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Crédits photo : BHVP/Leyris - Mairie de Paris
[22/02/2011]

La cartographie parisienne naît au 16e siècle, dans la lignée des premiers plans de ville italiens de la Renaissance, combinant un dessin géométrique de la forme urbaine avec la représentation  en perspective des monuments et des habitations.

La mise en image de la ville, à la fois objet iconographique et produit d’un ensemble de techniques (levés, dessin, gravure, tirage) va évoluer dans le temps, aussi bien dans sa conception que dans son utilisation.

Ces premiers plans visent d’abord à un effet décoratif et artistique, mais aussi à faire comprendre aux contemporains la topographie de leur ville. Au cours des siècles cette dernière fonction va prédominer pour aboutir aux plans actuels destinés au grand public, à but simplement pratique d’orientation et d’aide au déplacement à l’intérieur de la ville.

Le plan d’une ville - à un moment donné - est toujours le reflet  plus ou moins fidèle d’une forme  héritée des périodes précédentes. Les éléments de topographie gardent en effet la trace du passé à travers tous les changements que la ville subit. Un plan est donc comme une mémoire de l’histoire de cette ville, que l’étude des documents cartographiques du 16e au 20e siècle va nous restituer.

« Lutetia vulgari nomine Paris, urbs Galliae maxima » (1572)

Ce plan représente l’état de Paris vers 1530, à l’intérieur de l’enceinte de Philippe-Auguste sur la rive gauche (et qu’on distingue encore dans le tissu urbain de la rive droite), et celle de Charles V. Le plan orienté avec l’est en haut met en valeur la structure de la ville, bien définie par l’axe vertical du fleuve, en 3 parties : La Cité, centre du pouvoir spirituel et temporel, entre la Ville au nord, lieu de l’activité économique avec ses ports et ses marchés, et l’Université au sud, avec ses collèges et ses abbayes. Cette vue à vol d’oiseau nous offre une image très détaillée de Paris, avec ses maisons, ses monuments, ses rues  et son cadre naturel, telle qu’était la capitale à la fin du moyen-âge.

 « Le Plan de la ville, cité, université et fauxbourgs de Paris… » (1615)

Ce plan combine la vue perspective géométrique utilisée pour représenter la ville et la perspective picturale pour rendre les alentours jusqu’à l’horizon. La Seine n’est plus verticale, mais s’incurve d’est en ouest avec une ligne de fuite. Caractérisé par son exactitude et son réalisme, ce plan nous montre le Paris embelli et transformé par les opérations d’urbanisme initiées par Henri IV : la place Dauphine, le Pont-neuf, la Place royale, les Tuileries et l’enceinte des Fossés jaunes, le Jardin de la Reine Marguerite.

« Lutetia, Paris » (1652)


C’est le premier plan qui ne se présente pas entièrement comme une vue cavalière. Il mêle le plan géométral, levé selon les principes mathématiques et le dessin perspectif réservé aux principaux bâtiments de la ville. Les surfaces bâties sont représentées par des semis de points, grande nouveauté graphique. C’est aussi le premier plan de Paris à grande échelle (environ 1 :3500), où l’on peut voir de façon précise la transformation de la capitale de la première moitié du 17e siècle (opérations urbanistiques du faubourg Saint-Germain, lotissement de l’Ile Saint-Louis, de la Butte des Moulins).

« Paris, ses fauxbourgs et ses environs … » (1730)

Ce plan a connu plusieurs rééditions jusqu’en 1847 avec des reprises  et des actualisations. Le champ en est beaucoup plus étendu que les plans précédents, puisqu’il couvre celui du Paris actuel. La ville n’a alors plus de barrières, et on en constate l’extension irrésistible au-delà de ses faubourgs le long des grands axes routiers. Le plan est d’une extraordinaire précision, gravé avec minutie, orienté sur la méridienne et basé sur le canevas de triangulation de l’Académie. On y lit la configuration du terrain, le relief, la végétation, le bâti, le réseau des routes et chemins, accompagnés d’une nomenclature très détaillée. L’examen des différentes éditions permet de suivre les transformations de Paris et de ses environs pendant plus d’un siècle, et d’en retrouver  les traces qui subsistent ou qui ont disparu à tout jamais dans la topographie et la toponymie actuelles.

« Neuvième plan de Paris, ses accroissemens sous le règne de Louis XV … » (1737)


Ce plan donne une image précise et très détaillée d’un Paris élargi, au-delà des boulevards extérieurs, aux  faubourgs que des bornes essaient de contenir dans des limites constamment dépassées par une urbanisation irrésistible le long des grandes voies de circulation. C’est principalement dans ces quartiers périphériques que les projets d’amélioration et d’embellissement de la ville vont être  réalisés au cours de la 2e moitié du XVIIIe siècle.

« Plan de la ville de Paris et de ses faubourgs… » (1776)
 

Ce plan au 1 :15 000, finement gravé, colorié, bordé d’un cadre et orné d’un titre sur une draperie richement ornée, est caractéristique de la production cartographique de la seconde moitié du XVIIIe siècle, destinée à un public connaisseur et amateur de plus en plus nombreux.

« Plan de la ville et faubourgs de Paris avec tous les changements, augmentations et embellissements arrêtés par  le gouvernement... chez Debray, libraire » (1818)
 

On aperçoit le tracé du mur des Fermiers-Généraux qui délimite Paris depuis 1789, les nouveaux ponts, les percements et aménagements voulus par  Napoléon, qui souhaitait que Paris devînt « la plus belle ville qui ait existé ».

« Plan de Paris comprenant l’enceinte des fortifications » (1847)

Les cercles concentriques délimitent désormais un autre espace plus vaste et marquent des limites durables. Rambuteau a déjà entamé le processus de transformation du  centre de Paris. Le canal de l’Ourcq, prolongé par le canal Saint-Martin, amène l’eau à Paris, et crée une zone d’activité industrielle au nord-est. Les gares déterminent de nouveaux développements urbains. Des lotissements apparaissent au-delà des barrières et la « petite banlieue » commence à se rattacher à l’espace parisien par une urbanisation irrésistible.

« Plan de Paris en 1861 divisé en 20 arrondissements »


Les grandes opérations de voirie dues à Haussmann ont déjà transformé profondément la ville.  Le plan marque par des couleurs le nouveau découpage administratif en 20 arrondissements. Des vignettes représentant les principaux monuments et des images de trains,  animent le plan. Une table alphabétique des noms de rues et un carroyage donnent au plan un aspect utilitaire et pratique afin que les parisiens puissent se repérer dans ce nouvel espace urbain circonscrit dans les  fortifications et placé sous la protection des forts détachés.

« Paris et ses nouvelles divisions municipales, plan guide à l’usage de l’étranger » (1871)

 Ce plan fait état des derniers grands travaux  effectués ou planifiés par Haussmann alors que ce dernier a quitté ses fonctions préfectorales. Il met  bien en évidence les nouvelles voies  de liaison et de desserte, tant routières que ferrées. Les espaces verts se sont multipliés, et les zones industrielles se sont étendues à la périphérie de la ville.

« Paris, tel qu’il est aujourd’hui » (1900)


Imprimé en 1900, ce plan fait état des dernières transformations qui donnent à Paris l’aspect que nous lui connaissons en grande partie actuellement, avec l’aménagement de l’avenue de l’Opéra, de la rue de Rennes, du boulevard Saint-Germain, ou de  la place de la République. Mais ce sont les constructions de l’exposition universelle de 1900 (Champ-de-Mars, Trocadéro, esplanade des Invalides, quais de Seine), dominées par la tour Eiffel, dessinées ici en élévation, qui caractérisent la nouvelle capitale à l’orée du 20e siècle.

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