Nouveaux quartiers: du côté de La Chapelle

Un quartier en pleine métamorphose

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C'est un triangle d'un peu plus de 40.000 habitants traversé par la rue Pajol. Sa pointe Sud taquine la station du métro aérien La Chapelle. Le boulevard Ney au Nord, la rue Marx Dormoy qui devient rue La Chapelle d'une part, les voies de la Gare de l'Est d'autre part ferment ses côtés.

Ancien faubourg ouvrier, quartier historiquement populaire et marqué par les friches industrielles, ce coin du 18e a entamé depuis plus de 10 ans une véritable métamorphose. Suppression de l'habitat insalubre, relogement, construction de deux résidences étudiantes rue Philippe de Girard et rue Marx Dormoy, d'un nouveau collège dans les bâtiments des messageries de la Gare de l'Est, création d'espaces verts, développement de l'énergie solaire (La centrale solaire de la Halle Pajol est la plus grande installation photovoltaïque de Paris)... En quelques années, un nouveau quartier a véritablement surgi.

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Mais La Chapelle, c'est avant tout des hommes et des femmes qui y vivent, qui y travaillent, qui y ont grandi... Le nouveau site Paris.fr a voulu leur donner la parole. Jeunes basketteuses, boulanger expert, bénévoles motivés... tous se sont appropriés ce coin de Paris ancré dans l'histoire et tourné vers le futur.  Nous sommes partis de l'esplanade Nathalie Sarraute, où se situe la Halle Pajol, le cœur de ce nouveau quartier. Une rencontre en entraînant une autre, La Chapelle se dévoile à travers une mosaïque de portraits. C'est maintenant à vous de les découvrir en faisant défiler cette page ou en naviguant au moyen du sommaire sur la gauche de l'écran.

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Ci-dessus, un projet de création sonore par les étudiants de Master Métiers des Arts et de la Culture de l’Université Paris 1 Sorbonne, Maritza Arango, Marie Charrieau, Noémie Guillemot, Clara Labrousse, Josselin Merazguia et Soliman Nessa, en mars 2015.

Basket et glisse

Les joueuses du Paris Basket 18

Club jeune et attachant, le Paris Basket 18 a pris ses quartiers d'entraînement il y a peu dans le nouveau gymnase Ostermeyer, au cœur de la ZAC Pajol. Sa particularité: former de jeunes joueuses, le temps de leur scolarité au collège, le plus souvent issues de quartiers «difficiles» du Nord-Est parisien. Et accessoirement, une fâcheuse tendance à collectionner les titres de champion de France…

A l’origine de la réussite du club, il y a la volonté de deux professeurs du collège Gérard Philippe, au Nord du 18e arrondissement. Convaincus du potentiel de la jeunesse des «quartiers», ils créent le PB 18 en 2001, prolongement direct de la section sportive du collège. Et ce afin de permettre aux élèves de jouer à un niveau fédéral, dont elles ont gravi les échelons chaque année, pour ne s’arrêter qu’une fois parvenues au sommet. Après seulement trois ans d’existence, le club décroche déjà un premier titre national, et a depuis permis à de nombreuses joueuses d’évoluer en première division féminine, et même dans des universités américaines…

Les basketteuses continuent à jouer leurs matchs au gymnase de la Goutte d'Or, tout proche, et commencent tout juste à s'approprier leur nouvel équipement ainsi que le quartier Pajol. Elles traînent un peu au parc voisin ou y déjeunent parfois entre copines… Elles sont en général recrutées juste avant leur entrée au collège, parfois même sollicitées dès le CE2. Les entraîneurs sillonnent Paris pour trouver les perles rares. Certaines n’ont ainsi parfois jamais joué au basket... Elles l’apprendront par la suite avec des entraîneurs dont la grande qualité est reconnue par les filles elles-mêmes. 

Les coachs sont exigeants, mais ça nous permet de progresser vite et d'être performantes en match

Nakim, 16 ans,
Joueuse au PB 18

L’un des rôles essentiels des entraîneurs est ainsi de canaliser l’énergie de ces ados pleines de vie, leur comportement sur et en dehors du terrain. Dans cette optique, la qualité de la formation sportive se double d’une politique d’action sociale : aide aux devoirs, ateliers de paroles avec une psychologue, mais aussi séjours et animations diverses… A cet âge sensible, le club essaie d’ouvrir les filles à d’autres horizons, et d’en faire des ados équilibrées qui en viennent presque à considérer les titres de championnes comme une routine… 

Pour les encourager à l'entraînement: 

Centre Sportif Micheline Ostermeyer (ex Pajol)
22 ter rue Pajol
75018 Paris
  • Marx Dormoy
  • 18109 - RIQUET PAJOL
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Dramane et l'espace glisse 

Dramane a 18 ans et il habite à deux pas de l’EGP, l’espace de Glisse Parisien, dans le 18e. Un lieu à part dans Paris puisqu’avec plus de 3000 m2 de glisse, cet espace est le plus grand skate-park “ indoor” (couvert) en béton de France. Depuis son ouverture, il y a 6 ans, ce lieu est devenu le terrain de jeu de Dramane. Il s’est essayé au BMX, au skate, mais c’est le roller qui est resté. Rencontre avec un amateur de glisse.

Avant l’EGP il allait souvent à l’Espace Jeunes Charles Hermite. “Il y avait des sorties à l’Aquaboulevard, au Parc Astérix, au ski, de l’accrobranche…” mais dès l’ouverture de l’espace de glisse, il a été parmi les premiers à fréquenter le lieu. Le roller, il en avait déjà fait. A l’EGP il passe au niveau supérieur de cette pratique. “Le lieu est gratuit, il a juste fallu que mes parents signent les autorisations pour que je puisse venir.” Certains de ses amis se sont lassés, lui a continué sur sa lancée. “Mais j’aime pas rouler seul. Quand il y a du monde, on se fait des défis”. Et depuis un an, des créneaux féminins ont même été créés et ça marche. “Depuis un an, il y en a de plus en plus”.

J'aime pas rouler seul

Dramane,
19 ans

Depuis sa création, des évolutions et améliorations ont été apportées. “Il y a eu les courbes du fond et puis le toit a changé”. De nouveaux espaces de glisse et plus de luminosité où petits et plus expérimentés roulent avec une équipe de moniteurs encadrants. “Les moniteurs nous montrent des trucs, mais il y a des choses que l’on doit apprendre à faire seul”. Équipés de casques, genouillères et protège poignets, ils sont nombreux à s'élancer dans des salto et autres figures. Pour Dramane, s'entraîner c’est s’amuser.

Il vient ici les lundis, mardis et jeudis. “Le week-end, on va autre part. J’aime beaucoup l’espace Jules Noël dans le 14e. C’est différent, les modules sont en bois”. S’il parle aussi du parc de Bercy, l’EGP reste le lieu où il roule le plus. Il a même pu y réaliser ses stages obligatoires de 3e et 1ère. “J’ai donné des cours d’initiation à des 6/ 14 ans.”

Il aime son quartier, tout simplement parce que c’est là que sont ses amis. Dramane boucle sa terminale en gestion administration. Et, si tout se passe bien, ce sera le BTS.

Espace de glisse parisien 18e (EGP 18)
54, boulevard Ney
75018 PARIS
  • Porte de la Chapelle
  • 18103 - CHARLES HERMITE
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Une médiathèque pas comme les autres

Alain Maenen est le directeur de la Médiathèque Vaclav Havel. Située à la halle Pajol, à côté de l'auberge de jeunesse, elle a ouvert ses portes il y a un an et demi, en octobre 2013. Nous avons fait le point avec lui sur le succès de cet équipement emblématique, mais également sur le quartier La Chapelle, cette "île" au milieu des chemins de fer.

Un nouveau concept de médiathèque

"La médiathèque Vaclav Havel est assez spéciale. Elle correspond à une certaine forme de modernité dans le réseau des bibliothèques. On y a développé le concept de "troisième lieu", c'est à dire un endroit où les gens se sentent bien, avec des espaces conviviaux, où il peuvent venir passer un moment, sans forcément emprunter des livres, et où ils puissent manger et boire à certains endroits. Ils viennent pour surfer sur internet, lire des revues ou même discuter avec leur voisine. Le volume sonore y est ainsi plus élevé que dans d'autres bibliothèques."

Le public

"C'est une médiathèque qui fonctionne, qui a trouvé son public. Les enfants se sont appropriés le lieu dès le début, notamment grâce aux espaces consacrés aux jeux-vidéos, aux bandes-dessinés. Mais les autres publics sont également concernés. Et tous les services qu'on y développe font venir toute sorte de public différent: on fait de l'aide au devoir pour les jeunes, du Port'age pour les personnes âgées qui ont du mal à se déplacer, des ateliers de conversation pour les personnes étrangères... On a également un écrivain public qui vient deux fois par semaine pour aider les personnes dans la rédaction d'actes administratifs. Parallèlement, notre action culturelle permet de proposer toutes sortes d'animations. Cela va du cours d'improvisation théâtrale au ciné-club en passant par des ateliers de végétalisation avec l'association "Les Vergers Urbains". Cette médiathèque est une véritable ruche, en perpétuelle activité."

Le quartier

"C'est un quartier très original géographiquement parlant: il est coincé entre les rails de la gare de l'est et ceux de la gare du nord d'une part, et le périphérique et le métro aérien d'autre part. C'est comme une île, avec toute une série de ponts qui renforcent cette impression. Du coup, les gens du quartier sont un peu comme des insulaires, avec un véritable esprit de village où tout le monde se connait. Et puis il y a toutes ces communautés: c'est un Paris authentique, très cosmopolite. Maintenant, le quartier est en train d'évoluer. Il y a un mélange de classe moyenne, voire supérieure, et des milieux plus défavorisés. Le mélange de population prend peu à peu et notamment ici, à la médiathèque. D'un quartier un peu périphérique, il va en tout cas devenir un quartier central et pas du tout enclavé."

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  • "Ce quartier, c'est comme une île" #LaChapelle #Paris

Témoin de l'histoire du quartier

"Nous allons mettre en place une Bibliobox qui va permettre aux gens de partager leurs témoignages sur l'histoire du quartier, de réunir les vieilles cartes postales. On veut quelque chose d'interactif qui puisse faire vivre le passé industriel de ce quartier. L'autre jour par exemple, j'ai rencontré un monsieur âgé devant la Halle. Il travaillait à la SERNAM à l'époque (la Halle Pajol était un entrepôt de cette filiale de la SNCF, ndlr). Je lui ai fait une visite complète de la Halle, et il était stupéfait. Il a notamment été très sensible au fait que l'architecte ait repris dans son projet le côté industriel de son époque, avec la forme des panneaux photovoltaïques et la charpente métallique notamment. Mais il était surtout heureux que cet espace plein de souvenirs du passé abrite désormais une médiathèque consacrée en partie aux enfants et donc à l'avenir du quartier."


Bibliothèque Václav Havel
26 esplanade Nathalie Sarraute
75018 Paris
  • Marx Dormoy
  • 18109 - RIQUET PAJOL
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"Avant, y'avait rien"

C'est la Compagnie du Son des Rues qui en a eu l'idée. Menée par Laurence Launey, l'association forme depuis 2011 des jeunes au documentaire, dans le cadre du collège Aimé Césaire, sur l'esplanade Nathalie Sarraute, ou au cours de stages d'une semaine. Leur terrain de jeu: leur quartier, évidemment.

Voici ce que Gaia, Ange, Manua, Tarek, Karlo, Amada, Amadou, Sami et Senad ont réalisé en juillet dernier,

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Un peu d'histoire en images

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Ces images proviennent de La Parisienne de Photographie, qui offre un accès libre à plus de 230 000 photos de la capitale. Un véritable trésor.

Et pour un intermède historique en musique, voici La Marie-Vison, "du côté d'la Chapelle", interprétée par Jacqueline François.

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Les ateliers "Draft"

En plus d'une bibliothèque, d'un gymnase, d'un collège, d'une auberge de jeunesse, de cafés, la Halle Pajol abrite aussi un lieu atypique: Draft. A la fois espace de co-working et atelier de fabrication, Draft attire les professionnels du quartier pour un bureau au calme et les créateurs venus de plus loin, à la recherche d'une machine de découpe laser pour quelques heures. Visite guidée avec Anne Gautier, sa cofondatrice.

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Le pain et le vin

Anis Bouabsa, le roi de la baguette de La Chapelle

Dans la vitrine, les lauriers s’affichent fièrement : "1er prix 2008, Anis Bouabsa". Rue Tristan Tzara (18e), le Grand prix de la baguette reste une référence pour les clients d’Anis Bouabsa. "Un Grand prix de la baguette, ça booste les ventes !", sourit le boulanger installé non loin de la porte de la Chapelle. En 2004, le jeune homme devenait déjà Meilleur ouvrier de France (MOF) en boulangerie, le plus jeune dans sa catégorie. Après son MOF, les propositions affluent « pour partir à l’étranger", se souvient-il. Mais le natif de Paris, qui a grandi rue d’Aubervilliers, a un rêve : "je voulais m’installer à mon compte". Après 5 années de formation en province, notamment dans les Landes, c’est dans la capitale qu’il revient finalement, et reprend la boulangerie "Le duc de la Chapelle". "Pour exprimer son talent en boulangerie, c’est sur Paris qu’il faut être", explique-t-il, alors qu’il façonne une rangée de baguettes tradition. Pour marquer son attachement à la Ville lumière, il a même fait imprimer un T-shirt aux couleurs de sa boulangerie, où un jeune "Titi" parisien porte sa baguette.

Ici, on vit dans un petit village convivial.

Anis Bouabsa,
Boulanger, au duc de la Chapelle

A 35 ans, Anis Bouabsa est désormais à la tête d’une véritable PME qui fait vivre sept employés. 600 à 700 baguettes sortent chaque jour de ses fourneaux et le succès ne se dément pas. "On ne chôme pas !", confie Anis. Et pour rien au monde il ne quitterait son port d’attache, près de la porte de la Chapelle. "Ici, on vit dans un petit village convivial", se réjouit-il. Lui se dit "toujours assoiffé de découvertes", et il aime parler de son métier, notamment aux plus jeunes : sa boulangerie accueille toute l’année des jeunes en stage ainsi que le public des crèches.

Un métier de contact

Car il sait que "la profession manque de personnel qualifié pour la pâtisserie et la boulangerie". Pourquoi ? "Le métier reste dur, et les jeunes ne sont pas toujours prêts à se lever tôt". Et le travail ne s’arrête pas à la fabrication du pain. "La boulangerie est aussi le contact avec la clientèle", précise-t-il. "J’aime que les gens s’arrêtent devant la vitrine pour nous regarder travailler. On est des artistes.

Le jeune homme a eu le déclic lors d’un stage en troisième. "J’avais la bougeotte, et je ne voulais pas rester en cours", se souvient-il. Il fait d’ailleurs face au scepticisme de ses parents qui pensent alors qu’il n’aura aucune vie personnelle en devenant boulanger.

Relation de confiance

Son quartier, il le voit évoluer. Et les habitudes de consommation aussi. "Un nouveau public arrive, note-t-il. Les clients demandent des pains aux fruits secs ou aux épices." Et même du pain sans gluten… un produit qu’il ne fabrique pas.

Mais le rôle du boulanger ne s’arrête pas au pain et aux viennoiseries. "Anis, peut-on mettre des fruits dans ta chambre froide ?", lui demande une voisine qui prépare une fête familiale. C’est une relation de proximité et de confiance qui s’est tissée entre Anis et ses voisins : "Si je peux rendre service, je le fais".

Thierry et le vin à la tireuse de En Vrac

C’est une adresse précieuse à deux pas de la Halle Pajol, une petite pépite dont on glisse le nom à ses amis les plus sûrs. Situé au 2 rue de l’Olive, En Vrac est un bar à vin au concept rarissime à Paris. On y sert en effet le vin "à la tireuse", c’est-à-dire directement de la cuve à la bouteille.

Le mode d’emploi: on apporte sa propre bouteille, ou l’on se procure sur place une bouteille consignée, on la remplit avec le vin de son choix, et on récupère le montant de sa consigne en rapportant son contenant vide. Le geste est écologique, et le consommateur s’y retrouve financièrement, d’autant que les vins proposés sont naturels, et à des prix très attractifs.

Si le concept marche ici, alors il marchera forcément ailleurs

Thierry Poincin,
Créateur de En Vrac

En 2012, il crée donc En Vrac, qui rencontre rapidement le succès auprès d’une clientèle variée. La boutique attire ainsi les nostalgiques du vin tiré à la cuve comme les consommateurs plus jeunes, curieux du concept comme de sa plus-value «verte». Mais Thierry Poincin concède que ses premiers pas n’ont pas été de tout repos: le nouvel arrivant se voit jauger, et les codes locaux de bon voisinage doivent être assimilés. Mais il s’y sent désormais pleinement intégré, et ses rapports avec les commerçants comme les habitants sont excellents. Il déplore d’ailleurs la mauvaise réputation parfois faite au quartier. Lui ne parle que de sa richesse humaine. 

Au coin de la rue

Les enfants du square Rachmaninov

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Jardin Rachmaninov
16 rue Tristan Tzara
75018 PARIS
  • Porte de la Chapelle
  • 18108 - EVANGILE
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Les gens de Cottin

"Nous avions peur qu’il y ait des dépôts de déchets. En fait, il y a très peu d’erreurs de tri": Samantha Guérin a enfilé ses gants pour remuer le bac à compost. Pour la vice-présidente de l’association les Gens de Cottin, le geste est devenu familier depuis janvier dernier. Deux bacs à compost, mais aucun jardin à l’horizon: rue Jean Cottin (18e), c’est un bout de bitume qui a été investi par cette association de quartier. Face aux numéros 14 et 16, dix mètres de verdure sont nés le long des grilles d’un immeuble, directement… sur le trottoir !

Pommiers, kiwis, tomates, courgettes…

"C’était un recoin où les dépôts d’encombrants et de rebuts de chantier se multipliaient", se souvient Florence Meyer, présidente des Gens du Cottin. Cette habitante du quartier cherche une solution «verte» pour faire disparaître ces dépôts sauvages et requalifier la rue. "J’en ai parlé à mes voisins d’immeuble et notre association a été constituée en juin 2014." Objectif: créer des jardinières de rue. Aidée par une autre association, les Vergers urbains, ils fabriquent de grandes jardinières en bois, deux composteurs, mais aussi un astucieux réservoir à eau. Chaque dimanche matin, une quinzaine d’habitants se réunissent autour du jardin hors sol. Une pergola a même été installée devant une bouche d’égout. Et les plantations se sont multipliées: deux pommiers, deux poiriers, un figuier, des kiwis, des groseilles, des fèves, des tomates, des courgettes… Seul souci: des vols de végétaux se sont produits. C’est peut-être la rançon du succès… "Les habitants s’approprient l’endroit, se réjouit Florence Meyer. Les enfants ne dégradent pas et les personnes âgées en profitent pour s’arrêter sur les bancs en bois." Des mangeoires pour les oiseaux ont aussi été installées avec des jeunes jardiniers en herbe.

Boule de neige

Gaëlle, l’une des mains vertes de l’association, apprécie ce petit coin de verdure. "C’est plus beau d’avoir un jardin que des détritus", explique-t-elle. Les 10 mètres végétalisés sont devenus le point de ralliement des Gens du Cottin, qui organisent leurs fêtes de quartiers sur le trottoir proche. L’expérience pourrait même "faire boule de neige", estime Samantha Guérin. Elle constate que des résidences proches du square Rachmaninov réfléchissent à des plantations similaires. Le boulanger Anis Bouabsa a demandé conseil à l’association pour installer une terrasse arborée devant sa boulangerie. L’expérience des Gens du Cottin se veut très participative. La sciure nécessaire au composteur est fournie par un menuisier du quartier, et les plantes sont en majorité fournies par les habitants eux-mêmes. De l'écologie circulaire en somme!

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Solidarité

Jean accompagne les migrants

Jean Nithart est bénévole au Secours Catholique depuis une dizaine d’années. Il habite le 9e, et vient chaque semaine rue d’Aubervilliers, où son équipe de quatre personnes accompagne les migrants économiques et les déboutés du droit d'asile, nombreux dans le quartier. En 2014, l'équipe du Secours Catholique du 18e a reçu plus de 300 personnes.

L'origine

"Je travaillais dans l'édition. A la retraite, j'ai voulu m'ouvrir à cette réalité que l'on côtoie tous les jours. Qu'on le veuille ou non, elle ne va pas disparaître. Alors autant faire quelque chose. Ici, on les accueille, on les écoute, on leur présente toutes les possibilités de régularisation, on les conseille, on les accompagne dans leurs démarches, à la préfecture." 

L'émotion

"J'ai 76 ans mais c'est toujours émouvant de voir l'incroyable joie du migrant que l'on a suivi lorsqu'il obtient un titre de séjour après plus de 10 ans d'attente. C'est un grand jour, un aboutissement, même si ça ne résout pas tous les problèmes de son quotidien. Souvent ce titre leur offre aussi la possibilité de faire un aller retour dans leur pays, pour revoir leurs proches, leurs enfants...  Les migrants économiques, c’est très dur. Ils ne veulent absolument pas retourner dans leur pays, c’est la honte pour eux."

Les réussites et les échecs

"Il y a toujours des personnes débrouillardes, on sait qu'ils vont finir par s'en sortir malgré ou grâce aux contradictions du système. Mais il n'y a pas que des réussites, des fins heureuses, C'est difficile de voir que des gens qui sont là depuis plusieurs années ne s'en sortent toujours pas, n'ont toujours pas compris comment le système fonctionne. le plus dur ce sont les personnes à la rue, ou celles qui se sont fait voler leurs papiers. Ils n'ont plus rien, c'est à pleurer... Mais malgré les difficultés, ils n'envisagent jamais de rentrer, ce serait l'incompréhension et le rejet ."

La colocation solidaire des Kaps

Ils sont les pionniers parisiens de la "colocation solidaire". Dans le quartier Pajol-la Chapelle, cinq étudiants participent bénévolement au projet Kaps (colocation à projet solidaire), initié par l’Afev (Association de la fondation étudiante pour la ville) et soutenu par la Ville de Paris. Rencontre avec Nicolas, 25 ans, et Antoine, 23 ans, deux "Kapseurs".

Antoine et Nicolas. Crédit : François Grunberg/Mairie de Paris

Quelles sont vos missions au sein du projet Kaps à Paris?

Antoine: On s’engage en moyenne 5 heures par semaine pendant une année scolaire. On accompagne des jeunes du quartier pour leurs devoirs et des sorties culturelles. Nous organisons aussi des événements locaux, avec deux résidences sociales, afin de renforcer les liens entre les habitants. Nous sommes tous logés sur une résidence du Crous du quartier, rue Philippe de Girard (18e).

Nicolas: On fait également du porte à porte pour mobiliser les étudiants des résidences Crous du quartier sur des travaux d’intérêt général (peinture, enduits…) chez des personnes défavorisées, par exemple des mères isolées ou des personnes âgées. Ces personnes nous sont indiquées par les bailleurs sociaux.

Que vous a apporté cette expérience?

Antoine: Je suis étudiant en master spécialisé en économie du développement. Ma participation au Kaps m’a apporté une expérience du terrain et m’a donné l’envie de m’engager davantage.

Nicolas: Je suis "Kapseur" depuis 3 ans. Cela m’a donné l’opportunité de voir comment travaille le monde associatif.

Quel est l’intérêt de la colocation?

Antoine: Cela crée des liens entre étudiants "kapseurs" qui ne se connaissaient pas avant. Le fait d’habiter tous ensemble nous permet aussi de rester dans l’énergie des projets et de nous réunir de manière informelle.

Nicolas: L’intérêt est que nous agissons sur le quartier où nous habitons. Cela évite un décalage entre les étudiants et leur quartier et limite la ghettoïsation. Être sur place donne une plus grande légitimité vis-à-vis des autres habitants. Nouer des liens entre les étudiants et le quartier permet aussi de casser les préjugés de part et d’autre.

A la prochaine rentrée, les Kaps (colocation à projet solidaire) vont mobiliser 54 étudiants (dont 50% de boursiers) dans le 13e et 18e arrondissement au sein de colocations installées dans des résidences Crous. Si vous avez envie de devenir un «Kapseur », renseignements par ici.

Résidence étudiante
21 rue Pajol / 65 rue Philippe-de-Girard
75018 Paris
  • Marx Dormoy
  • 18110 - DEPARTEMENT

Un grand merci aux Equipes de développement local et à la Mairie du 18e pour leur aide précieuse.

Un dossier préparé par Delphine Arlabosse, Sandra Berkoukèche, Olivier Bruneau, Martin Cazenave, Silvi de Almeida, Victor Dixmier, Olivier Gay, François Grunberg, Johana Sabroux

Dernière mise à jour le mardi 17 mai 2016
Crédit photo : Mairie de Paris / Marc Verhille

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