Mouette ou goéland ?
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Contrairement aux idées reçues, mouettes et goélands ne sont pas exclusivement des oiseaux marins. Certaines espèces abandonnent les côtes pour remonter les cours d’eau et peupler villes, marais, étangs et régions agricoles. Paris est alors une destination d’hiver très prisée pour nombre de mouettes issues de provenances lointaines allant de la grande banlieue au Danemark ou la Biélorussie !
Appartenant à la famille des laridés (ou laridae), mouettes et goélands constituent une tribu de 51 espèces rassemblées sous le nom de larinis (ou larinis)… Autant dire que les risques de confusions sont fréquents !
Quels laridés à Paris ? (source corif.net)
En région parisienne, on dénombre 14 espèces de laridés, plus ou moins rares, dont 6 potentiellement nicheuses.
Mouette rieuse (Larus ridibundus) : nicheur et hivernant commun Mouette pygmée (Larus minutus) : hivernant occasionnel Mouette de Sabine (Larus sabini) : occasionnel Mouette mélanocéphale (Larus melanocephalus) : nicheur très rare, hivernant très rare Mouette tridactyle (Rissa tridactyla) : très rare Goéland argenté (Larus argentatus) : nicheur très rare, hivernant commun Goéland leucophée (Larus michaellis) : nicheur très rare, hivernant peu commun Goéland brun (Larus fuscus) : nicheur occasionnel, hivenant rare
Goéland cendré (Larus canus) : nicheur très rare, hivernant rare
Goéland à bec cerclé (Larus delawarensis) : occasionnel Goéland à ailes blanches (Larus glaucoides) : occasionnel Goéland bourgmestre (Larus hyperboreus) : occasionnel Goéland pontique (Larus cachinnans) : très rare Goéland marin (Larus marinus) : très rare
Comment les reconnaître ?
Mouette rieuse (Larus ridibundus) et goéland argenté (Larus argentatus), pour ne citer que ces deux espèces régulières autour des plans d’eau des parcs parisiens et le long de la Seine, sont faciles à distinguer.
A l’âge adulte, tous deux présentent un corps blanc et des ailes grises sur le dessus et noires aux extrémités (comme beaucoup de laridés !) mais ils se distinguent par la taille, le plumage de la tête, le bec et les pattes.
En général, les mouettes sont plus petites que les goélands : D’une taille de 40 cm environ pour une envergure d’1 mètre chez la mouette rieuse contre une taille d’environ 60 cm pour une envergure allant jusqu’à près de 160 cm chez le goéland argenté.
Le plumage de la tête est très caractéristique :
Il est blanc marqué d’une tache sombre derrière l’œil de chaque coté de la tête en hiver et entièrement brun-chocolat en période nuptiale chez la mouette rieuse ;
blanc ponctué de gris clair en hiver et uniformément blanc en période nuptiale chez le goéland.
Le bec est rouge sombre et relativement fin chez la mouette rieuse ; puissant et jaune présentant une tache rouge à la mandibule inférieure chez le goéland.
Les pattes de la mouette rieuse sont petites et rouges tandis que le goéland « chausse beaucoup plus large » et présente des pattes rose grisâtre.
Un goéland à pattes jaunes...
Un goéland semblable au goéland argenté a élu domicile au parc de Montsouris, mais ses pattes sont jaunes me direz-vous ! Il s’agit du goéland leucophée (Larus michaellis), cousin méridional du goéland argenté… Pour schématiser, le goéland argenté s’étend le long de la côte Atlantique et de la Manche tandis que le goéland leucophée domine la côte méditerranéenne… Mais n’allez pas croire que cela explique son dévolu pour un parc du sud de Paris !
Une 3e espèce de goéland fait progressivement son entrée à Paris, le Goéland brun (Larus fuscus). Un goéland provenant de la côte atlantique, à pattes jaunes lui aussi mais se distinguant de son cousin méridional par un manteau plus sombre presque noir.
Vos "becs" les mouettes
Mouettes et goélands sont des oiseaux bruyants.
Un dialogue imaginaire entre ces deux espèces rapporterait approximativement : - La mouette rieuse déclare dans un éclat de rire : « Rrrrii rrrrii rrrrii rrrrii TE-E-E-E-ER TE-E-E-E-ER » - Le goéland argenté raille en réponse : « Iyo iyo iyo GA-GA-GA-GA-GA »
Pour écouter ces oiseaux...
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Régime alimentaire
Tous deux ont un régime très varié, adapté à leur large zone de répartition géographique.
La mouette se nourrit de mollusques et de poissons, d’insectes aquatiques et terrestres et de vers de terre qu’elle tire des labours agricoles. Omnivore, elle consomme également des fruits et des graines.
A Paris, les mouettes étendent également leur alimentation aux insectes et invertébrés présents dans les parcs. En outre, on les observe de plus en plus se nourrissant dans les caniveaux ou glanant sur les trottoirs

Armé d’un bec puissant, le goéland possède également une alimentation très diversifiée. Poissons, mollusques et crustacés mais aussi petits mammifères et cadavres constitue une bonne part de son alimentation ; mais cet opportuniste est également grand amateur d’œufs et d’oisillons, et possède un intérêt très marqué pour les décharges où il récolte d’importantes quantités de déchets alimentaires humains.
A Paris, les goélands ne trouvent pas de décharges mais les poubelles où les rebus abandonnés à la fermeture des marchés leur garantissent un complément non négligeable.
Reproduction
Au printemps les laridés rassemblés en grandes colonies choisissent leur emplacement et préparent un nid rudimentaire tapissé de végétation.
La mouette rieuse s’installe à la lisière des marais et des plans d’eau où elle tapisse de végétation une concavité d’une cinquantaine de centimètres. Là, la femelle dépose 2 à 3 œufs olivâtre tachés de brun et les couve environ 25 jours. Les petits viennent alors au monde vers la fin mai et restent au nid une bonne semaine pour enfin le quitter vers l’âge de 35 jours.
Les rassemblements pouvant être très nombreux, parfois au-delà de 1000 couples, la promiscuité est forte et les échanges entres individus défendant leur « territoire » sont fréquents. Les mouettes rieuses communiquent alors par messages visuels et s’expriment par des postures caractéristiques : dressées, le front en avant pour exposer leur capuchon sombre, elles expriment l’agressivité et cherchent à s’imposer à leur « interlocuteur » ; la tête et le cou penchés en avant pour découvrir leur nuque blanche, elles expriment la soumission.
Chez le goéland argenté le nid peut être situé à terre, à la corniche d’une falaise ou bien au niveau d’un toit. La nidification en Île-de-France n’est pas impossible mais reste très rare ; cet oiseau fréquent à Paris préfère la zone côtière pour nicher. Ainsi, mi-avril, la femelle pond 2 à 3 œufs dans un nid sommaire couvert d’algues et de brindilles. Après 30 jours de couvaison, les petits à peine venus au monde partagent leur temps entre escapades de découverte et nourrissage, pour enfin prendre leur envol vers 6 semaines.
La tache rouge située sur le bec de l’adulte permet au petit de réclamer la becquée. Lorsqu’il a faim, il frappe de son bec cette tache rouge ce qui provoque la régurgitation de l’adulte.
Alors que les mouettes ont tendance à quitter la capitale dès le mois de février pour nicher hors de l’enceinte de la ville, les goélands eux semblent trouver depuis peu un certain charme au printemps parisien et commencent progressivement à nicher sur les toits de Paris. L’aventure a débuté dans les années 90 avec l’arrivée d’un couple de Goéland argenté au Jardin des Plantes ; aujourd’hui, on dénombre une 30aine de couples de goélands nicheurs dans la capitale ! (source : Frédéric Malher - coordinateur de l'Atlas des Oiseaux Nicheurs de Paris)
Statut et protection
Ces deux espèces, protégées au niveau national, sont en constante progression.
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