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Parcours d'architecture

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Parcours d'architecture : un autre regard sur le patrimoine parisien

Parcours d'architecture

6e ardt - Autour du lotissement de la rue Dauphine


Autour du lotissement de la rue Dauphine
L’aspect actuel du quartier de la rue Dauphine a pris forme au XVIIe siècle à partir du lotissement de terrains issus du couvent des Grands-Augustins établi en bord de Seine dès le XIIIe siècle et de l’hôtel et du collège Saint-Denis. Ce territoire fut bouleversé par le programme urbanistique d’Henri IV au début du XVIIe siècle consécutif à l’édification du Pont-Neuf.
Les rues Dauphine, Christine, et d’Anjou (de Nesle) sont ainsi percées à partir de 1607 dans l’espoir de fixer la population sur la rive gauche à l’intérieur des remparts de Philippe-Auguste. Ce projet amputa le couvent des Grands-Augustins de 600 m2 en échange d’une généreuse indemnité.
Le voisinage de la future résidence royale contribua sans doute à valoriser le quartier et à encourager le lotissement qui fut mené par un groupe d’investisseurs dirigé par l’entrepreneur Nicolas Carrel. Cependant le souhait royal de créer une rue aux façades symétriques, à l’image et dans la continuité de la place Dauphine, ne put aboutir. Malgré l’irrégularité des parcelles de la rue Dauphine, les immeubles de quatre étages coiffés de toits mansardés conservent un caractère d’ensemble.
Les façades enduites percées d’étroites portes dissimulent la structure de la construction, et la décoration se cantonne à des moulures autour des baies, des corniches.
Pour prolonger le tracé de la rue Dauphine qui buttait sur le rempart de Philippe-Auguste, la municipalité engagea en 1639 l’ouverture de la Porte Dauphine abattue en 1673. La rue Dauphine fut considérée comme l’une des plus belles rues de Paris en raison de sa largeur et de sa rectitude. Louis XIV fit poursuivre le lotissement du quartier avec la rue de Savoie, ouverte en 1672 sur l’ancien hôtel éponyme.
Enfin la rue de Lodi est créée en 1802 grâce au démantèlement et la vente comme bien national en 1798 du couvent des Grands-Augustins.
Le mur d’enceinte de Philippe-Auguste, construit au XIIe siècle pour protéger Paris lors de la croisade du roi et dont la démolition fut ordonné par Louis XIV en 1670, peut encore facilement se lire dans le tracé du parcellaire et des rues (la rue André Mazet a succédé au chemin de ronde intérieur), mais il fut soit assimilé par les constructions postérieures, soit détruit. Le parcours permet de découvrir où subsistent encore actuellement des vestiges de cette enceinte.
Puce urbanisme Parcours numéroté et descriptif des bâtiments
Plan parcours 6ème

» Consulter le plan du parcours au format pdf (2.7 Mo)
Sur le plan, les pastilles rouges indiquent les édifices à observer.

Les caractéristiques architecturales de ces bâtiments : 

Pastille 1 44 rue Dauphine

Maison ancienne du XVIIe siècle, sans doute construite sous la direction de Ravière, très représentative par la proportion de ses baies, édifiée à l'emplacement de la Porte Dauphine, construite par Lemercier en 1639, lorsque la rue Dauphine fut prolongée au-delà de l’enceinte de Philippe-Auguste (48-52 rue Dauphine), et détruite en 1672.

pastille 2 49 rue Dauphine – 2 rue André Mazet

Belle maison d’angle du XVIIe siècle présentant une façade composée de quatre étages sur rez-de-chaussée, très caractéristique sur le tracé de l'ancienne enceinte.

pastille 3 1 rue André Mazet

Maison du XVIIe siècle. Disposition asymétrique des baies. La rue Mazet est établie sur le tracé de la contrescarpe de l'enceinte de Philippe-Auguste.

pastille 4 38 rue Dauphine

Maison d'origine du XVIIe siècle appartenant à une séquence cohérente de même époque, édifiée probablement peu après l'ouverture de la rue Dauphine. Surélévation d'un étage par l'architecte Ernest Bertrand en 1890. En 1903, au cours de la démolition du mur mitoyen séparant le no 38 du no 40, on découvrit un fragment du mur de l'enceinte de Philippe-Auguste, de deux mètres de haut. La direction qu'il suivait se lit aisément dans l'inclinaison de la façade de l'immeuble sis 1 rue André Mazet.

pastille 5 41-43 rue Dauphine

Maison du XVIIe siècle présentant une façade élevée de trois étages carrés sur rez-de-chaussée. Double rang de lucarnes. Appuis de fenêtre en fer forgé Louis XVI au premier étage. Ancres métalliques des tirants visibles en façade. Porte cochère cintrée avec clé saillante conduisant à la cour ; rythmée par des arcades très amples, elle est bordée d'un bâtiment du XVIIe siècle, intéressant pour ses chaînages de pierre. Le chirurgien Jean-Louis Baudelocque y résida à partir de 1783. Une surélévation importante a été conduite en 1898 par l'architecte Saint-Père. Rue ouverte en 1607 en même temps que la rue Christine et la rue d'Anjou (de Nesle) à l'occasion du lotissement par l'entrepreneur Nicolas Carrel des terrains des Augustins entre le quai des Augustins et la porte de Bussy.

pastille 6 37 rue Dauphine

Maison du XVIIe siècle présentant une façade composée d'une travée et de deux étages sur rez-de-chaussée avec lucarnes passantes. Elle se rattache, par son aspect et sa période, à la maison d'angle édifiée au 35 rue Dauphine - 11 rue Christine, mais ses baies ont conservé leurs proportions et leurs allèges d'origine alors qu'elles ont été abaissées jusqu'au bandeau au 35. Edifice référencé dans l’ouvrage “Demeures parisiennes sous Henri IV et Louis XIII”. Rue ouverte en 1607 en même temps que la rue Christine et la rue d'Anjou (de Nesle) à l'occasion du lotissement par l'entrepreneur Nicolas Carrel des terrains des Augustins entre le quai des Augustins et la porte de Bussy.

pastille 7 35 rue Dauphine – 11 rue Christine

Maison du XVIIe siècle de deux étages carrés sous des combles éclairés par de belles lucarnes maçonnées à fenêtres pendantes sur la rue Dauphine. Bandeau continu entre les étages. Allure générale caractéristique de la période, avec un fruit sensible. Soubassement et chaîne d'angle en pierre de taille. Baies abaissées au XVIIIe siècle et dotées de garde-corps en ferronnerie de style Louis XVI. Edifice référencé dans l’ouvrage “Demeures parisiennes sous Henri IV et Louis XIII”. Rue ouverte en 1607 en même temps que la rue Dauphine et la rue d'Anjou (de Nesle).

pastille 8 6 rue de Nesle

Maison ancienne du XVIIe siècle. Façade en partie modifiée ultérieurement (rue ouverte en 1607 sur l'emplacement des dépendances du Collège Saint-Denis et de l'ancien hôtel de Nesle).

pastille 9 8 rue de Nesle

Maison issue du lotissement des terrains des Pères Augustins vers 1620 par l'entrepreneur Nicolas Carrel. Dans son aspect actuel, façade néoclassique à garde-corps en fer forgé Louis XVI. Appuis de fenêtre de pierre sur consoles moulurées. Porte cochère à entourage de pierre ornée de refends et d'une clé saillante. Cour pavée avec puits. Remarquable escalier ancien à rampe en fer forgé et limon tournant documenté à cette adresse. Un plafond peint à la française vers 1620 y est également conservé.

pastille 10 12 rue de Nesle – 17 rue de Nevers

Remarquable maison du XVIIe siècle (maison issue du lotissement des terrains des Pères Augustins vers 1620 par l'entrepreneur Nicolas Carrel) dont subsistent beaucoup d'éléments (fruit de la façade, rythme des baies, ancres métalliques). Façade modifiée au premier tiers du XVIIIe siècle (mascaron, vantaux sculptés de la porte cochère, garde-corps en fer forgé des fenêtres), puis à nouveau modifiée au début du XIXe siècle (fenêtres en plein cintre du premier étage). Le bâtiment sur cour, plus ancien, ouvrait sur la rue de Nevers, par une porte basse à panneaux saillants, condamnée ultérieurement (no 17).


pastille 11 13 rue de Nesle – 1 impasse de Nevers

Maison du XVIIe siècle issue du lotissement des terrains des Pères Augustins vers 1620 par l'entrepreneur Nicolas Carrel. Façade composée de trois étages carrés sur rez-de-chaussée, présentant des harpes de pierre aux angles. Porte cochère à vantaux en bois anciens. Ancres métalliques. Bandeaux très prononcés. Cour pavée très pittoresque (puits comblé au fond, escalier à rampe en fer forgé sur limon et jour central...). Selon Gustave Pessard, la maison possède un souterrain qui communiquait autrefois avec la Tour de Nesle et le palais de la Reine Blanche. En fond de cour, se trouve un vestige, classé Monument Historique, d'une tour de l'enceinte de Philippe-Auguste dont la face extérieure donne aux nos 27-29 rue Guénégaud.

pastille 12 5 rue du Pont de Lodi

Bel et grand immeuble de rapport Empire très homogène datant du percement de la rue de Lodi vers 1802 sur le terrain du couvent des Grands-Augustins. Cette grande parcelle correspond à la pointe sud-ouest du couvent, à la place des jardins et des maisons financées par les Augustins. Trois corps de bâtiments y sont implantés autour d'une cour élégante. L'immeuble présente sur rue une façade en pierre de taille ayant conservé ses huisseries et ses garde-corps. Etage noble à fenêtres cintrées s'ouvrant sur deux balcons latéraux soutenus par des consoles. Grande porte cochère englobant le niveau d'entresol orné de bossages. La société de criminologie installa ici en 1814 un musée du Crime, dont les vitrines exposaient toutes sortes d'objets liés aux assassinats, aux procès retentissants et à la répression des criminels. Lors de la vente de l'ensemble en 1921, on y signalait encore un puits.

pastille 13 33 rue Dauphine – 12-14 rue Christine

Maison ou ancien hôtel d'Espagne présentant un soubassement (et une tourelle sur la rue Christine) du XVIIe siècle avec des façades remaniées au XVIIIe siècle. Rue ouverte en 1607 en même temps que la rue Dauphine et la rue d'Anjou (de Nesle) sur les terrains de l'hôtel et collège de Saint-Denis.

pastille 14 9 rue Christine

Maison en pierre de taille du XVIIIe siècle. Façade sur rue comportant cinq travées cantonnées par deux chaînes de refends. Décor sobre limité aux tables ornant les trumeaux. Baies cintrées portant des ferronneries remontées en tableau. Porche monumental. Mansarde à poulie. Selon Lefeuve, maison cédée en 1728 par le chancelier d'Aguesseau et sa famille à Ambroise Gaudin, secrétaire du roi ainsi que deux autres propriétés contiguës situées rue Dauphine. Rue ouverte en 1607 en même temps que la rue Dauphine et la rue d'Anjou (de Nesle) sur les terrains de l'hôtel et collège de Saint-Denis.

pastille 15 7 rue Christine

Maison en pierre de taille d'aspect du XVIIIe siècle comportant quatre travées. Baies cintrées portant des ferronneries remontées en tableau à l'étage noble. Porche monumental en léger avant-corps englobant l'entresol. Mansarde à poulie. Rue ouverte en 1607 en même temps que la rue Dauphine et la rue d'Anjou (de Nesle) sur les terrains de l'hôtel et collège de Saint-Denis.


pastille 16 5 rue Christine

Maison en pierre de taille élevée vers 1702 pour Pierre de Creil, maître à la cour des Comptes, seigneur du Grand-Mesnil, conseiller du roi (d'après Lefeuve). Façade composée de quatre travées et élevée de deux étages carrés sur rez-de-chaussée. Hautes baies cintrées à l'étage noble portant de belles ferronneries. Ancres extérieures très visibles en façade. Beau portail. Sur cour, la façade très élégante est rythmée à rez-de-chaussée par des arcades. L'américaine Gertrude Stein résida ici à partir de 1938 jusqu'à sa mort en 1946. Ancien escalier mentionné par Rochegude. Rue ouverte en 1607 en même temps que la rue Dauphine et la rue d'Anjou (de Nesle) sur les terrains de l'hôtel et collège de Saint-Denis.

pastille 17 6 rue Christine

Maison du XVIIe siècle. Elle fut la propriété et la résidence jusqu'à son décès de l'architecte du roi Pierre Le Muet et de son épouse Marie Autissier, petite-fille du maître-maçon Jean Autissier, promoteur du lotissement de la rue Dauphine en 1607. Elle présente une façade composée de deux travées et élevée de trois étages carrés conservant à rez-de-chaussée l'arcade d'une ancienne porte cochère. Appuis de fenêtre Louis XVI à rez-de-chaussée. Rue ouverte en 1607 en même temps que la rue Dauphine et la rue d'Anjou (de Nesle) sur les terrains de l'hôtel et collège de Saint-Denis.

pastille 18 19 rue des Grands Augustins

Ancien hôtel des Trois Charités Saint-Denis de 1635 ou hôtel de Saint-Cyr, partiellement reconstruit en 1742. Cet hôtel dépendant de l'abbaye de Saint-Denis, fut attribué à la Maison royale d'éducation de Saint-Louis à Saint-Cyr par un acte de 1686, puis confirmé par la bulle du pape Innocent XII en 1691 : la mense abbatiale de Saint-Denis fut réunie au monastère royal de Saint-Cyr, fondé par madame de Maintenon, pour éduquer les jeunes filles nobles. Les pensionnaires de Saint-Cyr, en instance d'entrée ou prêtes à retourner dans leur famille, y étaient hébergées. La Maison royale de Saint-Cyr posséda cet hôtel jusqu'en 1793, date à laquelle il fut saisi et vendu aux enchères publiques. Façade en pierre de taille composée de cinq travées principales et élevée de trois étages carrés sur rez-de-chaussée. Porte cochère dessinant une arcade. Beaux appuis de fenêtre en fer forgé Régence à tous les étages. Trumeaux ornés de tables. Passage cocher. Cour pavée. Trois escaliers et huisseries datant du XVIIe siècle. Inscription à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques par arrêté du 29 novembre 2004.

pastille 19 19 rue de Savoie – 13 rue des Grands Augustins

Maison d'époque Louis XIV avec porte cochère faisant partie du lotissement de l'hôtel de Nemours par le maître-maçon Simon Delespine à partir de 1672. Edifice référencé dans l’ouvrage “Demeures parisiennes sous Henri IV et Louis XIII”. Aspect actuel : belle maison d'angle du XVIIe siècle. Façade cantonnée par deux chaînes de refends et une puissante chaîne d'angle. Bandeaux d'étage. Lucarnes à fenêtres pendantes ornées d'ailerons se terminant en volute. Maison à rapprocher par son ordonnancement des nos 15 et 17 également construites par Delespine.

pastille 20 11 rue des Grands Augustins

Belle maison d’angle Louis XIV en pierre de taille, probablement contemporaine du percement de la rue (1672), à rapprocher par son style (appareillage, bandeau, proportion des baies, appuis) de la maison construite en 1666 rue Eginhard (4e arrondissement). L'angle présente une puissante chaîne de refends. Comme pour sa contemporaine de la rue Eginhard, les appuis ont reçu des garde-corps en tableau de style fin XVIIIe-début XIXe de forme ogivale au second étage.

pastille 21 5-7 rue des Grands Augustins

Les nos 5-7 sont édifiés à l'emplacement de l'ancien hôtel d’Hercule élevé vers 1470 pour Jean de La Drieche, président de la cour des Comptes et propriété en 1493 de Charles VIII. A une date indéterminée, l'hôtel fut englobé dans le vaste hôtel de Savoie-Nemours. En 1670, lorsque la duchesse de Savoie lotit son hôtel, les bâtiments aux nos 5-7 habités par les Carignan, branche cadette de la famille de Savoie, devinrent la propriété de mademoiselle de Bretteville qui les fit rénover. En 1761, Louis de Conflans, marquis d'Armentières, maréchal de France en 1768, hérita de l'hôtel au no 5, que l'on nomma l'hôtel de Conflans-Carignan. Ouvrant par un porche monumental, on y remarque sur cour, un cartouche décoré de cuirs enroulés, de rubans et d'une coquille ornant la clef de l'arcade. La demeure au no 7, devint l'hôtel Brière de Bretteville, résidence des Savoie-Carignan jusqu'à la Révolution, habité vers 1930 par le comédien Jean-Louis Barrault et résidence-atelier de Picasso entre 1937 et 1955 où il peint Guernica. Le corps de logis, couvert de tuiles, constitue en fait une ancienne aile de l'hôtel sis au no 5.

pastille 22 15 rue de Savoie

Maison d'époque Louis XIV avec porte cochère faisant partie du lotissement de l'hôtel de Nemours par le maître-maçon Simon Delespine à partir de 1672. Aspect actuel : façade en pierre de taille de deux travées et trois étages carrés, cantonnée par deux chaînes de refends. Au second étage, remarquables appuis de fenêtre en fer forgé portant un chiffre. Porte conservée à imposte ajourée et ornée d'un motif d'entrelacs en ferronnerie. Maison à rapprocher par son ordonnancement des nos 17 et 19 également construites par Delespine.

pastille 23 11 rue de Savoie

Maison Louis XIV avec porte cochère. Aspect actuel : belle façade en pierre de taille du XVIIe siècle composée de trois travées et élevée de trois étages carrés sur rez-de-chaussée. Appuis de fenêtre en fer forgé des garde-corps Louis XIV. Belle porte cochère conservée à vantaux en bois Louis XIV ornée d'une frise de postes. Escalier ancien documenté à cette adresse.

pastille 24 14 rue de Savoie

Hôtel particulier de la fin du XVIIe siècle. Deux portes cochères formant des arcades avec clé saillante sur un soubassement à bossages. Façade composée de quatre travées et de trois étages carrés sur rez-de-chaussée. Appuis de fenêtre de style Louis XVI. Rue ouverte en 1672 au travers de l’hôtel de Savoie-Nemours (6 rue Séguier), qui s’étendait jusqu’à la rue des Grands Augustins et qui fut lotie en 1670.

pastille 25 5 rue de Savoie

Maison conservant des proportions et une allure du XVIIe siècle avec des éléments de décor postérieurs (consoles des appuis XVIIIe). Terrasse à garde-corps dans le goût du XVIIe, porte en plein cintre à vantaux Louis-Philippe. Deux lucarnes passantes. Disposition des deux travées centrales en retrait et de biais par rapport à l'alignement, marquant la disposition générale de la parcelle qui suit la courbe de la rue Séguier au lieu d'être parallèle aux autres lots de la rue de Savoie.

pastille 26 4 rue de Savoie

Maison de la fin du XVIIe siècle vers 1670. Belle porte cochère avec encadrement dessinant une arcade ornée de refends et comportant une clé saillante. Façade en pierre de taille composée de quatre travées. Remarquables appuis de fenêtre en fer forgé Louis XIV aux deux premiers étages. Baies du troisième et dernier étage en plein cintre. Rue ouverte en 1672 au travers de l’hôtel de Savoie-Nemours (vestiges au 6 rue Séguier), qui s’étendait jusqu’à la rue des Grands Augustins et qui fut lotie en 1670.

pastille 27 3 rue Séguier

Maison de rapport de la fin du XVIIIe siècle ancien siège du bureau des Messageries pour la Normandie et la Bretagne. Elévation de trois étages carrés sur rez-de-chaussée. Appuis de fenêtre Louis XVI. Corniche à modillons. Porte cochère en plein cintre. Escalier mentionné par Rochegude. L'intérieur conserve de remarquables décors Louis XVI. L'immeuble est construit à l'emplacement de l'ancien hôtel de l'évêque de Lodève avant 1476, puis de Rodez. Rénové en 1590, il échut à Jérôme Le Maistre de Bellejamme (1620-1669), président de la Chambre des enquêtes, ainsi que les bâtiments des 9-11, 13 rue Séguier.

pastille 28 9 à 13 rue Séguier

Belles maisons du XVIIe siècle d'époque Louis XIV à façades en pierre de taille, propriétés de la famille du président Lemaître, conseiller au parlement à la fin du XVIIe siècle (selon Lefeuve). Anne Le Maistre céda ces maisons en 1700 à Jobard, maître-cordonnier ; il y organisa la confrérie des frères cordonniers de Saint-Crépin, fondée en 1645 par le baron de Renty et dissoute par la Révolution. Malgré une surélévation ultérieure de deux étages, la façade garde beaucoup de ses caractéristiques d'origine : ancres métalliques des tirants régulièrement disposées, appuis et garde-corps remarquables de style Louis XIV. Belle porte cochère avec appareillage en pierre.

pastille 29 16 rue Séguier

Hôtel du baron Séguier (1803-1848) premier président à la cour d'Appel de Paris et ancien hôtel de Moussy, d'Argouges (1695), de la Housse, de Flamarens (1728), de Marigny (1750) (selon Lefeuve, Rochegude). L'hôtel de Moussy, édifié au XVIIe siècle sur une immense parcelle, fut cédé en 1695 par Henri d'Orléans, marquis de Rothelin, à la veuve d'Henri d'Argouges, marquis de Rennes, seigneur de Fleury, gouverneur d'Alençon. Cité parfois sous le nom d'hôtel d'Argouges, il est plus connu sous le nom d'hôtel Séguier, du nom du baron Séguier, pair de France, qui y résida jusqu'à sa mort. Remarquable porte cochère sculptée de style Régence, surmontée d’une corniche soutenue par deux consoles et couronnée de balustres. La façade est très simple et a été quelque peu remaniée en 1849, époque où le président Séguier habitait la rue et lui laissa son nom. L'hôtel bénéficie d'une double orientation, sur le jardin et sur la cour.

pastille 30 18 rue Séguier

Hôtel d'Aguesseau puis de Nevers construit par Jean de La Caille vers 1714 pour Henri d'Aguesseau, ancien intendant du Limousin. Il se situe à l'emplacement de l'ancien hôtel du comte d'Eu, répertorié dès 1350, reconstruit en 1566 par Louis de L'Etoile, et détruit par un incendie en 1714. Bien que propriété d'Henri d'Aguesseau, il était en fait habité par son fils, le chancelier Henri-François d'Aguesseau, procureur général au parlement de Paris. Jurisconsulte célèbre, grand savant, érudit et écrivain, il compta parmi les hommes illustres du XVIIIe siècle. La porte cochère sur rue, qui bénéficie d'une inscription, est particulièrement remarquable : l'arc en plein cintre est appareillé en bossages ; des têtes de lions et des chutes de feuillages ornent les panneaux ovales surmontant le guichet. On retrouve les chutes de feuillages sur les trumeaux des fenêtres sur cour. Un oeil-de-boeuf, flanqué de deux figures en bas-relief, orne le vestibule accessible par la porte piétonne, placée à l'angle des deux corps de logis sur cour. Le propriétaire A. Voisin commanda en 1887, à l'architecte de Cabot un bâtiment de cinq étages et une surélévation des bâtiments anciens.

pastille 31 17 rue Séguier

Ancienne maison du XVIIe siècle présentant un portail monumental en pierre de taille orné d'un fronton porté par deux consoles ouvragées. Remarquables vantaux en bois. Ce portail donne accès à la maison construite sur une partie du petit hôtel d'Arras, loti en 1534. Une description anonyme la décrit ainsi “Maison sise à Paris rue Pavée, faisant encoignure de la rue Saint-André-des-Arts...consistant, du côté de ladite rue Pavée, à une porte cochère sous laquelle on peut mettre un petit carrosse, une cuisine à droite, un rez-de-chaussée, avec une petite cour dans laquelle est un puits”. Le théologien Jacques de Sainte-Beuve (1613-1677) naquit et mourut dans cette maison que sa famille posséda deux siècles durant.


Puce urbanisme Principaux repères bibliographiques

Jean-Pierre Babelon, Demeures Parisiennes sous Henri VI et Louis XIII, éditions Hazan, 1991
Dominique Leborgne, Saint-Germain-des-Prés, évolution d’un paysage urbain, Parigramme, 2005
Michel Gallet, Les architectes parisiens du XVIIIe siècle, dictionnaire biographique et critique, éditions Mengès, 1995
Pierre Pinon, Paris, Biographie d’une capitale, éditions Hazan, 1999
Charles Lefeuve, Les Anciennes maisons de Paris, Histoire de Paris, rue par rue, maison par maison, (cinq tomes), 1875
Gustave Pessard, Nouveau dictionnaire historique de Paris, Eugène Rey libraire, 1904
Marquis de Rochegude et Maurice Dumolin, Guide pratique à travers le Vieux Paris, Édouard Champion éd. 1923

Mise à jour le : 09 mai 2012
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