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Le Studio des Ursulines, cinéma préféré des enfants
Avec plus de 150 écrans indépendants, Paris reste la capitale incontestée de la cinéphilie. De quoi trouver chaussure à son pied quels que soient ses goûts, son âge ou son quartier. Avec le Studio des Ursulines (5e), ces sont les enfants qui sont mis à l'honneur. Une idée à creuser alors que les vacances se poursuivent sous la pluie.
Un passé surréaliste
« Ne le rachète surtout pas, c’est un cinéma où plus personne ne va ».
En 1925, c’est par ces mots que le cinéaste René Clair met en garde Armand Tallier qui s’apprête à reprendre le studio des Ursulines. Heureusement, ce dernier passe outre l'avertissement et grâce à lui et au gratin du surréalisme français, cette salle de quartier qui existe depuis toujours ou presque va prendre un sérieux coup de jeune.
La première séance se déroule ainsi devant un public agité on se croisent André Breton, Man Ray ou encore Robert Desnos. Bientôt, c'est là qu'on va projeter "Un chien andalou" ou "L'âge d'or", de Bunuel et Dali, et initier une nouvelle manière de consommer du cinéma. Finie la fête forraine, basta "Fantomas", place à l'avant-garde et au cinéma artiste. A bien des égards, le studio des Ursulines préfigurait ainsi nos cinés d'art et essai actuels. Aujourd'hui encore, son logo signé du peintre Fernand Léger rappelle ces temps héroïques, où Aragon et Breton chahutaient Germaine Dulac à la première de "La coquille et le clergyman".
S'ensuivront des heures de gloire et des jours sombres, avant que le studio ne change son fusil d’épaule en 2003 pour devenir un cinéma jeune public. Un choix de programmation qui lui a permis de trouver un second souffle.
« Même si nous restons fidèles à notre vocation en diffusant toujours des films exigeants, précise son directeur Floriant Deleporte. »
De "Panda petit Panda" à "Taxi Driver"
Depuis, on peut croiser ici des spectateurs de 3 ans qui viennent voir "Panda petit panda" avec leur classe ou des ados qui assistent à une projo de "Taxi driver" avec le Ciné Club des lycéens.
« Au studio, le public se sent comme à la maison, explique encore Floriant Deleporte. Ça se voit d’ailleurs après la séance. La salle est nickel, on a rien à nettoyer ou presque. »
| Un hall à hauteur d'enfant |
En tout cas, cette approche semble susciter des vocations, puisque certains jeunes spectateurs qui étaient encore en maternelle la première fois qu'ils sont venus préparent aujourd'hui une école de cinéma.
Mais tout bien réfléchi, il semble finalement que la distinction entre jeune public et public adulte ne soit pas si pertinente, puisque Chaplin provoque des éclats de rire dès 5 ans et qu’un cinéphile de 77 ans peut apprécier un film des studios Ghibli.
Un avis que n'aurait sans doute pas désavoué Kubrick qui, alors qu'on lui demandait s’il préférait tourner un film de science-fiction ou un film noir, répondait: « Au cinéma, je ne connais qu'un seul genre : les bons films. »
Les "+" programmation :
- Des rétrospectives pour les petits.
- "Mon premier festival", un festival à destination des plus jeunes.
- Le ciné-club lycéen du vendredi.
Accès:
10, rue des Ursulines - 75005 Paris
BUS : 21, 27 (Feuillantines), 38 ou 82 (Auguste Comte), 84 ou 89 (Panthéon)
RER : Luxembourg (sortie rue de l'Abbé de l'Epée)
Métro le plus proche: Ligne 7 (Censier Daubenton), mais apprêtez-vous à marcher un peu...


