18e ardt : Du Bd de Clichy à la Place des Abbesses - Paris.fr
 

«« retour

Sommaire

Parcours d'architecture

D'autres parcours à travers Paris

Partager | Imprimer | A+ | A- | A=

Parcours d'architecture : un autre regard sur le patrimoine parisien

Parcours d'architecture

18e ardt : Du Bd de Clichy à la Place des Abbesses


Promenade sur la Butte Montmartre du boulevard de Clichy à la place des Abbesses

La Butte Montmartre occupe une place à part dans l'histoire et le paysage de Paris. Son patrimoine résulte d'une sédimentation progressive à partir d'un parcellaire d'origine rurale. Même s'il ne présente pas toujours un caractère architectural exceptionnel, son patrimoine joue une rôle déterminant dans le paysage de la rue. Peu denses et de facture modeste, les constructions édifiées sur la Butte Montmartre sont également particulièrement vulnérables. Dès lors, la protection de ce patrimoine particulier concerne avant tout des compositions urbaines remarquables (alignement de façade, type représentatif, juxtaposition pittoresque, connotation sociale ou historique des bâtiments). Elle prend en compte autant les témoins les plus anciens de l'habitat de la Butte, comme un certain nombre de maisons villageoises, que ceux plus tardifs caractéristiques de l'habitat populaire des faubourgs.
Puce urbanisme Parcours numéroté et descriptif des bâtiments remarquables 
Plan du parcours architectural, 18ème arrondissement
» Consulter le plan du parcours au format pdf (193 Ko)
Sur le plan, les pastilles rouges indiquent les édifices à observer.

Puce urbanisme Les caractéristiques architecturales de ces bâtiments :

Pastille 158-60 boulevard de Clichy et 11 rue Robert Planquette

Villa “les Platanes” réalisée vers 1895 par l’architecte Edmond Deloeuvre. Cette vaste propriété qui s’étire entre le boulevard et la rue Véron, se compose de plusieurs corps de bâtiments de style néo-Renaissance. Sur le boulevard, la façade en brique et pierre est rythmée par des bow-windows semi-circulaires et percée de deux arcades cintrées. Au fond de la cour, on voit un escalier à deux volées de part et d’autre duquel se dressent deux torchères. La porte de l’immeuble, encadrée par des colonnes composites baguées, est surmontée d’un mascaron couronné par demi-frontons cintrés. Par l’accès rue Robert Planquette, on peut encore distinguer le “pavillon des tilleuls”, maison du XVIIIe siècle, haute de trois étages, dominée par un fronton triangulaire orné d’une tête de lion.

pastille 2 64 boulevard de Clichy – 2 rue Coustou

Ancien hôtel Art déco construit en 1925-1926 par l’architecte Charles Lemaresquier pour la société immobilière Paris-Seine. Représentant du parti académique, opposé au parti moderne, Charles Lemaresquier est l’un des architectes les plus influents de son temps, auteur entre autres de la boucherie du magasin Félix Potin, boulevard de Sébastopol (1910) et de l’imposant Cercle Militaire de la place Saint-Augustin.
A rez-de-chaussée et en sous-sol de l’immeuble se trouvait le théâtre des Trois Baudets dont son producteur, Jacques Canetti, avait fait un creuset de la chanson française où se produisirent à leurs débuts, Brassens, Brel, Aznavour, Juliette Gréco, Henri Salvador… L’ensemble fait actuellement l’objet d’une réhabilitation complète en logement et salle de spectacle à l’initiative de la Ville de Paris.

pastille 3 4 rue Coustou

4 rue CoustouGarage construit en 1927 par l'architecte Gabriel Veissière pour la société immobilière Paris-Clichy. La façade arrière permet d'apercevoir l'ossature orthogonale de béton armé et son remplissage de briques. Sur rue, la façade principale, recouverte d'un enduit blanc, ne permet plus de voir la structure, mais le fonctionnement du garage : le volume arrondi qui la domine n'est autre que la rampe hélicoïdale qui relie les niveaux entre eux.
Ce garage constitue un exemple réussi du Mouvement moderne à Paris.
pastille 4 12 rue Lepic

12 rue LepicLe Lux-Bar possède un grand panneau de céramique réalisé en 1910 par Gilardoni qui anime le mur placé derrière le comptoir. La composition restitue l’ambiance de la place Blanche et son célèbre Moulin-Rouge dans une harmonie ocre-beige et vert-amande aux tonalités douces. Différentes scènes de la vie quotidienne – une marchande des quatre-saisons, un vendeur de journaux, deux automobiles et des passants flânant devant des boutiques – y sont représentées.
Ce type de décor présente l’avantage d’être inaltérable, facile d’entretien et répond à l’engouement général pour ce nouvel art décoratif qui au début du XXe siècle, se propagea dans les cafés, les commerces d’alimentation et sur certaines façades d’immeubles.

pastille 5 26-30 rue Véron

Ensemble de trois maisons sobrement composées, de style Restauration (1820-1830). Au no 26, la maison haute de trois étages, rénovée dans les années 1990, offre une niche semi-circulaire agrémentée d’une statue de femme surmontée d’un médaillon.

pastille 6 39 rue André Antoine

Au no 39, maison étroite de la première moitié du XIXe siècle ayant abrité en 1890 l’atelier du peintre Georges Seurat.


pastille 7pastille 8 20 rue des Abbesses - 24 et 26 rue des Abbesses

Ces trois immeubles de rapport du XIXe siècle situés et ouvrant de part et d’autre du passage des Abbesses fournissent une excellente illustration des protections dont bénéficie Montmartre depuis le plan de sauvegarde élaboré dès les années 1950 par Claude Charpentier et révisé en 1987. Leur protection se justifie essentiellement pour leur qualité urbaine, leur bonne intégration dans le site dont ils forment des articulations importantes. On remarquera le porche en plein cintre du 20 rue des Abbesses laissant deviner le passage en coude qui s’étend au-delà et le jardin en renfoncement devant la façade du 26 rue des Abbesses. Aussi les protections tiennent compte d’une subtile alchimie entre singularité et banalité montmartroise.

pastille 9 19 rue des Abbesses

Eglise Saint-Jean de Montmartre.
Elevée de 1897 à 1904 par l’architecte Anatole de Baudot avec les entrepreneurs Paul Cottencin et Degaine, le céramiste Alexandre Bigot et le ferronnier Emile Robert. L’église Saint-Jean de Montmartre, entreprise par Baudot en 1897 à l’âge de soixante-trois ans, constitue l’un des premiers manifestes de l’utilisation du ciment armé. Paradoxalement, ce recours novateur au ciment armé s’est imposé sous l’effet des contraintes économiques du projet et de la mauvaise qualité du terrain. Son initiative revient à l’abbé Sobeaux, curé de Saint-Pierre de Montmartre qui jugeait trop vétuste son église au  voisinage de la nouvelle Basilique. Le curé ne reçut pas le financement public espéré et le terrain qu’il acquit, en fort dénivelé, et composé de terres rapportées, rendait difficile les travaux en maçonnerie traditionnelle.
Il est probable que ce soit le constructeur Paul Cottancin, pionnier du ciment armé qui ait suggéré l’intervention d’Anatole de Baudot. Le ciment armé apportait en effet des réponses innovantes et économiques tant pour les fondations que pour la structure. Cottancin imagina une sorte de toile métallique dont la trame et la chaîne sont formées par le même fil de fer. L’ensemble des parois est constitué de briques creuses empilées dont la maille liaisonne tout l’édifice. Ce matériau qui pouvait être à la fois ossature et enveloppe, autorisait un système constructif révolutionnaire qui suscita un long contentieux avec l’administration et une interruption du chantier. Les piles en briques enfilées qui supportent tout le poids de la construction sont arrimées par des puits de 12 mètres de profondeur rempli de “béton de ciment” que l’on arma à partir de 2,50 mètres au-dessus du sol.
Saint-Joseph surprend par la présence systématique du béton, qui, bien exploité, a permis de créer avec une grande liberté des murs aux courbes parfaites et variées.
Les poutres rayonnantes à partir de l’ouverture en triangle sont une réussite technique, et les traitements de surface présentent la plus grande diversité : coffrage parfois apparent, ciment également poli ou gravé au marteau-piqueur de stries irrégulières, chemin de croix de F. Marlhens obtenu par moulage et niche du tabernacle laissant apparaître les cailloux mêlés au mortier. Cette maîtrise des techniques, l’intégration dans le gros œuvre d’éléments autrefois mobiles et l’usage de la lumière pour définir les espaces liturgiques font de l’église Saint-Joseph une œuvre pionnière de l’architecture religieuse contemporaine.


Et aussi…

pastille 10 40 rue Durantin

Cour de l’immeuble dite “cour aux juifs” comportant un escalier original à double volées et bordée d’immeubles d’époque Restauration. Elle servit de décor à de nombreux films.

pastille 11 29 rue Gabrielle

29 rue GabrielPavillon implanté en retrait de l’alignement caractéristique de l’ancien village de Montmartre à la fin de l’Ancien Régime et au début du XIXe siècle. Un fronton triangulaire, sans doute ajouté parce qu’il ne correspond pas à la largeur du bâtiment, est sculpté d’anges en train de jouer.

Puce urbanisme Principaux repères bibliographiques
Jean-Marc Léri, Montmartre, introduction par Yvan Christ. Postface par Claude Lépidis. Paris, H. Veyrier, 1983.
Danielle Chadych et Dominique Leborgne, Le Guide du Promeneur du 18e arrondissement, Parigramme éd. 1996
Simon Texier, Le 18e arrondissement, itinéraires d’histoire et d’architecture, Mairie de Paris, Direction Générale de l’Information et de la Communication, Action Artistique de la Ville de Paris, décembre 2000

Mise à jour le : 09 mai 2012
La carte de Paris - nouvelle fenêtre

La carte de Paris