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Partager sur Facebook | Partager sur Twiter | Partager | Imprimer | A+ | A- | A=Paris depuis 1950

Marc Verhille - Mairie de Paris
[22/02/2011]

Dès 1950, et surtout 1970, l’urbanisme parisien est marqué par le triomphe de la technique et consacre la majorité des espaces libres aux automobiles et aux constructions en hauteur (tours) et longueur (barres), au mépris du passé de la ville et des Parisiens.

 L'évolution architecturale de Paris est finalement la même que dans les autres villes françaises : des tours et des barres massives et monotones dans les années 1950 et 1960, des immeubles modernes plus élaborés dans les années 1970 (Unesco, Maison de la Radio…). L’architecture n’est alors plus un art mais une industrie.
Selon un plan directeur (1959), présenté par le préfet Benedetti, Paris est « découpée » en zones distinctes : artisanat et industrie, affaires, quartiers administratifs ou universitaires.

On rénove les quartiers insalubres de Saint-Merry, Saint-Paul, de l’Hôtel de Ville, où coexistent des monuments historiques majeurs : l’église Saint-Gervais, les hôtel d’Aumont et de Sens.
On rénove aussi sur la rive gauche, autour de la place Maubert, des boulevards Saint-Michel et Saint-Germain.

En 1968, sont décidées les rénovations des Hauts-de-Belleville et d’Italie. Toutes deux aboutissement à la disparition d’anciens quartiers bien parisiens, aux maisons de famille modestes, pour faire place à des immeubles-tours : Belleville passe ainsi de 8 000 à 11 500 logements ; Italie de 21 000 habitants à 49 000.

Les opérations du Front de Seine, entre le pont d’Iéna et le Point du Jour, et de Maine-Montparnasse, portent de nouveaux coups durs au paysage parisien. Presse et grand public témoignent une réprobation unanime, notamment contre la tour de 56 étages et 206 mètres de haut, en place de l’ancienne gare Montparnasse.

Parallèlement à ces destructions-reconstructions, les quartiers anciens prennent de la valeur : Malraux lance les campagnes de ravalement dans le Marais, premier "secteur sauvegardé" établi en 1962, avant que la Mairie de Paris préserve des quartiers à l'architecture plus anodine, mais à la vie sociale active, comme le quartier de Montorgueil, le faubourg Saint-Antoine ou le haut Belleville.

Il faut attendre 1974 pour qu’apparaisse la notion de la qualité de l’environnement humain et les premières réflexions sur la préservation des parcs et jardins, les voies de déplacements douces, etc.

Les années 1980 ont marqué un retour aux gabarits classiques "haussmanniens". L'alignement des immeubles sur la rue, la diversité des formes sont affichés pour la première fois dans l'ensemble des Hautes Formes (13e arrondissement). Cependant cet "après-modernisme" reste fidèle aux volumes purs et cubiques de l'architecture moderne.

Les présidents de la Ve République laissent également leur empreinte dans le paysage urbain de la capitale : après les ambitions de de Gaulle pour la région (aéroport de Roissy), le président Pompidou crée le centre culturel éponyme. La destruction des halles de Baltard et les protestations qui s'ensuivent suscitent un intérêt croissant pour le patrimoine du 19e : Valéry Giscard d'Estaing choisit le projet du musée d'Orsay pour occuper l'ancienne gare d'Orsay. Il opte aussi pour la reconversion des abattoirs de la Villette en Cité des sciences.

Les années 1980-1990 sont marquées par le programme des grands travaux de François Mitterrand, qui inscrit dans Paris des bâtiments imposants souvent inspirés de formes géométriques pures : l'Arche de la Défense, la pyramide du Louvre, l'opéra Bastille, la Très grande bibliothèque, le Ministère de l'Economie et des finances de Bercy.

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