Actualités...
|  | [05/11/2009] |
 |
Les femmes dans les rues
|
Selon le vœu de Chrispohe Girard, l’allée du boulevard Raspail a été nommée Charlotte Perriand, designer du XXe sicècle, mardi 27 octobre. L'occasion pour paris.fr de revenir sur la criante absence de rue honorant le sexe féminin à Paris. Certes, la tendance s'inverse. Anne Hidalgo, première ajointe inaugure régulièrement des lieux à la mémoire de femmes célèbres : Silvia Monfort, Renée Vivien, Nathalie Lemel et Elisabeth Dmitrieff s'affichent ainsi en lettres blanches sur les plaques émaillées du 3ème arrondissement. Mais le déficit est abyssal.
Revue du genre des rues parisiennes.
Sauf s'ils sont perdus, les Parisien(ne)s prennent rarement le temps de lever le nez en l'air. S'ils le faisaient, ils prendraient conscience d'une grave offense à la parité. En 2008, seulement 198 voies sur 5 300 portent le nom d'une femme. Soit 3,7% du total des rues de la capitale.... alors que les parisiennes comptent pour 53% de la population .
Un peu d'histoire.
Les premières appellations officielles des rues apparaissent au 17e siècle et rendent naturellement hommage aux rois. Il faut attendre la fin du 18e siècle pour voir de rares voies arborer des noms de femmes. Très souvent ce sont des « femmes de ». Comme la rue Madame, inaugurée en l’honneur de Marie Jospéhine-Louise de Savoie, princesse de Sardaigne et épouse de Monsieur. Elle fut renommée rue des citoyennes entre 1793 et 1800.
1882, Juliette Lambert , femme de lettres et fondatrice de la Nouvelle Revue a sa rue. Depuis, le nombre de rues consacrées aux femmes n'a cessé d'augmenter, mais il faut dire qu'en partant de si loin, la marge est large. Coincée entre Claude (Vellefaux) et Jean (Moinon), la rue Juliette Dodu (10e arrondissement) se prolonge jusqu'à devenir la rue Eugène Varlin. Le fait que Monsieur Varlin soit un fervent partisan de l'égalité hommes femmes n'est qu'une mince consolation.
Les féministes accèdent cependant de plus en plus au privilège suprême : Flora Tristan et Simone de Beauvoir ont leur artère. Quelques intellectuelles auront également droit à une plaque bleue: Marie Curie, scientifique renomée, Marie Pape-Carpentier, célèbre pédagogue, Adrienne Lecouvreur , artiste dramatique au 16e siècle...
Où sont les femmes ?
Le 13ème arrondissement est de loin le moins misogyne avec 22 voies consacrées aux femmes. Pluie de mauvais points en revanche sur les 2e, 5e 8e et 10e arrondissements qui n'hébergent que 4 rues portant des noms féminins.
Paris n'ayant pratiquement plus de rues à baptiser, le mal ne peut être que réparé à la marge : les mairies parisiennes sont encouragées à inaugurer des voies en mémoire des dames illustres. Mention honorable donc au 3ème arrondissement qui a ouvert entre 2005 et 2008, 3 voies supplémentaires aux femmes : la place Olympe de Gouges , la place Renée Vivien et la place Nathalie Lemel.
Mais qui est Charlotte Perriand ?
Cette théoricienne de "l’art d’habiter" et designer engagée est née à Paris en 1903. Charlotte Perriand a influencé le design en s’intéressant aux problématiques de son temps : les logements, les équipements collectifs, dans leur dimension pratique. Elle a su montrer que “l’important ce n’est pas l’objet mais l’homme”.
Longtemps associée à Le Corbusier, Charlotte Perriand a aussi collaboré avec Jean Prouvé, notamment pour l’aménagement de chambres à la Cité Internationale Universitaire de Paris. Son engagement politique en faveur de la cause sociale est évoqué avec la réplique de la fresque de 16 mètres de long, intitulée la Grande Misère de Paris. Charlotte Perriand exprime, dans ce photomontage, les revendications ouvrières de 1936 : retraites, conventions collectives, allocations familiales et congés payés.
Charlotte Perriand nous a quittés en 1999 en laissant derrière elle le souvenir d’une femme libre, moderne et souvent visionnaire.
Et d'après vous ?
Quelle femme devrait avoir sa rue/ sa place/ son jardin?
|