«« retour

Partager sur Facebook | Partager sur Twiter | Partager | Imprimer | A+ | A- | A=Pour un Paris plus juste et solidaire

Mairie de Paris
[13/04/2011]

Les inégalités sociales et urbaines se concentrent principalement dans les quartiers dits « Politique de la ville » où vivent 330 000 habitants. L’élaboration de projet de quartier et la mise en œuvre d’actions s’inscrivent dans l’ambition de bâtir un Paris plus juste et solidaire.

La carte des quartiers de la politique de la ville à Paris

 carte des quartiers du Contrat Urbain de Cohésion Social par 

  La politique de la Ville en chiffres

- 14 quartiers parisiens.
- 330 000 habitants concernés
- 22% de foyers à bas revenus contre 11% sur l’ensemble de Paris (2008).
- 40,50% de sans diplôme contre 25,2% pour Paris (2006).
- 29% d’immigrés contre 20% pour Paris (2006).
- 8,4% d’allocataires du revenu minimum d’insertion contre 4,5% à Paris (2008).
- 26,2% de retard d’un an et plus en 6e contre 16,3% sur Paris (2009).

L'effort financier de la Ville de Paris

- 285 millions d'euros est le montant consacré par la Ville de Paris dans son ensemble en 2009 aux quartiers de la Politique de la ville contre 191 millions en 2008.
- plus de 4 millions d'euros ont été consacrés au financement des projets associatifs
- 130 adultes relais ont été cofinancés par le Ville de Paris en 2009

La Politique de la ville à Paris s'appuie sur quatre grands principes

- la désignation de quartiers prioritaires où les inégalités sociales et urbaines sont importantes. 14 quartiers et 330 000 habitants sont ainsi concernés.

- l'élaboration d'une politique partenariale renforcée où la Ville, l'Etat, la Région, les associations et des organismes comme la CAF, le FASILD, les bailleurs… se concertent et définissent des objectifs et des moyens d'action communs. Ceux-ci se retrouvent dans un document officiel : le Contrat Urbain de Cohésion Sociale (CUCS), qui couvre la période 2007-2009, signé le 30 mars 2007. Il fait suite au contrat de ville 2000-2006.

- la mise en oeuvre d'une politique globale et transversale : afin de lutter efficacement contre les exclusions sous toutes leurs formes, les questions sociales, économiques, culturelles et urbaines sont abordées ensemble. L’élaboration de projets de territoire votés par le Conseil de Paris est l’illustration de cette volonté d’inscrire dans la durée cette mobilisation des acteurs sur ces quartiers.

- la participation active des habitants : Ils sont, avec les associations, appelés à participer aux réflexions, à l'élaboration et à la mise en oeuvre d'un véritable projet de quartier. Afin d'aider les associations à jouer pleinement leur rôle irremplaçable pour le lien social, la Ville de Paris a multiplié par trois depuis 2002 leurs subventions au titre de la Politique de la ville.

L’historique de la Politique de la ville

L’origine de la Politique de la Ville est à rechercher au début des années 70, au sortir de la période de «rénovation urbaine».

Les banlieues des grandes villes mais aussi une partie des arrondissements parisiens périphériques venaient d’être remodelés par un effort de construction sans précédent, à travers un urbanisme de tours et de barres.

Ces nouveaux quartiers, qui avaient pu constituer une réponse à la forte demande de logements, ont rapidement concentré les difficultés sociales et urbaines.  De nombreux territoires urbains, de plus en plus marginalisés, se sont trouvés abandonnés au sein même des villes les plus prospères de notre pays. De là, la nécessité de développer une politique de rattrapage et de soutien local fort... c’est la Politique de la Ville qui se met en place de façon progressive à partir du début des années 1980.

La marginalisation de ces territoires est devenue patente au moment où s’affirmait la montée du chômage. Les premières réponses aux dysfonctionnements ont été recherchées dès 1976, avec les opérations Habitat et vie sociale qui ont concerné une quarantaine de grands ensembles HLM, aucun d’entre eux n’étant situé à Paris.

C’est plus tard, au titre du Xème plan établi pour la période 1989-1993, que trois premiers quartiers parisiens ont été retenus au titre de la procédure de « Développement Social des Quartiers». Si les opérations conduites en banlieue concernaient massivement des ensembles des années 1960, ces premiers sites parisiens ont été des cités d’habitation à bon marché des années 1920 – la cité Charles Hermite, enclavée dans le quartier des Gazomètres – et celle du 140 rue de Ménilmontant, où de forts enjeux de sécurité étaient posés (incendies de voitures).

Enfin, un quartier ancien au bâti très dégradé était concerné, la Goutte d’or, touchée par de lourds problèmes sociaux, de délinquance et de toxicomanie.

Constatant la poursuite de la dégradation des quartiers, l’Etat a voulu donner dans les années 1980-1990 une nouvelle dimension à la Politique de la Ville. Le « Développement Social Urbain » se substitue en 1989 au DSQ avec l’ambition d’arrimer les quartiers défavorisés à leur agglomération. Un Ministre de la Ville est nommé en 1990 ; une administration est mise en place qui va promouvoir la généralisation de démarches innovantes et déconcentrées : les contrats de ville.

A Paris, 9 quartiers sont retenus au titre du XIème plan 1994-1998. Il s’agit des 3 anciens sites DSQ auxquels s’ajoutent 6 nouveaux sites, qui sont pour les uns des quartiers d’habitat ancien et pour les autres, des ensembles HLM des années 1960.

Lorsqu’en 1996 le « Pacte de relance pour la ville » crée les zones urbaines sensibles (ZUS), les zones de redynamisation urbaine (ZRU) et les zones franches urbaines (ZFU), Paris bénéficie uniquement du premier de ces dispositifs : 9 ZUS sont instituées en 1996 en remplacement des anciens quartiers DSU.

A Paris, la Politique de la ville prend une nouvelle dimension à partir de 2001 avec le contrat de ville (2001-2006), le grand projet de renouvellement urbain (GPRU) et le contrat urbain de cohésion sociale (2007-2009).
S’attaquer aux inégalités sociales et territoriales, bâtir un Paris plus juste et plus solidaire, considérer que tous les Parisiens, quels que soient leur situation ou leur domicile, ont le « droit à la ville », constitue des engagements forts de la municipalité parisienne élue en 2001.

Avec le contrat de ville 2000-2006, complété par les avenants de la municipalité élue en 2001, la politique de la ville a pris à Paris une ampleur nouvelle, tant par l’extension des populations et des territoires concernés que par l’ambition de remodelage urbain.

La géographie des quartiers prioritaires s’élargit à seize quartiers, qui connaissent une situation de décrochage par rapport à leur environnement immédiat. Les ZUS existent toujours ; elles sont, de fait, intégrées aux nouveaux quartiers, dont elles partagent les territoires.

Parallèlement, une politique ambitieuse de renouvellement urbain structurante est décidée avec le Grand Projet de Renouvellement Urbain de la couronne de Paris (GPRU) qui s’est engagé sur 11 des quartiers inscrits dans la Politique de la Ville et situés principalement entre les boulevards des Maréchaux et le boulevard périphérique. Il concerne près de 200 000 habitants en incluant les habitants situés aux abords immédiats.

Le contrat urbain de cohésion sociale (CUCS) constitue pour la période 2007-2009 le nouveau cadre de référence de la politique de la ville, faisant suite aux contrats de ville de la période 2000-2006. Le contrat urbain de cohésion sociale de Paris, élaboré entre les services de l’Etat et ceux de la Ville de Paris, a été signé le 30 mars 2007. Sont présentés ici les principes, le contenu et la géographie du nouveau contrat.

- La géographie d’intervention de la politique de la ville a été adaptée en fonction des évolutions constatées depuis le dernier recensement en particulier par l’observatoire des quartiers mis en place en 2005. Ainsi certains quartiers ont pu voir leur situation s’améliorer et peuvent donc revenir à un traitement de droit commun ; d’autres quartiers révèlent des difficultés particulières et nécessitent une attention particulière.

- Une priorité particulière est donnée aux programmes d’actions portant sur les thèmes prioritaires développés ci-après : l’emploi, l’insertion et le développement économique ; le développement du lien social, de l’accès au droit et de la citoyenneté ; l’amélioration de l’habitat, du cadre de vie et le renouvellement urbain ; l’éducation, la jeunesse et les sports ; la santé ; la prévention de la délinquance ; la culture.

- La poursuite de la mise en œuvre du grand projet de renouvellement urbain sur la base des projets de territoire arrêtés sur chacun des sites du GPRU. Cette préoccupation de qualité urbaine se double de celle d’une prise en compte exemplaire de la qualité environnementale par la mise en œuvre d’une démarche « Haute Qualité Environnementale » (HQE).

- Le renforcement du désenclavement des territoires, notamment grâce au développement des continuités urbaines vers les collectivités riveraines et à la coordination entre les acteurs de part et d’autre de la limite communale.

La diversité des quartiers révèle des histoires urbaines très spécifiques et des situations très différentes

La première situation est celle des quartiers situés le long du boulevard des Maréchaux, la ceinture rouge des habitations bon marché (HBM) produites dans les années 1920 à la suite de la loi Loucheur. Ces quartiers, principalement constitués d’habitats locatifs sociaux, sont très structurés et dotés d’un urbanisme de qualité.

La deuxième situation résulte de la forme urbaine moderne de la rénovation urbaine de l’immédiat après-guerre. Un certain nombre de ces opérations issues des conceptions de « l’architecture moderne » forment aujourd’hui des quartiers très homogènes au plan urbain, mais en parfaite rupture avec le tissu dans lequel ils s’insèrent comme autant de villes dans la ville. Ils forment, le long du périphérique, cette alternance régulière de barres et de tours, singulièrement dans sa partie nord, de la porte Pouchet à la porte de la Chapelle. D’autres sont construits sur des dalles piétonnes, comme par exemple le quartier des Olympiades ou Saint-Blaise. D’autres, enfin, constituent des aplats urbains enclavés, comme la cité Michelet dans le 19e arrondissement.

La dernière situation rencontrée est celle de quartiers plus « traditionnels » de Paris, les faubourgs des arrondissements périphériques de la capitale, du 10e au 20e arrondissement. L’habitat y est plus ancien, plus hétérogène et moins marqué par le logement locatif social. On peut rencontrer plusieurs de ces situations dans un même quartier, où il faut à la fois intervenir sur le bâti populaire des faubourgs, réparer en profondeur la ville de l’après-guerre et aménager le cadre de vie des cités des années 1920. C’est le cas en particulier des quartiers de la couronne de Paris, qui font l’objet du Grand Projet de renouvellement urbain.

La quasi-totalité des quartiers sont engagés dans des démarches de gestion urbaine de proximité associant en particulier
les directions concernées de la ville et les bailleurs sociaux. Il s’agit de mieux répondre aux attentes des habitants en matière de cadre de vie, d’entretien quotidien, de tranquillité publique. Une convention de partenariat a été formalisée pour le quartier Saint-Blaise.

Le bilan du contrat de ville et du Grand Projet de Renouvellement Urbain (GPRU)

Parmi les interventions majeures, menées dans les quartiers, on peut citer les réalisations suivantes :

- La quasi-totalité des quartiers sont engagés dans des démarches de gestion urbaine de proximité associant en particulier les directions concernées de la ville et  les bailleurs sociaux.
- De nombreux travaux concernant l’habitat et le logement ont été engagés sur différents quartiers. Ils concernent l’habitat social, en particulier la résidentialisation comme à la cité Michelet ou l’habitat ancien avec le lancement par exemple de l’OPAH de Sainte-Marthe.
- La transformation des pieds d’immeubles s’est poursuivie  et amplifiée tout au long du contrat, en lien avec les bailleurs sociaux, au bénéfice des associations, des acteurs économiques, de l’installation d’Antennes Jeunes, d’Espaces Publics Numériques. Au total plus 60 locaux ont été ouverts.
- Les services de proximité se sont développés comme par exemple la création de trois Points d’Information Médiation Multiservices (PIMMS) ou l’ouverture de 10 espaces publics numériques
- Le développement de l’accès au droit avec la création d’une troisième maison de justice et du droit, les cinq points d’accès au droit, les soixante dix relais d’accès au droit.
- La création de trois cafés sociaux comme « Ayem Zamen » destinés à l’accueil et à l’accompagnement des vieux migrants.
- Le soutien aux associations s’est poursuivi avec le soutien annuel de plus de 400 acteurs locaux de terrain. Il est en progression constante depuis 2001. Par ailleurs, la préparation de la création de nouveaux centres sociaux a débouché sur la mise en place de cinq nouveaux centres sociaux.
- Depuis 2001, sept régies de quartiers ont été créées et la Ville a mis en place un Programme Local Pluriannuel pour l’Insertion et l’Emploi (PLIE) dans le 18ème et le 19ème arrondissements.
- 12 Centres sports découvertes ont été mis en place dans les quartiers prioritaires offrant des animations sportives gratuites aux jeunes et une nouvelle filière d’animation sportive a été créée.
- Un groupement des bailleurs pour la sécurité a été mis en place, le Groupement Parisien Interbailleurs de Surveillance (GPIS) ; il est en charge de la sécurité et de la protection des immeubles d’habitat social. Six équipes de correspondants de nuit ont par ailleurs été mises en  place dans les quartiers.
- Le Centre de ressources Politique de la Ville a été créé afin d’offrir aux acteurs de la Politique de la Ville sur Paris un lieu de débat, d’échanges et de capitalisation d’expériences (par exemple « santé et quartiers » ou gestion urbaine de proximité).

S’agissant du GPRU, de nombreux projets ont été réalisés ou sont en cours de réalisation. Il s’agit d’actions concernant l’habitat et le logement (construction de logements sociaux dans le quartier Bédier, réhabilitation Porte Montmartre ou tour Bois le Prêtre, préparation de la démolition de tours, T2 à la Porte d’Ivry ou tour Borel, résidentialisation des immeubles à Curial), de la couverture du périphérique (Porte des Lilas, Porte de Vanves), des aménagements des espaces publics (square Marcel Sembat, mail Bréchet, aménagements de la ZAC Claude Bernard, désenclavement de la Cité Valentin Abeille), de la création de nouveaux équipements (Centres sociaux à la Porte de Vanves, aux Olympiades, à Saint Blaise, Porte d’Ivry ; jardins familiaux du quartier Bédier ; points multiservices Porte de Montmartre et Paris Nord Est ; antennes jeunes, espaces publics numériques, crèches...), des équipements destinés à l’emploi (plan local pour l’insertion et l’emploi 18/19, créations de régies de quartier aux Olympiades, dans le quartier Curial, Saint Blaise, Paris Nord Est etc.).



Actualités

  • Le cluster Paris Mix - Développement de la filière musicale au coeur du 18e

    Première grappe musicale en Ile-de-France, le cluster Paris Mix est un réseau qui regroupe labels, producteurs, tourneurs, salles de spectacles, diffuseurs, organismes de formations ou encore espaces culturels. Installé dans le 18e arrondissement, il promeut le développement d'un secteur en pleine mutation.


  • Atelier Chant signé à l'école Turenne
    Publication des actes de le deuxième journée de la Réussite éducative à Paris

    Conçue comme une journée de rencontres, d’échanges et de mutualisation des pratiques, la deuxième journée de la Réussite éducative, a réuni le 22 novembre 2012 plus de 200 participants : représentants de la Ville et du Département de Paris (équipes de développement local, travailleurs sociaux…), membres de l’Education Nationale, représentants associatifs, délégués du préfet et personnels de la Direction Départementale de la Cohésion sociale, travailleurs sociaux de la Caisse d’Allocations familiales, etc.


  • C'est quoi un quartier populaire ?

    A l'occasion de l'événement Quartiers, en scène !, grande fête des quartiers parisiens et franciliens, qui s'est tenu le 24 janvier au CentQuatre, l'association Canal Marches a installé sa cabine d'expression libre en posant une question aux visiteurs : "Pour vous, qu'est-ce qu'un quartier populaire ?"


  • Quartiers, en scène ! : un rendez-vous réussi

    Le 24 janvier, la famille Politique de la ville parisienne et métropolitaine a réussi son rendez-vous. « Quartiers, en scène ! » a mis en lumière le travail de terrain mené par les associations, les directions de la Ville, les partenaires institutionnels, les habitants et les professionnels de la Politique de la Ville, pour bâtir une ville plus solidaire et améliorer le quotidien des habitants.      


  • Quartiers, en scène! au Centquatre

    Habitants, associations, professionnels, acteurs de la politique de la Ville parisiens et métropolitains ont rendez-vous le 24 janvier 2013 au CENTQUATRE pour "Quartiers, en scène!", de 14h à 21h. L’occasion de donner à voir la transformation des quartiers populaires, les défis auxquels ils font face mais aussi leur diversité, leur inventivité, leurs atouts et leur richesse.


  • avenue de la porte Montmartre HBM et crèche
    Les projets de territoire de la DPVI

    En lien étroit avec les mairies d’arrondissement et les acteurs locaux, les équipes de la Délégation à la Politique de la Ville et à l’Intégration ont actualisé les projets de territoire dans chacun des quartiers prioritaires. Ce projet se présente comme une  déclinaison de la Communication du Maire de Paris pour « une politique de la Ville innovante au service de la cohésion sociale » de mars 2011.