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DISCOURS

Discours de Bertrand Delanoë lors de sa réélection au Conseil de Paris le 21 mars 2008

21/03/2008

«Mes chers collègues,
» En cet instant où s’ouvre un nouveau temps démocratique pour notre ville, je veux  tout simplement dire merci, à vous tous, et, à travers vous, aux Parisiens dont vous êtes les représentants. La mission qui nous incombe est considérable mais nous honorerons  la parole donnée : Paris prendra un temps d’avance.

» Avant d’aller plus loin, je tiens à dire à Pierre-Christian Taittinger, mon estime et mon amitié : je suis heureux que cette séance, si particulière, soit présidée par un homme qui incarne parfaitement l’élégance de comportement, l’ouverture d’esprit, et une haute idée de l’intérêt général.

» Permettez-moi aussi d’exprimer mon respect à Madame de Panafieu, avec qui, tout au long de cette campagne, nous avons fait vivre un débat pluraliste. Et je salue Madame de Sarnez, dont la démarche et les convictions enrichiront légitimement notre travail collectif.

» Dimanche dernier, à travers leur vote, les Parisiens ont choisi, en toute clarté, un projet. Il sera mis en oeuvre. L’équipe que j’animerai a une feuille de route : tenir nos engagements, mais aussi inventer, innover. Pour y parvenir, la compétence et l’énergie des agents de l’administration parisienne demeureront des atouts essentiels : en notre nom à tous, je leur rends hommage pour leur dévouement au service des Parisiens. 

» Aujourd’hui, nous abordons une étape inédite, avec une majorité cohérente, renouvelée, et déterminée à considérer la confiance des citoyens, non pas comme un privilège, mais comme un honneur et comme la source d’un devoir. Je suis heureux et fier de travailler avec cette majorité. Pour ma part, je serai le maire de tous les Parisiens, à l’écoute de leur diversité, attentif à leur unité.

Cette unité de Paris, elle porte d’abord un nom : la solidarité, qui sera au cœur de notre dynamique. Cela commence par le logement, notre priorité. Nous financerons 40.000 logements sociaux, dont un tiers sera destiné aux classes moyennes. Avec six ans d’avance, nous atteindrons donc, dès 2014, le seuil des 20% fixé par la loi.

» En trois ans, l’éradication du logement insalubre sera achevée. 4.000 nouveaux logements étudiants et 3.000 places supplémentaires en foyers de jeunes salariés seront réalisés. Quant au système public d’aide à la caution destiné notamment aux jeunes ménages, il  doit devenir une réalité dans les meilleurs délais.

» Toute notre politique de solidarité sera évaluée régulièrement, sous l’autorité du délégué de la Fondation Abbé Pierre, Patrick Doutreligne, que je remercie d’avoir accepté, en toute indépendance, ce rôle d’observateur attentif et exigeant de nos actes.

Nous voulons une ville où personne ne puisse se sentir exclu pour ce qu’il est ou ce qu’il pense.

» Une ville sûre,  pour toutes les générations, où, d’un bout à l’autre de la vie, chacun se sente chez lui. Une ville où les énergies individuelles stimulent l’inspiration collective. C’est pourquoi nous faisons le pari de l’intelligence et de la créativité.

En investissant un milliard d’euros dans l’innovation, la recherche et l’Université, nous mobiliserons les forces indispensables pour gagner à la fois la bataille de l’emploi et celle du développement durable. Car ces deux combats ne sont pas dissociables. L’ambition économique et le respect de l’environnement sont deux défis du temps présent, intimement liés par l’ampleur des réponses qu’ils exigent.

» Paris, capitale engagée sur la scène internationale, tiendra sa place dans la compétition entre les métropoles.

Pour épauler les entreprises, nous atteindrons les 100 000m2 de pépinières et d’incubateurs dans les six ans, et nous aurons, dès 2012, équipé toute notre ville en très haut débit.

Dans le même temps nous développerons le recours aux énergies propres en installant 200.000 m2 de panneaux photovoltaïques et en réalisant plusieurs éco-quartiers.

» Nous amplifierons également l’offre des déplacements, plus performante, plus diverse, avec notamment l’extension du tramway, des progrès sensibles pour le service du métro et des bus, les navettes fluviales ou Autolib’.

» Ce « temps d’avance » que nous voulons donner à Paris implique une ardente ambition culturelle. Paris est un joyau, et quand on hérite d’un joyau, on a pour première mission de le conserver, je veux dire de préserver un patrimoine unique.
Mais nous sommes également investis du devoir de léguer aux générations futures le patrimoine nouveau dont nous favoriserons l’émergence.

» Oui, le mandat qui commence portera cette signature : le soutien inlassable aux forces de la création. Avec la Fête des mots, par exemple, c’est la langue française qui sera célébrée : cette langue qui semble avoir la vertu presque magique de conférer toujours plus de beauté à ce qu’elle désigne.

Et nous visons un autre objectif, qui est au cœur des valeurs de Paris : donner aux enfants le goût de l’art. Dans cet esprit, nous créerons 3.000 nouvelles places en conservatoire.

» Ce souci de la beauté et du sens, nous l’appliquerons aussi au visage de Paris.
On ne touche qu’avec la plus grande prudence à la forme et à l’équilibre d’une ville millénaire. Mais on ne définit pas une politique d’urbanisme par la seule préservation du passé.

Aussi, je vous le dis : dans six ans, Paris aura changé.
Et puis la couronne cessera d’être une frontière, pour devenir un lieu à part entière de notre dynamique urbaine. Les portes seront des places au vrai sens du terme.

» Et nous ne refuserons aucun débat sur les choix décisifs pour l’harmonie de notre ville. Pas même sur l’enjeu des hauteurs. Pour aménager les friches urbaines, pour faire émerger une architecture élégante et innovante, nous ferons vivre le pluralisme des idées et des inspirations.

» La concertation sera active, les citoyens seront associés, sur ce sujet comme sur tant d’autres. Car ensemble, nous irons plus loin dans l’exploration du champ de la démocratie locale. En renforçant les moyens des maires d’arrondissements.

En donnant à 5% des habitants la possibilité d’inscrire un sujet à l’ordre du jour des Conseils d’arrondissements ou du Conseil de Paris.

» Ou en confiant la présidence d’une commission à chaque sensibilité politique au sein de notre assemblée.

Tous ces défis, mes chers collègues, nous ne les relèverons pas seuls. Dès 2001, nous avons voulu en finir avec cette capitale enfermée dans ses frontières, se protégeant de ses voisins au lieu de s’ouvrir à eux.

» Pour la première fois depuis des décennies la municipalité parisienne a entamé un dialogue avec les collectivités limitrophes. Ces liens renoués, ces partenariats établis, ce goût de l’échange restauré, il nous appartient désormais de franchir un nouveau cap.

Le temps est venu de créer Paris métropole, véritable institution de l’agglomération, où s’exprimera, à cette échelle, la solidarité, y compris fiscale. Bien entendu, la région Ile de France sera au cœur du processus. Et nous travaillerons avec l’Etat, animés d’une seule préoccupation : agir utilement pour la vie quotidienne des habitants et des usagers, ces millions de femmes et d’hommes qui attendent des choix ambitieux, des actes clairs,  indépendamment de toute autre considération.
Je m’adresse donc aujourd’hui, au-delà de leurs différences politiques, à tous nos collègues qui viennent d’être élus ou réélus à la tête des collectivités de l’agglomération : engageons rapidement une démarche commune pour définir une méthode et un calendrier.
» Avant de conclure, comment ne pas songer à l’Histoire, à sa rigueur, à sa noblesse ? Je pense à Paris, et aux sentiments que cette ville universelle inspire aux amoureux de la liberté. Je pense à une femme, immense, meurtrie et persécutée, dont le portrait est exposé sur l’esplanade de l’Hôtel de Ville, comme le symbole d’une humanité blessée. Paris aime Ingrid Betancourt.

Elle est présente dans nos coeurs, où elle côtoie un espoir intact.

» Mais, pourquoi le nier, s’y installe également cette colère qui naît toujours de l’inacceptable, quelles qu’en soient les formes.
Animé du même espoir et de la même colère, je veux aussi, au nom de Paris, assurer de notre solidarité le grand peuple tibétain.

Face au silence glacial d’un monde indifférent, il mène une lutte inégale contre l’oppression, pour son droit inaliénable à la dignité et à l’existence. Nous sommes à ses côtés.

» Prononçant ces mots, je pense au legs de notre ville, à ses combats, à son message, qui est aux antipodes de la soumission ou du renoncement.

» Je pense au passé, à l’avenir et à ce moment singulier où ils se rencontrent, quand les espérances deviennent projets, quand les projets se transforment en actes.
Pour que les valeurs de Paris fassent toujours écho à ce qui est civilisé, à ce qui porte la vie, nous devons travailler, avec acharnement.
Maintenant, ensemble.»

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