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Les Balades du patrimoine

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Les églises de village

De la place Saint Blaise (20e) au quartier des Batignolles (17e)

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Les limites de Paris n’ont pas toujours été celles que nous lui connaissons. A partir de la fin du 18e siècle, c’est l’enceinte des Fermiers Généraux qui matérialise les limites de la ville au-delà desquelles un certain nombre de villages se développe. En 1840, on implanta sur leur territoire une fortification concentrique à celle des Fermiers Généraux : l’enceinte de Thiers. Dès lors, on pouvait prévoir que le territoire compris entre ces deux anneaux serait un jour rattaché à la capitale. La capitale absorba ainsi, le 1er janvier 1860, en intégralité ou de façon partielle, les villages qui la ceinturaient. Ces anciennes communes rurales forment depuis des unités urbaines plus ou moins vastes, composant les arrondissements périphériques de Paris.

 

Les territoires ainsi annexés, aussi différents soient-ils, ont la particularité d’avoir gardé certaines caractéristiques de leur passé villageois. Les églises représentent des éléments clés de leur paysage et sont, la plupart du temps, les plus anciennes constructions du bourg. Il arrive même qu’elles lui aient donné naissance (Saint-Germain-de-Charonne) ou le nom (La Chapelle Saint-Denis). Lorsqu’elles sont de construction plus récente, les églises apparaissent comme des infrastructures importantes attirant de nombreux fidèles et structurant le paysage (Notre-Dame de Clignancourt, Sainte-Marie des Batignolles).

 

Souvent d’allure modeste, les « églises de village », à la différence de celles installées dans le centre de Paris, bénéficient de dégagements suffisants et impriment d’une présence forte le territoire. Elles constituent donc des repères historiques et urbains importants.

 

 


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Balades du patrimoine : puce1Saint-Germain-de-Charonne
(20e) 4, place Saint Blaise


Jusqu’à son annexion à la ville de Paris sous le Second Empire, le village de Charonne, loin du bruit et de l’agitation de la capitale, demeure un bourg campagnard que décrit Jean-Jacques Rousseau dans Les rêveries du promeneur solitaire. Saint-Germain-de-Charonne se trouve au coeur de cet ancien village. D’après une légende, un oratoire aurait été bâti en mémoire du passage en cette localité, de Saint Germain, évêque d’Auxerre, dont il reçoit le nom. Sur son ancien emplacement s’élève l’actuelle église qui allie quelques vestiges du 12e siècle (gros piliers de la tour) à une architecture des 15e-17e siècles, fruit des remaniements successifs effectués, pour l’essentiel, en vue de parer aux exigences du culte ou de faire disparaître les traces des incendies auxquels elle est en proie à diverses époques.

C’est à partir de cette église que s’est développée l’urbanisation du village. Situé légèrement en hauteur, sur la pente d’un coteau, l’édifice, auquel on accède après trente et une marches, a constitué un véritable pôle d’attraction par son rôle de belvédère du village. La rue Saint-Blaise, lui faisant face, en était la voie principale. Encore aujourd’hui, le promeneur qui remonte cette «grand’- rue» d’alors a l’impression saisissante de se trouver dans un petit village, auquel la menace des hautes tours voisines donne un charme un peu nostalgique. Saint-Germain-de-Charonne est, en outre, l’unique église parisienne, avec Saint-Pierre-de-Montmartre, à encore posséder son petit cimetière paroissial. Ce type de nécropole est en effet interdit à Paris pour des raisons d’hygiène par un arrêté préfectoral daté du 2 ventôse an IX. Sa présence contribue à accentuer le caractère pittoresque du site. Aussi, malgré les nombreuses transformations subies au cours des siècles et en dépit de l’urbanisation croissante du secteur, l’édifice garde-t-il, en raison de sa protection comme Monument Historique, quelque chose de l’église villageoise qu’il a été au milieu des vignes.


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Balades du patrimoine : puce2Saint-Denis-de-la-Chapelle
(18e) 54, rue de Torcy

 

Si l’église Saint-Denis-de-La-Chapelle, en raison de son insertion dans un tissu urbain très dense, se remarque peu aujourd’hui, il n’en demeure pas moins qu’elle a une histoire très riche remontant à une époque ancienne. Le village de La Chapelle doit son origine à l’antique voie romaine qui, partant de Lutèce, conduit, par le Pas de La Chapelle, col naturel entre la Butte Montmartre et les hauteurs de Belleville, vers les provinces du nord. Elle devient ensuite la route de Saint-Denis, en bordure de laquelle on édifie, à une époque imprécise, un oratoire en souvenir de l'endroit qu'aurait, selon la légende, fréquenté Sainte Geneviève en se rendant prier sur le tombeau de Saint Denis. Plus tard, on remplace le petit oratoire par une chapelle. L'édifice est alors successivement nommé Sainte-Geneviève et Saint-Denis car il est situé au centre de la seigneurie que possède en cette région l'abbaye de Saint-Denis. Ces deux vocables sont d'ailleurs également donnés à l'agglomération qui se forme autour du modeste édifice, prouvant combien le développement du village est lié à la présence de l'église. Le site a alors la particularité de se trouver sur le chemin des splendides cortèges des rois de France qui font, par la porte Saint-Denis, leur entrée solennelle dans la capitale. Ses habitants voient également passer les cortèges de leurs dépouilles lorsqu'ils sont inhumés dans l'abbaye de Saint-Denis. Encore aujourd’hui, la rue de La Chapelle a cette caractéristique d’être l’un des axes majeurs du nord de Paris. La modeste chapelle est remplacée, vers 1204, par une église dont il subsiste aujourd’hui encore quelques éléments. Elle est souvent endommagée puis restaurée presque complètement vers 1670 et 1856 d'où son aspect hétéroclite. Une basilique dédiée à Jeanne d'Arc, en souvenir du passage de la sainte en cette localité, a été construite sur sa façade nord. L'édifice, resserré dans ses limites les plus étroites, est ainsi devenu une annexe de la nouvelle église.

 

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Balades du patrimoine : puce3Notre-Dame-de-Clignancourt
(18e) 2, place Jules Joffrin

 

L'église Notre-Dame-de-Clignancourt constitue un intéressant exemple des édifices religieux construits par les communes périphériques de Paris avant leur annexion. L'augmentation de La Chapelle, passée de 2 000 à 11 000 habitants entre 1830 et 1860, en raison de l’industrialisation du nord de Paris, justifie l'édification d'une nouvelle église aux vastes proportions. Dans ce but, la commune fait appel aux services de Paul-Eugène Lequeux (1806-1873), architecte alors en charge de l’aménagement de l’arrondissement de Saint-Denis.

Soucieux de répondre aux besoins de l'époque, celui-ci s'efforce de donner à l’édifice des formes simples et rationnelles. À l'inverse d'édifices monumentaux du centre de Paris qui ne bénéficient pas de dégagements suffisants, l'église Notre-Dame-de-Clignancourt remplit parfaitement les fonctions qui lui incombent, à savoir de structurer l'espace, de le marquer d'une présence forte. Il est d’ailleurs intéressant de noter qu’en 1892, pour recentrer le 18e arrondissement nouvellement créé, les autorités décident de reproduire, avec la Place Jules Joffrin, une structure toute villageoise. La nouvelle mairie est alors placée en vis-à-vis de l’église. La place offre ainsi l’image d’un coeur de ville, d’une centralité effective, même si topographiquement cette position est contestée par la forte pente de la butte.

 

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Balades du patrimoine : puce4Saint-Pierre-de-Montmartre
(18e) 2, rue du Mont-Cenis

 

C'est à la légende de Saint-Denis que se rattachent les origines et le développement de Saint-Pierre-de-Montmartre. Le saint évangélisateur du 3e siècle, aurait été martyrisé sur la Butte Montmartre qui devient, dès lors, un lieu sacré pour les chrétiens. À l'emplacement de l'église actuelle se dresse, à l'époque mérovingienne, une chapelle entourée d'une nécropole autour de laquelle s'est développé un petit hameau. Le site connaît, au 12e siècle, un développement nouveau. Il est en effet cédé en 1133, avec la chapelle du saint martyr, au roi Louis VI et à la reine Adélaïde de Savoie qui fondent en ce lieu un monastère royal de religieuses bénédictines. Cette implantation marque alors le site jusqu’à la Révolution. Les bâtiments monastiques, les jardins et les vignobles sont répartis sur 13 hectares autour de l'église. La partie orientale de l'abbatiale, réservée aux soeurs de l'abbaye est consacrée à la Vierge et à Saint-Denis. Les trois dernières travées de la nef, dédiées à Saint Pierre, sont dévolues au service paroissial, afin de couvrir les besoins religieux des laïcs habitant cet endroit ou appelés à venir l'habiter pour les besoins de la nouvelle abbaye.

La découverte en 1611 d'une crypte sous la chapelle du saint martyr, située sur la pente méridionale de la butte, attire un grand nombre de pèlerins. Autour de cette chapelle est érigé un prieuré désigné comme "l'abbaye d'en bas" en raison de son implantation géographique. L'abbaye d'en bas supplante peu à peu l'ancienne abbaye jugée trop vétuste. En 1686, les religieuses la quittent définitivement pour s'installer au prieuré. Les bâtiments de l'ancienne abbaye sont alors démolis, sauf l'église qui est cédée pour le service paroissial. Les religieuses cèdent également aux habitants de Montmartre un terrain au nord pour y installer un cimetière paroissial. C'est cette dévolution au culte paroissial qui épargne l'église Saint-Pierre durant les troubles de la période révolutionnaire alors même que le prieuré est totalement abattu.

Après avoir été convertie en temple de la Raison (1794), transformée en tour sur laquelle Chappe installe son premier télégraphe aérien, l'église, malgré son grand état de délabrement, est restaurée entre 1899 et 1905 par l'architecte Louis Sauvageot qui a tenté d'en restituer l'état ancien.

La butte, dominée par son église et sa place publique (la place du Tertre) a longtemps gardé son caractère villageois. Si la renommée du village a largement été exploitée, d'où une ruée de commerces divers qui, le falsifiant, l'ont complètement dénaturé, l'église avec sa perspective très dégagée garde toutefois un côté pittoresque.


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Balades du patrimoine : puce1Sainte-Marie-des-Batignolles
(17e) Place du Docteur Felix Lobligeois

 

Jusqu'au début du 19e siècle, le territoire des Batignolles se présente comme une campagne quasi inculte, occupée par quelques maisons éparses et fermes isolées. Le futur quartier de Paris commence à se développer à partir du Premier Empire, sous l'impulsion d'entrepreneurs qui achètent à bas prix des terrains et les lotissent. Afin d'encourager la spéculation immobilière en accueillant au mieux les populations, des infrastructures urbaines sont développées : mairie, théâtre, église… Une église est ainsi bâtie en 1824 sur la place devenue centrale du nouveau village. C'est une initiative privée qui est à l'origine de sa création. L'édifice, réalisé par Auguste Molinos de 1826 à 1829, est en effet élevé grâce aux fonds d'une souscription. L'argent recueilli, malgré la générosité de la Duchesse d'Angoulême, ne permet toutefois d'édifier qu'une simple nef.

Devant l'accroissement de la population, l'église désormais paroissiale de la commune de Batignolles-Monceau est agrandie par Paul Eugène Lequeux, entre 1839 et 1851. Sainte-Marie-des-Batignolles est dans le style des basiliques romaines. Ses formes rappellent celles des grands édifices parisiens mais dans une version mineure. Ainsi, le plan est une variante de ceux que Godde utilise, vers la même époque, pour Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle ou Saint-Denis-du-Saint-Sacrement : une nef bordée de colonnes, des collatéraux sans chapelles, un transept non saillant et un choeur en hémicycle. Nous sommes donc ici devant une version simple et plutôt économique de ces églises basilicales implantées dans le centre de Paris qui présentent une version monumentale.

L'édifice ici créé, sans prétention mais aux lignes équilibrées et harmonieuses, doit l'essentiel de son charme à son emplacement. La petite place dont il forme le centre n'a pas été gâtée par la construction d'immeubles hors de proportion, comme c'est le cas à Notre-Dame-de-Bercy, sa contemporaine. Aussi, peut-on encore saisir, sur cette place, l'atmosphère villageoise des Batignolles.


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Saint-Germain de Charonne Saint-Denis de la Chapelle Notre-Dame de Clignancourt Sainte-Marie des Batignolles
Saint-Germain de Charonne Saint-Denis de la Chapelle Notre-Dame de Clignancourt Sainte-Marie des Batignolles

 

 

Puce cultureTout savoir sur la balade :

 

En raison des dispositions du Concordat signé en 1801 entre la France et le Saint-Siège qui entérina les saisies révolutionnaires des biens du clergé et transféra aux communes la propriété des églises paroissiales et de leurs succursales, la Ville de Paris est aujourd’hui propriétaire d’une centaine d’édifices religieux dont un grand nombre d’églises de culte catholique.

Le régime concordataire, qui resta en vigueur jusqu’à la loi de séparation des églises et de l’Etat en 1905, s’est révélé avantageux pour les édifices religieux appartenant à la commune. La mise à la disposition du clergé des oeuvres d’art confisquées sous la Révolution et une politique active de commande de décors et de construction de nouveaux édifices ont fait des églises de Paris un ensemble artistique d’une richesse exceptionnelle englobant les principales périodes de l’art français, de l’âge classique à l’époque moderne.

La Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris est aujourd’hui responsable de la conservation de ce patrimoine inestimable.

Elle a la charge de son inventaire, de son entretien et de sa mise en valeur ainsi que celle des travaux de restauration nécessaires à la conservation des édifices qui l’abritent.

 

 

 ATTENTION : L’accès à certaines églises peut être limité aux horaires des offices

Ville de Paris / DAC / Août 2008 ; © Ville de Paris – C. Fouin, J.M. Moser, C. Pignol

Mise à jour le : 14 avril 2014
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