L'histoire de l'archéologie à la Ville de Paris - Paris.fr
 

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Mairie de Paris
[19/12/2011]

L’archéologie parisienne a connu des débuts extrêmement précoces. Dès 1897, la Ville de Paris se dotait d’un service archéologique, qui connut un essor significatif à partir des années 1970-1980. Ce service, aujourd’hui appelé Département d’Histoire de l’Architecture et d’Archéologie de Paris (DHAAP), est agréé pour les fouilles en archéologie préventive depuis 2002.

 

>> L’origine de l’archéologie parisienne

 

L’archéologie parisienne connaît ses premiers balbutiements dès l’époque médiévale, lorsque des découvertes de vestiges antiques, telles les « arènes » de Lutèce, sont signalées et interprétées de façon parfois fantaisistes. À l’époque moderne, les « antiquaires » proposent les premières interprétations raisonnées de vestiges archéologiques et après la Révolution française, les érudits multiplient les publications accompagnées d’illustrations de qualité.
C’est cependant dans la deuxième moitié du XIXe siècle que naît véritablement l’archéologie parisienne, grâce à la personnalité étonnante de Théodore Vacquer (1824-1899). Architecte embauché en 1846 par l’administration parisienne pour exercer une surveillance archéologique des fouilles et démolitions, il parcourt inlassablement les chantiers de la capitale à l’époque des grands travaux haussmanniens qui ont radicalement transformé un Paris demeuré jusque-là médiéval. Il anime, entre 1853 et 1898, un premier service archéologique municipal officieux, créé près d’un siècle avant que ne soit promulguée une législation archéologique nationale (loi Carcopino validée par les ordonnances de 1945). Les nombreuses observations qu’il réalise au cours de ses surveillances lui permettent de proposer la première restitution cohérente et significative du Paris antique et du haut Moyen Âge.

 

 >> Les débuts d'un service archéologique municipal : la Commission du Vieux Paris

 L’œuvre de Théodore Vacquer fut poursuivie par la Commission du Vieux Paris, créée en 1897 à l’initiative d’un conseiller municipal de Paris, Alfred Lamouroux, pour assurer la sauvegarde du patrimoine historique parisien. D’abord simple commission administrative, celle-ci se dote dès 1905 d’un personnel permanent et sa sous-commission des fouilles archéologiques mène alors d’innombrables campagnes de surveillances et de fouilles qui permettent de renouveler considérablement les connaissances du Paris antique et médiéval. Les résultats de ces recherches sont régulièrement publiés dans les Procès-verbaux de la Commission du Vieux Paris. Entre 1914 et 1955, l’archéologie parisienne connait des jours difficiles, marqués notamment par le ralentissement des grands travaux d’urbanisme. Néanmoins, les inspecteurs des fouilles de la Commission continuent à suivre avec attention les découvertes archéologiques, qui apportent un lot considérable de pièces archéologiques, de l’époque préhistorique à l’époque moderne.

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  • >> L’essor de l’archéologie parisienne   
  • Avec l’arrivée en 1955 à la Commission du Vieux Paris de Michel Fleury (1923-2002), comme inspecteur des fouilles, les interventions archéologiques sur Paris connaissent un développement notable et une équipe d’archéologues professionnels, en charge de missions de terrain, est progressivement constituée à partir de 1982. De très nombreuses interventions sont menées (souvent en collaboration avec l’Association des fouilles archéologiques nationales), fouilles de sauvetage limitées ou grands chantiers, non seulement à Paris mais aussi à l’extérieur de la capitale, à la basilique de Saint-Denis notamment. Les recherches portent non seulement sur des vestiges antiques et médiévaux, champ d’action traditionnel de l’archéologie, mais aussi sur des restes beaucoup plus anciens ou, au contraire, plus récents, dont l’examen est tout aussi précieux pour améliorer nos connaissances sur l’histoire de Paris.
    Une partie de ces fouilles sont bien connues du grand public : fouilles de Bercy (XIIIe arr., 1991-1992) qui ont révélé le passé néolithique du site de Paris, fouilles du palais du Luxembourg et de ses abords (VIe arr., 1973-1974) qui permirent la mise au jour du « beau quartier » de la ville gallo-romaine, fouilles du forum de Lutèce, rue Soufflot (Ve arr., 1971), fouilles du Parvis Notre-Dame (IVe arr., 1965-1972 et 1977-1978) qui donnèrent lieu à la construction d’une très vaste crypte archéologique pour abriter les substructions mises au jour, fouilles de l’église Saint-Martin des Champs (IIIe arr., 1994) qui ont révélé les vestiges de l’église mérovingienne primitive, ou encore, fouilles de la ZAC Alésia-Montsouris (XIVe arr., 1996) ayant entraîné la décision de conserver in situ une partie des vestiges des aqueducs de Lutèce et de Marie de Médicis.
    En parallèle de ces grands chantiers, un travail important de publication fut réalisé avec des comptes-rendus de fouilles dans les Procès-verbaux de la Commission du Vieux Paris et la publication, en 1971, avec le concours du C.N.R.S., du premier volume de la Carte archéologique de Paris, puis en 1998, du volume sur Paris de la Carte archéologique de la Gaule et enfin la revue « Les Cahiers de la Rotonde » publiée annuellement de 1978 à 2001 et la revue « Paris Patrimoine » de 2004 à 2007.

 

>> Le Département d'Histoire de l'Architecture et d'Archéologie de Paris

  Après plus d’un siècle d’activité, l’administration de la Commission du Vieux Paris devint, en 2003, le Département d’Histoire de l’Architecture et d’Archéologie de Paris (DHAAP). Il est rattaché à la Direction des Affaires Culturelles de Paris et abrite un pôle chargé du secrétariat de la Commission du Vieux Paris et un pôle "Archéologie".

 Le pôle Archéologie du DHAAP se compose de cinq archéologues disposant d’un champ de compétence chronologique vaste (de la protohistoire à la période moderne), d’une conservatrice-restauratrice, d’un topographe, d’une archiviste et de trois photographes. Il est épaulé par le reste de l’équipe du DHAAP et ponctuellement par des archéologues extérieurs. Il dispose, dans le IXe arrondissement, de locaux comprenant un laboratoire de restauration et, dans le XIIe arrondissement, d’une réserve archéologique, vaste et moderne, partagée avec le musée Carnavalet.

 Conformément à l’arrêté de 1897 repris en 2004, le DHAAP a la charge des fouilles archéologiques sur le territoire parisien, de la conservation provisoire des objets découverts, de leur étude et de leur exposition, ainsi que de la réalisation de nombreux documents de nature archéologique, en particulier la carte archéologique, en liaison avec les services de l’État. Il participe à l’élaboration du Plan local urbanisme (PLU) et publie ses recherches.
Suite à la réforme de l’archéologie préventive de 2001, modifiée en 2003 et 2004, relative aux conditions de réalisation d’opérations archéologiques préalables à des travaux d’aménagement, le DHAAP a reçu du Ministère de la Culture l’agrément pour les fouilles en archéologie préventive pour les périodes chronologiques allant de l’Antiquité à l’époque contemporaine.

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