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Les Balades du patrimoine

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Mythes et réalités

De la fontaine Saint Michel (5e) au Jardin des Plantes (5e)
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Parmi tous les arts plastiques, la sculpture présente une vertu singulière : à la différence de la peinture et de tous les arts graphiques, elle se développe directement dans l’espace et transmet une image à trois dimensions, visible en tous sens et selon tous les angles. Elle donne ainsi une description très immédiate du sujet qu’elle représente, sans passer par des codes de figuration comme la perspective, ce qui la rend instantanément accessible à tous. Bien mieux, elle produit des objets que l’on peut toucher, autour desquels on peut tourner, changeant avec la lumière et le temps qu’il fait… La sculpture peut donner forme aussi bien à des modèles pris dans la réalité qu’à des êtres surnaturels, des démons, qui sous le ciseau de l’artiste trouvent une enveloppe réelle et un aspect quasi charnel. L’art médiéval s’est délecté de ces scènes et de ces personnages imaginaires taillés dans la pierre.


Au 19e siècle, la virtuosité des sculpteurs est telle que ces fantasmagories prennent corps de façon spectaculaire, et que dragons ailés et monstres font désormais partie d’un bestiaire authentique : il ne reste qu’à patienter pour voir s’envoler ceux de la place Saint-Michel. Forte de cette puissance d’évocation qui lui permet de tout dire, la sculpture devient un moyen de faire découvrir aux petits et aux grands les mythes fondateurs de la Religion et de la Patrie - grandes préoccupations d’alors - ou d’éveiller leur curiosité pour la Science, en leur racontant de formidables histoires et en les faisant rêver.

 

 

 

 


Cliquez sur les puces numérotées du plan pour avoir la description

 

 


Balades du patrimoine : puce1 Fontaine Saint-Michel
 Architecte : G. Davioud (1824-1881)
(6e) croisement du Boulevard Saint-Michel et de la place Saint-André-des-Arts

La grande composition urbaine de la place décidée par Haussmann trouve en 1860 son parachèvement dans la réalisation d’une très importante fontaine - la plus haute de Paris - dessinée par Davioud. Dédiée à l’archange Michel, elle forme comme le décor de fond de scène d’un théâtre imaginaire. La niche centrale abrite le sujet proprement dit, sculpté par Francisque Duret (1804-1865) : l’Archange, chef des armées célestes, brandit son épée vengeresse et foule au pied le corps pourfendu du démon de l’Apocalypse. Saint patron des guerriers, c’est Michel qui apparaît à Daniel, c’est lui qui chasse Satan du Paradis, qui retient la main d’Abraham portée sur son fils Isaac. Toujours lui qui apparaît à Jéricho pour guider Josué, et qui aide David à terrasser Goliath. Et c’est encore lui qui apparaît à Jeanne d’Arc pour libérer le pays du joug anglais. On le voit, toujours libérateur, c’est lui qui retient les forces du Mal, représentées ici par les deux énormes dragons ailés venus seconder sans succès le Démon. Alfred Jacquemart (1824-1896), qui les a conçus, s’était en effet spécialisé dans la sculpture d’animaux et de créatures fantastiques (deux Lions de l’Hôtel de Ville, fontaine aux Lions de la place Félix Eboué, sphinx de la fontaine aux palmiers place du Châtelet, rhinocéros du Musée d’Orsay). On peut reconnaître en eux un corps et une tête inspirés du lion, une queue tenant du crocodile, des ailes d’aigle… Ces deux monstres, qui montent la garde autour du bassin de la fontaine, ont connus une nombreuse descendance dans des objets courants : serre-livres, presse-papier, etc.


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Balades du patrimoine : puce2 Charlemagne et ses Leudes
 Sculpteurs : Louis Rochet (1813-1878), Charles Rochet (1819-1900)
(4e) Parvis de Notre-Dame de Paris

OEuvre remarquable des frères Rochet exécutée en 1878 (elle ne sera mise en place qu’en 1882), véritable prouesse de moulage pour le fondeur Thiébaut, Charlemagne et ses Leudes (écuyers) semblent sortir directement de la nuit des temps. Les sculpteurs se sont attachés à respecter les connaissances archéologiques qui leur étaient accessibles alors, armant Roland d’une copie de la fameuse épée Durandal qu’on lui prête au musée de Madrid, ou coiffant Charlemagne de la couronne dite de Nuremberg, conservée à Vienne. Un cor pend au côté de Roland, et son cousin Olivier guide prudemment le convoi : toute la légende est contenue dans ce groupe, pour donner corps au texte de cette chanson de geste médiévale et présenter les héros avant le drame qui la clôt à Roncevaux. Les jeunes guerriers s’avancent farouche à la rencontre de leur destin, et le vieil empereur, représenté à cheval dans toute sa majesté, se laisse conduire, protégé par ses neveux, vers sa propre gloire qui aura pour prix leur sacrifice prochain. On pressent en effet, derrière la bravoure affichée, la menace qui les guette tous. OEuvre remarquable certes, qui offre une vision valeureuse et héroïque de cet empire et de cet empereur qui donneront naissance à la France.


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Balades du patrimoine : puce3 Sainte Geneviève
 Sculpteur : P.Landowski (1875-1961)
(5e) Pont de la Tournelle

Au sommet d’un haut pinacle de pierre surmontant l’une des piles du pont de la Tournelle, reconstruit en 1928, la statue de Sainte Geneviève, face à l’Est, ne paraît que le dernier envol d’un mouvement venu du fleuve et guidant vers le ciel. Paul Landowski, son auteur, n’en gardera cependant pas moins toute sa vie des regrets. La mise en place, en effet, a fait l’objet de longues tergiversations, et le sculpteur restait bien insatisfait de l’ensemble : « la beauté de ce chevet de Notre Dame ! […] Et combien je me désole, quand en me retournant, j’aperçois cet affreux pilier de ma pauvre Sainte Geneviève. ». La sainte semble regarder, implorante mais confiante dans sa foi, les hordes d’Attila qui s’avance vers Paris. Ses longues tresses viennent caresser une fillette tenant enlacée entre ses bras la nef représentant sa ville. Geneviève pose une main protectrice sur l’épaule de l’enfant qu’elle enveloppe de son manteau : « Les plis du manteau épousent les angles du pylône et, dans mon ouvrage, aucun geste, aucun mouvement qui rompe ce beau mouvement vers le ciel ».
En 451, les hordes d’Attila, après avoir traversé le Rhin s’élance à la conquête des Gaules et progressent rapidement vers l’Ouest. Elles marchent bientôt vers Lutèce. Les Parisiens, terrorisés, s’apprêtent à quitter leur ville lorsque Geneviève, d’un appel persuasif, les convainc de rester. Dans la basilique Saint Etienne, où s’élèvera plus tard Notre Dame, elle réunit les femmes qui supplient le ciel d’épargner Paris. La légende montre Sainte Geneviève face aux Huns, qui se détournent.
Lorsque les Francs assiègent quelques années plus tard la ville, Geneviève sauve encore une fois les habitants de la famine. A sa mort en 512, elle est ensevelie dans l’église bâtie au sommet de la montagne qui prennent l’une et l’autre son nom. Elle devient la protectrice de Paris.


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 Fontaine de l’Histoire naturelle
 Sculpteurs : J.J. Feuchère ( 1807-1852), P. Pomateau
(5e) 20, rue Cuvier

A l’angle des rues Cuvier et Linné, la fontaine est un hommage à ces deux célèbres naturalistes. Au fond d’une niche encadrée d’un portique ionique abondamment orné, au centre d’une grande coquille, la muse incarnant l’histoire naturelle, tenant une conque et une table, trône entre le lion et la chouette de Minerve sur un étonnant tapis d’animaux marins ou aquatiques. On y trouve, enchevêtrés pêle-mêle, un poisson évoquant le piranha, un morse, un homard, un crocodile (dans une attitude impossible en réalité) et son petit, divers mollusques marins. Ce thème aquatique a gagné l’ensemble du décor, habillant les murs de poulpes, étoiles de mer, nautiles, jusqu’aux chapiteaux aux formes de coquillages et envahis par les algues… Un aigle enlevant dans ses serres un agneau couronne la scène, en agrafe sur la clé de voûte du portique. Des masques animaux et humains courent en frise tout au long de la plinthe. Au registre inférieur, l’eau jaillit d’étranges mascarons de bronze figurant des serpents – ou seraient-ce des murènes ? – et des coquillages pour se jeter dans un bassin de bronze également. Jean-Jacques Feuchère est l’auteur de la figure principale, et c’est Pierre Pomateau qui a peuplé toute la fontaine, exécutée entre 1840 et 1846, d’une faune naïve et fantaisiste.


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 Le charmeur de serpent
 Sculpteur : Charles Arthur Bourgeois (1838-1886)
(5e) Jardin des Plantes

Pour gagner notre dernier rendez-vous, il faudra cette fois-ci pénétrer dans la ménagerie du Jardin des Plantes. Cet établissement créé en 1793 regroupait à l’origine les animaux présentés dans les foires ou qui composaient auparavant les collections d’aristocrates. C’est le plus ancien du genre en France. Par sa petite surface, il a été assez tôt consacré aux petits animaux. Les enfants de Paris y ont découvert là tout un monde exotique qui peuplait déjà leurs livres d’images. La ménagerie des reptiles, et notamment le « bassin » aux serpents, est rapidement devenue l’une des vedettes du jardin, suscitant à la fois répulsion, dégoût, peur et curiosité. Le charmeur de serpent (1864), bronze du baron Charles Arthur Bourgeois, représente une scène pittoresque qui animait alors toute aventure orientale : une vipère à cornes dressée, ondulant au son de la flûte de son maître dansant dans un accoutrement « hindou » tel qu’on l’imaginait à l’époque. Dans les autres allées, on peut voir du même auteur le chasseur de crocodiles (1883), un ours brun dû au ciseau de Georges Guyot, toutes oeuvres qui font sortir les animaux des cages pour les placer au milieu des visiteurs, ou encore l’homme de l’âge de pierre de Frémiet qui rappelle la Galerie de l’évolution toute proche et place l’être humain au centre des créatures vivantes.


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Fontaine de l’Histoire naturelle


Puce cultureTout savoir sur la balade :

La Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris entretient à travers la capitale environ six cent statues et monuments commémoratifs qui appartiennent au patrimoine municipal. Ces oeuvres qui, pour la plupart, datent des débuts de la Troisième République, sont le fruit d’une politique active de commande destinée, selon les voeux des élus parisiens, à pourvoir au décor des squares ou de la rue. Parmi elles, figurent quelques-uns des chefs-d’oeuvre de la sculpture française : La fontaine des quatre parties du monde de Carpeaux ou Le Triomphe de la République de Dalou.


Le 20e siècle a longtemps été plus hésitant dans ce domaine, mais depuis une vingtaine d’années, la Ville de Paris a renoué avec la tradition de la commande publique. En 2004, elle a mis en place un Comité de l’Art dans la Ville, comité consultatif, rassemblant élus et experts, chargé de donner des avis sur la politique menée dans ce domaine. Avec lui, la Ville de Paris a ainsi réalisé 35 commandes publiques d’œuvres pérennes ou éphémères entre 2004 et 2008. De la Tour d’exercice de Wang Du (Paris 17e), à la Danse de la fontaine émergente de Chen Zhen (Paris 13e) ou à la Forêt de candélabres du collectif berlinois Inges Idee (Paris 19e), elles sont à découvrir à travers Paris...

 

Ville de Paris / DAC / Août 2008 ; © Ville de Paris – C. Fouin, J.M. Moser, C. Pignol

 

 

UN PARCOURS A FAIRE EN FAMILLE, ET EN S'AMUSANT

Une idées de parcours à faire en famille et rythmé par d'amusantes anecdotes et autres petits jeux ludiques...


Mythes et réalités 

Mise à jour le : 14 avril 2014
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