|
La falaise et le temple de la Sybille, la grotte, le platane d'orient et les arbres remarquables,
le lac, les ponts.
|
Le parc en images

» Consulter la galerie photos
Un peu d'histoire :
Les marcheurs seront ravis d'arpenter son relief pentu, les flâneurs de s'allonger sur les pelouses... ce parc paysager, romantique en diable, est le plus escarpé et le plus grand des jardins publics de Paris.
Dès l'Antiquité, le sous-sol parisien était exploité pour ses carrières de gypse, qui donnèrent à la capitale son surnom de " Lutèce la blanche ". Les Romains avaient découvert qu'il se transformait en plâtre une fois porté à une température de 120°C.
Le creusement des carrières sur la Butte Chaumont commença après la Révolution, ce qui changea considérablement sa physionomie. Au 19e siècle, la précieuse matière était acheminée jusqu'aux Etats-Unis, ce qui a valu au quartier son nom de " quartier d'Amérique ". Elle s'élevait à une hauteur de 45 mètres et était divisée en trois galeries superposées d'environ 15 mètres de hauteur.
Vous remarquerez peut-être, au cours de votre promenade, la rue des Chaufourniers, au voisinage du parc. Le gypse y était acheminé pour être chauffé dans les fours à chaux, qui ont laissé leur nom à la rue.
Ce lieu escarpé et inculte servait aussi de bassin d'épuration, où l'on faisait sécher les matières recueillies, qui étaient utilisées pour la fabrication d'un engrais. Ce n'était pas le seul attrait de la butte, puisqu'elle permettait aussi de se débarrasser des cadavres de chevaux. Cette décharge à ciel ouvert était tolérée, car elle se situait encore en-dehors des limites de la ville de Paris... A sa disparition, l'habitude restera d'y jeter toutes sortes d'ordures. Les carrières furent exploitées jusqu'en 1860.
Au Second Empire, les carrières fermées, Napoléon III décida de transformer la colline désolée en somptueux jardin. L'Etat acquit le terrain en 1863 et les premiers coups de pioche furent donnés en 1864. Trois ans furent nécessaires pour réaliser les travaux titanesques de terrassement et créer les aménagements paysagers qui agrémentent le parc. Cette prouesse nécessita l'aide de 1 000 ouvriers, une centaine de chevaux, 450 wagonnets sur 39 km de rails, 2 machines à vapeur, et l'utilisation de dynamite pour faire sauter la roche. 200 000 m3 de terre végétale et 800 000m3 de terrassement furent utilisés, et 14 212 barreaux verticaux vinrent habiller la grille de 2 475 mètres de longueur, comprenant 6 grands portails et 9 entrées secondaires.
Le parc fut inauguré le 1er avril 1867, en même temps que l'Exposition Universelle du Champ-de-Mars. Assisté du jardinier Barillet- Deschamps, de l'architecte Davioud, et de l'ingénieur Belgrand, Jean-Charles Alphand métamorphosa les anciennes carrières, creusant un lac et une grotte ornée de fausses stalactites, faisant jaillir des cascades et des ruisseaux. Davioud réalisa également une partie de la mairie du 19e arrondissement (1869), située en face de l'entrée principale du parc.
Le parc prit alors le nom de la butte, " Chaumont " venant, selon toute hypothèse, de la contraction des mots " chauve " (calvus en latin) et " mont " (mons en latin).
Se promener :
Le parc des Buttes-Chaumont est le plus escarpé et le plus grand des 426 jardins de Paris, à l'exception du jardin des Tuileries et du parc de La Villette. C'est un parc paysager, une forme évoluée du jardin anglo-chinois, dont la conception irrégulière s'oppose au genre régulier des jardins dits " à la française ". Il offre aux regard des plus avertis une juxtaposition de tableaux s'inspirant des paysages de Fragonard, et surtout d'Hubert Robert, peintre des jardins de Rome.
Par les effets de surprise, de couleurs, et la disposition des végétaux certains pourraient même y remarquer l'influence de Jean-Jacques Rousseau.
Une île rocheuse se dresse au centre de son célèbre lac (1,5 ha) , et dévoile un romantique petit temple de la Sybille, qui occupe l'emplacement exacte de l'ancienne carrière à ciel ouvert, tandis que la grotte se situe à l'entrée d'une carrière souterraine.
Une grande cascade culminant à 32 mètres conduit jusqu’à la grotte (20 mètres) qui est décorée de fausses stalactites dont les plus grandes atteignent 8 mètres.
Le temple de la Sybille est une réplique du temple de Tivoli (Rome). Il est né du talent de l'architecte Davioud en 1869, qui utilisa un style composite, ionique et corinthien (feuilles d'acanthes, fruits et têtes de lions), comportant 8 colonnes et un soubassement en pierre du Jura. Vous y accèdez par la passerelle suspendue (65 mètres de haut), à ne pas confondre avec le pont Eiffel et le pont de briques.
Cette promenade ravira les bons marcheurs qui pourront allier exercice physique, en raison de son fort dénivelé, et beauté paysagère.
Il abrite de belles essences d'arbres exotiques et indigènes, qui s'accrochent aux flanc de la butte, tantôt sur un chemin, tantôt sur une pelouse à la pente vertigineuse.
Remarquez le sophora dont les branches tordues semblent irrésistiblement attirées vers les eaux du lac. Sa ramure et son feuillage apprécient particulièrement cet espace dégagé, car il s'épanouit grâce à la lumière. Mais aussi un platane d'Orient planté en 1862, dont la circonférence de 6,35m vous aidera à le reconnaître ! Une visite guidée s'impose si vous désirez en savoir davantage sur le févier d'Amérique, le noisetier de Byzance, les deux ginkgos bilobas, l'Orme de Sibérie ou le cèdre du Liban planté en 1880…
Une multitude d'oiseaux se partagent le territoire convoité de la butte, mouettes rieuses, poules d'eau, canards colverts, qui apprécient ses hauteurs et la fraîcheur du lac. De l'automne au printemps, vous remarquerez la bergeronnette des ruisseaux au plumage jaune et gris. Voletant et trottinant nerveusement pour capturer des insectes, elle agite sans cesse sa longue queue, ce qui lui a valu le surnom de hochequeue.
Surface : 247 316 m²
12 hectares de pelouses 6 hectares de massifs de plantation 1,5 hectares de lac 1 hectare d'enrochements 4,5 hectares de circulations 5,5 kilomètres de voies 2,2 kilomètres de chemins
La falaise :
30 mètres de haut. Accès par 2 ponts, l'un en maçonnerie (hauteur 22 mètres, portée 12 mètres), l'autre suspendu (portée 65 mètres). Un escalier pratiqué à l'intérieur du rocher permet de descendre jusqu'au lac (173 marches).
Le lac :
1,5 hectares de superficie Alimenté par 2 ruisseaux
La grotte :
14 mètres de large. 20 mètres de haut. Décorée de stalactites dont les plus grandes atteignent 8 mètres.
Les plantations :
Paysage de falaises et de rocailles planté d'essences diverses et rares pour l'époque.
L'architecture :
6 pavillons aux entrées principales 3 restaurants
Un kiosque à musique provisoire en toile, sur le Belvédère proche de la grotte, en attendant des travaux de restructuration du parc et la remise en place d'un kiosque semblable à celui d'origine, qui se trouvait autrefois sur le lac, puis sur ses berges.
|