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Crédits photo : Flickr - Mitmensch0812
[03/04/2013]

Écrivain, journaliste, homme de théâtre, prix Nobel, Albert Camus est arrivé à Paris en 1940. Découvrez  le Paris intime de ce grand humaniste.

Journaliste à Alger Camus devient écrivain à Paris


Samedi 16 mars 1940, un homme débarque à Paris après un long voyage. Parti de son Algérie natale, le futur prix Nobel de littérature apprend la capitale, seul. Cet homme, c’est Albert Camus.

16 rue Ravignan 16, rue Ravignan (18e) - Crédit photo: François Grunberg

Déjà journaliste pour Alger républicain, Camus est embauché à Paris-Soir. En fin de journée, le secrétaire de rédaction, âgé de 27 ans, prend la plume de l’écrivain. Il termine l’écriture de L’Étranger début mai à Montmartre, dans une chambre de l’hôtel du Poirier, aujourd’hui disparu, 16, rue Ravignan (18e). Camus y exprime l’absurdité de la condition humaine, ce décalage entre l’individu et le monde qui l’entoure.

Hôtel Madison 143 bd St Germain (6e) - Crédit photo: François Grunberg
Hôtel Madison Étranger à Paris, Camus l’est aussi sûrement un peu, loin de sa Méditerranée. Il s’installe début juin 1940 à l’hôtel Madison, 143, boulevard Saint-Germain (6e), face à l’église.

Camus s'engage dans la résistance

5, rue St Benoit 5, rue Saint Benoit - Crédit photo: François Grunberg

En juin 1943, Camus rencontre Sartre à la générale des Mouches. Introduit dans la Résistance par Pascal Pia, Camus s’occupe du journal Combat. Robert Antelme, mari de Marguerite Duras, vient d’être arrêté, il faut récupérer les dossiers de la Résistance. Dans Paris occupé, il fait alors le guet devant le 5, rue Saint-Benoît (6e).

18 rue Seguier 18, rue Séguier (5e) - Crédit photo: François Grunberg

Fin 1943, Camus est embauché comme lecteur aux éditions Gallimard. Il loue une chambre à l’hôtel Mercure, qui n’existe plus, au 22, rue de la Chaise (7e). L’année suivante, il habite au 1bis, rue Vanneau, dans le studio annexe d’André Gide. Souvent, Camus commence ses romans à l’hôtel, habitude d’un homme en transit. Avec sa femme Francine et ses enfants Catherine et Jean, il est hébergé par plusieurs amis avant de s’installer, en 1946, au 18, rue Séguier (5e) puis, rue Madame (6e) quatre ans plus tard.

Saint-Germain-des-Prés, la bande à Sartre

 

Le café de Flore - Crédit photo: François Grunberg

Café de Flore C’est autour de Saint-Germain-des-Prés que foisonne la vie intellectuelle de Camus. À la brasserie Lipp, au café de Flore ou encore aux Charpentiers, rue Mabillon. Il y débat avec Jean-Paul Sartre ou correspond avec René Char, qu’il retrouvera souvent au café La Palette, rue de Seine (6e). Dès 1947, avec le succès de La Peste, étranger, Camus ne l’est plus.

Son bureau de directeur de collection se trouve au siège des éditions Gallimard, au 5, rue Sébastien-Bottin (7e). Il n’en reste pas moins l’homme révolté de son œuvre éponyme, publiée en 1951, qui le brouille avec Sartre. En 1952, il démissionne de l’Unesco, qui accueille l’Espagne franquiste, puis proteste contre la répression soviétique en Hongrie. En 1955 il écrit dans L’Express sur la crise algérienne, un « malheur personnel ».

Acteur, metteur en scène, adaptateur.

Théâtre Antoine Théâtre Antoine- Crédit photo: François Grunberg

 En ces périodes difficiles, un endroit illumine sa vie : le théâtre. Ce « lieu de la vérité » qui prend la forme d’une fête collective où l’être, enfin, n’est plus seul. Camus est un homme de théâtre complet : acteur, metteur en scène, adaptateur. Une passion constante depuis 1936, lorsqu’il fonde le théâtre du Travail à Alger (qui deviendra le théâtre de l’Équipe). Ses lieux de prédilection sont le Théâtre Hébertot (17e) où se joue Les Justes en 1949; celui des Mathurins  (8e), où Camus adapte en 1956 Requiem pour une nonne de Faulkner; et le Théâtre Antoine  (10e), où il met en scène Les Possédés de Dostoïevski.



Camus nourrissait un vieux rêve : créer à Paris un théâtre de répertoire, le Nouveau Théâtre. Les négociations sont proches d’aboutir quand, le 4 janvier 1960, la voiture de Michel Gallimard qui le ramène sur Paris sort de la route. Il est tué sur le coup, à 46 ans. Dans sa sacoche, le manuscrit inachevé du Premier Homme. Quelques années auparavant, Albert Camus écrivait dans ses carnets : « J’ai toujours eu l’impression d’être en haute mer : menacé au cœur d’un bonheur royal. »

Remerciements à Catherine Camus.


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Cet article a été publié à l'origine dans le journal "àParis" n°34, au printemps 2010.
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