|
|
|
|
A+ | A- | A=DASES - Bilan 2011 - Santé
Élu sectoriel de référence :
Jean-Marie LE GUEN, adjoint au Maire, chargé de la santé publique et des relations avec l’AP-HP.
Rapport d'activité de la Sous-direction de la santé
Élu sectoriel de référence :
Jean-Marie Le Guen, adjoint au Maire, chargé de la santé publique et des relations avec l’AP-HP
Sous-directeur Nicolas Bouillant
Le taux de mortalité plus faible enregistré à Paris (inférieur d’environ 20 % à la moyenne nationale) ne saurait masquer la plus forte présence de certaines pathologies comme le sida, la tuberculose ou certains cancers (cancer du sein et du poumon notamment). De surcroît, les fortes inégalités sociales propres à la capitale se reflètent dans les écarts d’espérance de vie, au détriment de ceux qui vivent dans la plus grande difficulté. Bien que la santé publique relève pour l’essentiel de la compétence de l’État, la collectivité parisienne veille à mener une politique active de prévention. Elle se fixe trois priorités : agir sur les déterminants environnementaux et sociaux de la santé, développer la prévention ainsi que le dépistage et faciliter le parcours des usagers dans l’accès aux soins, en particulier des populations les plus démunies.
Le contexte parisien de santé
Une offre médicale importante (nombreux centres hospitaliers, cabinets de médecins libéraux et centres de santé) mais une offre inégalement répartie sur le territoire parisien.
Un secteur 1 de plus en plus rare :
• 1 473 généralistes de secteur 1 représentant 56 % des médecins généralistes et 1 519 spécialistes de secteur 1 soit 27 % des spécialistes.
Des inégalités de santé persistantes :
• 8,1 % de la population de Paris bénéficie de la Couverture maladie universelle (CMU) contre 6,1 % en France
• 38 % des bénéficiaires de l’Aide médicale d’État (AME) habitent à Paris et 15 % en Seine-Saint-Denis.
Une incidence élevée des grandes pathologies :
• tuberculose : 20,6 pour 100 000 en 2011 (en France, l’incidence était de 8,2 cas pour 100 000 en 2009) ;
• infection à VIH : 55,6 découvertes pour 100 000 à Paris en 2010 (deux fois plus qu’en Île-de-France et neuf fois plus que sur le territoire national : 6,6 pour 100 000) ;
• infections sexuellement transmissibles (IST) : des épidémies récentes (syphilis en particulier) ont particulièrement touché Paris et la région parisienne comme d’autres métropoles étrangères. Elles engendrent des situations préoccupantes avec une hausse récente des infections à gonocoque.
Missions
La Sous-direction de la santé intervient dans les domaines de la prévention, du dépistage et de l’éducation à la santé à travers ses centres médico-sociaux, ses centres de vaccination et les services sociaux et de santé scolaire dès le premier degré. Depuis 2009, elle dispose d’un programme spécifique lutte contre l’obésité : Paris Santé Nutrition. Elle contribue également à l’accès aux soins par ses centres de santé et les centres d’adaptation psychopédagogique (CAPP). Elle exerce par ailleurs une mission d’hygiène et de protection de l’environnement par le Service municipal d’actions de salubrité et d’hygiène (SMASH), le Laboratoire d’Hygiène de la Ville de Paris (LHVP) et le Laboratoire d’études des particules inhalées (LEPI). En outre, la loi de décentralisation du 13 août 2004, les missions réglementaires du Département concernant la prévention et le dépistage des cancers, les vaccinations, la lutte contre les infections sexuellement transmissibles (IST) et la tuberculose sont redevenues de la compétence de l’État. Cependant, compte tenu des enjeux de santé publique, la collectivité parisienne a choisi d’être un opérateur de l’État pour ces différentes missions comme pour la santé scolaire et le service social scolaire (signature de conventions entre la DASS et le ministère de l’Éducation nationale).
Moyens
Budget
Près de 11,25 M€ de dépenses (hors personnel) :
• lutte contre les IST et le Sida : 3,85 M€
• laboratoires (santé Ville) : 1,3 M€
• actions de prévention et d’éducation à la santé : 2,28 M€
• lutte contre le cancer : 1,03 M€
• médecine scolaire : 0,36 M€
• lutte contre la tuberculose : 0,49 M€
• centres de santé : 0,80 M€
• vaccinations : 0,92 M€
• autres dépenses de fonctionnement : 0.22 M€
Près de 10,02 M€ de recettes
Sur la base du compte administratif 2011 les recettes se décomposent entre celles abondant le budget municipal, soit 0,83 M€ provenant du LHVP et du SMASH et celles abondant le budget du Département, soit 9,19 M€.
Ces dernières concernent :
• les participations de la CPAM aux dépistages du cancer, de la tuberculose, des IST et pour les vaccinations : 2,63 M€, soit 28 % ;
• la santé scolaire : 2,8 M€ (participation de l’État), soit 31 % ;
• des centres de santé : 3,47 M€ (tiers payant et assurance maladie), soit 38 % ;
• autres : 0,29 M€ (laboratoires, consultations voyageurs, etc.), soit 3 %.
Activité
Chiffres
1 015 agents titulaires et contractuels (médecins, infirmiers, assistants sociaux, ingénieurs hygiénistes, techniciens de laboratoires, psychologues et personnels paramédicaux et administratifs) et 82 vacataires concourent à ces missions.
• 142 000 élèves bénéficient, dès la maternelle, du dispositif de prévention médico-sociale scolaire du Département dans les écoles publiques du premier degré (une assistante sociale scolaire pour 1 000 élèves et un médecin scolaire pour 3 200 élèves) soit :
. 32 280 bilans de santé (23,4 % des élèves concernés) ;
. 59 500 dépistages visuels et auditifs menés en maternelle ;
. 19 446 élèves bénéficiant d’un suivi social ;
. 3 000 enfants suivis dans les 11 CAPP ;
• 75 185 actes vaccinaux dans les écoles et les 7 centres de vaccination ;
• 99 388 consultations dans les 8 centres de santé du Département ;
• 50 608 consultations dans les 4 CMS/CIDAG dont 26 810 dans les 3 CIDDIST ;
• 4 041 consultations psychologiques et 1835 consultations sociales dans les 4 Accueils cancer ;
• 14 000 interventions du SMASH ;
• 52 500 analyses environnementales réalisées par le LHVP.
La politique de prévention auprès des enfants et des lycéens
La collectivité parisienne s’investit fortement dans la santé des enfants, en particulier à travers les services de santé scolaire et de vaccinations.
Les actions médicales et sociales scolaires :
Le Service social et le Service de santé scolaire ont pour rôle de veiller au bien-être physique, mental et social des élèves scolarisés dans les écoles maternelles et élémentaires publiques et dans les lycées municipaux professionnels.
Les interventions dans le domaine de la santé :
Le Service médical scolaire avec ses 60 médecins, 8 infirmiers et 69 secrétaires médico-sociales (SMS), est très investi autour de deux axes :
- le dépistage précoce :
• un bilan de santé systématique est réalisé en grande section de maternelle. Il s’agit d’un examen complet en axant l’intervention sur le dépistage de l’obésité (12,3 % des enfants à cet âge sont
en excès de poids avec des disparités en fonction des secteurs) et sur le dépistage des troubles du langage oral (environ 5 % des enfants sont adressés pour un bilan plus approfondi). Le taux de couverture de ce bilan à 5-6 ans est de l’ordre de 93 %.
• un dépistage bucco dentaire est organisé en CP et CM1 ;
• des dépistages sensoriels précoces sont réalisés dès la première année de maternelle : dépistage visuel (12 % des enfants sont adressés pour bilan ophtalmo) et auditif ;
- l’accompagnement à l’intégration scolaire : les médecins scolaires sont très impliqués dans la scolarisation :
• des élèves porteurs de pathologies chroniques qui nécessitent une prise de médicaments, un aménagement particulier ou la mise en place d’un protocole d’urgence :
5 290 Projets d’accueil individualisé (PAI) signés en 2011 ;
• des élèves en situation de handicap : 2 619 élèves scolarisés, soit en classe ordinaire, soit en classe spécifique sur la base de Projets personnalisés de scolarisation (PPS).
Le Service de santé scolaire a été fortement mobilisé par la campagne de vaccination grippale.
Les interventions dans le domaine social scolaire :
Le Service social scolaire, s’appuit sur 133 assistants sociaux. Il contribue aux actions de prévention et de lutte contre les inadaptations et l’échec scolaire. Il intervient également dans le domaine de
la protection de l’enfance et, à ce titre, est chargé de l’évaluation des situations d’élèves en danger ou en risque de danger. Ses interventions peuvent relever également de l’aide éducative, de l’insertion sociale, de l’accès aux droits et aux soins.
Le Service social scolaire est, par ailleurs, acteur du dispositif parisien de Réussite éducative dans les huit arrondissements en Politique de la Ville. Il met en oeuvre, au niveau du premier degré, des parcours individualisés d’accompagnement d’élèves et de leur famille.
Durant l’année scolaire 2010-2011, 19 446 élèves ont fait l’objet d’un suivi social, soit près de 38 500 interventions dont :
• 22 200 relevant de l’aide socio-éducative ;
• 10 000 relevant de l’insertion sociale ;
• 4 800 relevant de l'aide à l'adaptation et à l'intégration scolaire ;
• plus de 1 500 relevant de la protection de l'enfance.
Les Centres d’adaptation psychopédagogique (CAPP)
Les Centres d’adaptation psychopédagogique (CAPP) sont des structures conjointes Département/Éducation nationale, d’aide et de soutien, visant à favoriser l’intégration et l’adaptation scolaires d’enfants et d’adolescents scolarisés à Paris présentant des difficultés sur le plan relationnel, scolaire, social ou familial. Onze centres généralistes, cogérés par le Département et l’Académie de Paris, proposent des prises en charge pluridisciplinaires, suivis et rééducations à 3 000 enfants. Un centre est spécialisé dans l’accompagnement des élèves déficients auditifs.
Le Programme Paris Santé Nutrition (PSN)
Lancé en septembre 2009 dans trois arrondissements pilotes, les 13e, 15e et 19e, le Programme Paris santé nutrition (PSN) animé par trois coordinatrices locales. Il a pour objectif de prévenir l’obésité et de promouvoir l’activité physique et sportive. PSN s’est appuyé sur une étude sur le surpoids et l’obésité pour définir sa démarche.
En 2011, ses objectifs étaient les suivants :
• prévenir l’obésité et promouvoir l’activité physique auprès des enfants et de leur environnement (familial, scolaire…) ;
• favoriser la mise en réseau des acteurs locaux et départementaux ;
• valoriser les actions locales existantes dans le domaine de la nutrition et de l’activité physique ;
• innover et mettre en place des actions locales favorisant la participation des publics concernés et des acteurs agissant sur le territoire;
• pérenniser les actions mises en place depuis 2010 :
- challenge « Les aventures des Bougez malins » constitue une opération de promotion de l’activité physique et de sensibilisation sur l’alimentation à destination des centres de loisirs. Il s'articule autour de trois axes : formation des animateurs de centres, découverte par les enfants des ateliers athlétiques et événement final au stade Charléty (participation d’un millier d’enfants et de 200 animateurs) ;
- rencontres régulières avec les publics aux pieds des immeubles, parcs, marchés et places publiques ;
- opération « Un fruit à la récré » consiste en un accompagnement pédagogique sur la découverte des fruits par la distribution hebdomadaire d’un fruit de saison et la mise en place d'ateliers (88 écoles et 16 000 enfants concernés) ;
- formations des professionnels relais, soit 200 animateurs des centres de loisirs et de sport ;
- accompagnement des enfants en surpoids à la pratique de l’activité physique adaptée dans les 13e et 19e arrondissements.
Les résultats sont encourageants. Chaque année, PSN participe à une trentaine d’événements locaux et une quinzaine d’événements parisiens. Il est de plus en plus sollicité par toutes les directions de la Ville ainsi que par ses partenaires.
La prévention des grandes pathologies
La politique vaccinale
Composé de neuf médecins, troiscadres de santé, sept infirmiers et de cinquante secrétaires médico-sociales, le Service des vaccinations propose des actes vaccinaux gratuits. Il porte une attention particulière apportée aux enfants et aux jeunes dans ses sept centres ou au cours de séances organisées dans les écoles par ses équipes médicales mobiles. Le service a effectué 75 185 actes vaccinaux en 2010, un quart de ces actes a été réalisé en milieu scolaire. 4 000 actes ont été réalisés sur des sites extérieurs à destination des populations précaires et très précaires dans le cadre de partenariat avec plus d’une vingtaine d’associations caritatives. En outre, les agents du service ont été fortement mobilisés pour participer à la campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1). Depuis 2009, la vaccination contre les papillomavirus associée à une consultation de prévention est mise en place dans les 10e, 11e, 12e, 13e, 14e, 17e, 18e, 19e et 20e arrondissements auprès des jeunes filles de 14 ans. 4 000 jeunes filles ont été contactées par courrier. 406, soit 10 %, ont accepté la proposition de vaccination. 82 % d’entre elles ont sont allées au bout du protocole à trois doses de vaccins. Toutes les jeunes filles ont accepté la proposition de consultation de prévention.
2011 a été marquée par l’épidémie de rougeole. Le Service des vaccinations a pris une part importante à la prévention vaccinale des enfants mais surtout des jeunes adultes, avec une augmentation de plus de 80 % du nombre de vaccins ROR administrés (9 684 en 2011 pour 5 367 en 2010). La bonne couverture vaccinale parisienne a permis à la collectivité de bien résister à l’épidémie (92,8 % des enfants de sept ans ont reçu deux doses de vaccins).
Enfin, le service a participé à la vaccination contre le méningocoque C avec plus de 7 000 doses.
La lutte contre la tuberculose
Le Centre de lutte antituberculeuse de la ville de Paris (CLAT) intervient pour la prise en charge et le suivi des patients tuberculeux présentant des difficultés d’accès aux soins ou ne respectant pas les consignes de traitement et de suivi dans les quatre centres médico-sociaux (CMS) du Département. En outre, une Cellule tuberculose de coordination du Département pilote les enquêtes autour des cas et coordonne les stratégies de dépistage. Ainsi, en 2011, 395 enquêtes ont été menées autour de 440 cas de tuberculose contagieuse. 3 431 sujets contacts ont été dépistés. 20 tuberculoses (maladies) ont été diagnostiquées dans le cadre de ce dépistage. Par ailleurs, une unité mobile de dépistage se déplace dans les foyers d’hébergement d’urgence et dans les foyers de migrants. Environ 6 400 radiographies pulmonaires ont été réalisées dans ces populations et ont permis de dépister 4 tuberculoses pulmonaires. Ces actions ont participé à la baisse de l’incidence de la tuberculose à Paris qui atteint 20,6 pour 100 000 habitants en 2011. L’utilisation du test interféron a permis d’améliorer la prise en charge et le suivi des cas contacts.
La lutte contre le cancer
Le Département de Paris participe à la lutte contre le cancer par des actions d’information, de dépistage et de soutien aux personnes atteintes. Il mène, par l’intermédiaire de l’association ADECA 75, des campagnes de dépistage du cancer du sein. 40 404 femmes ont bénéficié ainsi en 2011 d’une mammographie, soit un taux de participation de 27,5 %. La campagne, menée depuis 2008 contre le cancer colorectal, a conduit en 2011 au dépistage de 43 263 personnes, soit un taux de participation de 15,2 % sur 2010-2011. Comme les années précédentes, le Département a relayé la campagne de sensibilisation de l’ADECA à Paris. Il offre aux personnes atteintes d’un cancer ou leur famille, par l’intermédiaire de l’un de ses quatre Accueils cancer (ACVP), la possibilité d’un suivi individuel psychologique ou social, des séances de thérapies familiales et conjugales. Il participe au dispositif de coordination avec la Ligue contre le cancer pour favoriser le maintien à domicile. Enfin, le Département contribue, par l’action de ses centres (médico-sociaux, de santé, de vaccinations…), aux campagnes nationales de promotion du dépistage des cancers du sein ou de la peau.
La lutte contre le sida, les hépatites et les infections sexuellement transmissibles (IST)
Le Département de Paris mène une action importante de lutte contre les infections sexuellement transmissibles (IST), le VIH et les hépatites, comme acteur et promoteur d’actions d’information, de prévention, de dépistage et de soutien aux personnes séropositives. Il finance neuf Centres d’information, de dépistage et de diagnostic des infections sexuellement transmissibles (CIDDIST) dont trois départementaux. Les Parisiens y bénéficient d’une information, d’un dépistage et d’une prise en charge gratuite des IST. Ces centres ont d’ailleurs fortement augmenté leur activité, soit près de 10% en 2011 avec 33 666 consultations. Le département gère trois Consultations d’information et de dépistage anonyme et gratuit (CIDAG). Ces structures réalisent (sur les onze présentes à Paris) près de 40 % des tests de dépistage effectués en CDAG dans la capitale. 25 575 personnes y ont bénéficié d’un entretien médical en 2011. Paris finance, avec la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM), des actions de dépistage des infections à Chlamydia trachomatis, susceptibles de provoquer une stérilité chez les jeunes femmes. Ces incitations au dépistage, les consultations et les analyses biologiques réalisées dans les CDAG ont concerné 17 000 jeunes femmes de moins de 25 ans informées des risques, 13 000 étant dépistées, 1 300 cas positifs diagnostiqués étant soignés en 2011. Le Département participe également à la promotion du préservatif masculin et féminin en distribuant 500 000 préservatifs en 2011. Enfin, Il dispose d’une Équipe mobile d’information et de prévention santé (EMIPS) qui mène des actions d’information et d’éducation à la santé. Constituée d’une trentaine de médecins, psychologues, personnels paramédicaux et formateurs, l’EMIPS développe ses actions auprès de divers publics (collégiens, population de résidences sociales ou de quartiers « Politique de la Ville » ...) en partenariat avec les associations locales ou les Ateliers santé ville (ASV), soit plus d’un millier d’interventions en 2011. L’équipe intervient aussi dans les domaines de l’éducation à la sexualité, la prévention des grossesses non désirées ou non prévues, sur les violences et sur les comportements alimentaires. L’EMIPS travaille en lien étroit avec la Mission de prévention des toxicomanies sur la prévention des conduites à risques, notamment les consommations de substances psychoactives, licites ou illicites.
La drépanocytose
À Paris, un nouveau-né sur 700 est atteint par la drépanocytose. Un Centre d’information et de dépistage de la drépanocytose (CIDD) a été ouvert en 2006, en partenariat avec l’AP-HP pour dépister les sujets porteurs sains, informer sur cette maladie, apporter un soutien aux malades et à leur famille. En 2011, 800 bilans ont été réalisés chez des femmes de 16 à 45 ans. 36 % des femmes dépistées présentent un bilan anormal dont 28 % sont porteuses du trait drépanocytaire. 300 couples ont bénéficié d’une consultation spécialisée.
Le soutien aux associations
En 2011, la Sous-direction a financé 90 associations et organismes publics ou privés, soit environ 6,3 M€. Au total, 104 projets ont été soutenus par une subvention de fonctionnement ou une participation et votés au Conseil de Paris en 2011.
Chacune de ces structures intervient auprès des Parisiens dans les domaines de la prévention de la santé, du dépistage, du secourisme, de l’aide aux malades ou aux exclus et de l’accès aux soins.
Un peu plus de 3 M€ ont été consacrés aux IST et au sida, 1 M€ au cancer et 2,3 M€ pour la prévention et l’éducation à la santé au travers de différentes structures de proxi¬mité (centres de santé, ASV, caisses des écoles, santé scolaire…) sur diverses thématiques (tuberculose, santé mentale, nutrition…) ou dans le cadre d’actions Politique de la Ville.
Des projets d’investissement ont été a également financé pour un montant de plus de 1 M€ concernant l’amélioration de l’offre de soins à Paris (centres et maisons de santé associatifs).
Améliorer l’offre de soins
Faciliter l’accès au réseau de soins de premiers secours
L’action de la Mairie s’articule autour de la déclinaison du programme parisien de renforcement de l’offre de soins de premier recours.
Les réalisations de ce programme ont été importantes en 2011 :
- modernisation et restructuration des centres de santé municipaux : réhabilitation de locaux (Marcadet, Édison), recomposition de l’offre de consultations dans tous les centres autour d’un projet médical (création d’un service dentaire à Édison), fermeture et redéploiement de l’équipe du centre Ternes, élargissement des horaires d’ouvertures des centres Marcadet (8h30-19h15) et Édison (entre 12h et 14h) pour mieux répondre aux besoins des Parisiens ;
- création d’un centre de santé ADMS (rue Myrha, 18e) et d’une maison de santé (cité Michelet, 19e) ;
- restructuration et modernisation de deux centres de santé : Fondation OEuvre de la Croix Saint-Simon (rue Clavel, 19e) et Groupe des OEuvres sociales de Belleville (rue de Belleville, 20e) ;
- accompagnement de projets de création de centres ou de maisons (11e, 12e, 13e, 17e, 18e et 20e) ;
- animation, en lien avec la CPAM, de la coordination des centres de santé parisiens ;
- mise en place du label « Paris santé » reconnaissant l’engagement fort des structures signataires d’une charte de qualité – secteur 1 exclusif, tiers payant intégral, parcours de soin, accès aux droits, action de prévention et d’éducation thérapeutique ;
- lancement de la charte Paris santé et de l’outil de géo-localisation de l’offre de consultations dans les 96 centres de santé parisiens accessible sur Paris.fr.
L’accès aux soins des personnes défavorisées
Le Département s’engage à assurer l’égalité d’accès de chacun aux soins par des permanences médico-sociales proposées dans les CMS, des bilans médicaux et un suivi social d'aide à la réinsertion dans le système de soins, au bénéfice de 1 600 personnes en 2011.
Le soutien à la recherche médicale
Afin de faire prévaloir sa place dans la compétition entre les grandes villes européennes et mondiales en matière d’innovation et de recherche, Paris a pris le parti de redynamiser son attractivité scientifique et son rayonnement international en développant les passerelles entre technologies et entrepreneurs, projets et financeurs.
Cette nouvelle orientation a conduit le Département à intervenir en particulier autour de deux actions : appui aux instituts de recherche parisiens de pointe et encouragement à de jeunes équipes d’excellence désirant s’investir dans la recherche médicale et la santé.
La Ville a aussi apporté son soutien au développement de l’Institut du cerveau et de la moelle / Pitié-Salpêtrière (dédié aux maladies neurodégénératives) et à la création d’un Institut des maladies génétiques (Fondation Imagine).
Quant aux jeunes chercheurs, un appel à projets annuel spécifique, consacré à la recherche médicale et santé, a été élaboré par des scientifiques, en complémentarité avec les appels nationaux et européens. Mis en place en 2004 et reconduit annuellement, cet appel spécifique relève du programme Emergence(s). Il intervient dans le cadre commun d’une procédure de candidature dématérialisée (dépôt en ligne sur le site paris.fr).
Les projets éligibles en médecine et santé peuvent inté¬resser également la recherche biologique, clinique, épi¬démiologique, la santé publique, les sciences humaines et sociales. Ils sont évalués par un jury spécifique (consti¬tué sous l’égide du Conseil scientifique de la Ville de Paris). Ils sont sélectionnés en fonction de leur qualité scientifique et de l’adéquation à l’appel à propositions après avis d’experts indépendants.
Chaque équipe lauréate bénéficie d’un financement de la Ville de Paris d’environ 300 000 € par projet sur quatre ans, financement affecté librement aux besoins du projet (équipement, fonctionnement et personnels).
Depuis sa création, en 2004, ce dispositif a connu un large succès (entre 50 et 80 candidats annuels). Il a permis de retenir successivement huit promotions de jeunes chercheurs mettant à l’oeuvre au total 35 nouvelles équipes dont quatre sélectionnées en 2011.
Ces équipes sont mobilisées vers un grand nombre de disciplines de pointe. Elles poursuivent leurs travaux dans la plupart des centres de recherche parisiens. Leurs activités sont majoritairement en lien avec les programmes de l’INSERM, du CNRS et des universités.
L’effort maintenu en 2011 par la Ville de Paris au seul titre des jeunes équipes de recherche médicale s’est stabilisé à environ 1,25 M€ annuels. Depuis 2004, ce financement municipal aura représenté un montant cumulé de 8,513 M€.
Enfin, la Ville de Paris décerne deux prix :
- le Grand Prix Claude Bernard (35 000 €) est attribué depuis 1974 à un chercheur pour récompenser l’ensemble de sa carrière au service de la recherche médicale ;
- le Grand Prix Jean Hamburger (25 000 €) distingue depuis 1993 une avancée ou une découverte majeure réalisée par un jeune chercheur de moins de 45 ans travaillant dans un établissement de l’AP-HP ou dans tout établissement participant au service public hospitalier situé sur le territoire de la Ville de Paris ou dans un établissement de recherche à Paris.
Ces prix sont décernés chaque année par un jury composé de personnalités scientifiques.
Santé environnementale et hygiène
Des services à la croisée des problématiques de santé, d’environnement et d’hygiène
Le Laboratoire d’hygiène de la ville de Paris (LHVP) associe plusieurs compétences scientifiques pour étudier la qualité des milieux de l’environnement urbain (air ambiant et des environnements intérieurs, eaux, surfaces, aliments). Il contribue ainsi à évaluer l’exposition de la population générale ou de personnes malades à des agents microbiologiques et physico-chimiques, dans une démarche d’évaluation des risques sanitaires. Il travaille pour les différents services de la Ville et des partenaires extérieurs. Le LHVP est certifié ISO 9001, accrédité COFRAC et agréé par le Ministère de la santé. L’année 2010 a été celle de son centenaire. Avec l’organisation d’une semaine « Paris santé environnement » en septembre comprenant une conférence quotidienne et une journée portes ouvertes.
En 2011, son activité a été marquée par :
• la participation au réseau de compétences « sites et sols pollués » interne à la Ville de Paris dont la cellule d’appui technique (LHVP et Agence de l’écologie urbaine) répond aux directions confrontées aux difficultés d’implantation d’équipements publics accueillant notamment des enfants ;
• une contribution à la surveillance de la qualité de l’air extérieur par la mesure de polluants chimiques atmosphériques (hydrocarbures aromatiques polycycliques) pour AIRPARIF ;
• la surveillance de la dissémination aérienne des pollens à Paris en collaboration avec le réseau national de surveillance agrobiologique ;
• l’achèvement de l’étude sur la qualité de l’air dans les écoles maternelles et élémentaires, répondant à un vœu du Conseil de Paris (6 et 7 avril 2009) ;
• le développement de la « Cellule de conseil en santé et environnement intérieur, » qui répond aux demandes médicales de diagnostic à la recherche d’un lien entre une pathologie et le domicile des patients ;
• les enquêtes dans l’habitat et les bâtiments abritant des collectivités à la recherche de nuisances environnementales : moisissures, allergènes et polluants chimiques (plomb, aldéhydes, composés organiques volatiles…) ;
• les audits environnementaux dans les bâtiments climatisés et plus récemment dans les bâtiments dits à impact limité sur l’environnement ;
• l’étude de la qualité de l’air dans les piscines couvertes en relation avec les sous-produits de la chloration ;
• les audits d’hygiène alimentaire dans les crèches municipales et établissements départementaux de l’ASE ;
• le contrôle des légionelles dans les établissements recevant du public (arrêté du 1er février 2010) ;
• les interventions en hygiène professionnelle pour les directions, en particulier l’exposition aux poussières de bois dans les ateliers de menuiserie (en liaison avec le plan municipal de la santé sécurité au travail).
Le Laboratoire d’Étude des Particules Inhalées (LEPI) participe depuis plusieurs années à des études scientifiques axées sur la caractérisation physico-chimique de la pollution de l’air par les particules ultra fines à Paris et sur l’étude de leurs effets sur la santé. Il effectue également la recherche d’amiante dans les matériaux et produits de la construction en relation avec les différentes directions de la ville de Paris, en tant que gestionnaires de bâtiments. Le Laboratoire intervient à leur demande pour toute étude de la pollution de l’air pouvant affecter la santé des usagers ou des agents. Il est chargé par l’Agence nationale de sécurité sanitaire d’une campagne de mesure visant à réévaluer le niveau de pollution atmosphérique par les fibres d’amiante dans l’agglomération parisienne. Le LEPI collabore avec différents hôpitaux dont l’AP-HP pour étudier les traceurs d’exposition à l’amiante à des fins de diagnostics et de reconnaissances de maladies professionnelles pour les personnes atteintes de fibroses ou de cancers respiratoires. Il est accrédité COFRAC et agréé par le Ministère de la Santé. En 2011, il a procédé à 1 470 analyses (850 en microscopie optique et 620 en microscopie électronique) et a effectué 120 déplacements sur sites.
Le Laboratoire de biologie médicale (LBM), effectue des analyses pour les patients adressés par les médecins de centres de la DASES, les médecins du travail, d’établissements éducatifs médico-sociaux et d’organismes humanitaires. En 2011, son activité en B a été de 7 218 053 pour le Laboratoire Saint Marcel et de 1 624 955 pour le Laboratoire Eastman.
Le Service municipal d’actions de salubrité et d’hygiène (SMASH) contribue au maintien de l’hygiène et de la salubrité sur la voie publique et dans les immeubles de la capitale. Il peut intervenir sur réquisition du Préfet de police, sur demande des services municipaux et, sur facturation, pour répondre au besoin des Parisiens. Il exerce son action dans cinq domaines : désinsectisation, dératisation, désinfection des locaux, ramassage des seringues usagées dans les lieux publics et maintenance des défibrillateurs. Le SMASH est agréé par le Ministère de l’agriculture et de la pêche. En 2011, le SMASH a réalisé 14 000 interventions.
La cellule « suivi d’une cohorte des nouveau-nés » a débuté ses bilans médicaux des enfants à l’âge de six ans.
Faits marquants 2011 :
• mise en place de tests rapides d’orientation diagnostics (TROD) dans les trois CIDAG de la Ville de Paris ;
• extension du programme de vaccination contre les papillomavirus aux 11e, 12e et 17e arrondissements ;
• publication des résultats de l’étude menée par l’Observatoire régional de santé (ORS) sur la santé des Parisiens ;
• renforcement des actions de PSN avec notamment l’incitation aux activités physiques, la formation de relais, le projet commun (centres de loisirs, Fédération française d’athlétisme et la Direction régionale de la jeunesse et des sports) et la prise en charge d’enfants en surpoids par le Réseau de prévention et prise en charge de l’obésité pédiatrique (REPOP) avec l’espace sportif Pailleron (19e) ;
• élargissement des horaires du centre de santé Marcadet ;
• géolocalisation des 96 centres de santé sur paris.fr ;
• démarrage de Paris santé réussite ;
• déploiement d’un Service de traitement des moisissures par le SMASH ;
• ouverture d’une Maison de santé (cité Michelet, 19e) et d’un Centre de santé associatif ADMS (18e).
Perspectives 2012 :
• ouverture de trois fauteuils dentaires au centre de santé Édison (13e) ;
• ouverture du centre de santé Fournier, rue Pétion (11e) ;
• trois nouveaux arrondissements couverts par Paris santé nutrition ;
• élargissement des horaires d’ouverture dans les centres de santé


