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L'appartement d'Antoine Bourdelle
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Historique
Peu après son arrivée à Paris en 1885, Bourdelle élit domicile au 16 impasse du Maine, dans la maison qui existe toujours et à laquelle cette pièce appartient. À partir de 1918, il lui préfère, sans pour autant l’abandonner, un appartement plus confortable, situé 6 avenue du Maine. Ainsi immergé en plein cœur de la bohème artistique de l’époque, Bourdelle se satisfait de l’exiguïté du lieu, et ce malgré la venue de ses parents en 1886 – son père eut dès lors pignon sur rue avec la « boutique» mitoyenne, devenue salle à manger à son décès, en 1906 – puis de sa tante et de sa grand-mère deux ans plus tard. Admirablement préservé, ce lieu conserve la mémoire prégnante de Bourdelle qui aimait y recevoir ses visiteurs.
Un lieu, une intimité
Témoins d’un lieu habité, le lit de Bourdelle ainsi que le mobilier, disposés par le sculpteur lui-même, contribuent à insuffler à cet appartement un parfum d’intimité. La décoration raffinée de certains éléments – le vantail de la porte latérale, le linteau de l’autre, le miroir composite – répond à la rusticité du poêle ou de la cheminée. La collection de Bourdelle fait écho à celle de l’atelier : un Christ en croix, un chapiteau médiéval, des toiles d’après les maîtres – Titien, Prud’hon ou « à la manière de» Rembrandt – mais aussi et surtout l’unique moulage de l’un des deux David de la cathédrale de Reims, dont le pendant est également conservé au musée, et que Bourdelle, sauva peu avant 1910 alors que la Première guerre mondiale allait gravement endommager l’édifice champenois. Enfin, des œuvres diverses, peintes ou sculptées, évoquent l’environnement familial du sculpteur, Pierre, le fils de Bourdelle, Cléopâtre, muse et seconde épouse du sculpteur, et leur fille Rhodia.
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