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Le cimetière de Bercy a été ouvert en 1816. C'est le deuxième en date de cet ancien village de l'est parisien. Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, les habitants de la petite commune de Bercy dépendaient de l'église Sainte-Marguerite et de son cimetière, dans le lointain faubourg Saint-Antoine.
En 1791, l'ancienne chapelle du couvent des Pères de la Doctrine-Chrétienne, qui se trouvait au bout de l'actuelle rue Gabriel-Lamé, devint l'église paroissiale de Bercy, entourée aussitôt d'un premier cimetière.
En 1821, la vieille église, devenue vétusté et trop petite, est détruite, entraînant la fermeture et la désaffection de son cimetière. Elle sera remplacée la même année par Notre-Dame de Bercy, place Lachambeaudie.
A l'origine, l'actuel cimetière de Bercy couvrait 31 ares. Agrandi quatre fois, puis amputé à trois reprises, il s'est stabilisé en 1885 à environ 62 ares.
Planté d'une petite dizaine d'arbres disparates, voire spontanés, tel le pêcher qui a surgi d'une tombe, face au bureau de la conservation, et agrémenté d'une vigne vierge, contre le mur d'entrée, le cimetière de Bercy ressemble plus à un jardin de curé qu'à un cimetière de quartier.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, de somptueuses propriétés, tels le Petit-Bercy, la Folie- Rambouillet et le domaine des frères Paris, occupaient une bonne moitié des terrains de la commune, déployant leurs beaux jardins tout le long de la Seine.
Démembrées au début du XIXe siècle, celles-ci ont cédé la place aux célèbres entrepôts de Bercy qui, pendant près de deux siècles, ont fait de ces lieux l'un des plus importants centres européens du commerce du vin.
Aujourd'hui, de cette ultime période de l'histoire de Bercy, il ne reste presque plus rien, hormis quelques vestiges...
C'est dans le cimetière que l'on retrouve les noms des principales familles de pinardiers et de tonneliers de jadis. Parmi les 1 120 sépultures de la nécropole, mentionnons celle de Julius L. Gallois, ancien maire (1815-1821) et l'un des créateurs des entrepôts de Bercy, mort en 1839, dont l'imposante chapelle surmontée d'un sarcophage trône au milieu du cimetière. La tombe de Théodore Dehaese, un jeune pompier, mort à 24 ans, en 1853, lors de l'incendie des entrepôts, est située le long du mur, dans le prolongement de la conservation. Encadrée d'une grille argentée, elle est toujours bien entretenue et honorée chaque année par les sapeurs pompiers de la caserne de Reuilly. On admirera au passage la porte d'entrée, dont les vieux sabliers en pierre, symbole du temps qui passe, nous renvoient à notre inexorable destin.
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| [18/05/2005] | |
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