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Partager sur Facebook | Partager sur Twiter | Partager | Imprimer | A+ | A- | A=Nemo, ou l'âme d'un Paris populaire et bien vivant

Anne Thomes-Mairie de Paris
[03/04/2013]

Le peintre hante joyeusement de ses pochoirs, fresques et bombages l'Est Parisien depuis des decennies. La dernière "rêverie" de Nemo surplombe le carrefour de Ménilmontant-Oberkampf :un ballon rouge et  une fusée poussent le passant à prendre son envol.  Rencontre avec l'artiste qui a incarne l'esprit du Paris populaire. Balade mutimedia dans le XXe arrondissement, hors des boulevards touristiques .

De Ménilmontant à Belleville, on ne présente plus Nemo: ses bombages, pochoirs et fresques transforment les murs défraîchis du quartier.

Ses peintures éphémères (dont certaines ont traversé les décennies) ont ce quelque chose de familier et de chaleureux qui relient Belleville à Ménilmontant en passant par la rue des Couronnes.

 

 

Depuis les premiers pochoirs de l'artiste dans les années 80 jusqu'à ses premières fresques monumentales, comme celle de la rue Henri Chevreau, les habitants du XXe se sont habitués à croiser la drôle de silhouette de "l'Homme à l'imperméable" au détour des ruelles. Autrement appelée "le bonhomme noir", la figure est récurrente dans les compositions de Nemo et côtoie le plus souvent un ballon rouge, et une valise... .

 

Nemo incarne le type même d'artiste qu'on a l'impression d'avoir toujours connu, sans jamais l'avoir rencontré. Le romancier Daniel Pennac - autre figure du 20e arrondissement-, lui a consacré un livre. ( Nemo, editions Hoebeke)

 

Nemo en Zoomorama : écoutez les interviews de l'artiste et déplacez-vous dans le zoomorama en cliquant sur +/-

 

 

 

 

Little Nemo et le Ballon rouge

 

Deux références occupent l'imaginaire de Nemo : la première est celle d'un petit garçon nommé "Little Nemo", personnage de bande dessinée inventé par l'américain Winsor McCay lequel a un temps, séduit l'imaginaire du fils de l'artiste.  

 

L'autre est celle du "Ballon rouge", film d'Albert lamorisse de 1956. Dans le Ménilmontant des années 50, le film met en scène l'histoire d'un enfant qui trouve un gros ballon rouge accroché à un réverbère. Commence alors une histoire d'amitié avec ce ballon qui se met à suivre le petit garçon dans les rues de Paris.

 


Le ballon Rouge

 

 

L'homme à l'imperméable

 

Quand on demande à Nemo si l’homme à l’imperméable noir pourrait être son double poétique, l'artiste se contente de sourire, avec cet air facétieux qui laisse à l'interlocuteur la charge d'interpréter les choses lui-même. "Si les gens voient ça, alors oui....", conclut-il. Et on constate en effet qu'il y a chez l'homme à l'imperméable la même fausse légerté et le même mystère que chez l'artiste.

 

Depuis peu, ce personnage flanqué de son ballon rouge a un nouveau terrain de jeu et surplombe le carrefour de Ménilmontant-Oberkampf, au 146 boulevard de Ménilmontant. Pour Nemo, son emplacement en hauteur invite le passant "à ne plus marcher en regardant ses chaussures" et c'est déjà beaucoup.

Cette fois, Nemo a associé à son personnage une fusée qui prend son envol depuis ce quartier "un peu loufoque et décalé, et toujours festif" qu’est Ménilmontant. "J’ai utilisé le conduit de cheminée pour évoquer les premiers vols commerciaux dans l’espace" poursuit-il.

 

Ce type d’œuvre sur un mur pignon est rare à Paris. Elle a été commandée par la copropriété d’un immeuble centenaire, construit en pierre de taille et haut de 7 étages. "Nous avons profité des travaux de ravalement pour proposer à Nemo d’y réaliser une fresque" explique Joël Goldenberg, président de la copropriété.

Après plusieurs échanges entre les copropriétaires et l’artiste, et avec l’accord de l’architecte des Bâtiments de France, l’artiste a réalisé une grande composition "très aérienne".

 

"Cette oeuvre s’inscrit dans l’ambiance du quartier et donne une identité à l’immeuble" se réjouit Joël Goldenberg. "Désormais les enfants disent ‘’J’habite derrière la fusée et le ballon rouge !’’ ".

 

 
Extrait de Némo de Belleville

 

Biographie express

 
Autodidacte, scientifique de formation, Nemo réalise ses premiers pochoirs au début des années 1980. Ses peintures mettent alors en scène un petit garçon "Little Nemo", personnage d’une bande dessinée américaine de Winsor McCay. Nemo désire ainsi prolonger, sur les murs, l’univers de rêve dans lequel la lecture de l’histoire plonge son jeune fils. Les années passent. Au milieu des années 1990, Nemo reprend la peinture au pochoir avec un autre personnage, plus énigmatique, l’homme à l’imperméable noir, figure familière du 20e puisque l’arrondissement est le terrain de prédilection de l’artiste. Nemo n’hésite cependant pas à s’aventurer dans d’autres quartiers parisiens et en banlieue, jusqu’à s’expatrier quatre ans (1996-2000) en Colombie où il réalise de très nombreuses peintures murales à Bogota et Medellin. Il intervient aussi sur les murs de Tokyo et de Lisbonne. Des compositions savantes et magistrales de Nemo se dégage, outre le rêve et la poésie des premiers pochoirs, un univers insolite chargé de mystère, proche de celui des Surréalistes. Poète de la rue avant tout, Nemo se fait avare d’expositions en galerie.

 

 

En 2009, Nemo a participé à une exposition collective sur l’art urbain aux côtés des artistes Mesnager, Mosko et associés et du photographe Gérard Faure. Cette exposition présentée par la mairie du 20e au pavillon Carré de Baudouin (121 rue de Ménilmontant) a rencontré un vif succès (plus de 10 000 visiteurs) et a donné lieu à l’élaboration d’une grande fresque sur le mur pignon du pavillon, encore visible aujourd’hui.

 


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