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« Une commune égale une commune ! » Bertrand Delanoë – Décembre 2001
« Grand Londres », «Communauté autonome de Madrid», «Province de Rome»... et Paris?
La métropole parisienne est déjà-là et rend désormais nécessaire une prise en main collective de l’avenir de notre territoire.
L’histoire urbaine de Paris, construite à l’intérieur de ses enceintes successives, en tournant le dos à la ville qui se constitue peu à peu à ses portes, change radicalement de logique en 2001. Afin de mettre fin à une tradition d’indifférence voire de défiance entre la Ville et les autres collectivités de l’agglomération, Bertrand Delanoë impulse alors une dynamique nouvelle en confiant à Pierre Mansat la délégation d’adjoint chargé de Paris Métropole et des relations avec les collectivités territoriales d'Ile-de-France.
Des actions de partenariat sont concrètement engagées avec plus de 80 communes d’Île-de-France; des protocoles de coopération sont signés avec des collectivités de la première couronne de toutes sensibilités politiques, des rencontres entre élus sont formalisées à travers les séances de la « Conférence métropolitaine » .
La question d’une structure de coopération intercommunale à l’échelle de l’agglomération de dix millions d’habitants se pose alors. Bertrand Delanoë réélu Maire de Paris et les élus de la Conférence Métropolitaine lancent le 25 juin 2008 les Assises de la Métropole où sont représentés plus de 200 élus locaux avec la volonté d’agir en concertation et à une nouvelle échelle.
La création d’un outil commun -lieu d’analyse et de projets- est alors proposée : ce sera le syndicat Paris Métropole, qui s’impose à travers sa charte de fonctionnement le « respect de l’équilibre entre les différentes sensibilités politiques, tout en reflétant la diversité des territoires ».
Le syndicat Paris Métropole
Le syndicat Paris Métropole naît en juin 2009. Le député-Maire de Cachan, Jean-Yves Le Bouillonnec, est élu Président aux cotés de cinq vice-présidents. La nouvelle instance regroupe 108 collectivités (78 communes, 22 EPCI, 6 Départements et la Région) de tous bords politiques, représentant plus de 8 millions d'habitants.
Paris Métropole s’inscrit dans une démarche partagée et concertée entre des acteurs et territoires pluriels. Il mène une réflexion globale pour tenter de répondre à une situation de géographie urbaine exceptionnelle, celle de l’agglomération parisienne : il constitue un lieu de réflexion collective et d’action pour répondre plus efficacement aux enjeux communs de notre métropole : aménagement et développement de la métropole, habitat, mobilités, compétitivité et innovation, culture. Il a aussi vocation à incarner l’agora des élus de la métropole et à s’imposer comme un interlocuteur privilégié dans le dialogue avec l’Etat pour la construction d’un Grand Paris.
Pour Paris Métropole, « la cohérence des projets et la cohésion du territoire sont la condition sine qua non du succès de la métropole monde, ambitieuse et durable ».
Les enjeux métropolitains
Les communes de la zone dense éprouvent les mêmes difficultés à remédier au problème du logement : flambée des prix de l’immobilier, hausse des loyers, difficulté à accéder à la propriété, manque de logements sociaux et développement de la précarité… Elles peinent à atteindre les objectifs sociaux et qualitatifs fixés par la loi et elles sont souvent amenées à choisir entre développement de l’habitat ou de développement de l’économie.
Le défi de construire et de loger conduit les élus à trouver des outils concrets, à mutualiser leurs expériences, à partager les données et les savoir faire, à mutualiser des outils adaptés, comme la SOREQA, Société de requalification des quartiers anciens d’ores et déjà partagé par Paris et Plaine Commune pour résorber l’habitat indigne.
Les déplacements : pour une métropole durable, accessible à tous
La problématique de la mobilité et des déplacements s’est imposée comme première dans Paris Métropole comme de manière plus générale. C’est d’ailleurs pour cette raison, que Paris Métropole a consacré la première séance de son comité, début juillet 2009, à cette thématique. En effet, c’est certainement par la qualité de la politique des déplacements – réels ou virtuels – et notamment par la qualité de ses réseaux que se définiront demain la réalité et la force du fait métropolitain.
Les métropoles de demain seront celles qui auront concilié au mieux développement économique et cohésion sociale, aménagements urbains, mixité des fonctions et traitement de la mobilité. Pour Paris Métropole, cela signifie aussi savoir conjuguer les réponses adéquates en matière de déplacements, entre des centralités de petite et de grande couronne et des territoires périurbains.
Le but de la commission déplacements n’est pas d’ajouter une nouvelle structure à celles qui existent mais de s’inscrire dans le prolongement des études menées par le STIF, l’IAU et l’APUR en apportant de nouveaux éléments au débat. Le travail entrepris porte actuellement sur 4 thèmes : le FRET et la logistique ; autoroutes et territoires ; le schéma de transport francilien ; la tarification.
Développement économique et solidarités territoriales : pour une métropole solidaire durable
L’agglomération parisienne présente tous les atouts d’une place économique de premier plan. Son attractivité repose sur la concentration de services et d’équipements et sur une accessibilité de la zone dense relativement bonne (plateformes aéroportuaires internationales de Roissy et Orly, gares TGV) en relation directe avec les capitales européennes. Seulement, si les richesses produites par l’agglomération parisienne sont importantes, elles sont inégalement réparties ; de fortes disparités territoriales persistent.
Face à ce constat, les élus métropolitains souhaitent contribuer à une meilleure répartition des retombées économiques aujourd’hui concentrées sur certains sites. Bien que l’objectif à terme soit de ne plus avoir besoin de péréquation grâce à un développement harmonieux des territoires il y a des urgences à traiter qui nécessitent de mettre en place une nouvelle péréquation pour ne pas laisser se creuser les inégalités. Ainsi, des réflexions ont été engagées pour définir et mettre en place un indicateur d’urbanité, permettant de mesurer l’accessibilité des métropolitains aux équipements, services, commerces, …
Parallèlement, un travail est engagé sur des sites spécifiques, moteurs de développement économique, visant notamment l’amélioration de l’insertion métropolitaine de La défense, et des plateformes aéroportuaires.
L’aménagement et les projets métropolitains : faire métropole
La métropole francilienne doit inventer une démarche de projet qui réponde à ses propres enjeux et défis. Ville-monde, elle dispose d’un capital urbain et humain exceptionnel, fruit de son histoire. Elle doit conforter sa place dans le jeu des grandes métropoles en renforçant son attractivité. L’attractivité des métropoles contemporaines réside d’abord dans la qualité de vie de leurs habitants, dans toutes ses dimensions, comme les réponses de la consultation sur le Grand pari(s) de l’agglomération parisienne l’ont à nouveau confirmé.
Comme beaucoup d’autres, la métropole parisienne est productrice de richesses, économiques et culturelles. Mais elle produit aussi des disparités sociales, spatiales et environnementales. Aujourd’hui, elle apparaît particulièrement fragmentée : institutionnellement, socialement, symboliquement.
Dans ce contexte, il devient indispensable de travailler à fédérer les territoires, les énergies et les projets pour rendre la métropole plus agréable à vivre, plus attractive pour tous.
Paris Métropole travaille à l’élaboration d’un processus de projet d’un genre nouveau en lançant un «appel à initiatives». Sa finalité : « faire métropole », une métropole ouverte et créative, durable et solidaire, capable de fédérer en un tout, les territoires qui la composent. RE-LIER pourrait en être le thème fédérateur.
Intensifier les coopérations interterritoriales
Paris amorce des coopérations bilatérales avec ses voisins, d’abord pour résoudre les différends d’hier, avec des sujets de proximité comme les questions de propreté ou de voirie. Peu à peu la coopération s’étend à d’autres domaines, la culture, l’aménagement, le développement économique, les déplacements ou encore la démocratie locale.
Aujourd’hui, les coopérations s’intensifient dans la zone dense, avec la signature récente de nouveaux protocoles avec Les Lilas et Aubervilliers, mais aussi à une plus grande échelle territoriale. Les coopérations deviennent multilatérales et se diversifient :
- la conception de projets de territoires pour valoriser un potentiel commun, comme autour du canal Saint-Denis ou de l’Ourcq,
- l’exploration d’actions de coopération « durable » : la biodiversité par le biais des trames vertes et bleues, la gestion partagée d’équipements culturels ou sportifs, à l’échelle de la métropole ;
- le tourisme à l’échelle métropolitaine, dans ses différentes déclinaisons comme le tourisme d’affaires.
Identifier la Métropole à travers des évènements
Construire la métropole ne peut se faire qu’avec ceux qui font et vivent la métropole au quotidien. Il s’agit pour Paris, de développer le sentiment d’appartenance à la métropole. Paris met en place des actions de sensibilisation qui permettent l’appropriation de la métropole, son territoire, ses valeurs.
Des cycles de conférences comme les plus récentes Mini Métropolitaines contribuent à cette démarche. La Ville de Paris favorise également la recherche et la création sur la métropolisation culturelle, par exemple avec son appel à projet sur les projets numériques.
Pour le plus grand public, elle propose ou accompagne la création d’événements métropolitains susceptibles de rassembler et de mettre en avant la solidarité territoriale : la Fête des Jardins, le Festival de l’Oh !, la Journée Internationale des Femmes, Nuit Blanche ou encore Paris en toutes Lettres.


