Paris en toutes lettres 2011 - Paris.fr
 

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Mairie de Paris/Aude Lorriaux
[26/12/2011]

Que de pensées, de beautés, et d’émotions... "Paris en toutes lettres" qui s'est déroulé du 5 au 8 mai, est terminé et déjà les têtes revitalisées se prennent à rêver de la prochaine édition. Les neurones ont eu leur compte d’idées, nouvelles ou révolutionnaires, que ce soit au CENTQUATRE, au Point éphémère ou à la Gaîté lyrique. Bilan non exhaustif et forcément subjectif du festival.

Un jeudi soir au Bestiaire...

Ouverture jeudi soir à la Gaîté lyrique, pour une rencontre entre Christophe et Daniel Darc, qui ont tous deux su incarner (et pour cause!) le Bestiaire de Paris de Bernard Dimey. Connus pour vivre la vi(ll)e du soir au matin, en oiseaux de nuit, ils ont chacun interprété le texte avec leur sensibilité, leur vécu de noctambules, accompagnés de musiciens et de la chanteuse Loane.

Babel et cabaret d'insultes à la Gaïté Lyrique


Vendredi, toujours à la Gaîté Lyrique, on discutait d’un thème difficile, souvent oublié : la traduction. Le temps d’une rencontre entre trois écrivains, Camille de Toledo, l’auteur d’Archimondain jolipunk a présenté la société européenne des Auteurs, dans un exposé-œuvre, une tribune d’art entremêlant les langues et les idiomes. Où l’on a pu entendre des échos de voix, des voix multiples, celles des peuples, et du Peuple à venir : « Wir sind les enfants d’un exil (…) nous portons en nous les trous du XXè siècle et nous ne voulons plus de vos frontière (…) La traduction est le nom que nous donnons à une société nouvelle de l’entre des langues, nicht comme une église but more comme une école. (…) Il faut une idée capable d’infléchir le Zeit geist européen », a posément dit Camille de Toledo.

Plus tard dans la soirée, l’événement attendu était le Cabaret littéraire, où Christian Heck et Michel Vuillermoz se sont échangés quelques insultes littéraires, lettres pleines d’humour d’écrivains à leurs éditeurs, ou d’éditeurs à de futurs écrivains. Le tout agrémentée d’une performance d’effeuillage, « traduction du texte » selon les interprètes. « Ce n’est pas souvent qu’on nous rétribue au quolibet ! » a lancé l’un des acteurs. Et nous, que nous applaudissons aux insultes. Voilà ce que peut nous faire faire la littérature !

Contes et parcours d'émotions au CENTQUATRE

Le week-end, direction le CENQUATRE où la ville est envahie de familles et enfants de tous âges. Des enfants venus au "parcours des émotions" (parcours interactif créé et animé par l'artiste Sylvie Hazebroucq), écouter attentivement le Banquet littéraire d'Alice Butaux (80 enfants), participer aux ateliers d'artistes en herbe ("Basquiat et les super héros", "Mondrian et l'abstraction", etc. :tous complets!)…

Pour appaiser les esprits les plus agités pour cette profusion de propositions, la conteuse Praline Gay-Para recevait de son côté par petit groupe les plus âgés dans sa jolie caravane rouge pour des moments de conte, des petits moments de vie et d'histoire(s), des instants d'humanisme particulièrement appréciés des petits auditoires (groupe de 10 personnes).

La journée du samedi fut marquée, entre autres, par la présence de Bertrand Belin au CENTQUATRE. Et quelle présence ! Avec beaucoup d’humilité, le chanteur à la plume a livré son interprétation personnelle de quelques textes, entrecoupant ses lectures de quelques chansons et de ponctuation comiques. Où étaient entre autres conviés. Victor Hugo, Charles Pennequin et Henri Michaux... Où l’on a parcouru des déserts, des jardins, et quelques vertiges horizontaux…Les concerts littéraires (Olivia Ruiz, Barbara Carlotti etc.) ont tous affichés complet. Autres moments de fête collective: le banquet littéraire, où le public enthousiaste est venu rejoindre les artistes pour les lectures et entremèdes musicaux dansés de tous les diables!

Petites musiques dominicales...

Enfin dimanche, le badaud baladeur avait l’embarras du choix : à 15h il avait le choix entre Charles berling, Nosfell ou Jim Harrison au CENTQUATRE, le chanteur Bastien Lallemant, une rencontre entre Marc Augé et ses collègues romanciers Nicolas Bouyssi et Charles Robinson, au Point éphémère et Didier Blonde, l’auteur d’une balade dans Paris, à la Gaîté lyrique. Quel dilemme ! On aura vu Jim Harrison attirer un public de connaisseurs et de fans, se ruant autour de l'auteur de Dalva qui racontait la généalogie de son personnage. Ce jour-là, Jim Harrisson racontait que, de la fenêtre du petit hôtel parisien où il logeait le temps du festival, il s’émerveillait d’entendre les oiseaux…. Quand les livres bruissent de concerts, c’est tous nos sens qui sont à la fête.