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Les Balades du patrimoine

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Sur les traces de saint Jacques

De la rue Saint-Denis à la rue de Vaugirard

L’apôtre saint Jacques, frère de saint Jean l’évangéliste appartient au cercle rapproché du Christ. Premier des apôtres suppliciés, il meurt décapité en 44 à Jérusalem. On l’appelle parfois saint Jacques le Majeur afin de le différencier de saint Jacques (dit le Mineur), cousin germain de Jésus. Son activité apostolique après l’Ascension est méconnue, ce qui favorisa probablement le développement de la légende selon laquelle il aurait évangélisé l’Espagne, qui souhaitait rattacher l’histoire de son Église à celle d’un disciple du Christ.
En vérité, il n’a jamais prêché en Espagne et sa sépulture ne se trouve pas en Galice.

Cette légende a été introduite dans le contexte de la croisade contre les Maures (Reconquista) qui contrôlaient la majeure partie du pays depuis le début du VIIIe siècle. Dans le même esprit, les moines de Cluny favorisèrent le pèlerinage à Compostelle pour financer la reconquête chrétienne des terres espagnoles.

À Paris, de nombreux édifices (églises, chapelles, hôpitaux) dédiés à l’apôtre sont bâtis à partir du XIe siècle. Son culte est par ailleurs favorisé par le passage de la route vers Compostelle pour les pèlerins venus du Nord et de l’Est de l’Europe. Au Moyen Âge, la popularité de ce saint est telle que sa fête (le 25 juillet) est chômée dans la capitale. Peu de ces bâtiments sont encore visibles aujourd’hui. Demeurent les églises paroissiales Saint-Jacques-du-Haut-Pas et Saint-Jacques-Saint-Christophe-de-la-Villette, édifiées respectivement au XVIIe et au XIXe siècles, alors que le culte à saint Jacques avait déjà perdu de sa popularité.

 

La Tour Saint-Jacques est, depuis cinq siècles, un élément prédominant du paysage de la rive droite de la Seine. Avant d’être une « tour » singulière, ce fut le clocher de l’église Saint-Jacques-de-la-Boucherie, église qui, vendue comme bien national pendant la Révolution, fut alors dépecée comme carrière de pierre. En 1836, la Ville de Paris fit l’acquisition du clocher subsistant, isolé et abandonné, qui devint, au XIXe siècle, la « Tour » Saint-Jacques, ornement d’un des premiers jardins publics parisiens.

Au fil des siècles, la Tour – notamment le délicat décor sculpté et les statues – a été fragilisée par les nombreuses interventions humaines, les agressions climatiques et la pollution. Quatre interventions ont été effectuées en 150 ans, sans réussir à enrayer les chutes de pierre. Devenue dangereuse pour les visiteurs du square, un échafaudage a été installé à la fin de l’an 2000 pour d’une part protéger les passants, et d’autre part, permettre des études techniques et scientifiques approfondies afin de réaliser un diagnostic complet de son état. Le projet de restauration, qui a pour ambition de redonner vie à la Tour en conservant aussi bien les éléments du XVIe que du XIXe siècle, a été validé en 2004 par la Commission Supérieure des Monuments Historiques. Les travaux, qui ont duré plus de trois ans, se sont déroulés en concertation avec les services du Ministère de la Culture et se sont achevés fin 2009. La maîtrise d’ouvrage des travaux a été assurée par la Direction des Affaires culturelles de la Ville de Paris.


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Balades du patrimoine : puce1 Hôpital Saint-Jacques-aux-Pèlerins
Angle des rues Saint-Denis et Étienne-Marcel (1er arr.)

Pour les pèlerins qui traversent Paris, voici enfin un lieu de réconfort. Les pauvres et les malades y trouvent aussi secours et abri. Dans l’église, on peut vénérer les reliques du saint qui y sont conservées.
La confrérie de Saint-Jacques, formée en 1315 par d’anciens pèlerins, fait ériger entre 1319 et 1324, à l’angle de la rue Saint-Denis, un établissement qui s’étend à tout l’îlot à la fin du siècle. La confrérie est dissoute en 1672, et l’hôpital détruit en 1823. Les gravures anciennes font apparaître trois nefs parallèles, l’une est surmontée d’un campanile. Le portail sur la rue Saint-Denis permettait un accès latéral à l’église. Le cloître et le cimetière s’étendaient vers l’ouest, au milieu des logements et des maisons des chanoines. Du décor, il ne subsiste aujourd’hui que cinq oeuvres conservées au musée du Moyen Âge (Hôtel de Cluny), dont le magnifique Saint Jacques probablement dû à Robert de Lannoy.


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Balades du patrimoine : puce2 Église Saint-Eustache
Rue du Jour (1er arr.)

Saint-Eustache possédait autrefois une chapelle dédiée à saint Jacques, située à gauche de l’édifice au niveau de la cinquième travée. Depuis 1803, cette chapelle est désormais consacrée à saint Eustache, preuve du déclin du culte de l’apôtre après le XVIIe siècle, d’abord dans l’aristocratie puis à tous les niveaux de la population.
Les verrières du haut choeur sont, quant à elles, installées en 1631, presque un siècle après la pose de la première pierre de l’église. L’ensemble peint par Antoine Soulignac rassemble les quatre Pères de l’Église et les apôtres autour de la verrière d’axe où sont représentés le Christ ressuscité et saint Eustache. À droite du choeur, dans une lancette simple, saint Jacques le Majeur surprend. En effet, depuis le Moyen Âge, la représentation de saint Jacques suit trois variantes : Jacques l’apôtre, Jacques le pèlerin ou Jacques le chevalier. Ici, Soulignac a semble-t-il mêlé l’image du pèlerin (bâton, courtepointe sur les épaules) à celle de l’apôtre (livre de la Nouvelle Loi).


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Balades du patrimoine : puce3 Église Saint-Germain-l’Auxerrois
2, place du Louvre (1er arr.)

Cette clef de voûte, à l’aplomb de l’orgue, date probablement de la reconstruction de la nef de l’église au XVe siècle. Le motif de saint Jacques pèlerin témoigne du droit de patronage de la Collégiale sur la confrérie de Saint-Jacques qui bâtit en 1317, à l’angle des rues Saint-Denis et Étienne Marcel (anciennement rue Mauconseil), un hospice (Saint-Jacques-aux-Pèlerins). Saint Jacques présente sur cette clef de voûte les différents attributs caractéristiques du pèlerin de Compostelle : le bourdon ou bâton de marche, le chapeau à larges bords et bien sûr la coquille que les pèlerins revenant de Compostelle arboraient sur la poitrine ou sur leur besace.


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 Tour Saint-Jacques (vestige de l’église Saint-Jacques-de-la-Boucherie)
Square Saint-Jacques (4e arr.)

Les abbés de Cluny, dont dépendait l’église depuis 1119, et les Valois l’avaient généreusement dotée : on y vénérait le chef de saint Denis et plusieurs reliques de saint Jacques. Les deux pouvoirs encourageaient au pèlerinage, les uns pour les revenus qu’il leur procurait, les autres pour éloigner une noblesse remuante. La confrérie des bouchers fit installer au sommet de la tour qu’elle avait fait élever un grand saint Jacques (3,50 m). Cette statue fut remplacée en 1854 par une libre copie par Jean Louis Chenillon. L’apôtre y figure en pèlerin, dans un style très dépouillé. Il porte chapeau, marqué d’une coquille, et, vêtu de la houppelande et s’appuyant sur son bourdon, il présente un livre au riche fermoir symbolisant sa mission d’évangélisation. Il repose sur un clocheton de 5m de haut, de style flamboyant. Les jacquaires accomplissaient leurs dévotions dans ce haut lieu consacré au culte du saint.


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 Église Saint-Gervais-Saint-Protais
Place Saint-Gervais (4e arr.)

Au registre inférieur de l’un des vitraux de la haute nef figure sur deux niveaux une représentation équestre de saint Jacques combattant les Maures, en 844, à la bataille de Clavijo (troisième vitrail à droite en entrant). La scène met en valeur l’apparition légendaire du saint Matamore chargeant victorieusement à la tête des troupes du roi Ramire Ier l’armée d’Abd-al-Rahman. Cette iconographie de saint Jacques mettant en déroute les Infidèles fut amplement diffusée en Espagne au moment de la Reconquête et semble avoir été largement utilisée dans le décor parisien. Les panneaux qui furent créés au début du XVIIe siècle proviennent vraisemblablement d’une autre église de la Capitale, la baie où ils se trouvent aujourd’hui étant le fruit d’une recomposition sans doute récente (seuls la rencontre d’Abraham et de Melchisédech, au centre du vitrail, et le tympan, en haut, sont à leurs places d’origine).


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 Cathédrale Notre-Dame de Paris
Parvis Notre-Dame (4e arr.)

Avant de prendre leur chemin, les pèlerins avaient coutume de solliciter à Notre Dame la protection de saint Christophe, patron des voyageurs. On voyait en effet autrefois, à droite en entrant dans l’église, une statue colossale représentant saint Christophe portant l’enfant Jésus. Antoine des Essarts, conseiller et chambellan de Charles VI, se fit représenter dans « cette grande image et remembrance de monsieur St-Christophe, en l’an 1413 ». La statue, haute de 28 pieds (9m), fut abattue en 1785. On peut aussi reconnaître, parmi les apôtres figurant à droite du grand portail, un saint Jacques le Majeur (avec sa besace marquée d’une coquille) dont les traits ne sont pas sans évoquer Eugène Viollet-Le-Duc : ce grand admirateur du Moyen Âge s’est d’ailleurs fait représenter en jacquaire au portail de la chapelle du château de Pierrefonds dans l’Oise.


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 Église Saint-Séverin
1, rue des Prêtres-Saint-Séverin (5e arr.)

Jouxtant la rue Saint-Jacques, l’église Saint-Séverin date, sous sa forme actuelle, de l’extrême fin du Moyen Âge. Elle a reçu au XIXe siècle un ensemble de vitraux anciens qui furent alors très remaniés à la demande de l’architecte Victor Baltard, pour être adaptés à la dimension des fenêtres. L’une des baies du mur nord (la troisième à partir de l’entrée) montre, sous un dais, selon une disposition fréquente à partir du XVe siècle une figure en pied de saint Jacques. L’apôtre, debout sur un socle et détaché devant un drap damassé de couleur bleue, tient d’une main le livre de la Nouvelle Loi et s’appuie sur une épée, symbole de son martyre. Ses pieds sont nus comme le demande la tradition et le visage aux traits fins montre une belle intériorité. Le vitrail provient pour partie de la chapelle du collège de Beauvais. Déposé à la Révolution, il a figuré un temps à l’église Saint-Germain-des-Prés.


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 Hôtel des abbés de Cluny (musée national du Moyen Âge)
6, place Paul-Painlevé (5e arr.)

Les abbés de Cluny possèdent une maison à côté des thermes gallo-romains dès 1334. Celle-ci est détruite en 1470 pour laisser place à l’actuel hôtel qui devient un modèle pour l’architecture des hôtels parisiens. Son édification est très probablement initiée par Jean III de Bourbon, abbé de Cluny de 1456 à 1485, puis continuée par Jacques d’Amboise, qui fait sculpter les éléments de son blason et sa devise sur la façade de la cour. Les coquilles Saint-Jacques et le bourdon rappellent d’une part le pèlerinage rattaché au saint patron de l’abbé et d’autre part que l’abbaye bourguignonne de Cluny prend une part active à l’essor, au XIIe siècle, du pèlerinage vers Compostelle.


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 Couvent Saint-Jacques-aux-prêcheurs
158, rue Saint-Jacques (5e arr.)

Avant de courir vers le sud, l’ancienne via superior romaine franchissait ici les remparts. Jean de Barastre, d’abord médecin, puis chambellan de Philippe Auguste, établit, vers 1209, une hôtellerie gratuite pour les pèlerins. Cet hospice disposait d’une chapelle et d’une maison contiguë. Jean de Barastre, acquis à la cause de saint Dominique, l’y accueillit en 1219, pour y installer son ordre. Grâce au soutien de Louis IX, ces frères prêcheurs, qui prennent le nom de Jacobins, se développent très rapidement : le couvent de la rue Saint-Jacques devient l’un des collèges les plus fameux de Paris, l’école Saint-Thomas. L’église, remarquable, présentait deux vastes nefs de 80 mètres de long. Le couvent des Jacobins, qui s’étendait au delà des rues Victor-Cousin, Cujas et Mallebranche, disparut en 1790 : les bâtiments survécurent jusqu’en 1849, et son portail rue Saint-Jacques fut démoli en 1866.


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 Église Saint-Jacques-du-Haut-Pas
252 bis, rue Saint-Jacques (5e arr.)

L’église Saint-Jacques-du-Haut-Pas, élevée à partir de 1584, prit le vocable de l’ancien hôpital et de la chapelle qui, à proximité, accueillaient au Moyen Âge les pèlerins en route pour Compostelle. Elle renferme aujourd’hui plusieurs oeuvres représentant la figure de saint Jacques. Parmi celles-ci, une statue en pierre d’époque médiévale montre le disciple du Christ coiffé du chapeau de pèlerin à larges bords garni de coquilles, présentant le livre de la Nouvelle Loi (première chapelle après la sacristie). L’église s’est enrichie il y a une trentaine d’années, grâce à un don privé, d’un bas-relief en bois patrimoine(déambulatoire) montrant le saint prêcheur adorant la Vierge qui lui apparaît, selon la tradition, assise au sommet d’une colonne, entourée d’un choeur d’anges. Deux pèlerins prosternés, d’échelle réduite afin de rendre sensible la différence entre le monde humain et le monde divin, ferment la composition à droite.


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 Église Saint-Joseph-des-Carmes
70, rue de Vaugirard (6e arr.)

La seconde chapelle à gauche dans la nef est dédiée à saint Jacques en raison du prénom de son fondateur, Jacques d’Estampes, seigneur de Valençay qui en acheta la concession en novembre 1635, juste après le décès de son épouse. Elle est décorée à la voûte de quatre scènes de la vie du saint montrant le Christ appelant à sa suite Jacques et André, la représentation de sa décollation, la bataille de Clavijo où le saint à la tête des escadrons de León et de Castille mit les Maures en déroute et un groupe de lépreux et d’infirmes accomplissant le pèlerinage au tombeau de l’apôtre. Ces peintures qui entourent une représentation de la transfiguration du Christ sont dues au pinceau de Abraham van Diepenbeek, tandis que le tableau d’autel consacré à la figure de saint Jacques pèlerin est l’oeuvre de Pieter van Mol dont la culture anversoise et le style rubénien furent immédiatement célèbres à Paris dès son arrivée dans la Capitale vers 1630.


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Église Saint-Joseph-des-Carmes

 

 

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Mise à jour le : 14 avril 2014
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