Un Paris végétal et agricole: du rêve au possible 

La Ville s’est fixé comme objectif la création, d’ici à 2020, de 100 hectares de nouveaux «espaces verts» sur des toits-terrasses ou même des façades, dont un tiers de ces surfaces sera consacré à la production agricole. Le projet s’appelle «Paris-culteurs» . Dès le mois d’avril, 40 sites, situés soit sur des bâtiments municipaux soit sur des immeubles d’entreprises partenaires de la Ville, seront proposés aux candidats. 

Lancé par Pénélope Komitès, adjointe d’Anne Hidalgo chargée des espaces verts, cette initiative invite à développer des projets d’agriculture urbaine et de végétalisation. La Ville de Paris a d’ores et déjà convaincu 33 partenaires, de la SNCF à l’Opéra Bastille, en passant par Monoprix, ou les bailleurs sociaux Immobilière 3F ou Paris Habitat, qui s’engagent à libérer des surfaces. 

Un premier atelier au Parc floral

Ce mardi 8 mars, au Parc floral de Paris, le premier atelier Paris-culteurs rassemblait les candidats à l'appel à projets. 

Raphaël Caillens est venu de Marseille. Il est paysagiste-jardinier et poète, précise-t-il avec un sourire. Il a été choisi pour participer avec soixante-neuf autres personnes à un atelier de coproduction. Le matin, il a assisté à une conférence-débat où des invités prestigieux comme Charlie Miller, «père» des toitures végétalisées américaines, Stefano Boeri, architecte de «Bosco verticale» à Milan, Angela Mason, spécialiste de l’agriculture urbaine à Chicago et d’autres, ont témoigné de leur expérience et échangé avec le public. 

L’heure est à présent à travailler avec d’autres acteurs, tous représentant la pluralité de l’écosystème agricole et de végétalisation du bâti. «Après leur inscription sur le site dédié, nous avons sélectionné sur 300 personnes, 70 acteurs suffisamment motivés et à même de former sur chaque table de dix, un échantillonnage des métiers possibles: paysagiste, ingénieur en bâtiment, financier, propriétaire de site, exploitant, etc.» explique Joachim Delpech qui pilote l’appel à projets «Paris-culteurs» à la mairie de Paris.

«Le but est clairement de les faire travailler ensemble mais aussi de les fédérer. On a identifié sept types de lieux, sept types de contraintes et sept types d’opportunités. On fait piocher à chacune des tables au hasard un des lieux, une des contraintes et une opportunité.»

Ils ont 1h30 de travail en commun pour représenter sur un carton leur projet, à l’aide de matériaux de couleurs représentant l’eau, les végétaux, les fleurs, des ruches, des arbres, etc. Ensuite ces projets seront pris en photo, projetés et défendus par une ou deux personnes de chaque table devant un parterre composé des 33 signataires de la charte, d’élus et d’acteurs qui interagissent sur la problématique des Paris-culteurs. 

«En fait, ces configurations ne sont pas innocentes, précise encore Joachim, elles ressemblent beaucoup à des sites qu’on a présélectionnés en vue de les publier pour les appels à projets des Paris-culteurs, et on va voir comment les gens réagissent pour valider ou non, certains des sites.»

Avec des «si» on peut mettre Paris en jachère...

Ainsi Raphaël rencontre ses acolytes notamment Florence Pessard chargée de communication à la Ruche, Alexandre et Élise architectes, paysagistes et urbanistes à Marseille, Vincent Fresquet ancien financier, Eline Bonnemains de Nexity, Benoît Allard dans la production agricole ou Maya chef de service patrimoine végétal à Maisons-Alfort. 

Ils ont tiré leurs cartes: il s’agit d’un toit terrasse d’une portance de 400kg/m2 et d’une dimension de 30m sur 30 accessible depuis un monte-charge, sur un bâtiment situé à proximité de la Seine, d’un parc ou d’un bois. La carte bonus est qu’un investisseur propose un partenariat pour créer de l’événementiel. Un animateur est présent sur chaque table pour aider les personnes et rythmer la séance. «On peut peut-être prendre cinq minutes chacun et réfléchir dans son coin et après on fait un tour de table propose Raphaël.»

C’est ainsi que chacun y va de son idée avec son secteur d’expérience, «On pourrait en faire une vitrine des pratiques innovantes de l’agriculture urbaine lance Florence, avec une dimension pédagogique». Pour Christophe «il faut lier le haut et le bas ; pourquoi pas de la production en haut et de la vente en bas», «Et pourquoi pas en redescendre en tyrolienne si c’est proche d’un parc» lance Cécile. «Moi j’y verrai bien une activité associative la journée et un restaurant-bar le soir» lance un autre. «Et si on en faisait un phare végétal de Paris? Ce qui pousse au-dessus redescend au fil du temps sur l’immeuble». 

Les idées fusent et le temps passe vite. «Il faut se recentrer un peu: on a notre finalité? C’est quoi en fait: une éducation au goût?» s’interroge Cécile. «Il reste combien de temps?”, s’inquiète Vincent. «Il faudrait peut-être travailler sur l’aspect économique, je m’en charge, alors combien on a d’employés, combien ils gagnent, combien peut rapporter la production?»

Dans la salle, les dix tables phosphorent, ils s’aident de paperboards, les paysagistes dessinent, les architectes parlent portance, étanchéité, accessibilité. «Et si on mettait des ruches?», entend-on par ici, «On a notre business plan?» entend-on par là. 

Chaque table a pris ses marques. «Tout le monde travaille ensemble au début puis peu à peu l’idée se décante» explique une psychologue à une table. «Chacun tombe d’accord sur quelque chose par rapport à ses compétences et chacun prend sa place très naturellement.» En effet, à un quart d’heure de la fin, les tables se sont agrémentées de maquettes. On retrouve Raphaël et sa table: «C’est bon, on tient notre projet, on l’a appelé "Paris Pique up", on va aller le présenter mais qui s’y colle?»

«On a hâte de connaître les sites à cultiver»

«Moi si je tombe sur cet appel à projets quand il sera en ligne, c’est bon j’ai le projet idéal, déclare Vincent en riant: il est parfait le nôtre, mais on gagne quoi en fait? Peut-être l’opportunité d’avoir rencontré d’autres acteurs et eu l’envie de travailler ensemble?» «En effet, ce qu’on espère c’est que cela va créer un réseau et peut-être préformer des groupements qui pourraient répondre à nos appels à projets», ajoute Joachim. 

À la mi-avril seront mis en ligne les sites en compétition. Des visites seront prévues pour mieux les appréhender et les candidats auront jusqu’à fin juin début juillet pour déposer leurs offres, sur autant de sites qu’ils veulent. 

Par la suite tous les projets techniquement possibles, seront soumis à un jury international et peut-être que certains des participants de cette journée seront lauréats. «En tout cas, conclut Raphaël, c’était vraiment très riche de travailler avec des personnes qui ont des approches totalement différentes, ce projet c’est un prétexte, mais ça nous met tout de suite dans l’action et en peu de temps, avec toutes nos complémentarités, on est arrivés à créer quelque chose qui tient la route. Maintenant, on attend de connaître les sites à cultiver avec impatience!»


Dernière mise à jour le mardi 15 mars 2016
Crédit photo : Jean-Pierre Viguié / Mairie de Paris

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