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Les Balades du patrimoine

Toutes les balades

Paris et ses faubourgs

Le paysage parisien dans le décor de l’Hôtel de Ville

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Le Salon des Sciences

Balades du patrimoine : puce1 Le petit bras de la Seine au Pont-Neuf
Stanislas Lépine (1835-1892)

Proche de Boudin et de Jongkind et ami de Corot, auquel son style est souvent associé, Lépine s’est spécialisé dans les vues de Paris qu’il expose régulièrement au Salon à partir du milieu du Second Empire. L’eau, dont il excelle à capter les reflets et les scintillements, est omniprésente dans sa peinture. Le panneau de l’Hôtel de Ville , peint peu avant sa mort, montre l’ultime fascination de l’artiste pour les ponts et les berges de la Seine qui constituent, avec les rues de la Butte Montmartre, le thème principal de son oeuvre.


Balades du patrimoine : puce2 L’Ile de la Grande-Jatte
Emile Barau (1851-1930)

Rendus célèbres par le tableau de Georges Seurat, Un dimanche après-midi à l’île de la Grande-Jatte (1886), le site et ses guinguettes furent fréquentés jusqu’au 20ème siècle par de nombreux artistes. De Claude Monet à Albert Gleizes, les plus grands se retrouvèrent ici au côté des familles venues de Paris le dimanche. Emile Barau délivre de l’île une représentation synthétique à l’image du reste de son oeuvre nourrie de paysages champenois (Reims, Musée Saint-Denis) qui, avec ses vues de Hollande, forment l’essentiel de sa peinture.


Balades du patrimoine : puce3 Le Val de Grâce
Lugi Loir (1845-1916)

Observé de la rue de la Santé, le Val de Grâce vibre dans la chaleur de l’été. La couleur de juillet avive les tons et renforce les contrastes. L’artiste, grand spécialiste des paysages parisiens, doit sa réputation à la qualité décorative de ses vues urbaines animées d’une foule anecdotique, ce qui le rapproche d’un autre grand peintre des rues de la Capitale, Jean Béraud, curieusement absent des murs de l’Hôtel de Ville  (Un coin de Bercy pendant l’inondation, Paris, Musée du Petit Palais ).


 Le bassin de l’Arsenal
Pierre Vauthier (1845-1916)

L’oeuvre de l’artiste laisse en général percevoir un goût pour les scènes animées d’une grande fidélité, bien adapté à l’évolution du décor public vers le réalisme documentaire (Le jour du couronnement de la rosière, Mairie de Bagnolet, 1893). Vauthier peint ici, dans une veine différente, proche de la lignée impressionniste, cette vue du bassin de l’Arsenal observé par temps de neige à travers le filtre gris d’une lumière d’hiver. Le paysage, embrassé d’un seul coup d’oeil, rejette le pittoresque auquel cède souvent, à l’époque, la peinture de paysage.

Le Salon des Arts


 La Seine au Bas-Meudon
Gustave Colin (1828-1910)

La vue est prise de la pointe de l’Ile Saint-Germain et permet d’apercevoir, au-delà du viaduc franchissant la Seine, l’ancien palais du Trocadéro et la Tour Eiffel. De tous les paysagistes de l’Hôtel de Ville, Colin est l’un de ceux dont la technique se rapproche le plus de celle des impressionnistes. Par un jeu de touches ténues, il apprivoise la lumière et capte ainsi à la surface de l’eau la transparence des reflets solaires. On remarquera également dans l’organisation du groupe au premier plan une citation directe de Pèlerinage à l’île de Cythère de Watteau (Paris, Musée du Louvre ).


 La Marne au pont de Champigny
Jean-Joseph Bellel (1816-1891)

Parmi les paysagistes de l’Hôtel de Ville, Jean-Joseph Bellel est le seul à avoir pratiqué l’art du paysage historique auquel il s’était formé, à l’Ecole des Beaux-Arts , dans l’atelier du peintre Caruelle d’Aligny (La fuite en Egypte, Paris, Eglise Saint-Pierre-du-Gros-Caillou). De ce premier enseignement, il lui est resté toute sa vie le goût des compositions très construites, d’un caractère idéal. Le tableau reproduit une oeuvre précédemment exécutée par le même peintre pour l’ancien Hôtel de Ville.


 Le port Saint-Nicolas
Charles Lapostolet (1824-1890)

Le port Saint-Nicolas, qui fut, jusqu’en 1942, l’un des principaux lieux de l’activité portuaire à Paris, tirait son nom de la présence ancienne, à proximité, de l’église Saint-Nicolas-du-Louvre. Si le peintre cherche à restituer l’animation du port, il s’attache également à rendre les mouvements du ciel dont il capte le reflet à la surface de l’eau ou sur la berge. Son art à la foi réaliste et sensible situe Lapostolet en marge des Impressionnistes parmi les artistes qui, sans s’écarter de la tradition naturaliste, s’intéressent avant tout au rôle joué par la lumière.


 La Seine à Bougival
Louis Français (1814-1897)

Français fut l’un des premiers paysagistes à fréquenter Bougival. L’artiste y a peint en compagnie du peintre Célestin Nanteuil, de nombreuses toiles qu’il signait ensuite du nom de Français, élève de Bougival. Castagnary disait de son oeuvre “que tout y est dessiné, depuis le brin d’herbe qui fleurit à terre jusqu’à la feuille qui tremble à la cime des arbres.” Dans cette représentation tardive du site, l’artiste a mis de côté sa minutie habituelle au profit d’un effet de composition qui oppose un arrière plan baigné de lumière au vallon déjà gagné par l’ombre.



Le Salon des Lettres


 Les carrières d’Arcueil
Louis Henri Saintin (1846-1899)

L’entrée des carrières ainsi que l’aqueduc, visible au loin et dont l’étage supérieur avait été construit pour conduire à Paris les eaux de la Vanne, furent souvent représentés par les peintres, à la fin du 19ème siècle, pour caractériser le site d’Arcueil (Mairie d’Arcueil, salle des mariages, 1885). Louis Saintin en donne ici une version automnale où le soleil du matin peine à dissiper la brume. Le peintre, qui fut élève de Pils, opta très tôt pour la peinture de paysage qu’il pratiqua dans un style clair, à la fois solide et lumineux que l’on retrouve ici (L’anse d’Erquy, Rennes, musée des Beaux-Arts).


 La place de la Concorde
Emmanuel Lansyer (1835-1893)

Avant de découvrir la peinture de paysage aux côtés de Courbet puis d’Harpignies, Lansyer avait, au début de sa carrière, pratiqué le dessin d’architecture dans l’atelier de Viollet-le-Duc et participé, à ses côtés, à la restauration de la cathédrale d’Auxerre. Les relevés de monuments restèrent, tout au long de sa vie, une source importante d’inspiration, comme le montre cette vue de la place de la Concorde conçue principalement pour mettre en valeur l’environnement architectural du site. Les petites silhouettes qui accompagnent la composition pourraient être d’une autre main.


 La fontaine Médicis
Jean-Baptiste Antoine Guillemet (1843-1918))

Guillemet fut l’ami de Zola et resta jusqu’au bout fidèle à la démarche naturaliste qu’incarnaient ses maîtres Corot et Daubigny. Il peignit à de nombreuses reprises les bords de la Seine et les paysages urbains des environs de Paris (Bercy en décembre, Paris, Assemblée Nationale). Le paysage représenté ici est, comme chez les peintres de Barbizon, habité de silhouettes minuscules rejetées au second plan, loin de l’observateur. A la différence des Impressionnistes, la nature est, chez ces paysagistes, associée au sentiment de la solitude.


 La Seine au Pont Saint-Michel
Eugène Berthelon (1829-1914)

La précision du rendu rapproche ce panneau, peint d’une touche fine et menue, de l’art de l’illustration. La densité des formes, à peine habillées d’une lumière délicate, donne cependant à cette vue de la Seine et de Notre-Dame  une réelle puissance. Le peintre s’est fait connaître, après la guerre de 1870, par deux vues montrant les ruines de la Cour des Comptes, incendiée sous la Commune, travaillées dans un même esprit documentaire (Compiègne, château).



Galerie des Tourelles


 Les environs de Jumièges
Léon Germain Pelouse (1838-1891)

Le motif choisi par le peintre – la Seine à Jumièges – n’a qu’un rapport lointain avec le thème général des paysages de l’Hôtel de Ville consacrés de façon plus directe aux vues de Paris ou de banlieue. La facture de l’oeuvre est caractéristique de l’art de Pelouse qui aime peindre, dans des tonalités de vert et de brun, des paysages où la nature enchevêtrée se reflète dans une eau tranquille baignée de l’éclat du ciel. Le peintre avait découvert les sites de la basse vallée de la Seine dans les années 1860 lorsque la ligne de chemin de fer venue de Paris fut prolongée au-delà de Rouen jusqu’à la mer.


 Le jardin du Luxembourg
Henri Harpignies (1819-1916)

Le peintre resta, tout au long de sa carrière, fidèle à la leçon de Corot et des peintres de Barbizon. “L’air, avait-il l’habitude de dire, c’est Corot qui l’a trouvé le premier.” A la façon de son maître, Harpignies soigne ses ciels qu’il peint clairs et fluides comme ici où l’ensemble de la composition baigne dans une douce pâleur grise à peine réveillée par le reflet d’un soleil d’automne. Au premier plan, la lumière découpe le tronc rugueux des arbres, composant un motif que l’on retrouve souvent, chez l’artiste, traité avec une grande élégance.


 Le jardin des Tuileries
Frédéric Montenard (1849-1926)

Frédéric Montenard fut avant tout le peintre des paysages de Provence cernés d’une palette claire et qui lui ont donné le goût de la lumière dont il a inondé ses grands décors (Paris, Sorbonne et Gare de Lyon ; Montpellier, Préfecture). Le panneau de l’Hôtel de Ville, baigné d’un ciel d’azur sur lequel s’enlève le rougeoiement des marronniers, s’inscrit dans cette veine du paysagisme porté par les effets colorés qui fut très en vogue après 1900.

Le Val de Grâce
Lugi Loir (1845-1916)
Les environs de Jumièges
Léon Germain Pelouse (1838-1891)
La Seine au Pont Saint-Michel
Eugène Berthelon (1829-1914)


Puce cultureTout savoir sur la balade :

«Le domaine du merveilleux et de la fable est aujourd’hui moins riche que celui de la réalité» avait tranché la Révolution, révisant ainsi une hiérarchie des genres qui, depuis l’âge classique, avait relégué la peinture de paysage au rang des expressions mineures.

Une étape importante est franchie au début du 19e siècle avec la création d’une classe de paysage à l’Ecole des Beaux-Arts qui contribue à modifier l’oeil de l’artiste désormais appelé à découvrir le réel à travers la nature. Quittant l’univers clos de l’atelier, les peintres de Barbizon et leurs successeurs seront, après 1830, les défenseurs d’une peinture naturaliste composée directement sur le motif. Ils s’approprient, avant les impressionnistes, les phénomènes atmosphériques et lumineux et enrichissent la peinture d’une iconographie nouvelle. Paris et sa banlieue retiennent tout particulièrement leur intérêt. Jongkind, que Manet qualifia de «père de l’école des paysagistes», peint ainsi, sous le Second Empire, de grandes vues de la Capitale qui annoncent, à bien des égards, nombre de panneaux commandés en 1890 pour le décor de l’Hôtel de Ville.

Il faut, en effet, attendre la fin du siècle pour voir la peinture de paysage gagner les murs des bâtiments officiels jusqu’alors dévolus à la peinture allégorique. Les édiles parisiens voulaient un palais municipal qui fut aussi un musée de l’art français du temps. La réponse est plus modeste mais tout aussi attractive tant elle démontre l’extrême vitalité de la peinture de paysage autour de 1900 avant que la grande fracture du modernisme ne bouleverse radicalement l’univers pictural.

La peinture de paysage à l’Hôtel de Ville

 

La commission formée en 1887 pour élaborer les principes du décor intérieur de l’Hôtel de Ville avait décidé que les murs des espaces de réception seraient décorés de vues de Paris ou de banlieue tout en laissant les artistes libres du choix des sujets.

Une quarantaine de panneaux furent commandés. Ils font la part belle aux berges de la Seine et à la poésie des jardins publics comme si les artistes avaient voulu conserver, à l’Hôtel de Ville, la trace d’une nature déjà menacée par l’urbanisation. Dans de nombreuses peintures, la ville est comme rejetée au loin, presque invisible à l’oeil, au-delà de l’eau ou d’un rideau d’arbres abritant un monde renfermé sur lui-même.

A l’opposé de cette vision qui s’inscrit dans la tradition de la peinture de paysage au 19ème siècle et rejoint celle des peintres de Barbizon, un petit nombre de panneaux donne de la Ville une image plus vivante et plus colorée. Quelques scènes de rue mettent en valeur les monuments les plus célèbres de la Capitale. La palette devient alors plus claire et le style fait de petites touches captant la lumière se rapproche de celui des impressionnistes.

 

Ville de Paris / DAC / Août 2008 ; © Ville de Paris – C. Fouin, J.M. Moser, C. Pignol

Mise à jour le : 18 décembre 2014
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