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Les Balades du patrimoine

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Les chaires à prêcher

Du Baroque à l’Art Déco : 10 exemples parisiens

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Siège de la prédication, la chaire apparaît dans les églises durant le Moyen Âge en remplacement de l’ambon, pupitre de lecture, puis du jubé, clôture de choeur qui disparaît dès le 16e siècle, après le Concile de Trente.

 

 

La chaire est placée de préférence du côté droit (côté de l’Evangile), à l’exception des cathédrales où elle peut être placée à gauche (côté de l’Epître) afin que le prédicateur ne tourne pas le dos au trône épiscopal. Sa localisation privilégiée est à l’intersection de l’abside et de la nef, sauf pour les grandes églises où elle s’avance au milieu de la nef.

 

 

Le plus souvent constituée d’une tribune en forme de cuve, surmontée d’un plafond (l’abat-voix) et reliée à un escalier, elle peut être réalisée dans les matériaux les plus divers (pierre, marbre, métal, bois sculpté, marqueté ou doré) et forme souvent un ensemble homogène avec le banc d’oeuvre, qui lui fait face, où siège jusqu’en 1905 le conseil de fabrique.

 

 

Généralement accrochée à un pilier, la chaire d’Ancien Régime joue d’abord de l’effet visuel : elle est avant tout décor et, par les sujets qu’elle illustre, elle constitue le prolongement symbolique de la Parole. Au 19e siècle, cette tribune est davantage l’oeuvre des architectes qui, dans une démarche fonctionnelle, l’installent volontiers entre deux piles et privilégient son effet monumental.

 

 

Si l’évolution récente de la liturgie lui a fait perdre sa fonction initiale, la chaire - lorsqu’elle a été conservée - demeure un élément essentiel du décor monumental des églises. Les édifices parisiens en conservent un ensemble très exceptionnel par la qualité du décor et la diversité de style.

 

 


Cliquez sur les puces numérotées du plan pour avoir la description

 

 



Balades du patrimoine : puce1 Eglise Saint-Michel-des-Batignolles
(17e) 12 bis, rue Saint-Jean

Inaugurée en 1925, la nouvelle église Saint-Michel des Batignolles est progressivement pourvue de son décor intérieur : banc d’oeuvre en 1925, chaire à prêcher en 1927, stalles, maître-autel, ambons et grilles de communion au début des années Trente. L’architecte de l’église, Bernard Haubold, utilise pour cet ensemble une grande diversité de matériaux dont les couleurs jouent avec celles de l’élévation : la pierre, la brique, le grès, l’émail, le métal et le bois sont ainsi associés dans une belle unité décorative. Le mobilier, conçu au lendemain de l’Exposition coloniale par les Frères Toulouse, inclut toute une variété de bois exotiques dans un décor jouant exclusivement de la marqueterie : noyer d’Afrique pour le bâti, acajou moiré de Cuba, pour les panneaux, acajou du Cambodge, ébène, sycomore, amarante, violette des Indes et citronnier pour les frises géométriques.


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Balades du patrimoine : puce2 Notre-Dame-de-Lorette
(9e) 18 bis, rue de Châteaudun

La chaire occupe tout l’espace d’une travée de la nef. Sur un soubassement rectangulaire, la tribune forme une saillie en demi-cercle ; de part et d’autre, deux anges monumentaux de Carle Elshoëcht (1791-1856), aux bras repliés sur la poitrine, supportent l’abat-voix tels deux cariatides. L’ensemble est en chêne sculpté, ponctuellement rehaussé d’or. L’accès à la tribune s’effectue par un double escalier tournant à rampe en fonte dorée. D’une grande finesse d’exécution, cet ensemble majestueux allie simplicité et force monumentale. Le banc d’oeuvre, aujourd’hui disparu, présentait en regard une niche surmontée d’un fronton, ornée de la Vierge à l’Enfant en bois du même sculpteur, seul élément conservé et présenté aujourd’hui sur le côté gauche de la nef.


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Balades du patrimoine : puce3 Saint-Roch
(1er) 296, rue Saint-Honoré

Rival des frères Slodtz, Simon Challe réalise la chaire de Saint-Roch entre 1752 et 1758. Cette oeuvre n’a conservé intact que l’abat-voix, immense draperie tournoyante, soulevée par une figure tenant une trompette incarnant la Vérité soulevant le voile de l’Erreur. Disparu sous la Révolution, le décor de la tribune a été remplacé en 1823 par Constant Delaperche, élève de David d’Angers. De cette période de la Restauration subsistent les cinq reliefs de la cuve, d’esprit classique, qui mêlent Vertus théologales et Vertus cardinales, soit de gauche à droite : la Justice, la Force, la Foi, l’Espérance et la Charité (ces trois figures en un seul relief), la Vérité et la Tempérance. Au niveau bas, les figures d’Evangélistes de Delaperche ont été remplacées au 20e siècle par les actuelles cariatides en bois, illustrant à nouveau les Vertus cardinales, qui restituent le programme initialement conçu par Challe. En dépit de son aspect composite, cette chaire conserve un souffle baroque grâce à l’extraordinaire mouvement du drapé et à la manière audacieuse dont celui-ci s’accroche au pilier.


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Saint-Germain-des-Prés
(6e) 1, place Saint-Germain-des-Prés

Lors de la restauration de l’église qu’il conduit dans les années 1820, Etienne-Hippolythe Godde, architecte de la Ville de Paris, complète également le mobilier. De 1827 à 1829, il conçoit une nouvelle chaire d’après les dessins de Quatremère de Quincy, théoricien du classicisme dont les doctrines font alors autorité. Imitant pour la cuve les formes géométriques des chaires des basiliques romaines, il ajoute ici un curieux dais porté par deux anges gainés. Les marbres clairs du bâti contrastent avec le bronze des statues et reliefs, dus au sculpteur néo-classique Georges Jacquot. La Loi nouvelle, femme gracieuse tenant le livre des Evangiles, fait pendant à L’Ancienne Loi, figure voilée, aux traits sévères, appuyée sur les Tables de la Loi. De fins reliefs décorent la face : Jésus-Christ prêchant sur la montagne, au centre, et deux anges ornés de rinceaux, sur les panneaux triangulaires. Totalement étranger au caractère médiéval de l’architecture, ce parti délibérément antiquisant est assez unique dans les églises parisiennes, les exemples postérieurs cherchant davantage à prolonger le style dominant de l’édifice.


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Saint-Sulpice
(6e) 2, rue Palatine

Exécutée en 1788 d’après les dessins de l’architecte Charles de Wailly, la chaire est – comme le mentionne l’inscription du socle – un don d’Emmanuel Armand Duplessis Richelieu, duc d’Aiguillon, ancien ministre de Louis XV et premier marguillier de la paroisse. Une cuve, suspendue dans le vide, seulement soutenue par deux escaliers latéraux, s’appuie sur de hauts piédestaux. Chacun d’eux porte une statue en bois doré par Guédon : à gauche, la Foi, à droite, l’Espérance. L’abat-voix est couronné par le groupe de la Charité, par Jacques-Edme Dumont, auteur également des reliefs figurant les symboles des évangélistes sur les piédestaux. Bénite le 31 janvier 1789, la chaire de Saint-Sulpice, d’un style pleinement Louis XVI, est l’un des derniers grands meubles installés dans une église parisienne à la veille de la Révolution.


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Saint-Etienne-du-Mont
(5e) Place Sainte-Geneviève

Chef-d’oeuvre de la sculpture parisienne du début du règne de Louis XIV, cette chaire est due au maître menuisier Germain Pilon, homonyme du célèbre sculpteur de la Renaissance et auteur de plusieurs grands buffets d’orgue, et au sculpteur Claude Lestocart, élève de Jacques Sarazin, qui a exécuté les statues et les reliefs d’après des dessins du peintre Laurent La Hyre. La tribune est soutenue par un Samson monumental, assis sur le lion qu’il a dompté, une mâchoire d’âne à la main. Sur le manteau de l’escalier et la cuve, des médaillons représentent les Evangélistes et, parmi les docteurs, Saint Jérôme et Saint Augustin. Les bas-reliefs illustrent les scènes de la vie de Saint Etienne qui ont trait à sa prédication. En saillie, les Vertus théologales alternent avec les Vertus cardinales. L’abat-voix, décoré d’angelots et de guirlandes, est surmonté d’un ange debout, tenant la trompette de la Résurrection et le livre des Evangiles. Très proche de l’art de Sarazin, cette abondante sculpture témoigne d’un sens aigu de l’espace et du rythme, non sans un souvenir de Michel Ange dans l’admirable figure de Samson.


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Saint-Merry
(4e) 76, rue de la Verrerie

Le marché passé en 1753 avec Paul-Ambroise et Sébastien-Antoine Slodtz prévoyait un vaste programme sculpté incluant, outre une figure de La Religion assise sur l’abat-voix, deux autres statues, le Paganisme et l’Hérésie terrassée, qui devaient prendre place sous la cuve. A la mort de Paul-Ambroise, Michel-Ange Slodtz lui succède et achève la chaire en 1759 avec la seule figure de la Religion. Celle-ci, détruite sous la Révolution, a été remplacée vers 1835 par l’ange en plâtre que l’on voit aujourd’hui. L’élément le plus remarquable de la chaire est son somptueux décor végétal : deux palmiers, garnis de guirlandes de laurier, se dressent de chaque côté de la cuve et s’épanouissent au sommet en feuillages luxuriants qui semblent soutenir l’abat-voix. Cette liberté d’inspiration rapproche l’oeuvre des grandes chaires des Flandres ou des Pays-Bas qui, au début du 18ème siècle, rivalisaient d’exubérance et d’exotisme. En dépit d’une architecture équilibrée, ce meuble d’église témoigne ainsi du lien qu’entretien l’art rocaille parisien avec le Baroque nordique.


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Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux
(4e) 12, rue des Blancs-Manteaux

Datée de 1749, cette chaire a été achetée par le curé Garenne à l’Exposition parisienne de l’Art et de l’Industrie et offerte à la paroisse en 1864. Si sa forme générale est assez simple, l’ornementation rocaille et les panneaux en marqueterie, rehaussés d’incrustations d’ivoire, de nacre et d’étain, sont d’une extraordinaire richesse. Dans des cadres chantournés et dorés, onze scènes situées dans de grands décors d’architecture illustrent des paraboles ou des épisodes évangéliques sur le thème de l’amour de Dieu et de la lutte de l’homme contre le péché. Le choix des sujets, de même que le style et la technique de l’oeuvre conduisent à rechercher l’origine de cette pièce exceptionnelle dans le domaine allemand, sans doute au nord de la Bavière.


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Sainte-Croix-Saint-Jean
anciennement Saint-Jean-Saint-François

(3e) 13, rue du Perche

Il s’agit de l’une des nombreuses chaires dessinées par Victor Baltard, architecte des églises de la Ville de Paris durant trente années (1840-70). Plus modeste que ses oeuvres monumentales de Saint-Augustin ou de Saint-Eustache, cette chaire murale est intéressante pour sa forme en applique, disposition fréquente - par exemple - dans les temples protestants. Les deux anges qui supportent l’abat-voix sont ici adossés au fond et sculptés en haut relief. La tribune elle-même est ornée de panneaux sculptés dont trois représentent les têtes du Christ, de Saint Jean et de Saint François en médaillons.


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Saint-Esprit
(12e) 186, avenue Daumesnil

Compte tenu de l’ampleur du volume central, l’érection d’une chaire selon les dispositions traditionnelles ne pouvait s’adapter ici. Paul Tournon, architecte de l’église et concepteur du mobilier, prévoit donc de consacrer l’ambon à gauche du choeur (lieu de lecture de l’Evangile) à la fonction de chaire. Dès 1937, peu après l’ouverture de l’église, il en conçoit l’aspect général : une cuve en pierre grise, soutenue par des colonnes en marbre de couleurs, sous un abat-voix en coquille dont l’acoustique est minutieusement étudiée. Tout le décor sculpté se concentre dans cet abat-voix dont le modèle, commandé en 1942 à Roger Prat, a été taillé par René Rispal dans du bois de tilleul. Les symboles des Evangélistes composent un bas relief central, encadré sur les côtés de quatre statuettes de Prophètes et, en partie basse, d’une frise de figurines aux traits des apôtres. D’une grande originalité de conception, cette chaire constitue une belle adaptation au contexte architectural et aux contraintes d’utilisation. En écho aux coupoles, la forme concave de l’abat-voix, soulignée par l’éclat de sa dorure, participe de l’effet ascensionnel voulu par Paul Tournon.


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Eglise Saint-Michel-des-Batignolles Saint Germain-des-Prés Saint-Roch


Puce cultureTout savoir sur la balade :


En raison des dispositions du Concordat signé en 1801 entre la France et le Saint-Siège qui entérina les saisies révolutionnaires des biens du clergé et transféra aux communes la propriété des églises paroissiales et de leurs succursales, la Ville de Paris est aujourd’hui propriétaire d’une centaine d’édifices religieux dont un grand nombre d’églises de culte catholique.

Le régime concordataire, qui resta en vigueur jusqu’à la loi de séparation des églises et de l’Etat en 1905, s’est révélé avantageux pour les édifices religieux appartenant à la commune. La mise à la disposition du clergé des oeuvres d’art confisquées sous la Révolution et une politique active de commande de décors et de construction de nouveaux édifices ont fait des églises de Paris un ensemble artistique d’une richesse exceptionnelle englobant les principales périodes de l’art français, de l’âge classique à l’époque moderne.

La Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris est aujourd’hui responsable de la conservation de ce patrimoine inestimable.

Elle a la charge de son inventaire, de son entretien et de sa mise en valeur ainsi que celle des travaux de restauration nécessaires à la conservation des édifices qui l’abritent.

 

 

ATTENTION : L’accès à certaines églises peut être limité aux horaires des offices

Ville de Paris / DAC / Août 2008 ; © Ville de Paris – C. Fouin, J.M. Moser, C. Pignol

Mise à jour le : 18 décembre 2014
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