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INA
[03/04/2013]

De Saint-Sulpice à Saint-Germain-des-Prés, le Paris de la jeunesse de Prévert nous restitue, le temps d’une balade, les sources d’inspiration du poète.

Un nomade qui arpentait Paris

Marcher dans Paris dans les pas de Prévert est une entreprise hasardeuse. Très tôt, Jacques hérite de ses parents un sérieux penchant pour le nomadisme. Pas un quartier que le poète-auteurscénariste n’ait écumé, pas un café où il n’ait écrit. Mais il a gardé toute sa vie un attachement particulier pour le 6e arrondissement, qui a vu sa jeunesse et ses premiers succès. Pour retrouver le jeune Prévert, dirigez-vous vers les tours de Saint-Sulpice et sa fontaine sculptée, récemment rénovée. Le futur anticlérical convaincu y a passé ses années d’enfance à accompagner son père dans ses visites aux “nécessiteux”. C’est là aussi qu’il rencontre le Paris populaire qui lui devra tant de poèmes et de films.

 Son enfance au coeur de la capitale

Hôtel particulier 4 rue Féron 4, rue Féron, l'Hôtel particulier où a vécu Jacques Prévert - Crédit: Sacha Lenormand

Arrêtez-vous au 7 de la rue Vaugirard (6e), près du théâtre de l’Odéon. Jacques a sept ans lorsque sa famille s’installe au troisième étage de cet immeuble tout de guingois, dans lequel se trouve déjà une cour intérieure, un lieu de vie qui fascine Prévert et lui inspirera son film Le crime de M. Lange.

Son école communale est toujours au numéro 9. Mais la famille déménage bientôt quelques rues plus loin au 4, rue Férou, magnifique hôtel particulier.

La monumentale porte cochère et la cour sur laquelle donnent plusieurs appartements feraient presque oublier les difficultés financières que traversaient les Prévert à l’époque.

 Son premier amour

rue de TournonPrévert a vécu au 5 rue de Tournon au cinquième étage en 1910 - Crédit photo: Sacha Lenormand 

A deux pas de là, face au Sénat, la rue de Tournon accueille en 1910 Jacques au cinquième étage du numéro 5. De grands hommes l’avaient précédé, comme Gros, inventeur du phonographe, mais aussi Gambetta et Daudet.

Ici, la fameuse cour d’immeuble a abrité une idylle d’enfants ; au rez-de-chaussée habitait Simone Dienne, qui deviendra la première femme de Jacques Prévert.

 Le jardin du Luxembourg un de ses lieux de prédilection

jardin du Luxembourg Le jardin du Luxembourg a été très fréquenté par Jacques Prévert - Crédit photo: Sacha Lenormand

Ces différentes adresses avaient un point commun: le jardin du Luxembourg tout proche, terrain de jeu de Jacques qui y faisait les 400 coups.

Impossible de ne pas y flâner pour contempler le décor de son enfance. Autour du grand bassin, les allées sont aussi policées et tranquilles que le jeune Prévert était indiscipliné et turbulent.

 Son école

rue du vieux colombier 7, rue du Vieux Colombier (6e) - Crédit photo: Sacha Lenormand

En sortant du Luxembourg, dirigez-vous vers la rue d’Assas. Au numéro 68, le collège-lycée Saint-Sulpice mérite un arrêt : anciennement nommée André-Hamon, cette école catholique est celle où Prévert a fait ses classes de 1908 à 1914.

Au delà de l’entrée moderne, les vieux bâtiments du collège et la cour de récréation, se souviennent de Prévert, l’élève le plus célèbre de l’établissement, mais pas le plus assidu.

Retour dans le VIe

Bref retour à Saint-Sulpice pour voir le dernier foyer des Prévert, qui s’y installent en 1912. Le 7 de la rue du Vieux Colombier appartient à la caserne des pompiers. Les parents de Prévert y vivront jusqu’à leur mort (1936 et
1946).

 Les années Montparnasse

Deux Magots Une table aux Deux Magots - Crédit photo: Sacha Lenormand

Son certificat d’études en poche, l’ado,qui enchaîne les petits boulots, s’éloigne des clochers de Saint-Sulpice. Le service militaire marque un tournant et débouche sur les “années Montparnasse” avec les surréalistes d’André Breton.

Les intellectuels se retrouvent au café

A l’approche de la trentaine, Prévert revient dans le quartier de ses premières amours. Suivons-le en prenant la rue Bonaparte jusqu’au boulevard Saint-Germain. Comme tous les intellectuels de l’époque, il fréquente assidûment les cafés de Saint-Germain-des-Prés. Aux Deux Magots il compose un manifeste “anti-Breton” et fait du Flore le quartier général de son groupe de théâtre contestataire “Octobre”. En pleine Occupation, alors qu’il tourne Les enfants du Paradis, il y rencontre Sartre, Beauvoir et les existentialistes. La bande à Prévert a marqué la mémoire des deux cafés mythiques. C’est le moment de faire une pause et de s’imprégner de l’atmosphère des lieux…

 Prévert devient un phénomène littéraire

Paroles "Paroles" enseigné à l'école - Crédit photo: Sacha Lenormand

Ici, à la fin de la guerre, la sortie de Paroles fait de Jacques Prévert le phénomène littéraire du moment. Les étudiants récitaient ses poèmes, ses textes étaient chantés par Gréco et Montand.

De cette époque, où Prévert était le symbole germanopratin, il ne reste malheureusement plus que l’ancien hôtel Montana, au 28 de la rue Saint-Benoît, où il vécut au septième étage, contre le café de Flore.

 Un poète immortel qui a traversé les âges

rue St Benoit 28 rue Saint-Benoît où Prévert habitait au septième étage - Crédit photo: Sacha Lenormand

Mais tout le monde le sait : longtemps après que le poète a disparu, ses poèmes courent toujours dans les rues. N’hésitez donc pas à faire un dernier détour par le 18 de la rue Saint-Benoît: un collège y a pris le nom de Jacques Prévert, comme pour nous rappeler qu’il est encore aujourd’hui l’enfant chéri de Saint-Germain-des-Prés.


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Couv àParis 28  
 


Cet article a été publié à l'origine dans le journal "a Paris n°28  ", automne 2008.
 

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