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A+ | A- | A=Retour au temps des cerises
Dans le 13e arrondissement, rendez-vous avec l’authenticité et le charme de la Butte-aux-Cailles, véritable village dans la ville.
Au commencement était la Bièvre, qui coulait au pied de la Butte-aux-Cailles, ses moulins à eau et ses berges qu’aimait Jean-Jacques Rousseau. Mais à partir du XIXe siècle, la rivière, transformée en égout à ciel ouvert par les tanneries et teintureries, fut progressivement recouverte de rues qui témoignent aujourd’hui de son parcours sinueux.Pour retrouver le charme de cette époque, sortez au métro Corvisart, puis prenez les escaliers de la rue Eugène-Atget, qui conduisent à la butte par le boulevard Auguste- Blanqui. La rue Jonas, puis, à droite, la rue des Cinq-Diamants, vous mènent à la rue de la Butte-aux-Cailles, coeur historique du quartier. La fragilité du sous-sol, troué de carrières, a sauvé l’endroit du gigantisme moderne : entre les pommiers, les petites maisons basses à deux ou trois étagesrappellent les origines campagnardes du lieu.
Une architecture sociale
Loin de sa réputation sulfureuse de repaire de malfrats qui prévalait au siècle dernier, la Butte-aux-Cailles offre aujourd’hui l’image d’un lieu préservé. En poursuivant jusqu’à la place Paul-Verlaine, vous verrez deux curiosités en lien avec l’assainissement de la Bièvre au XIXe : le puits artésien où l’on vient, encore aujourd’hui, remplir ses jerricans d’une eau pure recueillie à quelque 600 m de profondeur, et la piscine construite pour endroit qu’atterrit, au XVIIIe siècle, la première montgolfière de Pilâtre de Rozier. La rue du Moulin-des-Prés, puis celle des Peupliers, conduisent au pied de la colline.
Un arrêt s’impose au square des Peupliers (n° 72), charmant îlot de villas croulant sous la verdure. Au bout de la rue, la place de l’Abbé-Georges-Henocque présente quelques maisons au style étrangement britannique.
Dans tout ce quartier ont fleuri des lotissements ouvriers en brique comme matériau de base; voyez, un peu plus loin, rue Dieulafoye, les alignements de petites maison au curieux toit en pointe.
Flânez entre les pavillons art déco et leurs jardinets
De la place de l’Abbé-Georges-Henocque, prenez ensuite la rue de la Colonie, puis celle de la Fontaine-à-Mulard. Arrivé place de Rungis, poursuivez jusqu’à la rue Savarin, qui s’ouvre sur la Cité florale, à droite, autre exemple d’architecture sociale des années 1930. Par la rue des Glycines, la bien nommée, flânez entre les pavillons art déco et leurs jardinets. Cet ensemble plein de charme offre un contraste étonnant avec les HLM voisins... La rue Vergniaud permet de rejoindre la butte par la rue Daviel. Dans cette dernière, ne manquez pas ,au n° 10, la Petite Alsace, une autre cité ouvrière, très pimpante avec ses maisons bariolées à colombages (1913). Après la rue Barrault, à gauche, retrouvez la rue de la Butte-aux-Cailles, et, plus loin, la place de la Commune-de-Paris. Ici, les communards de 1871 organisèrent la résistance avant de plier devant les troupes de Versailles. Tout autour de la place, les petits bistrots restent ouverts tard le soir, comme le furent avant eux les tavernes et les guinguettes d’autrefois à l’ambiance populaire et joyeuse. Il ne vous reste qu’à reprendre la rue Eugène-Atget pour redescendre la Butte-aux-Cailles, quitter le village et retrouver la ville...
Pratique
Durée de la balade : environ 1 h 30.


