Il a laissé sa voiture au garage pendant une semaine

La Ville de Paris et la Direction régionale de l’ADEME Île-de-France, en partenariat avec l'association Wimoov, ont co-organisé un jeu-concours sous forme de défi, lancé aux automobilistes. Le principe? Être un automobiliste ou un conducteur de deux-roues motorisé régulier habitant ou travaillant à Paris, et accepter de ne pas utiliser son véhicule pendant sept jours consécutifs. Julien Martinez, Parisien de
35 ans, a accepté de relever le défi.

Responsable de programme aéronautique civil dans un grand groupe industriel basé à Massy-Palaiseau (91), Julien Martinez réside dans le sud-ouest du 15e arrondissement, non loin de la rue du Commerce.
Après une semaine sans sa voiture, il a accepté de répondre nos questions.

Paris.fr : Comment avez-vous entendu parler de ce défi? Qu’est-ce qui vous a poussé ou motivé à y participer?

Julien Martinez : Via Twitter, ma femme m'a inscrit à ce défi car elle souhaitait que j'utilise d'autres moyens de transport. J'ai accepté le défi, car je souhaitais utiliser les moyens de transport alternatifs, et voir le temps d'une semaine si le fait de ne pas avoir de voiture est jouable.

Paris.fr : Connaissiez-vous la Journée sans voiture?

J. Martinez : Oui, en tous cas je connaissais l'édition 2015 que j'avais trouvé très agréable.

Paris.fr : Comment s’est passée cette semaine sans votre véhicule? Difficultés? Points positifs? Découvertes?

J. Martinez : Sans difficultés particulières me concernant car je n'avais pas de déplacements complexes ni d'enfant à transporter. En revanche, l'utilisation d'Ubeeqo n'est pas encore au point (pas de VTC disponibles avec une courte notification, il est obligatoire de renseigner l'adresse). Et pour les trajets jusqu'à l'aéroport, il n'y a pas d'alternative propre au taxi diesel pour se déplacer avec du matériel encombrant ou un enfant: il faut proposer des modes de transport pour le transfert Paris Aéroport (puisque les Autolib' n'y sont pas admises) en véhicule type VTC ou taxi propre. Pourquoi ne pas imposer progressivement des véhicules hybrides à tous les professionnels du transport qui travaillent dans Paris? Toutefois, l'ensemble des dispositifs proposés permet toujours de trouver une solution. J'ai par exemple découvert l'Autolib', que j'ai trouvé pratique et plutôt agréable à conduire, facile à réserver. Par contre, j'ai loué une voiture pas très propre, et l'autre en mauvais état (la garniture de la porte était endommagée). Le service me paraît cher (6€/30 min pour les abonnés à l'année). J'imaginais plutôt 4€ comme un prix raisonnable. Peut-être faut-il distinguer le prix intra-urbain ou on consomme peu d'électricité et le tarif extra-urbain à partir du périphérique ou on parcourt plus de distance.

Paris.fr : Quels moyens de transport avez-vous principalement utilisés? Transports en commun? Lesquels? Vélib’? Autolib’? Autres?

J. Martinez : J'ai surtout utilisé les transports en commun (RER, métro, Transilien) ainsi que les services Vélib', Autolib', VTC et Ubeeqo.

Paris.fr : Pour quels types de trajets?

J. Martinez : Les trajets que j'ai effectués étaient de mon domicile à mon travail, et de mon domicile à l'aéroport d'Orly.

Paris.fr : Vos temps de trajet ont-ils été réduits ou allongés?

J. Martinez : Mes temps de trajets ont été soit identiques, soit légèrement allongés dans certains cas, mais cet allongement a été inférieur à 10 minutes.

Paris.fr : Durant cette semaine, avez-vous ressenti davantage ou, au contraire, moins de fatigue? Davantage ou, au contraire, moins de stress?

J. Martinez : J'ai ressenti moins de fatigue, et surtout moins de stress lié à l'utilisation de la voiture et au besoin constant d'attention nerveuse. La possibilité de lire, de travailler, de regarder même un film sur certaines portions du trajet est un vrai avantage par rapport à la voiture.

Paris.fr : Cette semaine sans voiture vous encourage-t-elle à changer durablement vos habitudes en matière de déplacements? Seriez-vous prêt à renoncer à votre véhicule au quotidien, dans votre vie de tous les jours?

J. Martinez : Oui, je serais prêt à renoncer à ma voiture pour les trajets quotidiens. Mais je suis moins affirmatif pour les trajets du week-end si les alternatives ont un prix adapté et sont faciles à utiliser. Le système Ubeeqo, par exemple, est en rodage et il ne m'a pas encore convaincu. Globalement, je trouve que les locations de voiture entre particuliers sont assez chères.

Paris.fr : Quels sont, selon vous, les enjeux majeurs qui sous-tendent les actions concrètes de la Mairie de Paris visant à réduire la place de la voiture en ville?

J. Martinez : La réduction de la place de la voiture en ville est avant tout un problème de santé publique. Je suis de plus en plus sensible à la pollution, toute ma famille est enrhumée l'hiver alors que cela n'arrive pas lorsque nous sommes à la campagne. Le simple retour dans la ville fragilise les organismes et nous rend plus vulnérables. Je ne sais pas non plus quels sont les effets à long terme. Heureusement, les espace verts permettent de s'oxygéner sans trop craindre pour sa propre santé, mais c'est à terme un véritable problème et quelque chose de même angoissant, surtout pour la santé des enfants.
C'est également un problème économique, car les déplacements professionnels sont rendus fortement compliqués par les embouteillages. Bon nombre de rendez-vous ratés, réunions retardées, opportunités manquées à cause des bouchons. Réduire la place de la voiture dans la ville et donc inciter les gens à se déplacer notamment en transports en commun réduira le trafic et par conséquent le rendra plus fluide.
Mais réduire la place de la voiture passe avant tout par une densification de l'offre de transports alternatifs. L'interdiction seule ne peut pas fonctionner. Pendant cette journée sans voiture du 25 septembre, j'ai constaté que le temps d'attente moyen pour les bus autour de chez moi était de 15 minutes. Leur fréquence est insuffisante, on ne peut pas convaincre les gens de changer leur mode de transport, si on ne propose pas d'alternatives efficaces! L'interdiction entraîne le rejet. La proposition d'alternatives permet d'adhérer à la démarche.

Paris.fr : Face à la pollution atmosphérique due aux émissions de gaz à effet de serre et aux problèmes de santé publique qu’elle soulève, comment agissez-vous au quotidien? Qu’attendez-vous des pouvoirs publics en la matière?

Au quotidien je n'agis pas vraiment, à part maintenant en prenant les transports en semaine. Je ne vois pas quels sont les autres leviers pour les particuliers.
J'attends des pouvoirs publics un investissement massif dans les infrastructures. L'État et la collectivité ont pour rôle de créer les conditions permettant à l'activité économique de prospérer tout en étant compatible avec la santé publique.
J'attends une plus grande offre de transports alternatifs (par exemple, les voitures en libre-service) et peut-être l'ouverture à la concurrence pour certains monopoles par exemple, les taxis qui attendent à l'aéroport. La conservation du monopole ou l'ouverture à de nouveaux transports doit être soumise à des contreparties, à Paris et l'Île-de-France d'imposer ses conditions pour avoir des véhicules propres. Un taxi doit être renouvelé tous les quatre ans je pense en moyenne, il n'est pas difficile d'imaginer que le parc de véhicules professionnels type taxi soit entièrement remplacé d'ici à 2022 par des véhicules hybrides ou électriques. Pourquoi ne pas imposer, comme à New York ou à Londres, un type de véhicule défini aux émissions limitées? Par exemple. un véhicule français de couleur bleue qui deviendrait aussi emblématique que les Yellow Cabs (qui par ailleurs sont en train de disparaître au profit des Uber, beaucoup plus flexibles).

Si nous pouvons proposer des taxis «verts» (électriques ou hybrides) dans les aéroports, voire dans tout Paris, je m'engage à peser auprès de ma société afin qu'elle rende obligatoire l'utilisation de ce type de transport pour les déplacements professionnels, même si le coût est d'abord plus élevé. Je suis convaincu qu'après quelques années et la participation de plusieurs entreprises dans ce choix, les véhicules «verts» deviendront la règle et à terme tous les véhicules seront propres.


Dernière mise à jour le mercredi 28 septembre 2016
Crédit photo : © Jean-Baptiste Gurliat - Mairie de Paris

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