en particulier les enfants et les personnes âgées. C’est d’ailleurs cette considération qui motive en tout premier lieu la Municipalité dans sa détermination à agir depuis 2001 dans tous les domaines pour faire reculer la pollution à Paris.

 

Réduire durablement la pollution liée à la circulation automobile

 

La qualité de l'air de Paris est surveillée en permanence par AIRPARIF et des études ont montré que la pollution issue des sources fixes (chauffages, incinérations, climatisations, industrie, usine d’incinération) était en diminution à Paris. A cet égard, les efforts réalisés par le SYCTOM méritent d’être soulignés puisque les trois usines d’incinération font l’objet d’importants travaux d’amélioration du traitement des fumées pour devenir conformes aux normes européennes.

 

Mais le principal enjeu à Paris, comme dans toutes les grandes métropoles internationales, concerne la pollution de proximité générée par les voitures. Des résultats encourageants sont déjà perceptibles, liée à une baisse de 13% du trafic automobile depuis avril 2001 : l’illustrent notamment la diminution du nombre de « pics » enregistrés chaque année (9 en 2001 contre 2 en 2004) mais aussi la baisse des polluants mesurés sur les axes équipés de couloirs de bus protégés. Le défi demeure cependant considérable : ainsi, AIRPARIF a confirmé récemment que les mesures réalisées au bord du boulevard périphérique enregistraient des teneurs qui atteignent le double des normes de santé publique. 

C’est pourquoi, renforçant notre politique qui vise à rééquilibrer l’espace public en faveur des piétons, des cyclistes et des transports en commun, le futur Plan de déplacements de Paris définira des moyens concrets en faveur d’une plus grande qualité de l’air, et ce, à l’issue d’une large concertation.

 

Dans ce domaine, la Ville poursuit également sa politique de réduction des émissions de polluants par sa flotte municipale puisque 1.350 véhicules municipaux, soit 41 % du parc, sont moins polluants (GPL, GNV, diester, électrique et hybrides). Un important programme de bennes fonctionnant au gaz naturel véhicule (GNV) permettra par ailleurs de faire passer le taux d’équipement au GNV des engins lourds de propreté (bennes, laveuses, aspiratrices,…) de 7 % à 45,5 %.

 

2) Lutter contre la pollution intérieure

 

Tous les lieux de vie sont concernés : l'habitat, les locaux de travail, les transports (y compris l'habitacle des véhicules), les établissements recevant du public et les lieux de loisirs... et supposent des actions ciblées. Dans le champ de compétence qui est le sien, la Ville intervient sur plusieurs aspects prioritaires.

 

Tout d’abord, la lutte contre le saturnisme est engagée depuis 2001 car le plomb utilisé dans les peintures anciennes affecte tout particulièrement la santé des enfants. Un dispositif de dépistage chez les enfants dans les PMI et les écoles maternelles a été mis en place dans les arrondissements à risque. En outre, la Ville, notamment avec la SIEMP, entend éradiquer l’habitat insalubre dans plus de mille immeubles recensés.

 

L’amiante représente également une substance de pollution intérieure, notamment dans le milieu professionnel. C’est pourquoi la Ville a déjà recensé sa présence éventuelle dans les 2.752 bâtiments municipaux et prend toutes les mesures nécessaires pour protéger efficacement le public et les agents municipaux.

 

Enfin, la campagne menée pour promouvoir les établissements de loisirs (bars, restaurants etc.) non fumeurs vise à lutter contre les effets nocifs de la fumée sur la santé publique.

Une exposition à la Maison de l’air prévoit de prendre en compte cette thématique qui préoccupe de plus en plus nos concitoyens.

 

E. Préserver la ressource en eau

 

Les 600.000 m3 d’eau potable consommés chaque jour à Paris proviennent pour moitié de sources situées dans un périmètre de 150 Km autour de l’agglomération, et pour l’autre de prélèvements en rivières Seine, Marne ou Eure. Par ailleurs, la Ville utilise, pour le nettoyage des chaussées, la chasse des égouts, l’arrosage des parcs et les lacs des Bois, environ   185.000 m3 d’eau brute provenant essentiellement du canal de l’Ourcq.

 

Pour contribuer à la gestion durable de la ressource, l’action municipale vise 3 objectifs principaux: limiter les rejets dans le milieu naturel, réduire les gaspillages et mieux informer le consommateur.

 

1) Maintenir la qualité de la ressource en eau et limiter les rejets dans le milieu naturel

 

La modernisation du réseau d’assainissement a permis de réduire de 160 000 m3 la consommation des eaux de curage renvoyées vers les stations d’épuration après usage. En outre, 15 M€ sont engagés chaque année pour réhabiliter le patrimoine des égouts et réduire l’entrée des eaux de ruissellement dans le réseau.

 

Dans la même optique, la généralisation des bassins de rétention d’orage et la prescription, dans le projet de PLU, de systèmes de récupération et de recyclage d’eaux pluviales permettront de réduire encore les risques de saturation des réseaux et de pollution du milieu naturel.

 

Par ailleurs, des projets de dépollution des eaux pluviales de voirie sont testés, comme celui mis en place dans le bois de Boulogne qui utilise avec succès le lagunage. Constitué de bassins successifs végétalisés, il associe décantation et absorption des polluants par les végétaux. Ce même procédé sera installé dans le Parc des Batignolles.

 

Enfin, pour réduire la pollution de l’eau engendrée en amont de l’approvisionnement par les produits issus de l’activité agricole intensive, des contrats d’agriculture durable sont passés par Eau de Paris avec les agriculteurs.

 

2) Réduire les gaspillages et rationaliser l’usage municipal de l’eau

 

La renégociation des conditions économiques des contrats d’affermage engagée en 2003 par la Municipalité avec les distributeurs d’eau a permis d’obtenir en 2004 une augmentation du rendement des réseaux d’eau potable publics de 2 %, soit une économie de 6 millions de m3 en 2004. Cette progression devrait se poursuivre grâce au plan de modernisation et de renouvellement des réseaux également renégocié.

De leur côté, les bailleurs sociaux de la Ville se sont engagés à entreprendre un programme de surveillance des fuites, de réhabilitation des réseaux et de mise en place de systèmes d’économiseurs d’eau, non seulement pour réduire le gaspillage mais aussi pour alléger les factures.

 

Par ailleurs, la Municipalité s’est fixée pour objectif de revenir, pour ses piscines, à une consommation de 30 à 50 litres par baigneur et par jour au lieu des 70 à 120 actuels, sans porter atteinte aux conditions d’hygiène, grâce à l’utilisation de « déchloraminateurs ».

 

Enfin, l’arrosage des végétaux est, à plus de 80 %, assuré aujourd’hui avec de l’eau potable du fait des exigences de fonctionnement des appareils automatiques. Une méthode d’irrigation raisonnée, basée sur une évaluation des besoins en eau des végétaux, la nature du sol et la pluviométrie, a été mise en place, avec des économies attendues d’environ 20 %. De plus, la sensibilisation des agents et la détection des anomalies a permis de diminuer de 40 % la consommation d’eau  non potable, soit une économie d’environ 60 000 m3.

 

3) Sensibiliser les usagers à la maîtrise de leur consommation

 

Afin d’associer les Parisiens à ces enjeux, la Municipalité a mis en œuvre une campagne de communication, via les gestionnaires d’immeubles, pour promouvoir les bonnes pratiques en matière de maîtrise de la consommation d’eau pour les appareils ménagers, l’arrosage des plantes ou l’entretien de la robinetterie.

 

Par ailleurs, les Parisiens ont été incités à consommer l'eau du robinet plutôt que l'eau en bouteille, en insistant sur sa qualité sanitaire, sur l'intérêt économique de l’eau du robinet qui coûte 200 fois moins cher que l'eau minérale, et sur ses atouts écologiques puisque l’eau du robinet ne nécessite aucun emballage.

 

En outre, la Péniche de l’eau, qui sera ouverte en septembre prochain au niveau du rond point des canaux sur le canal de l’Ourcq et le Pavillon de l’eau géré par la SAGEP accueilleront les élèves des écoles parisiennes et le public pour les sensibiliser à l’eau comme ressource et comme milieu naturel.

 


II. Se réapproprier la nature à Paris

 

La prise en compte des enjeux environnementaux concerne tous les aspects de l’action municipale, car le respect de l’environnement illustre la conception que se fait la Municipalité de la ville du 21ème siècle et des rapports que le monde urbain doit entretenir avec la nature.

 

La nature est une composante essentielle de la qualité de vie des Parisiens qu’il convient de préserver et de cultiver dans une logique de développement durable de la faune, de la flore et d’amélioration du cadre de vie.

 

Réaliser 30 hectares nouveaux d’espaces verts

 

Les parcs, les jardins, les Bois constituent pour les Parisiennes et les Parisiens des espaces de convivialité et de « respiration » dans la ville mais aussi de préservation de la biodiversité. Les réponses au questionnaire PLU ont montré que la création d’espaces verts constituait une demande majeure des Parisiens. Les espaces verts existants doivent donc être préservés, développés et transmis aux générations futures dans une logique de développement durable. Le PLU, par la création d’une zone urbaine verte et d’une zone naturelle et forestière, renforce leur préservation par des règles spécifiques plus protectrices qu’auparavant.

Sur l’un des territoires les plus denses d’Europe, atteindre l’objectif de créer durant la mandature 30 hectares d’espaces verts implique de saisir toutes les opportunités : extension de squares sur des impasses, occupation de terrains délaissés ou non utilisés comme la Petite ceinture, couverture de portions du périphérique, etc. 10 hectares ont déjà été livrés depuis 2001.

Pour la conception et l’aménagement des nouveaux jardins, la Ville adopte une approche écologique, par exemple en matière de récupération des eaux de pluie, de construction d’éolienne ou d’utilisation de l’éclairage solaire. Trois grands projets de parc sont en cours de réalisation : Cour du Maroc (4,2 ha), Batignolles (4,4 ha), jardins des Grands Moulins        (1,2 ha).

Enfin, la création de jardins partagés permet également, grâce à l’initiative des associations, l’aménagement de petites parcelles. Le terrain est confié par convention pour une durée limitée et il est ouvert sur le quartier. Il favorise ainsi les rencontres entre les générations et les cultures et permet de tisser des relations entre les différents lieux de vie de l'arrondissement : écoles, maisons de retraite, hôpitaux…

 

B) Valoriser les Bois

 

Les bois de Boulogne et de Vincennes ont une grande valeur écologique et patrimoniale, et constituent un espace de nature important pour les Parisiens et pour les Franciliens. La Charte pour l’aménagement durable des Bois signée par la Ville de Paris et les 21 collectivités territoriales concernées s’articule autour de quatre missions :

Réhabiliter les paysages, restaurer les milieux naturels et favoriser la biodiversité

Réduire la circulation automobile et développer les itinéraires de circulation douce notamment par la création de pistes cyclables protégées.

Reconquérir l’espace public : le renouvellement des concessions dans les Bois est notamment examiné au regard du respect du domaine public dont font preuve les différents occupants, et de la diversité des activités sportives et culturelles proposées. L’emprise actuellement occupée par le Tir à l’Arc et une partie du Tir au Pigeon dans le Bois de Boulogne sera ainsi rendue accessible au public. Ajoutées au programme de revégétalisation d’emprises minérales, prévue dans le cadre de la candidature de Paris aux Jeux Olympiques et Paralympiques, ces opérations devraient se traduire par plus de 11 ha d’espaces verts supplémentaires accessibles au public.

Innover dans les modes de gestion et de gouvernance : un Conseil consultatif rassemble des associations, les communes riveraines et des personnes qualifiées et permet d’assurer la concertation sur l’aménagement et la gestion du bois.

 

 

C) La végétalisation de l’espace public

 

La végétalisation de l’espace public est une  réelle attente des Parisiennes et des Parisiens qui souhaitent davantage de nature dans leur ville. C’est pourquoi l’ensemble des projets prend en compte cette dimension paysagère qui permet de créer des continuités végétales et favorise la biodiversité. Ainsi, le tramway ou les espaces civilisés créent une nouvelle dimension paysagère en aménageant par exemple de véritables « avenues jardins ».

Un concours de paysagistes a été lancé en 2002 afin de recueillir des techniques innovantes de végétalisation verticale sur des murs. Aidée par les mairies d’arrondissement et les conseils de quartiers, la Mairie a répertorié une centaine de murs qui pourront faire l’objet de végétalisation verticale. A ce jour, environ une vingtaine de murs a été réalisée.

Les toitures constituent la cinquième façade qui peut être végétalisée. Jusqu’à présent peu pratiquée en France, cette végétalisation est préconisée par la Mairie de Paris pour ses bâtiments et encouragée auprès des maîtres d’ouvrage par le biais du Cahier de recommandations environnementales.

 

Par ailleurs, le patrimoine arboré de la Ville de Paris s’élève à 461.000 arbres. Pour augmenter les possibilités de plantation, des variétés au développement plus restreint sont choisies, pour planter à proximité des façades et sur des trottoirs plus étroits. De nouvelles essences telles que le ginkgo biloba, le tulipier, le magnolia, le poirier sont plantées, favorisant la biodiversité, avec une attention particulière pour la plantation d’espèces non allergisantes.

 

Enfin, la Municipalité incite les Parisiens à prolonger ses efforts en organisant pour la deuxième fois le concours « Fenêtres, cours et balcons fleuris », moment de convivialité et de mise en valeur de la beauté de Paris. La Maison du jardinage dans le parc de Bercy accompagne le projet en prodiguant des conseils simples pour obtenir des balconnières vertes et fleuries tout au long de l’année.

 

D) Encourager la biodiversité

 

Parce que la conception des constructions, la nature des matériaux utilisés, la gestion des chantiers, les modes d’entretien des bâtiments ont un impact direct sur la biodiversité et sur la qualité de vie des habitants, une charte de qualité intégrera avant la fin de l’année l’ensemble des orientations favorables à la préservation de la diversité biologique à Paris. Cette démarche s’inscrit dans la ligne inspirée par la Charte régionale de la biodiversité et des milieux naturels signée en mars 2004 par la Ville de Paris.

 

Un travail de recensement des espèces vivantes à Paris est également en cours pour mieux connaître et recenser la faune et la flore sauvages et suivre leur évolution. Un réseau de surveillance et d’études regroupe de nombreux partenaires, dont le Muséum national d’histoire naturelle, des institutions, des associations et des bureaux d’études pour mieux prendre en compte la biodiversité dans les projets urbains.

 

 

Enfin, une attention particulière est apportée aux animaux familiers tels que le chat, le chien et les pigeons. Pour ces derniers, la mise en place de plusieurs pigeonniers est prévue dès l’année 2005, en partenariat avec les associations de défense des animaux, dans le prolongement de l’expérience menée dans le 14ème arrondissement. De même, pour les chats et les chiens, plusieurs réflexions sont en cours qui visent à améliorer la place de l’animal en ville, en lien avec la Préfecture de Police, compétente sur ces questions à Paris.

 


III. La Ville de Paris, acteur du développement durable

 

La Municipalité ne peut bien entendu se contenter de prescrire aux Parisiennes et aux Parisiens des conduites à tenir, ni de développer la place des espaces verts dans la ville et de protéger la biodiversité.

Au XXIème siècle, une collectivité responsable se doit de montrer l’exemple et d’intégrer pleinement dans son mode de fonctionnement comme dans les projets qu’elle entreprend, le souci de préservation de l’environnement.

 

A) Une démarche de qualité environnementale pour les Services municipaux

 

Les Services municipaux doivent devenir, en matière de protection de l’environnement, exemplaires dans leur fonctionnement quotidien grâce au management environnemental.

 

            1) Des certifications, garanties de qualité environnementale

 

Plusieurs services (DPJEV, Service de l’Assainissement…) ont déjà reçu un certificat ISO 14001 pour lutter contre l’utilisation des produits phytosanitaires et fertilisants ou pour réduire les impacts de leurs activités sur l’environnement.

Par ailleurs, la direction des parcs, jardins et espaces verts est engagée dans une démarche qui lui permet de mieux intégrer la préservation de l’environnement dans la gestion des jardins ou l’utilisation de traitements phytosanitaires. Les objectifs sont de remédier aux principaux impacts négatifs de ses activités et d’évaluer les bonnes pratiques, de les mutualiser, de les diffuser et de constituer des références communes. La démarche sera agréée par un organisme indépendant et servira à la conception d’un référentiel “gestion écologique des espaces verts publics”.

 

            2) Des clauses environnementales dans les marchés publics

 

Une démarche « achats responsables » se met en place au sein de la Ville. Elle concerne les achats éthiques liés au développement durable et à l’ensemble des mesures favorisant les économies d’énergie et le recyclage des déchets ou la mise en place de normes environnementales ainsi que les achats favorisant la réinsertion sociale.

 

L’introduction progressive de clauses environnementales dans les marchés publics concerne notamment cinq sujets : la gestion des déchets, la lutte contre le bruit, les nuisances des chantiers, les pollutions extérieures et le choix des procédés et produits de construction. Ainsi, depuis janvier 2005, les nouveaux marchés d’impression intègrent une obligation de respect de l’environnement : la moitié du papier acheté par la Ville est désormais recyclé. Les cartouches d’imprimante et les déchets bureautiques sont collectés par des entreprises certifiées ISO 14001 tandis que les mobiliers de bureau, les sacs poubelle, les détergents ménagers, l’électroménager, l’audiovisuel, les produits textiles, les chaussures, sont choisis avec un éco-label.

 

Par ailleurs, pour l'aménagement des espaces publics et le mobilier urbain, la Mairie de Paris évite l'utilisation de bois tropicaux provenant de forêts gérées non durablement. Tout bois importé fait l'objet d'une traçabilité certifiée par un organisme indépendant du fournisseur et de l'exploitant, indiquant notamment l'impact de l'exploitation forestière sur l'environnement et le développement des populations locales.

En cas d'utilisation de bois exotique, la Ville achète du bois provenant de forêts gérées par les populations locales dans des zones que ces dernières exploitent légalement et où elles détiennent l'usufruit exclusif des produits de la forêt.

 

            3) Renforcer l’utilisation de produits biologiques

 

Convaincue de la nécessité des pratiques d’exploitation agricole respectueuses de l’environnement, la Municipalité favorise le commerce de produits issus de l’agriculture biologique, dans le but de permettre la croissance de ces filières et d’améliorer la sécurité alimentaire des enfants. Une étude, confiée à la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique, est en cours pour renforcer la présence de ces produits dans les menus.

 

Depuis janvier 2005, pour la moitié des repas servis dans les crèches (18 000 enfants par jour) les steaks hachés, les pommes de terre, épinards et carottes sont exclusivement issus de l’agriculture biologique. L’absence de résidus de pesticides et une moindre teneur en nitrates sont d’autant plus importantes qu’il s’agit de tout petits enfants pour qui ces aliments constituent une part non négligeable de leur alimentation. Une action est d’ores et déjà engagée dans les maisons de retraites du CASVP et en 2006, l'ensemble des crèches municipales en bénéficiera.

 

En outre, dans trois restaurants administratifs (Hôtel de Ville, Morland, Diderot-Mazas), la Ville propose des produits biologiques depuis cette année. Cette mesure sera progressivement étendue à tous les restaurants.

 

Enfin, la Ville a pour objectif de réserver 10 % des linéaires sur tous les marchés alimentaires aux commerces biologiques.

 

 

B. Une démarche environnementale dans les projets

 

Les projets qu’entreprend une collectivité de la taille de Paris influent nécessairement sur l’environnement. Ils ne manquent pas également d’avoir des conséquences sur l’état des sols et les risques naturels, en particulier les inondations. C’est pourquoi la Municipalité veut systématiquement intégrer la dimension environnementale dans l’appréhension et la mise en œuvre de ses projets.

 

1) Le Cahier des recommandations environnementales

 

Pour accompagner le Plan Local d’Urbanisme de Paris, la Municipalité a souhaité, au moyen d’un Cahier des recommandations environnementales, inciter tous les acteurs de la construction privés ou publics, maîtres d’ouvrage, maîtres d’œuvre ou entreprises, à adopter des pratiques respectueuses de l’environnement. Ce document pédagogique de référence, qui fera l’objet d’échanges et de formations auprès des professionnels, recense les enjeux à prendre en compte dans les opérations de construction, de rénovation et d’aménagement. Pour chaque problématique, sont exposés la situation parisienne, les éléments de réglementation (PLU et autres), les recommandations ainsi que les contacts ou organismes permettant d’en savoir plus.

Si ce cahier est incitatif pour tout constructeur, la Ville souhaite les mettre en œuvre pour toutes les constructions qu’elle mène directement et recommandera aux SEM et aux bailleurs sociaux de s’en inspirer.

 

2) Des méthodes nouvelles pour appréhender les projets

 

a) La démarche HQE

Dans le domaine de l’habitat et de la construction, un groupe de travail transversal relatif à la coordination technique haute qualité environnementale (HQE), créé début 2003 et réunissant sept directions de la Ville, a permis d’émettre des recommandations pour l’usage de l’eau et de l’énergie, dans le cadre du projet d’aménagement et de développement durable (PADD). Des projets en cours (piscine de Belleville, piscine sur la Seine de l’Est parisien, cuisine centrale de la porte des Lilas, etc.) sont directement issus de cette réflexion. 

 

Par ailleurs, la charte HQE signée en septembre 2003 par la société immobilière d’économie mixte de la ville de Paris (SIEMP) manifeste l’engagement volontaire des deux parties à participer au développement durable. L’objectif est de maîtriser les impacts des projets sur l’environnement extérieur, de réduire les charges et les coûts de fonctionnement, de garantir un environnement intérieur de qualité et d’inscrire le projet dans une démarche de solidarité sociale et citoyenne. Les autres opérateurs sociaux de la Ville de Paris s’engagent également dans une démarche environnementale : une charte des bailleurs sociaux est en cours d’élaboration et verra le jour à la fin de l’année.

 

Enfin, la convention de délégation de compétence prévoit que le financement de logements ne sera accordé par la Ville qu’aux opérations s’inscrivant dans une démarche de haute qualité environnementale (HQE), tant pour les constructions neuves que pour les rénovations ou les réhabilitations.

 

b) Les GPRU et les ZAC

Répondre aux enjeux environnementaux nécessite aussi d’articuler différentes échelles. Les onze secteurs du Grand Projet de Renouvellement Urbain intègrent spécifiquement des recommandations environnementales. C’est ainsi que le Conseil de Paris a adopté « une méthode pour la qualité environnementale dans le GPRU ainsi que le principe de réalisation des opérations d’aménagement et de construction selon les principes de la haute qualité environnementale (HQE) ».

Les sociétés d’économie mixtes d’aménagement intègrent progressivement cette méthode dans les ZAC dont elles assurent l’aménagement pour le compte de la Ville, comme par exemple la ZAC Gare de Rungis ou la ZAC Pajol..

 

c) La pollution des sols

Le passé industriel et artisanal de Paris est à l’origine d’une pollution des sols et des sous-sols mal connue car la carte des sites pollués n’a toujours pas été communiquée à la Ville par la Préfecture.

Cette connaissance doit cependant progresser d’ici la fin de l’année grâce au travail de l’APUR, et permettra d’identifier les lieux les plus fragiles avant de décider d’aménagements ou d’achat foncier et entreprendre les dépollutions nécessaires.

D’ores et déjà, un pôle « sites pollués » a été créé au sein des Services pour réaliser systématiquement des pré-expertises des sites destinés à un aménagement.

 

d) Lutter contre les inondations

Les inondations constituent l’un des risques naturels prévisible auquel est exposé Paris. Des crues d'une importance exceptionnelle se sont déjà produites, à l'image de celle de 1910. Le PPRI (plan de prévention du risque d’inondation du département de Paris) vise donc à minorer les conséquences d’une telle crue.

En 2004, d’importants travaux de protection ont été engagés pour limiter considérablement le risque de débordement du fleuve. L’ensemble des grandes entreprises publiques (EDF, Gaz de France, RATP, France Télécom, etc.) et la Ville, dont elles sont les concessionnaires, préparent des mesures pour limiter l’impact des crues et les risques de perturbation de la vie quotidienne des Parisiens.

 

e) La charte des antennes relais de téléphonie

Le développement de la téléphonie mobile a entraîné l’installation de nombreuses antennes relais dans la capitale. L’hypothèse d’un risque sanitaire lié aux ondes électromagnétiques diffusées par la téléphonie mobile n’a pas été retenue par les études scientifiques actuelles. Cependant, en vertu du principe de précaution, une charte a été signée le 20 mars 2003 avec les trois opérateurs français, devenue d’ailleurs un modèle pour d’autres collectivités et suivie par l’agence nationale des fréquences (ANFR). Elle traduit la volonté de poursuivre le développement de la téléphonie mobile en garantissant une information transparente, en préservant le paysage urbain et en assurant aux Parisiens une exposition très faible aux ondes électromagnétiques.

Pour garantir un niveau d’exposition inférieur à 2 volts en moyenne par mètre sur 24 heures, les champs électromagnétiques sont mesurés chaque année dans 600 lieux de vie fermés (crèches, établissements de soins, établissements scolaires, appartements, bureaux…).

 

Une commission de concertation se réunit régulièrement pour recevoir et émettre des préconisations sur ces dossiers. Depuis juin 2004, cinq associations (Agir pour l’Environnement, CLCV Ile-de-France Environnement, Priartem et UFC Que Choisir) participent aux réunions. Sur les 568 dossiers déposés par les opérateurs, 398 projets ont été autorisés. Une trentaine de réunions de concertation et d’information ont été également organisées afin d’informer les Parisiens des projets de déploiement des opérateurs.

 

 

IV. Agir dans la concertation, pour une éco-citoyenneté partagée

 

Promouvoir les principes de développement durable, c’est aussi et fondamentalement mettre en œuvre une coopération efficace entre tous les acteurs de la vie sociale, habitants, entreprises, institutions publiques. Depuis le début de la mandature, l’action municipale a été largement marquée par une volonté de concertation et de dialogue démocratique.

 

En partageant les valeurs de développement durable, il s’agit de faire de chacun d’entre nous un éco-citoyen dans une Ville éco-citoyenne. Les partenariats ont été ainsi développés avec le secteur économique grâce notamment au Forum des déchets, à la Commission de concertation pour la téléphonie mobile, au Forum sur l’eau ou encore à l’Observatoire du bruit.

 

A) La CEMEDD

 

Créée en janvier 2002, la commission extra-municipale de l’environnement et du développement durable a pour vocation de réunir l’ensemble des acteurs parisiens intéressés par les différentes thématiques environnementales afin d’émettre des avis et de faire des propositions. C’est un lieu privilégié de démocratie participative et de concertation pour la définition de la politique environnementale de la Ville. Elle rassemble des associations, des scientifiques et experts, des institutions et les élus et les services concernés de la Mairie.

 

Afin de faciliter la réflexion, plusieurs groupes de travail ont été constitués : pollutions, nuisances et risques, le vivant dans la ville, déchets et propreté, changement climatique, eau et assainissement, consommation durable, éducation à l’environnement. Au total plusieurs centaines personnes ont participé à ces travaux.

 

B) L’éducation à l’environnement

 

Des activités de découverte de l’environnement urbain sont proposées aux Parisiens. Les programmes s'articulent autour de trois thématiques : l'écologie urbaine, la biodiversité et le jardinage. Les activités pédagogiques sont actuellement réparties sur 15 sites. Gestion des ressources, limitation et tri des déchets, protection de l’air, réduction du bruit, végétalisation des espaces, biodiversité ou consommation : les thématiques environnementales sont accompagnées d’éco-gestes simples, que chacun peut faire chez soi ou à l’extérieur.

De plus, le développement de formations permettra de mieux sensibiliser les élèves dans les écoles, les collèges et les lycées.

 

Par ailleurs, pour que les pratiques quotidiennes des agents municipaux évoluent, les formations sur l’environnement se développent sur des thèmes allant de la lutte biologique contre les parasites des jardins à la mise en œuvre de la démarche HQE (haute qualité environnementale).

 

En outre, par la création et le développement de jardins pédagogiques, la Ville met en œuvre une politique volontariste qui encourage le développement du jardinage pédagogique dans le cadre scolaire ou périscolaire. Ces projets pédagogiques collectifs ont une forte portée environnementale : démarche expérimentale, approche écologique, amélioration de la qualité du cadre de vie, etc. La cellule Main Verte de Paris-Nature, en collaboration avec la DASCO, forme des enseignants, des membres d’associations et des dizaines d’animateurs pour faire éclore des jardins dans les cours d’écoles. Quelques 200 jardins pédagogiques ont été recensés dans les écoles parisiennes.

 

Enfin, le réseau des Espaces info Energie, structuré en partenariat avec l’ADEME, a été redynamisé pour promouvoir des comportements éco-citoyens. Ces espaces, où chacun peut s'informer sur la maîtrise de l'énergie chez soi (chauffage, électricité), dispensent des formations auprès des gardiens d'immeuble, animent des fêtes de quartier et un " café énergie " dans le 19ème arrondissement. Cinq Espaces Info-Energie ont déjà été ouverts (4ème, 11ème, 12ème, 14ème et 19ème arrondissements). Quatre autres EIE ouvriront dans le Sud et l'Ouest parisien fin 2005.

 

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