«« retour

Partager sur Facebook | Partager sur Twiter | Partager | Imprimer | A+ | A- | A=

Les Balades du patrimoine

Toutes les balades

Cavaliers et chevaux

De Notre-Dame au Grand-Palais

» Consulter la balade au format pdf

 
» English version 

Légendaire ou guerrier, pur-sang ou paysan, le cheval est l’animal le plus représenté en sculpture. À Paris, on le trouvera dans près d’une centaine de monuments, décors de façade ou fontaine, dans les contextes les plus variés (Colonne Vendôme, Opéra, Cirque d’Hiver, Jardin des Plantes, etc.).


Au cœur de la Capitale, l’axe historique des grands palais (Hôtel de Ville, Louvre , Tuileries, Champs-Élysées), véritable allée du pouvoir, a fourni un cadre privilégié à l’implantation de grands monuments équestres et de glorieux chevaux qui déclinent, chacun à leur manière, les lois du genre.


La statue équestre, traditionnellement réservée aux monarques ou aux militaires, présente toujours un exercice de virtuosité. Difficilement réalisable en pierre, son exécution, même en bronze, tient de la prouesse technique. Ainsi les grands modèles anciens (du Marc-Aurèle du Capitole, à Rome, au Gattamelata de Donatello, à Padoue) restent pour les artistes des références incontournables. Sorte de trône «extérieur», le cheval est d’ailleurs la figure du groupe qui, par sa majesté, sa fougue ou son réalisme, fixe symboliquement l’image du pouvoir.


Un autre ensemble regroupe les chevaux «libres», allégoriques ou réels, dont les facultés anatomiques, exploitées à l’extrême, servent l’idée de mouvement et de tension. La sculpture antique a fourni là aussi une source inépuisable de modèles (quadriges victorieux, chevaux cabrés, combats d’animaux) où l’idée symbolique (l’homme triomphant de l’animal ou l’ordre du désordre) ne se distingue plus de l’effet décoratif, d’essence baroque.

 

 


Cliquez sur les puces numérotées du plan pour avoir la description

 



Balades du patrimoine : puce1 Charlemagne et ses Leudes
(4e) Parvis de Notre-Dame 

Louis et Charles Rochet se lancent en 1853 dans la création d’un Charlemagne à la suite de deux autres statues équestres : Don Pedro Ier, à Rio de Janeiro, et Guillaume le Conquérant, à Falaise. L’œuvre figure dans sa version en plâtre à l’Exposition Universelle de 1867 et, en bronze, à celle de 1878 comme chef-d’œuvre de la production des fondeurs Thiébaut. Exaltation de l’image impériale sous le Second Empire, le groupe continue d’impressionner comme réussite majeure de la fonderie d’art parisienne.
En 1879, le Conseil municipal autorise l’exposition de la sculpture sur le parvis de Notre-Dame mais elle n’est mise en place qu’en 1882 sur un châssis de bois recouvert de toile et demeure dans ces conditions provisoires pendant vingt-six ans. En 1895, la Ville de Paris acquiert finalement le monument, en dédommageant les fondeurs du seul prix du bronze.
En ajoutant les deux figures en pied d’écuyers (Roland et Olivier), les frères Rochet enrichissent la forme traditionnelle du groupe équestre en multipliant les axes de composition et les points de vue. L’intérêt du monument réside aussi dans sa recherche de vérité historique, reproduisant fidèlement des modèles supposés originaux, comme L’épée Durandal du musée de Madrid ou La couronne de Nuremberg, conservée à Vienne.


» Revenir au plan
 


Balades du patrimoine : puce2 Etienne Marcel
(4e) Jardin de l’Hôtel de Ville

En 1882, un concours est ouvert pour l’érection d’un monument à Etienne Marcel, prévôt des marchands de Paris qui s’opposa au dauphin Charles V. Pour les élus parisiens, l’hommage rendu au défenseur du pouvoir municipal face aux abus de la royauté rappelle le rôle exemplaire de la Capitale dans la naissance des nouvelles institutions et célèbre symboliquement, dans un même monument, Paris et la République.
Le projet suscite de nombreux débats : certains élus préférant une figure debout – l’image d’un tribun – plutôt qu’un groupe équestre au caractère royal ou militaire ; de même, le côté de l’Hôtel de Ville est préféré à l’axe principal de la façade car il permet une perception de profil du monument, plus favorable au groupe équestre.
Commencée par le sculpteur Idrac et terminée par son compatriote toulousain Marqueste, l’œuvre présente un équilibre de proportion, une puissance d’expression mêlée de vérité naturelle, nettement inspirée des grands modèles de la Renaissance italienne. S’y ajoutent ici une volonté de reconstitution archéologique et un réalisme presque sévère, conformes au goût de l’époque.


» Revenir au plan
 


Balades du patrimoine : puce3 La Gloire distribuant des couronnes et parcourant un champ couvert de trophées
(1er) Palais du Louvre , au-dessus de la colonnade

En 1807, le sculpteur Pierre Cartellier est chargé par les architectes Percier et Fontaine d’orner le mur au-dessus de l’arcade centrale de la Colonnade, sous le fronton commandé à Lemot.
Au centre, la Gloire est debout sur son char, les ailes symétriquement déployées. Deux petits génies tiennent chacun les rennes de deux chevaux cabrés qui foulent des trophées guerriers. La composition, peu réaliste (chevaux galopant en sens inverse), reprend en réalité un motif antique, souvent reproduit sur les médailles, camées ou bronzes d’ameublement. Sculpté très finement et en faible saillie, ce relief s’adapte ici parfaitement à son emplacement, avant tout décoratif.


» Revenir au plan
 


 Louis XIV
(1er) Louvre, cour Napoléon

Colbert commande cette statue équestre en 1667 à Gianlorenzo Bernini, dit le Bernin, sculpteur et architecte le plus célèbre de son temps. Le groupe en marbre, conçu initialement pour la cour d’honneur du château de Versailles, déplaît au roi qui apprécie peu les déformations du style baroque. Transformée par Girardon en général Martius Curtius, héros de l’Antiquité romaine (ajout du casque et des flammes sous le ventre du cheval), l’œuvre est finalement reléguée dans les jardins de Versailles, derrière la pièce d’eau des Suisses. En dépit de ces altérations, le monument conserve la fougue et l’élan héroïque voulus par son créateur. En 1988, une réplique en plomb du groupe est placée dans la cour Napoléon en évocation des projets du Bernin pour les façades du Louvre.


» Revenir au plan
 


 Le Génie des Arts
(1er) Guichets du Carrousel du Louvre , façade Seine

Le sculpteur toulousain Antonin Mercié exécuta en 1877 ce groupe destiné à remplacer aux guichets du Carrousel la statue équestre de Napoléon III de Barye, déposée après Sedan.
Le dynamisme de la composition (le Génie des Arts descend de Pégase, cabré vers le ciel, précédé de la Renommée qui se retourne vers lui) rattache cette œuvre au courant baroque de la seconde moitié du 19e siècle, hantée par les chevaux de Marly, qui multipliera les figures lancées dans le vide, chevaux haletant et pégases cabrés, dans une exubérance qui va des couronnements de l’Opéra à ceux du Pont Alexandre III ou du Grand Palais .


» Revenir au plan
 


 La Paix conduite sur un char de triomphe
(1er) Arc de Triomphe du Carrousel

Monument à la gloire de la Grande Armée, l’Arc du Carrousel est édifié entre 1806 et 1809 à l’entrée de l’ancien Palais des Tuileries, devenu résidence officielle de l’Empereur. Dessiné par les architectes Percier et Fontaine à l’imitation de l’arc de Septime-Sévère de Rome, le monument comporte une abondante décoration sculptée, conçue par Vivant Denon, illustrant la campagne de 1805 et la capitulation d’Ulm.
Au sommet de l’arc se détachaient initialement les chevaux de Saint-Marc, célèbres antiques provenant de l’Hippodrome de Constantinople, rapportés d’Italie par les troupes napoléoniennes.
La Restauration restitua à Venise ses chevaux et commanda au sculpteur François-Joseph Bosio un nouveau char triomphal (accompagné de Victoires ailées et conduit par la Paix) dont la rigueur classique évoque en tous points son modèle antique.
Bosio est aussi l’auteur du Louis XIV, de la place des Victoires, qui montre le Roi Soleil en empereur romain sur un cheval cabré.


  » Revenir au plan 
 


 Jeanne d’Arc
(1er) Place des Pyramides

En 1872, Frémiet reçoit la commande d’une Jeanne d’Arc équestre, grandeur nature, destinée à la place des Pyramides, près de l’endroit où fut blessée la pucelle d’Orléans.
Dès sa mise en place, en 1874, l’œuvre fait l’objet de vives critiques. Ainsi le contraste, voulu par l’artiste, entre le gros cheval de labour (un percheron) et la jeune fille fragile, figée dans son armure d’homme, déroute le grand public qui y voit de la gaucherie et méconnaît la démarche scientifique de l’artiste. Formé à l’exactitude du dessin anatomique et à l’art animalier, Frémiet met en effet dans ses figures historiques un souci de vérité archéologique qui heurte parfois les conventions du portrait monumental.


» Revenir au plan
 


 Les chevaux de Marly
Guillaume Ier Coustou
(8e) Place de la Concorde

Les groupes équestres de Mercure et de la Renommée, symboles de la guerre et de la paix, sculptés par Coysevox en 1702 pour le bassin de l’Abreuvoir à Marly, sont dès 1719 transférés à l’entrée du jardin des Tuileries. Pour les remplacer, les Bâtiments du Roi commandent à Guillaume Coustou deux autres groupes monumentaux, mis en place en 1746. Le gouvernement révolutionnaire décide en 1794 de les transporter à Paris et de les placer à l’entrée des Champs-Élysées.
Reprenant le type antique du cheval cabré, Coustou abandonne ici toute référence mythologique ou allégorique pour représenter une action simplement humaine : des palefreniers retenant leurs chevaux. La tension des figures, le dynamisme du mouvement et le souffle épique qui se dégagent de ces groupes témoignent du courant baroque de la sculpture française du second tiers du 18e siècle.
Les groupes originaux, aujourd’hui exposés auLouvre , ont été remplacés par des copies en 1984.


» Revenir au plan
 


 Albert Ier
(8e) Cours la Reine

Les portraits équestres de guerriers contemporains réapparaissent dans les années Trente, paradoxalement juste au moment où les chevaux deviennent obsolètes sur les champs de bataille européens. Deux monuments à des rois étrangers (ce monument à Albert Ier et le double hommage à Alexandre Ier de Yougoslavie et Pierre Ier de Serbie, place de Colombie), tous deux entrepris en 1934, sont motivés par les souvenirs de la guerre. Le roi des belges, refusant d’accorder le passage dans son pays à l’armée allemande, rejoignit les troupes alliées. Lorsqu’il mourut dans un accident, les Français manifestèrent leur tristesse en lançant une souscription pour un portrait équestre, exécuté par le sculpteur Armand Martial.


» Revenir au plan
 


 Simon Bolivar
(8e) Cours la Reine

Ce monument à Bolivar fut offert à la Ville de Paris en 1930, par les Républiques d’Amérique latine, pour la célébration du centenaire de la mort du Libertador. Il s’agit en réalité de la 4e réplique de la statue équestre du sculpteur Emmanuel Frémiet, commandée vers 1900 pour la ville de Bogota (Colombie) et dont deux autres exemplaires furent élevés à Baranquilla (Colombie) et à La Paz (Bolivie).
Le Cours la Reine offre ainsi - avec les monuments à Albert Ier de Belgique et, vers l’ouest, à La Fayette - un ensemble exceptionnel de statues équestres, monumentales et hiératiques, élevées à la mémoire de personnalités ayant joué un grand rôle politique.


» Revenir au plan
 


 L’Harmonie triomphant de la Discorde
(8e) Grand Palais , angle Cours la Reine
L’Immortalité devançant le Temps
(8e) Grand Palais , angle Champs-Élysées

Créés dans l’euphorie et le faste de l’Exposition Universelle de 1900, les quadriges du Grand Palais, œuvres du sculpteur Georges Récipon, sont l’ultime avatar du courant néo-baroque de la sculpture française. Une scénographie d’une violence inouïe fige en position instable chevaux cabrés, projetés dans le vide, et figures plongeantes (la Discorde, côté Champs-Élysées).
L’audacieux déploiement de ces couronnements sculptés contraste avec la lourde rigueur de l’ample façade et suffit par son dynamisme à évoquer l’idéal de progrès qui triomphe à l’Exposition. Prouesses des arts et techniques de l’époque, ces quadriges sont constitués de plaques de cuivre repoussé, montés sur une armature métallique ancrée à la maçonnerie et ornés d’éléments de céramique (rayons des roues des chars, lions ailés à l’arrière).


» Revenir au plan
 

Charlemagne
Parvis de Notre-Dame
Chevaux de Marly
Place de la Concorde
Jeanne d'Arc
Place des Pyramides
Simon Bolivar
Cours la Reine

 


Puce cultureTout savoir sur la balade :


La Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris entretient à travers la capitale environ six cent statues et monuments commémoratifs qui appartiennent au patrimoine municipal. Ces oeuvres qui, pour la plupart, datent des débuts de la Troisième République, sont le fruit d’une politique active de commande destinée, selon les voeux des élus parisiens, à pourvoir au décor des squares ou de la rue. Parmi elles, figurent quelques-uns des chefs-d’oeuvre de la sculpture française : La fontaine des quatre parties du monde de Carpeaux ou Le Triomphe de la République de Dalou.


Le 20e siècle a longtemps été plus hésitant dans ce domaine, mais depuis une vingtaine d’années, la Ville de Paris a renoué avec la tradition de la commande publique. En 2004, elle a mis en place un Comité de l’Art dans la Ville, comité consultatif, rassemblant élus et experts, chargé de donner des avis sur la politique menée dans ce domaine. Avec lui, la Ville de Paris a ainsi réalisé 35 commandes publiques d’œuvres pérennes ou éphémères entre 2004 et 2008. De la Tour d’exercice de Wang Du (Paris 17e), à la Danse de la fontaine émergente de Chen Zhen (Paris 13e) ou à la Forêt de candélabres du collectif berlinois Inges Idee (Paris 19e), elles sont à découvrir à travers Paris…

 

Ville de Paris / DAC / Août 2008 ; © Ville de Paris – C. Fouin, J.M. Moser, C. Pignol

Mise à jour le : 13 mai 2014
La carte de Paris - nouvelle fenêtre

La carte de Paris