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Partager sur Facebook | Partager sur Twiter | Partager | Imprimer | A+ | A- | A=Le Paris des gens célèbres: Louise Michel

© Albert Harlingue / Roger-Viollet
[25/08/2011]

Celle que l’on appelait la Vierge rouge hante toujours la butte Montmartre et la Goutte d’Or. Balade dans les pas de la Pasionaria de la Commune.

Institutrice et révolutionnaire

Lorsque Louise Michel arrive à Paris en 1856, elle a 26 ans. Institutrice, elle s’est déjà fait remarquer pour ses idées révolutionnaires. Elle devient rapidement une figure de l’opposition au régime, se partageant entre l’enseignement et son combat social et politique. En partant du métro Barbès, prenez la rue de la Goutte-d’Or jusqu’à l’église Saint-Bernard-de-la-Chapelle, qui poursuit avec les sans-papiers un engagement commencé au XIXe siècle, alors que l’institutrice, en blanquiste convaincue, y anime déjà le Club de la Révolution.
rue polonceau 36 rue Polonceau - Crédit photo: Sacha Lenormand 

Elle s'expatrie en Nouvelle Calédonie et soutient les Canaques

Condamnée à la déportation à vie après les événements de la Commune en 1871, elle vit près de dix ans en Nouvelle-Calédonie, faisant sien le combat des Canaques et enseignant aux tribus indigènes. Tout près, derrière le square Léon, la rue Polonceau recueille au n°36 Louise Michel et sa mère, à son retour de Nouvelle-Calédonie.

Elle fait le choix de l'anarchisme

Lorsqu’elle revient en France après l’amnistie accordée aux Communards, Louise a opté pour l’anarchisme. C’est elle qui, la première, adopte le drapeau noir, symbole du mouvement dont elle demeure encore aujourd’hui l’une des icônes.

Vue du Sacré Coeur Vue depuis le Sacré Coeur de Montmartre - Crédit photo: Sacha Lenormand

Les affrontements de la commune au coeur de Montmartre

Par la rue des Poissonniers, rejoignez la rue Myrha, qui débouche sur la rue de Clignancourt. Déjà, on aperçoit le dôme blanc du Sacré-Coeur: sur cette butte ont lieu les affrontements sanglants de la Commune, qui font entrer dans la légende l’institutrice révolutionnaire.

rue de Clignancourt 41, rue de Clignancourt - Crédit photo: Sacha Lenormand

Au n°41 de la rue de Clignancourt se tiennent alors les réunions du Comité de vigilance du 18e, auquel elle appartient. Dans ce bel immeuble haussmannien a aussi vécu Théophile Ferré,
son grand ami et mentor en politique. Ce même comité est au coeur de la résistance de Montmartre lors du siège de la capitale par les Prussiens, puis de l’insurrection de la Commune.

Louise Michel est sur tous les fronts

Pour ses élèves affamés, elle crée une cantine avec l’aide de Clémenceau, maire de Montmartre; pour combattre le régime, elle est garde au 61e bataillon de Montmartre, ambulancière et se bat sur les barricades. Elle participe en première ligne aux tentatives de putsch à l’Hôtel de Ville en 1870 et 1871 et se portera volontaire pour tuer elle-même le chef du gouvernement, Adolphe Thiers, réfugié à Versailles, ce qui lui sera refusé.

Autour du Sacré Coeur

RévolutionImage de la Révolution - Crèdit photo:  Roger-Viollet

Remontez maintenant la rue de Clignancourt qui rejoint, à flanc de coteau, la rue Custine. Entre les n°42 et 54 se tenait le parc du Château rouge, où le général Lecomte sera emprisonné avant d’être exécuté par les insurgés de la Commune. Plus loin, dans la rue Custine, la rue Becquerel amorce sa montée vers le sommet de la butte.

Une des premières écoles de Louise Michel - Crédit: Sacha Lenormand

ecole que dirigea Louise michel carrefour rues Becquerel et L’ascension est raide mais vaut l’effort: au croisement des rues Becquerel,Saint-Vincent et du Mont-Cenis se dresse une petite bâtisse frappée aux armes de Paris. L’une des premières écoles de Louise Michel, qu’elle a dirigé à ses débuts à Paris, dans les années 1860.Continuez de gravir la butte par la pittoresque rue Saint-Vincent. La basilique se dessine au bout de la rue de la Bonne puis de celle du Chevalier-de-la-Barre, anciennement rue des Rosiers: les insurgés y fusilleront les généraux Lecomte et Thomas lors de l’affaire des canons en mars 1871.

Naissance de la Commune

A l’emplacement de l’actuelle basilique ont été parqués les fameux canons que le gouvernement essaie de récupérer par la force le 18 mars 1871.A l’arrivée des troupes,Louise Michel et le Comité de vigilance du 18e font sonner le tocsin et organisent le soulèvement. La Commune est née. Avec une conviction: “La tâche des instituteurs, ces obscurs soldats de la civilisation, est de donner au peuple les moyens intellectuels de se révolter.” du nom du socialiste révolutionnaire Auguste Blanqui.


Quelques dates :
1830 Le 29 mai: naissance à Vroncourt (Meurthe-et- Moselle). Louise est la fille illégitime du châtelain et d’une servante
1852 Ouverture de sa première école à Audeloncourt (Haute-Marne)
1856 Institutrice dans un internat à Paris
1870-1871 Membre du Comité de vigilance du 18e, participe aux tentatives de putsch à l’Hôtel de Ville
1871 Les 17 et 18 mars: affaire des canons à Montmartre
En avril et mai: combat avec les insurgés de la Commune; se rend en échange de la liberté de sa mère
1873-1880 Déportation en Nouvelle-Calédonie
1880 Amnistiée, accueillie triomphalement à Paris
1881-1890 Alterne meetings, manifestations et prison
1888 Echappe de peu à un attentat
1890 Se réfugie à Londres, de peur d’être internée
1895-1905 Donne des conférences, écrit de nombreux ouvrages, vit entre Londres et Paris
1905 Le 9 janvier : meurt à Marseille en tournée deconférences, inhumée à Levallois-Perret


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Cet article a été publié à l'origine dans le journal "a Paris n°29   ", hiver 2008.
 

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