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A+ | A- | A=A la recherche du temps perdu...le cimetière du Père Lachaise !
Au Père Lachaise (20e),l’ultime demeure est aussi un lieu de promenade, verdoyant et poétique. Partez sur les traces des morts illustres,au gré des allées arborées et des sentiers labyrinthiques du célèbre cimetière perché.
Du métro Père Lachaise, montez jusqu’à la rue des Amandiers. Dans ce nouveau quartier populaire et résidentiel, autrefois commerçant et artisanal, l’architecture moderne fait des petits et réhabilite un habitat vétuste. A droite, continuez votre ascension rue des Partants jusqu’à une petite place avec sa fontaine Wallace. Dissimulé derrière elle, le square des Mûriers devient aux beaux jours un havre pour oiseaux chantants. Rue Gasnier-Guy, très typique du vieux Ménilmuche, un autre jardin de quartier a éclos, partagé par les habitants et joliment baptisé “Papilles et papillons”. Place Martin-Nadaud, dépassez la drôle de crèche aux allures de demeure en toc, avec faux rondins de bois et vrai ciment, pour rejoindre sur votre droite la rue des Rondeaux.
Le repos sous les arbres
Pénétrez dans la partie neuve du cimetière du Père Lachaise par la porte Gambetta: à vous le royaume des morts illustres, des promeneurs solitaires, des nécrophiles notoires et autres amateurs d’art funéraire. Entre les érables, les frênes ou les marronniers (le cimetière compte près de 5000 arbres), reposent anonymes et célébrités. Avant de vous lancer dans le jeu de pistes des tombeaux VIP, sachez tout de même que le cimetière doit son nom au Père de Lachaise, un jésuite confesseur de Louis XIV qui vécut sur la colline de Champ-l’Evêque, actuel emplacement de la nécropole. Mais c’est à l’architecte du palais de la Bourse, Alexandre Brongniart, que revint la charge d’aménager le cimetière. Entre jardins à l’anglaise et lieux de recueillement. Empruntez sur votre droite l’avenue Circulaire, en direction des impressionnants mémoriaux des camps de concentration et d’extermination nazis. Un peu plus loin, à deux pas de la tombe de Jean-Baptiste Clément, l’auteur du Temps des Cerises, un autre lieu de souvenir se dresse : c’est le mur des Fédérés. En 1871, lors du soulèvement de la Commune, le cimetière avait servi de retraite et de base d’artillerie aux révoltés. Le 28 mai, le pouvoir versaillais de Thiers fusillait le long de ce mur les 147 derniers Communards de Paris. En face, le carré des politiques abrite le dernier sommeil de Paul Lafargue, Maurice Thorez et Paul Vaillant-Couturier.
A droite dans l’avenue transversale n° 3 repose la môme Piaf : vous croiserez peut-être l’un de ses admirateurs, les bras chargés de fleurs et La vie en rose au bout des lèvres.
Des voeux griffonnés
Non loin de là, à côté d’un cyprès, la tombe du peintre Modigliani. Prenez l’avenue Greffülhe à gauche puis à droite la transversale n° 2 pour contempler le gisant de Victor Noir. Ce jeune journaliste, tué à 22 ans, est l’une des personnalités les plus visitées du cimetière. Au pied de sa statue, son chapeau abrite souvent des petits bouts de papier où l’on a griffonné des voeux. Une légende incite certains visiteurs à toucher son entrejambe, proéminente, pour y puiser fécondité ou puissance sexuelle.
Plus loin, à droite, avenue Carette, il est encore question de sexe ou plutôt de son absence : castré, le sphinx ailé de l’écrivain Oscar Wilde est régulièrement moucheté de traces de rouge à lèvres… Après un petit détour par la tombe de Marcel Proust, au bord de la transversale n° 3, passez devant le Colombarium où sont conservées les cendres de la diva Maria Callas, du metteur en scène Max Ophüls ou encore de l’humoriste Pierre Dac.
Une épitaphe en forme de coeur
Transversale n° 2, après l’avenue des Combattants étrangers morts pour la France, un poème et une épitaphe en forme de coeur ornent la pierre tombale du poète Guillaume Apollinaire : “Mon coeur pareil à un flamme renversée”. Ensuite, laissez-vous guider par les effluves parfumées pour trouver la tombe la plus fleurie du cimetière, celle du fondateur du spiritisme, Allan Kardec. Brésiliens et Antillais lui rendent un véritable culte. Prenez la transversale n°1 puis rejoignez le chemin Denon, où l’humoriste Pierre Desproges repose parmi les musiciens Frédéric Chopin,Michel Petrucciani, Bellini, roi du Bel Canto et Méhul, le compositeur du Chant du départ. Redescendez vers l’avenue principale en passant par le Monument aux morts. A droite, le poète Alfred Musset implore ses amis de planter un saule près de sa tombe. Retrouvez le monde des vivants en empruntant à droite le boulevard de Ménilmontant qui mène au Métro Père-Lachaise.
Pratique
Durée de la balade : 2h30.
Entrée du cimetière gratuite.
Du 16 mars au 5 novembre, de 8h à 18h.
Du 6 novembre au 15 mars de 8h à 17h30.
L’ouverture des portes est fixée à 8h30 le samedi et à 9h le dimanche et les jours fériés.
Possibilité de suivre des visites guidées tous les samedis à 14h30, entre le 1er avril et le 30 novembre. Rendez-vous à l'entrée boulevard de Ménilmontant, face à la rue de la Roquette (M° Père-Lachaise ou Philippe-Auguste). Tarif : 8 €.
Visites de groupes (30 personnes maximum) sur demande en envoyant un courriel à education-environnement@paris.fr.


