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|  | [06/10/2009] |
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L’Université Populaire s’installe à la mairie du 18e
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C’est une première, et le succès était là : plus de 150 personnes ont assisté au premier cours de l’Université populaire à la mairie du 18e.
La salle des fêtes de la mairie est pleine à craquer. Le thème de la conférence "Qu’est-ce que réussir à l’école ?" a manifestement séduit les habitants du quartier. En partenariat avec l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, les conférences de l’Université Populaire entendent « diffuser le savoir dans un langage clair et accessible » explique Daniel Vaillant, maire du 18e arrondissement.
La conférence débute par la leçon inaugurale de François Dubet, sociologue. Au cours d’un exposé vivant et lumineux, le spécialiste de l’école dresse un constat morne. Le système français qui prône l’égalité des chances n’a pas mis un terme, loin s’en faut, à la reproduction sociale. François Dubet compare l’école actuelle à un match sportif…l’esprit d’équipe en moins. Et le chercheur d’affirmer qu’il y a « autant d’intelligence dans un texte de Kant que dans un moteur Diesel ». La salle rit. Mais le tableau est sombre : il y a plus d’élèves pauvres dans les grandes universités anglo-saxonnes où les frais d’inscription sont très chers, qu’en France où les études supérieures sont pourtant gratuites. Monsieur Dubet termine son intervention par des recommandations simples, il faudrait attendre moins de l’école, mettre fin au redoublement jusqu’à 16 ans, par exemple.
Puis place aux deux témoins : Richard Tassart, inspecteur de l’éducation nationale et Michel Sangam, président de la FCPE Paris (syndicat de parents d’élèves). Les deux intervenants s’accordent à regretter que l’accès à l’emploi soit si dépendant de l’obtention de diplômes. Applaudissements de la salle, huées parfois, le public réagit avec passion. « Aucune question n’est bête, il est simplement bête de ne pas en poser » encourage les organisateurs. Les témoignages, plus que les questions fusent. Un enseignant témoigne de son désarroi : dans son collège ZEP (zone d’éducation prioritaire), l’équipe pédagogique a décidé de mélanger dans les classes les bons et les moins bons élèves. Résultat, les parents des bons élèves ont retirés leur progéniture de l’établissement. Un polytechnicien raconte comment ses parents paysans l’ont « traumatisé » avec leur désir de le voir intégrer Polytechnique. Une éducatrice plaide pour un enseignement moins théorique, qui laisse plus de place « au corps »
La soirée prend fin autour d’un verre, l’ambiance est chaleureuse. La prochaine conférence a lieu le 17 novembre à 19h, l’historien Pap Ndiaye s’intéressera au bilan d’Obama, un an après. L’entrée est libre et gratuite. Ne réservez surtout pas, insiste la mairie.
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