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Les Balades du patrimoine

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Musiciens et poètes

Parcours de sculptures dans le parc Monceau

 

Ancien parc de la folie du duc de Chartres, le parc Monceau est transformé sous le Second Empire après son acquisition par la Ville de Paris en 1860. Plus de la moitié du terrain est revendue au banquier Pereire, qui y réalise une opération immobilière. Le reste du parc est entièrement remanié par Adolphe Alphand, ingénieur en chef du service des promenades et plantations de la Ville de Paris et Jean-Pierre Barillet-Deschamps, jardinier-paysagiste.

 

Le jardin du Second Empire s’inspire des squares et parcs anglais à la mode et répond à une préoccupation hygiéniste. La transformation du parc Monceau en jardin public s’inscrit ainsi dans le grand projet du Baron Haussmann : faire entrer Paris dans la modernité. Alors qu’Alphand ne souhaitait pas la présence de statues dans les parcs, les espaces verts de Paris se peuplent sous la Troisième République de monuments, réunis le plus souvent autour d’une thématique commune. Le parc Monceau, lieu de détente et de repos situé dans un quartier privilégié, est associé à la lecture et à la musique. Il s’anime peu à peu de sculptures, en devenant un jardin dédié aux écrivains, poètes, et compositeurs.

 

Le développement sans précédent de la statuaire, envahissant l’espace public, crée une réaction de rejet qui connaît son paroxysme en 1905. Cette exaspération donne lieu l’année suivante à la fermeture du parc à toute nouvelle concession. Longtemps dénigrés, raillés par Soupault qui parlera, au sujet de la statuaire du Parc Monceau, de «plaisanterie», ces monuments évoquent les figures marquantes de la scène artistique parisienne du 19e siècle.

 

 

 


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Balades du patrimoine : puce1Guy de Maupassant
Écrivain (1850-1893)

Une souscription pour le monument à Maupassant fut ouverte à l’initiative de la Société des gens de lettres en 1893, l’année même de la mort de l’écrivain.

Le sculpteur Raoul Verlet fut choisi l’année suivante pour l’exécuter. On hésita alors à placer l’oeuvre au parc Monceau ou sur la tombe de l’écrivain au cimetière du Père Lachaise. Elle fut finalement installée dans le parc en 1897, inaugurant ainsi la série de monuments consacrée aux écrivains et musiciens.

L’élégante accoudée au pied du monument incarne à la fois l’héroïne du roman Fort comme la mort, paru en 1889 et une lectrice anonyme, pensive à l’évocation des vies gâchées et des destins brisés décrits dans les ouvrages de l’auteur.

«Cherche la page… la page 336, où tu trouveras une pièce intitulée : Les Pauvres Gens. Absorbe-la comme on boirait le meilleur des vins, tout doucement, mot à mot, et laisse-toi griser, laisse-toi attendrir. Ecoute ce que te dira ton coeur. Puis ferme le bouquin, lève les yeux, pense et rêve…»

[Extrait de l’ouvrage de Guy de Maupassant Fort comme la mort].


 
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Balades du patrimoine : puce2Edouard Pailleron
Ecrivain (1834-1899)


Edouard Pailleron débuta sa carrière d’écrivain en 1860. Auteur de comédies de moeurs mettant en scène avec esprit la bourgeoisie de l’époque, il fut élu à l’Académie française en 1881 avec sa pièce Le Monde où l’on s’ennuie, dépeignant la vacuité d’une société conformiste.

Le monument de L.-B. Bernstamm, inauguré en 1907, est également dédié à l’actrice Jeanne Samary. Celle-ci est représentée telle qu’elle apparaissait dans L’Etincelle, autre grand succès joué en 1879.

Jeanne Samary était issue d’une famille de comédiens. Sociétaire de la Comédie française, elle incarnait le plus souvent des rôles de servantes. Elle mourra de façon soudaine en 1890 à l’âge de 33 ans. Très populaire et renommée pour sa gaieté, elle a été peinte par Renoir, Carolus-Durand ou Louise Abbéma. L’actrice rend hommage à l’écrivain en décorant le monument d’une guirlande de roses, tandis qu’à ses pieds deux masques symbolisent la Tragédie et la Comédie. La pose dansante de l’actrice, les guirlandes de fleurs et le modelé de la sculpture font de ce monument une oeuvre caractéristique de la Belle Epoque.


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Balades du patrimoine : puce3Ambroise Thomas
Musicien (1811-1896)


Ce monument a pour origine l’initiative des directeurs de l’Opéra, M.M. Bertrand et Gailhard, qui organisèrent en 1896 une soirée de gala afin de réunir des fonds pour honorer la mémoire du compositeur Ambroise Thomas.

Celui-ci connut la célébrité grâce à deux opéras : Mignon d’après Goethe en 1866, puis Hamlet, d’après Shakespeare, en 1868. Une fois encore, c’est l’image du créateur en méditation qui est représentée. Il est ici isolé du monde, assis en haut d’un rocher, contemplant en contrebas Ophélie sombrant dans la folie.

Il s’agit de l’une des dernières réalisations d’Alexandre Falguière. Celui-ci avait connu la gloire sous le Second Empire avec des réalisations telles que Le Vainqueur de combat de coq, Tarcisus martyr chrétien (Musée d’Orsay) ou Diane (Toulouse, musée des Augustins). À Paris, il réalisa un monument à Honoré de Balzac, square Georges Guillomin, et le monument à Louis Pasteur, place de Breteuil.

Le monument à Ambroise Thomas est inauguré l’année même de la mort du sculpteur, en 1900.

 

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Balades du patrimoine : puce4Monument à Charles Gounod
Musicien (1818-1893)


Le monument à Gounod fut élevé en 1902 grâce à un comité de souscription dont le président était le compositeur Ambroise Thomas, qui bénéficie lui aussi d’un monument dans le parc. Le choix du parc Monceau s’explique par la proximité du domicile de Gounod au 20 place du Général Catroux (anciennement place Malesherbes).

La réalisation du monument fut confiée à Antonin Mercié. Le buste du compositeur est entouré de trois figures féminines placées sur une nuée. Elles évoquent les trois opéras les plus connus du compositeur : Marguerite (Faust), Juliette (Roméo et Juliette) et Sapho, chantant les louanges de leur créateur.

Parmi les divers instruments de musique qui ornent le piédestal se trouve un orgue. Le petit ange qui en jouait a disparu suite à un acte de vandalisme.

Antonin Mercié (1845-1916), était très apprécié pour la facture soignée de ses sculptures. Le sculpteur devint célèbre dès le début de la IIIe République grâce au succès de son Gloria Victis, aujourd’hui conservé au musée du Petit Palais.

 

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Balades du patrimoine : puce1Alfred de Musset
Poète (1810-1857)


Ce monument a été financé par le banquier Daniel Osiris, qui confia le projet à Alexandre Falguière et à Antonin Mercié en 1889, Falguière étant chargé de réaliser la figure de la muse et Mercié celle du poète. Cette collaboration ne se passa pas sans difficultés, ralentissant la réalisation du projet. C’est finalement Mercié qui exécuta la totalité de la sculpture à la mort de Falguière en 1900.
Le monument s’inspire du poème La nuit de Mai paru en 1835. Les nuits de Musset relatent un dialogue entre la Poésie, incarnée par la figure de la Muse, et le poète, créateur accablé par ses souffrances.
Inauguré le 23 février 1906, le monument fut érigé à l’angle de la Comédie française. C’est la soeur du poète, Mme Lardin de Musset, qui avait réussi à obtenir cet emplacement, non sans donner lieu à de nombreuses critiques. Enlevée en 1964, l’oeuvre est finalement installée au parc Monceau en 1981.
Un second monument consacré à Alfred de Musset, Le rêve du poète, oeuvre du sculpteur Alphonse de Moncel, se trouve près du Grand Palais, place du Canada.


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Balades du patrimoine : puce1 Frédéric Chopin
Musicien (1810-1849)


Le monument à Frédéric Chopin resta longtemps à l’état de projet. Les deux souscriptions de 1895 et 1899 réussirent avec difficulté à rassembler les fonds nécessaires pour son exécution. C’est dans ce contexte que le sculpteur Georges Dubois proposa un projet concurrent, moins dispendieux et dont une partie subsiste au jardin du Luxembourg. Ce second projet divisa les membres du comité de souscription et retarda encore l’exécution du monument de Froment-Meurice. Faute d’argent, l’inauguration eut lieu dans le jardin du sculpteur et le monument ne fut installé dans le parc qu’en 1906. La sculpture de Jacques Froment- Meurice représente Chopin au piano, composant la marche funèbre. Aux pieds du musicien pleure la figure de la douleur, tandis que dans le fond, un ange répand des fleurs en s’élevant. Jacques Froment-Meurice (1864-1948) était issu d’une famille d’orfèvres renommés. Sculpteur et graveur en médaille, il collabora avec son père à la réalisation de pièces d’orfèvrerie. Le plâtre original du monument du Parc Monceau est conservé à Paris, dans le jardin d’hiver du musée de la Vie romantique.

 


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Frédéric Chopin Rotonde de Ledoux Edouard Pailleron Ambroise Thomas
Frédéric Chopin Rotonde de Ledoux Edouard Pailleron Ambroise Thomas

  

  

Puce cultureTout savoir sur la balade :

La Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris entretient à travers la capitale environ six cent statues et monuments commémoratifs qui appartiennent au patrimoine municipal. Ces oeuvres qui, pour la plupart, datent des débuts de la Troisième République, sont le fruit d’une politique active de commande destinée, selon les voeux des élus parisiens, à pourvoir au décor des squares ou de la rue. Parmi elles, figurent quelques-uns des chefs-d’oeuvre de la sculpture française : La fontaine des quatre parties du monde de Carpeaux ou Le Triomphe de la République de Dalou.


Le 20e siècle a longtemps été plus hésitant dans ce domaine, mais depuis une vingtaine d’années, la Ville de Paris a renoué avec la tradition de la commande publique. En 2004, elle a mis en place un Comité de l’Art dans la Ville, comité consultatif, rassemblant élus et experts, chargé de donner des avis sur la politique menée dans ce domaine. Avec lui, la Ville de Paris a ainsi réalisé 35 commandes publiques d’œuvres pérennes ou éphémères entre 2004 et 2008. De la Tour d’exercice de Wang Du (Paris 17e), à la Danse de la fontaine émergente de Chen Zhen (Paris 13e) ou à la Forêt de candélabres du collectif berlinois Inges Idee (Paris 19e), elles sont à découvrir à travers Paris…

 

Ville de Paris / DAC / Août 2008 ; © Ville de Paris – C. Fouin, J.M. Moser, C. Pignol

 

 

UN PARCOURS A FAIRE EN FAMILLE, ET EN S'AMUSANT

Une idée de parcours à faire en famille et rythmé par d'amusantes anecdotes et autres petits jeux ludiques...
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UN PARCOURS ADAPTE AUX PERSONNES A MOBILITE REDUITE

Ce parcours est totalement accessible. Consultez ce document pdf  pour en savoir plus.

Mise à jour le : 14 avril 2014
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