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[25/05/2011]



A l’instar de toutes les grandes métropoles, Paris crée, Paris se transforme, Paris évolue.

Le Paris du 21ème siècle sera durable et solidaire. A la fois dynamique et proche de ses habitants, assumant son rayonnement au cœur d’une métropole en mouvement.

Pour répondre à cette ambition, et aux défis posés par un monde en mutation, la municipalité a engagé une approche à la fois volontaire, dynamique et innovante de son aménagement. Paris est l’une des villes les plus denses d’Europe. Cette densité ainsi que la rareté des terrains disponibles imposent de reconsidérer certains secteurs, autrefois perçus comme peu adaptés à des projets d’aménagement urbain. Mais il faut aussi être ambitieux et imaginatif dans la mise en œuvre des projets. La démarche doit dans le même temps s’inscrire dans l’histoire et permettre de valoriser la beauté et le patrimoine de Paris, connus et appréciés du monde entier. Les terrains aujourd’hui en devenir seront au cœur de la métropole que nous construisons.

Depuis 2001, Bertrand Delanoë et la municipalité parisienne ont réaffirmé une politique ambitieuse en matière d’urbanisme,avec notamment l’émergence d’une architecture plus audacieuse. Cette volonté s’est concrétisée dans des opérations de petite taille, à travers la réalisation de logements sociaux et d’équipements publics. Elle s’est également traduite par des gestes architecturaux particulièrement novateurs, comme la Canopée aux Halles conçue par Patrick Berger et Jacques Anziutti.

Au cœur d’une métropole en mouvement, une ambition urbaine au service des habitants et des usagers de Paris

Paris est engagé depuis 2001 dans un ambitieux projet de renouvellement urbain sur 10% de son territoire. Plus de 940 hectares, couvrant 70 opérations, sont en projet d’aménagement urbain. La Ville de Paris, en lançant les projets urbains, se fixe pour objectif de réaliser à la fois mixité des fonctions, mixité sociale, qualité architecturale, haute qualité environnementale et mise en valeur du patrimoine.

Le travail entrepris en 2001 à destination des familles, des étudiants comme des jeunes salariés se traduit aujourd’hui concrètement. De nombreux logements, notamment sociaux, ont été créés, ainsi que des équipements publics, des espaces verts et des locaux pour les activités économiques. Des quartiers trop longtemps délaissés ont acquis vitalité et attractivité. Ainsi se dessine le visage d’une ville en mouvement, dynamique, sensible et attentive à l’ensemble de ses habitants.

Entre 1975 et 2000, notre ville avait perdu 170 000 habitants. Depuis, 76 000 nouveaux habitants sont venus s'installer, dont 10 000 familles. Eviter le départ de familles modestes, maintenir les personnes âgées dans leur quartier, permettre aux étudiants de se loger, éradique les logements insalubres, telle est la bataille du logement lancée par la Ville. La ville finance 6000 logements par an. Ce seront près de 40 000 logements sociaux financés d’ici 2014, (70 000 depuis 2001). 127 programmes d’équipements publics ont fait l’objet d’un permis de construire délivré entre 2002 et 2010 dont 33 équipements "petite enfance", 18 équipements scolaires, 16 équipements "jeunesse et sports", 13 équipements culturels…

Les grands axes de la politique d’aménagement

S'appuyer sur la couronne, nouveau territoire stratégique

D’une surface d’environ 10 000 hectares, Paris est une ville dense, qui s’est développée sur un territoire délimité par le périphérique et les boulevards des maréchaux. Ces frontières constituent de fait une coupure entre Paris et les communes voisines. Le périphérique est l’infrastructure autoroutière la plus fréquentée d’Europe. Le trafic quotidien de 1,1 million de véhicules induit d’importantes nuisances sonores et de pollution atmosphérique. Du fait de la rareté des terrains mutables ou constructibles et de la concentration de logements sociaux parfois dégradés ou inadaptés, la couronne parisienne est un lieu de réflexion privilégié et stratégique pour l’aménagement urbain.

De nombreux projets urbains se développent sur la couronne, soutenus par le développement des transports en commun. Au premier rang : la réalisation du tramway T3, emprunté chaque jour par 110 000 voyageurs sur le tronçon Garigliano - Porte d’Ivry. Le prolongement du tramway entre la porte d’Ivry et la porte de la Chapelle permettra aux quartiers de l’Est Parisien de voir leur desserte améliorée mais aussi leur environnement embelli, à l’image de ce qui a été réalisé boulevard des Maréchaux sud.

Ces nombreux secteurs en projet sont appelés à devenir de nouveaux quartiers intercommunaux. Ils témoignent de la volonté de la Ville d’apporter sa contribution à la construction de la métropole, par un dialogue permanent et des réalisations communes avec les villes voisines. C’est le cas des secteurs Bercy Charenton, Porte de Vincennes, Porte des Lilas, Porte de Bagnolet, Porte de Montreuil, Porte Pouchet ou encore Paris Nord-Est et ses 200 hectares en devenir.

Paris Nord-Est (18e /19e), la transformation d'un ancien entrepôt en un nouveau quartier

S’étendant de la Porte de la Chapelle à la Porte de la Villette, le secteur Paris Nord-Est représente le plus grand projet d’aménagement parisien. Son ampleur ainsi que sa localisation, au cœur d’un secteur allant des gares de l’Est et du Nord à Saint-Denis, font de Paris Nord-Est un quartier majeur du développement de l’agglomération parisienne. Parmi les différents aménagements programmés, la rénovation des entrepôts Macdonald constitue un des projets phares. Sur un site desservi par le tramway (2012) et la gare RER E / Eole Evangile (2015), il s’agit de transformer un ancien entrepôt de 600 mètres de long en un nouveau quartier offrant une diversité à la fois urbaine et sociale.

Réinvestir les enclaves

La rareté des terrains a conduit la Ville à mener une réflexion sur des territoires considérés comme peu ou pas adaptés aux projets urbains, en raison de leur enclavement, en particulier les emprises ferroviaires ou industrielles inutilisées. Ces espaces, peu structurés, constituent des « pages blanches » sur lesquelles la marge de manœuvre est grande en termes de conception. Clichy Batignolles, Pajol, Paris Rive Gauche, Gare de Rungis, Boucicaut, Gare d’Auteuil, en sont quelques illustrations.

Clichy-Batignolles (17e) : l'émergence d'un éco-quartier au coeur de la ZAC.

Sur le site ferroviaire des Batignolles, longtemps dévolu aux activités logistiques, un éco quartier est en train de sortir de terre. Les 50 hectares reconquis vont permettre de développer 560 000 m² de logements, bureaux, commerces, services et équipements organisés autour du parc Martin Luther King, dont 4,5 hectares sur 10 déjà réalisés. L’aménagement accordera une place importante à la diversité architecturale et à la maîtrise de l’énergie. Un renforcement de la desserte en transports en commun placera le quartier à un carrefour stratégique d’axes de communication, notamment vers le nord et le centre de l’agglomération. Sur ce secteur seront également implantés, d’ici 2015, le futur palais de justice ainsi que la direction de la police judiciaire de Paris.
 
Paris Rive Gauche (13ème) , la naissance d’un nouveau quartier parisien

Depuis 1991, la ZAC Paris Rive Gauche, qui s’étend sur 130 hectares entre la Seine, la gare d'Austerlitz et la limite communale avec Ivry-sur-Seine, a été le siège de nombreuses réalisations : Bibliothèque nationale de France, reconversion des éléments phares du patrimoine industriel en bâtiments universitaires (Halle aux farines, Grands Moulins, usine de la SUDAC),réhabilitation des magasins généraux, création de la piscine Joséphine Baker, réalisation de la passerelle Simone de Beauvoir, du jardin des Grands Moulins, et d’un complexe cinématographique pour ne citer que les lieux les plus emblématiques du quartier.

Paris Rive Gauche comptait fin 2010 plus de 440 000 m² de surface de bureaux, plus de 72 000 m² de surfaces d’activités, près de 2 000 logements et de nombreux équipements publics de proximité tels que des écoles primaires et secondaires, des équipements sportifs et à destination de la petite enfance.

Les réflexions se poursuivent sur les secteurs qui restent à aménager. Ainsi, à Austerlitz, elles portent sur la modernisation de la gare et la requalification des espaces publics qui la desservent, la réalisation d’un pôle de commerces et de bureaux, l’implantation d’un hôtel et de nouveaux logements. Sur le secteur Tolbiac-Chevaleret, les études sont en cours d’approfondissement dans la perspective d’une mise en valeur de la halle Freyssinet. Enfin, l'approbation de la révision simplifiée du PLU du secteur Masséna-Bruneseau et la modification de la ZAC votées par le conseil de Paris prochainement permettront la construction d’immeubles de grande hauteur et la mise en place d’une trame d’espaces publics adaptés. Le développement d’un nouveau paysage et l’augmentation de la constructibilité d’environ 200 000 m² en faveur principalement du logement et de l’emploi permettront de créer une nouvelle partie de ville améliorant la liaison avec Ivry.

Permettre au coeur de Paris de jouer son rôle métropolitain

Le quartier des Halles est le cœur de Paris, mais aussi de l’agglomération. 800 000 passagers transitent quotidiennement par ce noeud de communication. Les Halles ont déjà connu, au fil du temps, plusieurs mutations. Pour faire face aux problèmes fonctionnels d’un quartier qui vit à la fois au rythme local et à l’échelle métropolitaine, une vaste opération a été lancée, avec un début de travaux en 2010. Elle comprend une restructuration du pôle de transports, un nouvel aménagement du jardin ainsi que la construction d’une « Canopée ». Celle-ci permettra de requalifier les espaces commerciaux du Forum, d’améliorer l’offre de services publics, l’accessibilité au pôle d’échanges par une création technique et architecturale contribuant à inscrire Paris comme ville du XXIème siècle.

Articuler l’urbain et le social, pour une ville solidaire

Pour répondre à une demande sociale forte de logements, de grandes opérations ont été conduites et de grands ensembles réalisés, principalement dans les années 1950 à 1970. Ils l’ont été souvent avec peu de moyens et avec des techniques de construction qui ont révélé leurs faiblesses. Aujourd’hui, leur réhabilitation s’impose. C’est le cas de Saint Blaise (20ème), des Olympiades (13ème), de Beaugrenelle (15ème), de la Cité Michelet (19ème), ou encore de la Porte Montmartre (18ème).

Conçu en 2002, le Grand Projet de Renouvellement Urbain est réparti sur onze quartiers dont certains à dimension intercommunale. Pour environ 200 000 habitants, la priorité réside d’abord en des améliorations de base : logements, espaces publics, équipements ainsi que des actions sociales incluant prévention, éducation et accès à l’emploi. L'accent est également mis sur la recherche de la qualité architecturale des bâtiments et des espaces publics mais aussi sur le renforcement des transports collectifs et des circulations douces.

Ces onze quartiers représentent un territoire de 530 ha soit 1/20ème de la capitale. La Ville y a consacré 210 millions d’euros en 2009, mais c’est 1,2 milliards d’euros en totalité qui sont investis, pour des actions dans ces territoires souffrant de difficultés sociales et économiques, considérant comme une priorité d’offrir à leurs habitants un cadre et une qualité de vie, respectueux de l’environnement ainsi que 70 équipements publics de proximité diversifiés avec par exemple à terme 23 équipements de petite enfance neufs ou restructurés et 19 espaces verts créés.

Cité Michelet (19è) : une rénovation. au service de la qualité de vie des habitants.

Construite en 1968 sur le site d’une ancienne usine de production de gaz, la cité Michelet est l'un des plus grands ensembles de logements sociaux de la capitale : 4 300 habitants vivent dans 1 800 logements. Elle est caractéristique des opérations parisiennes de rénovation urbaine de l’après-guerre. L’opération de requalification de la cité s’inscrit dans le cadre du GPRU de Paris. Elle vise à améliorer la qualité de vie de ses habitants, en restructurant la voirie, les espaces libres et les pieds d’immeubles, et en créant des équipements ou en améliorant les existants. Elle prévoit, à terme, la résidentialisation de l’ensemble des tours.

Restructurer les faubourgs parisiens, réduire l’habitat insalubre

Les faubourgs constituent des formes urbaines riches léguées par l’histoire, porteuses de charme et de convivialité, et d’une importante valeur patrimoniale. Certains secteurs, dégradés, de ces faubourgs, doivent cependant faire l’objet de restructurations. Ainsi, la Ville de Paris s’est engagée prioritairement dans la résorption de l’habitat insalubre. Depuis 2002, 20 000 logements ou 1 030 immeubles insalubres ont été traités. Réhabilitation, construction de logements, ces nouveaux aménagements sont effectués en respectant le contexte, notamment en travaillant sur l’intégration des ces nouveaux bâtiments dans le tissu local. C’est le cas des secteurs Château Rouge (18ème), Bassin de la Villette (19ème), Ourcq-Jaurès (19ème), Bas Belleville (20ème), Goix (19ème), Fréquel Fontarabie (20ème), Brulon Citeaux (12ème).

Fréquel-Fontarabie (20e), des habits neufs pour un faubourg parisien.

Situé dans le quartier de la rue de la Réunion, dans un tissu urbain fragile, avec de nombreux immeubles vétustes, le secteur Fréquel-Fontarabie, menacé de destruction complète dans les années 90, fait l’objet d’une réhabilitation minutieuse qui préserve sa morphologie générale, typique des faubourgs, tout en améliorant ses accès et en lui apportant de nouveaux équipements publics.

Reconquérir les berges de Seine

Avec le projet d’aménagement des berges de Seine, il s’agit de redonner au fleuve sa dimension structurante de l’espace parisien et de la vie des Parisiens, notamment en facilitant les accès au fleuve, en reliant mieux les deux rives, en ouvrant de nouveaux espaces de vie et en proposant une offre d’activités sportives, culturelles, économiques, etc.

Rive droite, il s’agit de transformer une voie autoroutière en un vrai boulevard parisien, ce qui implique d’aménager les flux en installant notamment des feux tricolores.

Rive gauche, l’enjeu est celui d’une véritable reconquête en fermant au trafic automobile 2,3 km de voies sur berges, entre Solférino et l’Alma, pour les consacrer à la nature, au sport et à la culture. Accueillant le trafic le plus faible, ce tronçon permet les reports les plus aisés.

Pour accompagner le lancement du projet, une concertation préalable a été organisée en lien avec la Commission Parisienne du Débat Public durant le second semestre 2010. Cette concertation a pris une dimension métropolitaine en associant les collectivités de l’agglomération concernées par le projet. L’ouverture des sites est prévue à l’été 2012.

Bâtir une ville durable

Toutes les métropoles sont confrontées au défi environnemental et Paris entend bien y faire face de façon exemplaire. Sa politique d’aménagement s’inscrit donc dans une démarche de développement durable définie en particulier dans le Plan Climat adopté par le Conseil de Paris. La modification générale du PLU adoptée en septembre 2009 a permis de renforcer la mise en œuvre de ces préconisations. Dès 2001, la Ville de Paris s’est donnée pour priorité de préserver l’environnement et de faire évoluer les habitudes de chacun. Cet impératif environnemental s’inscrit dans toutes les actions municipales, mais particulièrement en matière de politique urbaine.

Ainsi, sur la ZAC Pajol (18ème), la halle, conservée, devient également la grande centrale solaire en cœur de ville d’Europe. En effet, ses toits en « dents de scie », caractéristiques du patrimoine industriel, permettent la mise en place de 3 300 m2 de surface photovoltaïque. La première de cette ampleur en milieu urbain. 1 hectare d’espaces verts sera réalisé, dont 3 000 m² constitueront le premier exemple de jardin couvert à Paris.

Le quartier Fréquel Fontarabie, opération de réaménagement d’un îlot du quartier Réunion dans le 20ème arrondissement, a été primé au concours éco-quartiers 2009, organisé par le Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et la Mer.

La ZAC Cardinet Chalabre et le secteur Clichy Batignolles (17ème) deviendront des éco-quartiers autour d’un parc de 10 hectares.

La ZAC Gare de Rungis (13ème) remplacera une ancienne friche ferroviaire par un éco-quartier pilote.

Dans le quartier Porte Pouchet (17ème), le choix de réhabiliter une tour en bordure du périphérique en la dotant d’une « enveloppe » anti-bruit assurera le confort des habitants tout en les maintenant sur leur lieu de vie.

Paris s’est aussi donné les moyens de créer des opérations d’aménagement « Développement durable » en créant son propre référentiel technique. Destiné à l’ensemble des acteurs (services de la ville, SEM, bailleurs sociaux…) cet outil guide les choix à chaque étape des projets et présente ainsi un état du développement durable, des informations techniques et des préconisations. Il propose également des indicateurs permettant de procéder à une évaluation des réalisations au regard des objectifs retenus dans le Plan climat.

La construction de Paris : une œuvre collective

La construction de Paris est une œuvre collective où les habitants et usagers de Paris ont toute leur place. Les formes de concertation déployées sont renforcées et diversifiées. Chaque opération d'aménagement est l'occasion de divers types d'échanges : réunions publiques, ateliers, expositions, implication des enfants...

Une nouvelle forme de gouvernance a été impulsée dans laquelle les parisiens et usagers de Paris prennent une part active au débat et enrichissent les projets.

Résolument entrée dans l’ère du 21 siècle, avec une volonté forte d’être humaine, solidaire, créatrice et accessible à toutes et tous, Paris se dessine chaque jour pour et avec les Parisiens et les usagers de Paris.

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