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Les Balades du patrimoine

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Statues sur les ponts

De Notre-Dame au Grand-Palais

 
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Les principaux ponts de Paris ont été créés ou reconstruits au cours du 19e siècle. Parce qu’à l’époque, toute architecture d’importance comportait un programme ornemental, la plupart d’entre eux ont été décorés de statues. Toutes, ou presque, sont encore en place formant un ensemble qui mérite d’être mieux connu.

 

En raison de la charge supplémentaire que la statue impose aux ouvrages, les oeuvres sont installées, soit au niveau supérieur - de préférence aux entrées, là où le pont s’ancre dans la terre ferme -, soit sur les avant-becs des piles, en regard du fleuve. Le pont Alexandre III constitue toutefois une exception. Conçu principalement pour éblouir les visiteurs de l’Exposition Universelle de 1900, il a été traité comme un vaste surtout décoratif jeté sur le fleuve.

 

Si certains des programmes statuaires (allégories du Commerce, de l’Industrie, de l’Abondance, de la Richesse) reflètent le rôle économique du pont construit pour réunir les différents quartiers de la ville, les régimes autoritaires ont préféré utiliser les ouvrages à des fins politiques. La statuaire évoque alors, sur les parapets ou au niveau du fleuve, les conquêtes militaires des souverains (pont d’Iéna sous Napoléon Ier ; pont de l’Alma construit sous le Second Empire).

 

Les ouvrages construits à l’extrême fin du 19e siècle et au début du siècle suivant donnent un rôle nouveau à la statuaire et ouvrent la voie à une synthèse expressive entre l’ornement et le pont (pont de Bir-Hakeim). Passé 1900 toutefois, l’ornement accusé de camoufler l’ouvrage disparaît presque complètement laissant le pont à son seul pari technique.

 

 
A la découverte des statues sur les ponts de Paris


Cliquez sur les puces numérotées du plan pour avoir la description

 



Balades du patrimoine : puce1 Pont de la Tournelle

Le pont, en partie submergé en 1910, a été reconstruit au milieu des années 1920 par les architectes Pierre et Louis Guidetti. La commande du groupe en pierre, érigé au sommet du pylône à la jonction des deux arches, fut, elle, donnée au sculpteur Paul Landowski, auteur de nombreux autres monuments parisiens. L'œuvre représente Sainte Geneviève protégeant la Ville de Paris, montrée sous les traits d'une fillette serrant contre elle la nef municipale.
Le sculpteur jugeait la hauteur du piédestal trop élevée. Il contesta également l'orientation donnée à la sculpture qui regarde la Seine, rappelant ainsi le rôle de Sainte Geneviève face à la menace des Huns venus de l'Est par le fleuve. Disposé ainsi, le groupe tournait le dos à Notre-Dame ce qui déclencha une polémique au sein même du Conseil municipal retardant l'inauguration du pont. La sculpture dont la forme prolonge la ligne montante du pylône offre la particularité d'être la dernière statue installée sur un pont de Paris (1928).


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Balades du patrimoine : puce2 Pont-Neuf

La première statue royale rétablie à Paris, après la Révolution et l'Empire, fut celle d'Henri IV, choisie en raison de l'affection qu'une majorité de la population portait au fondateur de la dynastie des Bourbons. Une souscription populaire fut même lancée pour financer la commande du monument. Une œuvre provisoire accueillit Louis XVIII sur le pont en mai 1814. Exécutée en plâtre par le sculpteur Roguier, elle fut remplacée en 1818 par un groupe en bronze de François-Frédéric Lemot fondue avec les débris du Napoléon de la colonne Vendôme. Un arc de triomphe avait été installé à l'arrière de l'œuvre pour le jour de l'inauguration qui se déroula au milieu des réjouissances populaires. Deux bas-reliefs furent ajoutés sur le piédestal en 1820.
L'un représente Henri IV distribuant du pain aux Parisiens et le second l'entrée d'Henri IV dans Paris (1594). Les deux épisodes tirés de la légende du bon roi Henri suggéraient un rapprochement avec la personne de Louis XVIII.


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Balades du patrimoine : puce3 Pont du Carrousel

Le pont actuel, qui remonte à la fin des années 1930, a remplacé l’ouvrage construit, plus en amont, par l’ingénieur Polonceau sous la Monarchie de Juillet. Les quatre statues en marbre commandées au sculpteur Louis Petitot pour décorer l’entrée sur chaque rive de l’ancien pont ont été conservées, après quelques hésitations, dans le nouvel ouvrage. Les deux groupes, situés rive droite, sont des représentations allégoriques de l’Industrie et de l’Abondance, certains de leurs attributs évoquant le commerce et la richesse (caducée et ailes de Mercure pour L’Industrie et écrin de bijoux pour L’Abondance). Elles renvoient à la dimension économique du programme tandis que les représentations assises de la Seine et de la Ville de Paris, sur l’autre rive, tiennent compte du caractère public de l’ouvrage. Le pont, parce qu’il facilite les échanges entre les deux rives, contribue au développement industriel et commercial de la Capitale. L’idée est développée par le roi Louis-Philippe dans son discours d’inauguration. Les statues étaient à l’origine élevées sur des piédestaux en fonte abritant les bureaux destinés à la perception du péage.


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Pont Alexandre III

Construit pour l’Exposition Universelle de 1900, le pont Alexandre III, enrichi de multiples décors aux formes variées, a fait l’objet également d’un vaste programme statuaire en partie consacré à l’alliance franco-russe. Au centre de la grande arche, le groupe des Nymphes de la Seine avec les armes de la Ville de Paris répond symboliquement à celui des Nymphes de la Neva avec les armes de la Russie, disposé de l’autre côté, face à l’aval. Ces compositions, en cuivre martelé, sont dues à G. Récipon, sculpteur des quadriges du Grand Palais .
Le projet d’installer au pied des pylônes, qui marquent l’entrée du pont, des allégories représentant les règnes de Louis XIV et de Pierre le Grand a été délaissé, en revanche, au profit d’un programme plus traditionnel évoquant les grandes périodes de l’Histoire de France : La France de la Renaissance et La France de Louis XIV (rive gauche, par J. Coutan et L. Marqueste) et La France de Charlemagne et La France contemporaine (rive droite, par A. Lenoir et G. Michel). Au sommet des pylônes, les Renommées dorées tournées vers le Grand et le Petit Palais , construits eux aussi pour l’Exposition Universelle, symbolisent les Arts et les Sciences (par E. Fremiet) tandis que, sur l’autre rive, ces mêmes figures de Renommées tournées, elles, vers les Invalides sont des allégories de l’Industrie et du Commerce (par Cl. Steiner et P. Granet).
Les groupes en pierre présents sur les parapets du pont, rive gauche et rive droite, sont l’œuvre de J. Dalou et G. Gardet (Lions et enfants) et les Génies avec poisson ou coquillages sont dus, rive droite, à l’auteur du monument de la place de La République, L. Morice et, rive gauche, à A. Massoule.


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Pont des Invalides

Le pont des Invalides fut reconstruit en 1855 à l’occasion de l’Exposition Universelle organisée aux Champs-Elysées. La pile médiane sert de piédestal à deux figures de Victoires, symbolisant, l’une, côté amont, La Victoire terrestre et l’autre, côté aval, La Victoire maritime. Elles sont dues à Victor Vilain et Georges Diebolt et font référence aux succès militaires remportés par Napoléon III en Crimée. Le décor du pont fut complété en 1862 par l’installation au-dessus des piles latérales de Trophées militaires sculptés en haut relief par A.S.Bosio. À l’occasion de travaux de restauration exécutés en 1881 pour réparer les dommages occasionnés au pont par la débâcle de la Seine, une tête de Méduse surmontée de branches de laurier fut substituée au chiffre et à la couronne impériale qui décoraient jusque-là le bouclier au centre des Trophées.


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Pont de l’Alma

Après l’achèvement de la construction du pont destiné à commémorer la victoire des troupes franco-anglaises sur l’armée russe, Napoléon III décida que quatre militaires en tenue symbolisant les différentes armes ayant participé à la bataille de l’Alma seraient placés sur les piles de l’ouvrage. Georges Diebolt fut désigné pour représenter, côté amont, les figures du Grenadier et du Zouave et Auguste Arnaud, côté aval, celles de l’Artilleur et du Chasseur à pied. Les sculptures mesurant 6 mètres de haut furent inaugurées le 15 août 1858, jour de la fête de l’Empereur. Seule la statue du Zouave, rendue célèbre par la crue de 1910 et bien connue des Parisiens, a été conservée en place lors de la reconstruction complète du pont au début des années 1970. Les trois autres ont été déplacées à Vincennes (Le Chasseur à pied domine aujourd’hui l’autoroute A4 en venant de l’est), Dijon (Le Grenadier) et La Fère (L’Artilleur) en écho à la création par Louis XV, dans cette ville de l’Aisne, de la première école d’artillerie de France.


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Pont d’Iéna

Pour décorer le pont d’Iéna, Napoléon Ier avait prévu de faire installer aux extrémités de l’ouvrage les statues équestres de quatre généraux de la Grande Armée tués pendant la campagne de Prusse (1806). La réalisation de cet ensemble, remise en question par la chute de l’Empire, trouve un certain écho dans le décor actuel. Les quatre groupes sculptés installés aux entrées du pont montrent en effet des chevaux guidés par des guerriers (Guerrier arabe, par Jean-Jacques Feuchère et Guerrier grec, par François Delvaux, côté rive gauche ; Guerrier gaulois, par Auguste Préault et Guerrier romain, par Louis Daumas, sur la rive droite). Les œuvres, commandées en 1850 et achevées sous le Second Empire, évoquent la représentation traditionnelle des Dioscures. L’iconographie choisie pourrait également avoir pour arrière plan la transformation en hippodrome, au milieu du 19e siècle, du Champ de Mars auquel le pont donne accès. Sur les piles, les aigles sculptés par Barye en 1850 ont remplacé le chiffre de Louis XVIII mis en place sous la Restauration en substitution de l’Aigle impérial.


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Pont de Bir-Hakeim

Le pont, construit peu après 1900, tire son originalité de la réunion dans un même ouvrage d’une chaussée routière et d’une voie aérienne destinée au passage du métro. Au centre du viaduc ferroviaire, les écoinçons de l’arche de maçonnerie sont occupés par les figures de la Science et du Travail (par Jules Coutan sur la face amont) et celles de l’Electricité et du Commerce (d’Antoine Injalbert de l’autre côté). La formule retenue pour le décor du pont est plus novatrice. Gustave Michel a sculpté à la retombée des arcs, faisant corps avec l’ouvrage, huit figures de forgerons et de mariniers à la musculature puissante fixant aux fermes du pont le cartouche de la République ou celui de la Ville de Paris. En 1930 a été installé sur le belvédère amont du pont le groupe de la France renaissante. Cette curieuse évocation de la figure de Jeanne d’Arc, œuvre du sculpteur Holger Wederkinch, est un don de la colonie danoise de Paris à la Ville.


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Pont de Grenelle

La Liberté du pont de Grenelle est une réduction de la statue érigée à New-York. Donnée par la colonie américaine de Paris à la Ville, elle était destinée à l’origine au décor de la place des Etats-Unis (16e arrondissement) où se trouve un autre monument du sculpteur Bartholdi représentant les deux héros de l’indépendance américaine, Washington et Lafayette. Le bronze monumental a rejoint le pont de Grenelle pour l’Exposition universelle de 1889. Il a été séparé du pont, dont il occupait le sommet d’une des piles, au moment de la reconstruction de l’ouvrage dans les années 1960 et installé alors sur un socle isolé à la pointe de l’allée des cygnes. À l’origine tournée vers l’amont et le centre de Paris, la statue est aujourd'hui tournée vers l'embouchure. C’était le souhait de Bartholdi qui avait énergiquement réclamé, sans être suivi, ce face à face de son œuvre avec la lointaine Amérique.


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Pont Mirabeau

L’harmonie des lignes et la pureté de la structure que rien, à la différence du pont Alexandre III, ne vient cacher au regard, semble avoir compté, ici, avant toute autre recherche décorative. La sculpture, commandée à Antoine Injalbert, a été cantonnée aux piles. Le programme est traditionnel : côté rive gauche, deux allégories féminines incarnent le Commerce et l’Abondance tandis que, de l’autre côté, deux figures symbolisent l’une, la Ville de Paris et l’autre, la Navigation. L’intérêt réside dans la mise en œuvre particulière des bronzes autour des piles, le dynamisme des figures, dont le mouvement par rapport au fleuve s’inverse d’une rive à l’autre, contrastant avec l’ordonnance rigoureuse du pont. L’effet produit – deux nymphes remontent le fleuve tandis que les deux autres le descendent – ne manque d’ailleurs pas de saveur.


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Pont Alexandre III Pont de Grenelle Pont de l'Alma Pont Mirabeau


Puce cultureTout savoir sur la balade :


La Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris entretient à travers la capitale environ six cent statues et monuments commémoratifs qui appartiennent au patrimoine municipal. Ces oeuvres qui, pour la plupart, datent des débuts de la Troisième République, sont le fruit d’une politique active de commande destinée, selon les voeux des élus parisiens, à pourvoir au décor des squares ou de la rue. Parmi elles, figurent quelques-uns des chefs-d’oeuvre de la sculpture française : La fontaine des quatre parties du monde de Carpeaux ou Le Triomphe de la République de Dalou.


Le 20e siècle a longtemps été plus hésitant dans ce domaine, mais depuis une vingtaine d’années, la Ville de Paris a renoué avec la tradition de la commande publique. En 2004, elle a mis en place un Comité de l’Art dans la Ville, comité consultatif, rassemblant élus et experts, chargé de donner des avis sur la politique menée dans ce domaine. Avec lui, la Ville de Paris a ainsi réalisé 35 commandes publiques d’œuvres pérennes ou éphémères entre 2004 et 2008. De la Tour d’exercice de Wang Du (Paris 17e), à la Danse de la fontaine émergente de Chen Zhen (Paris 13e) ou à la Forêt de candélabres du collectif berlinois Inges Idee (Paris 19e), elles sont à découvrir à travers Paris…

 

 

Ville de Paris / DAC / Août 2008 ; © Ville de Paris – C. Fouin, J.M. Moser, C. Pignol

 

 

PARCOURS A FAIRE EN FAMILLE, ET EN S'AMUSANT

Un parcours à faire en famille et rythmé par d'amusantes anecdotes et autres petits jeux ludiques...


Statues sur les ponts

Mise à jour le : 18 décembre 2014
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