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A+ | A- | A=Les espaces verts
Les Parisiens, on les comprend, tiennent fort à leurs jardins. Oasis de nature à portée de la main ou square pour promenade ou gym douce, à portée de poumons, clairières pour les enfants, trouant le macadam, sans oublier le tutélaire des grands arbres de nos cimetières, ni les deux Bois royaux qui flanquent la capitale pour offrir du week-end « au vert » à leur souverain : le citoyen urbain.
Soit 480 « parcs et jardins » dans tout Paris (auxquels on ajoutera les jardins « partagés » du programme associatif de « La Main verte »), et il en pousse encore : depuis l’an 2002, la Ville de Paris a ouvert chaque année de nouveaux hectares d’espaces verts.
Outre ces hectares de plus, c’est une profonde mutation qui touche le monde du jardin parisien.
Fini le jardinage chimiquement agressif, énergétiquement « insoutenable », menaçant la santé, cassant la biodiversité, multipliant les pollutions qu’il prétendait atténuer ! Cette douce révolution relève de la DEVE, la Direction des Espaces verts et de l’Environnement, et de Fabienne Giboudeaux, adjointe au Maire de Paris, chargée des espaces verts.
Paris avait ce rêve ; sa « Dève » le réalise, par labellisation progressive des jardins et mutation de leurs procédures. Au point que, désormais, l’espace vert grimpe aux murs et qu’il occupe ses premiers toits : notre espace se végétalise.
L’animal en profite. A Paris, personne ne prendrait « les enfants du bon Dieu » pour des « canards sauvages ». Mais c’est quand même une bonne nouvelle pour la santé humaine, quand ces canards reviennent, en plein cœur de la ville, dans un recoin de square qu’ils avaient fui. C’est ce qui arriva, en 2007, au Square du Temple, après trois ans sans pesticides. Pas étonnant que le Square du Temple ait été parmi les premiers à se trouver labellisé « espace vert à gestion écologique ». Objectif 2014 : tous les parcs de Paris, y compris les deux Bois.
La politique de la municipalité sème l’espace vert (certifié écologique) à travers toute la capitale, tout en faisant que les plus anciens de nos Parcs « reverdissent », au bénéfice de l’environnement et de sa biodiversité, selon les modes d’une croissance « durable ».
30 nouveaux hectares d’ici 2014
Après 32 hectares livrés entre 2001 et 2008, la Ville a pour objectif d’ouvrir 30 nouveaux hectares d’espaces verts aux Parisiens d’ici 2014. Depuis le début de la mandature en 2008, près de quatre hectares ont déjà été livrés : le jardin des Grands-Moulins Abbé Pierre dans le 13e avec son réservoir de xx m3 pour récupérer l’eau de pluie des bâtiments environnants, le jardin Serge Gainsbourg à la Porte des Lilas avec sa mare, un jardin réalisé sur la dalle couvrant le périphérique ou encore le mail Bréchet, dans le quartier politique de la Ville de la porte Pouchet.
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Les projets : balcon vert et petite ceinture
Parmi les projets à venir figureront notamment : un «Balcon vert» de 3300m2 entre les gares du nord et de l’est dans le 10e, un jardin écologique de 5000 m2 dans la ZAC de Rungis (13e), un jardin de 830 m2 sur la couverture du périphérique à la porte de Vanves (14e), la transformation en espaces vert accessibles au public de 6 hectares des pelouses de l’hippodrome d’Auteuil, la deuxième tranche du parc de Clichy Batignoles (baptisé en 2008 parc Martin Luther King) et une promenade sur 3,7 hectares de la petite ceinture dans le 15e arrondissement.
Biodiversite : les priorités de Paris
2010 est l'année internationale de la biodiversité. Située au confluent des vallées de la Seine et de ses affluents, Paris est un carrefour biogéographique très riche : on y croise plus de 2 000 espèces de plantes sauvages et de champignons, et autant d’espèces animales parmi lesquelles plus d'un millier d’insectes, 10 espèces d’amphibiens, 174 espèces d’oiseaux, 3 espèces de reptiles, 33 espèces de mammifères et 36 espèces de poissons.
Un plan de préservation et de renforcement de la biodiversité
Elaboré par la Ville avec les Parisiens dans une démarche participative et innovante, ce plan vise à préserver et à enrichir la biodiversité sur le territoire parisien. Parallèlement, la Ville prévoit de faire découvrir les différentes facettes de la biodiversité de la capitale à travers des expositions, ateliers, conférences et visites guidées proposées dans les parcs, les jardins et les bois
- Les associations, organismes et personnalités scientifiques, entreprises, services municipaux et particuliers sont conviés à participer ensemble à ce projet au travers des ateliers professionnels et citoyens mis en place.
- Les Parisiens sont invités à apporter leur contribution à cette étude en faisant parvenir à la Ville photos ou vidéos des espèces remarquables ou non qu’ils découvrent lors de leurs promenades.
4 sites-pilotes
Les ateliers citoyens travaillent sur quatre sites pilotes : les canaux et alentour (19e), le bois de Vincennes / Bercy-Charenton (12e), le cimetière du Père-Lachaise et alentour (11e et 20e), les berges de la Seine dans le bois de Boulogne (16e).
4 grandes thématiques
Les ateliers professionnels planchent sur quatre grandes thématiques : biodiversité et métropole (les trames bleues et vertes dépassent le périphérique), biodiversité et urbanisme (la prise en compte de la préservation et le développement de la flore et de la faune dans l’aménagement urbain), biodiversité et lien social (l’amélioration et le partage de la connaissance en matière de biodiversité) et, enfin, biodiversité et économie (les nouveaux métiers, les politiques d’achat).
Un livre blanc
L’ensemble des réflexions menées par les services municipaux et les participants au plan de protection et de renforcement de la biodiversité sera intégré au Livre Blanc sur la biodiversité à Paris, arrêté à la fin de l’automne 2010. Ce livre blanc sera suivi de l’adoption d’ici la fin 2010 d’un Plan Biodiversité en bonne et due forme par le Conseil de Paris .
Une charte
La charte de la Biodiversité élaboré par la région Ile de France est destinée à préserver l'écosystème urbain, maintenir des milieux naturels et accroître la biodiversité en Ile-de-France. Pour se conformer à ce document signé en 2004, la Ville, notamment, améliore en permanence la qualité écologique de ses espaces verts. De nouvelles méthodes de gestion visant à préserver la biodiversité se généralisent et la certification ISO 14001 encadre la gestion des bois de Boulogne et Vincennes.
Tous les jardins parisiens soumis à labellisation d’ici 2014
Aujourd’hui, tous les jardins poursuivent l’objectif de mettre en place une gestion écologique. Depuis 2001, la Ville de Paris a réduit de 95 % l’usage des pesticides pour les soins aux végétaux avec l’objectif « zéro produit chimique ».
Toute l’évolution des pratiques de gestion des espaces verts gérés par la DEVE, entamée depuis plusieurs années a pour objectif une réduction drastique de l’impact des activités sur l’environnement et la santé.
Les pratiques environnementales, déjà largement répandues, vont se généraliser progressivement dans les 500 espaces verts de la capitale jusqu’en 2014, et feront l’objet d’audits menés par un organisme indépendant. Paris est la première ville à soumettre l’ensemble de son patrimoine vert à une telle démarche de labellisation.
- Le label « espace vert en gestion écologique » permet de certifier de la généralisation des bonnes pratiques : soins aux végétaux, économie d’eau, bonne gestion des déchets verts, formation adaptée des personnels...
- 82 jardins détiennent déjà ce label.
Un exemple : les canards sauvages du square du Temple
Le square du Temple (7 700 m2 situé au centre de Paris, devant la mairie du 3ème) est labellisé « espace vert en gestion écologique ». Il comporte un bassin, un kiosque à musique, des aires de jeux pour les enfants, et deux enclos boisés abritant une richesse ornithologique sans égal au cœur de Paris.
Après 3 ans de renoncement aux pesticides, les canards sauvages ont désormais pris leurs quartiers dans cet espace: on en a dénombré 70 l'année dernière. Ils se sont même étendus aux quelques jardinets où courettes proches du square. Roitelets, martins-pêcheurs, bergeronnettes se sont également approprié le square où poussent aubépines, pruneliers, noisetiers, ronces...
On assiste aussi au retour de la flore spontanée, ce que l’on appelait naguère « les mauvaises herbes ». Ainsi du trèfle, des pâquerettes parsèment désormais les pelouses.
Les nouveaux usages dans les jardins
De nouveaux usages sont proposés dans les parcs et les jardins de la Ville: lecture publique, gym douce, sport de détente, cours de dessin ou de jardinage, pique-niques et activités de plein air pour les enfants des crèches, de la maternelle et du primaire.
Ce sont aussi des jeux innovants qui sont proposés aux enfants et adolescents en partenariat avec les écoles : au parc de Belleville et bientôt aux Halles.
Les Halles « entre le Magicien d’Oz et Mario Bros »
En remplacement de l’actuel jardin Lalanne et des autres aires de jeux, l'équipe du sculpteur Henri Marquet a imaginé un univers « à mi-chemin entre le Magicien d'Oz et Mario Bros », avec des jeux innovants sur un espace de 3900m2. Les paysagistes ont été invités à concevoir les jardins comme un véritable parcours sensoriel, orienté, entre autre, vers l'éveil des enfants connaissant un handicap mental. Les nouvelles technologies feront, pour la première fois en France, leur entrée dans l'univers du jardin d'enfant. Première livraison prévue mi-2011.
Des jardins partagés
Ces jardins permettent aux Parisiens de retrouver un contact direct avec la terre et le rythme des saisons. Ils facilitent les liens de proximité tout en contribuant à l’amélioration de l’environnement et de la biodiversité grâce notamment à la non utilisation des produits chimiques. Dans le cadre du programme municipal «Main Verte» les associations engagées dans cette démarche bénéficient de l’appui de la Ville.
- Près de 60 jardins partagés ont ouvert leurs portes ou signé une convention avec la Ville: le Jardin nomade (11e), le potager des Oiseaux (3e), l’Aligresse (12e), le jardin Auguste Renoir (14e), le jardin de CEFIA (17e), les jardins du Ruisseau (18e), le potager de Flandre (19e), le quai de l’Oise (19e), la cité Leroy (20e), la Butte Bergeyre (19e), le passage des Soupirs (20e), etc. Une cinquantaine d’autres projets sont à l’étude, des jardins partagés bien sûr mais aussi des jardins d’insertion et des jardins thérapeutiques.
L’accueil de personnes en réinsertion
Quatre dispositifs distincts s’adressent à des personnes éloignées ou très éloignées de l’emploi, en probation ou ancien toxicomanes. Plus de 150 personnes ont été ainsi accueillies ces dernières années au sein de la DEVE dont l’effectif est d’environ 4.000 agents.
Le service civil volontaire
Au titre du service civil volontaire, créé en 2006, qui s’adresse aux jeunes de 18 à 25 ans, et doit leur permettre d’accéder à un premier emploi au sein des collectivités, la DEVE a proposé :
- 69 postes « Gilets verts » d’accueil et information du public dans les espaces verts et dans les cimetières parisiens touristiques.
- 14 postes d’aide à la mobilité des visiteurs dans les cimetières
- 10 postes à l’Agence de l’écologie urbaine (accueil et information du public dans le domaine du développement durable)
« TIG » et chantier d’insertion
Le Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) du Ministère de la justice sollicite régulièrement la DEVE pour l’accueil de personnes placées sous main de justice.
En 2009, la DEVE a ainsi accueilli 9 personnes devant effectuer un travail d’intérêt général (TIG), comme « agent d’accueil et de surveillance » ou affectées au jardinage.
Parallèlement, la DEVE a travaillé à la mise en place avec l’assocation Arcus d’un chantier d’insertion pour le nettoyage et déblaiement d’un espace situé sous le boulevard périphérique pour l’implantation d’un stand de tir à l’arc.
Convention avec l’association « Ligne de Vie »
L’association Ligne de Vie travaille en partenariat avec l’hôpital Ste Anne pour la réinsertion d’anciens toxicomanes dans le milieu professionnel.
Ce partenariat a donné lieu à l’accueil d’une douzaine de personnes en réinsertion. Parmi elles, trois ont été recrutées en tant qu’adjoints techniques vacataires et quatre ont été définitivement intégrées aux effectifs de la Ville de Paris.
Avec les régies de quartier
Huit régies de quartiers travaillent pour le compte de la DEVE ; elles effectuent principalement des prestations de nettoiement de jardinières sur l’espace public. Leur pilotage et leur financement sont assurés par les mairies d’arrondissement.
Clauses spécifiques dans la commande publique
Un autre des ressorts du développement de l’insertion tient à l’intégration de clauses sociales dans les cahiers des charges des marchés, les entreprises remportant les marchés municipaux s’engageant à embaucher des personnes en situation d’exclusion. Il s’agit également de lots spécifiques réservés, via l’article 30 du code des marchés publics, réservés aux entreprises d’insertion.
« Espaces verts difficiles »
Agressions, rixes, incivilités, dégradations, trafics de drogue augmentent dans les espaces verts de la capitale. En 2008, on en constate une augmentation globale de 41,55% et une augmentation de 24,77% pour les seules agressions verbales et physiques à l’encontre des agents de la DEVE.
Près des deux tiers des atteintes à la tranquillité publique recensées dans les équipements publics parisiens ont eu lieu dans les espaces verts. Une agression d’un agent de la Ville sur quatre concerne un agent de la DEVE.
Outre les démarches d’insertion introduites dans les marchés publics, la Ville met en place une politique d’animations ambitieuse pour faciliter une réappropriation des sites difficiles et tendre vers une transformation de ces jardins difficiles en « centre de ressources » pour modifier ainsi le regard des habitants sur les espaces verts et les amener à mieux les respecter.
Murs et arbres : la trame verte de Paris
Près de 90 murs végétalisés.
Dans les quartiers où la création de jardins est difficile en raison de la rareté des terrains disponibles, l’accent est mis sur la végétalisation de l’espace public.
À terme, l’objectif est de créer une véritable trame verte dans la Ville. La végétation des espaces publics, des façades et des toits, rafraîchit l’air lors des épisodes de canicule, participe à la réduction des pollutions atmosphériques et fixe temporairement le carbone. Elle contribue aussi à l’isolation des bâtiments.
- Près de 90 murs végétalisés ont été créés, dont ceux du square des Deux Nethes (18e), de la rue Henri Noguères (19e), les murs avenue Myron Herrick (8e), rue de Palestro (2e), rue Montmorency (3e) et la rue du Faubourg Saint-Denis (10e).
Plantations d’arbres : 160 variétés différentes
Paris compte quelque 100 000 arbres d’alignement. Tous les arbres qui, pour des raisons phytosanitaires, doivent être abattus, sont systématiquement remplacés.
- Le Service de l'arbre anticipe les impacts du changement climatique en diversifiant la palette végétale grâce à l’introduction d’essences plus rustiques ou à caractère méditerranéen comme le micocoulier de Provence, le chêne vert, le poirier de Chine ou encore le lilas des Indes.
- Aujourd’hui, la palette végétale parisienne est riche de plus de 160 espèces et variétés différentes.
Dernières nouveautés…
Visites guidées, conférences, ateliers, cours de jardinage et de botanique, cafés jardins, expositions, évènements, il se passe toujours quelque chose dans les espaces verts parisiens. La Ville en édite le programme chaque année dans le semestriel « Jardins et environnement ».
-Kiosque aux Buttes Chaumont : Après plus de 10 ans de fermeture ce joli pavillon de brique et de verre du XIXe siècle rouvre ses portes. Situé au cœur du parc des Buttes Chaumont, face à la passerelle, il a été restauré dans son aspect d'origine. Il comprendra un restaurant et un salon de thé.
-Musique au parc Montsouris : Très attendu par le public et les musiciens qui s’y produisent, notamment lors de la saison musicale estivale « Musique côté jardins », le kiosque du parc Montsouris (14e) rouvre au printemps 2010 après de délicats travaux de restauration.
-Zoo du XXIème siècle à Vincennes : Il ouvrira à nouveau ses portes en 2014. Avec un chantier de 133 millions d’euros, il sera totalement rénové et ancré dans le XXIe siècle, offrant des voyages dans les biozones du monde entier. Avec des enclos les plus vastes possibles, le nouveau zoo prendra en compte le bien être des animaux, la protection de la biodiversité, le respect de l'environnement et des écosystèmes. Il sera aussi un lieu hautement pédagogique qui permettra un travail de recherche sur la biodiversité à l'échelle planétaire.
Il permettra la sauvegarde et la réintroduction des espèces animales en voie de disparition. Il aura aussi un rôle de sensibilisation auprès du public. On y organisera des ateliers et des conférences. Institution scientifique et culturelle nationale, le zoo de Vincennes « parc zoologique de Paris », doit constituer une référence d’envergure internationale.
Pour atteindre les objectifs d’immersion et de restitution des milieux naturels des animaux, architectes, paysagistes et zootechniciens ont mis en oeuvre un projet de paysage fait de reliefs, et plantés d’une végétation dense et diverse où le bâti se fera discret. Des points de vision seront intégrés aux paysages et aucune vue sur un animal n’aura lieu à travers une clôture ou un grillage.


