Ça roule pour les Paris Roller Girls, championnes de France

Le premier titre parisien de champion de France n'est pas celui qu'on croit. Bien avant le sacre du PSG, le 13 mars dernier, les Paris Roller Girls All Stars ont été sacrées championnes de France de roller derby. Une victoire historique car c'est le premier titre de championne de France dans cette discipline. Elles se préparent maintenant à être la première équipe française invitée sur le territoire américain et sont attendues à Miami du 13 au 15 mai prochain à l’occasion du tournoi de Beach Brawl. Rencontre avec ces Parisiennes montées sur roulettes.

Rendez-vous est pris un mardi soir au gymnase du boulevard Macdonald où les filles de l'association sportive Paris RollerGirls s’entraînent deux à trois fois par semaine. L'ambiance est joyeuse, animée, les cheveux colorés, rasés ou sagement coiffés. Drazic Blaster (toutes les joueuses utilisent des pseudonymes) nous accompagne sur le terrain où Butch Shan, la présidente, nous attend. 

Paris RollerGirls

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La naissance d'une discipline

Né dans les années 1930, le roller derby renaît de ses cendres au début des années 2000. Déjà très répandu aux États-Unis. Il s’étend depuis une dizaine d’années en Europe et remporte un vif succès en France. Butch Shan explique avoir découvert ce sport dans l’émission Tracks d'Arte qui avait suivi une équipe à Los Angeles. «Et puis le film Bliss, qui raconte l’ascension d'une jeune texane dans le monde du roller derby est sorti, c'était le moment de s'investir et de nombreuses filles nous ont rapidement rejointes. Ça s'est vite développé à Paris, Toulouse et Bordeaux».

Les Paris RollerGirls en quelques chiffres

- Création de la ligue en février 2010
- En moyenne 8 matchs par équipe et par an, dont la moitié à l'étranger
- 400 à 700 places vendues en quelques jours pour chaque match à domicile
- L'équipe All Star des PRG, 1re équipe de France au classement européen et WFTDA
- 11 joueuses des PRG membre de la Team France lors de la première Coupe du monde de roller derby en décembre 2012 (7e au classement)
- 11 joueuses du PRG sélectionnées en Équipe de France pour la saison 2013-2014

Echauffement A/ Paris Roller Girl

Ainsi, en 2010, l’association des Paris RollerGirls est l’une des premières à voir le jour. Psycho Billie Holliday et Dixie Pixie, deux Américaines expatriées à Paris, leur apportent dès le départ leur savoir-faire de joueuses expérimentées, et Amelia Scareheart, figure du roller derby aux USA, les rejoint.  «Elles nous ont appris à patiner et à gérer l’association, il est beaucoup question de transmission dans le roller derby, on a été coaché, on le fait à notre tour.»

Le roller derby, ça se passe comment?

Sport de vitesse, endurance, contact et stratégie, il se pratique avec des «quads», des patins à roulettes. Majoritairement féminin, il oppose deux équipes de 14 joueuses pendant deux mi-temps d'une demi-heure, découpées en manches de 2 minutes appelées «jams». A chaque jam, il y a 4 bloqueuses et une attaquante appelée «jammeuse», reconnaissable à son casque étoilé. Les bloqueuses aident leur jammeuse et doivent contrer la jammeuse adverse. Ces dernières marquent un point à chaque fois qu’elles dépassent leur adversaire. 

Butch Shan précise: «Notre sport est affilié à la WFTDA (Women’s Flat Track Derby Association) au niveau mondial et à la FFRS, la Fédération française de roller sports en France». Les Paris Roller Girls (PRG) sont actuellement composées de trois équipes, les «All Stars», les «Quedalles» et les «Sans Culottes». Chacune des adhérentes est sérieusement impliquée dans la vie de l'association et sa gestion. Elles subviennent entièrement à leurs besoins avec leurs propres deniers ou la vente de marchandises et organisent leurs compétitions. «Actuellement, on a plus d'une centaine d'adhérentes, un bon noyau qui tourne bien et s'organisent en différents comités qui gèrent sponsors, médias et coaching» ajoute Butch Shan. Leur devise, «For the skaters by the skaters», soit «Fait pour les joueuses et par les joueuses» résume cet état d'esprit.

Vers une reconnaissance internationale

match A/ Paris Roller Girls

Cette année les équipes de la France entière ont organisé le premier championnat de France de roller derby qui a sacré les Paris RollerGirls All Stars. «On a enfin été reconnu comme un vrai sport par la FFRS qui nous considérait jusque-là comme une variante de la course à roller. En compétition, il faut tenir physiquement et moralement mais c'est tellement plaisant de se retrouver autour d’une passion commune, ça crée du lien et ça rapproche.» Ce titre de championne de France, arraché à l’équipe toulousaine, au terme d'un match très serré, elles en sont très fières: «on était quand même la première équipe à être créée en France.»

Prochaine étape pour Butch Shan et ses co-équipières, les États-Unis, mère patrie du roller derby. Elles vont participer au Beach Brawl, un tournoi en Floride qui, chaque année, invite quelques équipes européennes. «L'objectif est de grimper dans le classement bien sûr et puis on va pouvoir se comparer aux Américaines car elles jouent beaucoup entre elles et nous avec les équipes européennes». C'est un rêve qui se réalise pour les joueuses. Et si chacune prend en charge son voyage, les filles ont aussi monté un crowdfunding (financement participatif) afin de récolter des fonds, les Paris RollerGirls à la conquête des USA. «Encore aujourd’hui, je suis surprise de l’investissement des joueuses, non seulement financier mais personnel».

Plus qu'un sport, une philosophie

À la base le roller derby est un sport jeune et féministe, lancé par des femmes désireuses de se prendre en main. Mais de plus en plus d’hommes le pratiquent. Butch Shan explique: «À l'inverse des autres sports, les hommes acceptent de pratiquer selon des règles dictées et gérées par des femmes, leurs coachs sont souvent des filles car elles ont plus d'expérience. Ils ont d'ailleurs joué leur première coupe du monde l'année dernière.»

Casquées, harnachées de protections, les joueuses s’entraînent et sourient en exhibant leur protège-dents. «Au tout début, c’était plus folklorique, se souvient Butch Shan, les filles mettaient des bas résilles et se maquillaient. Mais la tenue n'était pas appropriée et on n'a pas toujours le temps de se maquiller!» Elle aimerait pourtant ajouter de la couleurs aux traditionnels bas noirs et maillot officiels. «Et puis nous avons moins besoin de reconnaissance de notre sport, on a des athlètes, des championnats, nous n'avons plus rien à prouver.»

Echauffement A/Paris Roller Girl

En moyenne, 40% des nouvelles deviennent adhérentes. Selon Butch Shan, «celles qui assistent juste aux entraînements ne restent pas. Il y a les compétitions, nous sortons, nous faisons la fête, nous sommes comme une famille.» Il faut aussi être ouverte d’esprit, ici toute femme est acceptée, quel que soit son âge, son orientation sexuelle, sa catégorie socio-professionnelle,.. «Nous avons beaucoup d’humour, on se charrie entre nous, y compris sur nos défauts et différences, il faut pouvoir l’accepter et s’intégrer. Chacune fait ce qu’elle veut, mais nous prenons soin les unes des autres.» 

Et en effet, les profils sont très variés, Le temps d’un entraînement ou d’un match, enseignantes, chefs d’entreprise, infirmières se transforment en "Kill Belle", "Sally Broyeur", "Dark Pistol" ou "Princess Bitch". Qu’elles soient sportives de haut niveau ou amatrices, âgées de 18 à 40 ans, elles sont réunies par la même passion. «C’est rassurant de voir des filles avec des modes de vie très différents, moi qui suit encore célibataire, cela me sécurise de voir des mères de famille qui trouvent encore le temps de se consacrer à leur passion pour le roller derby.» Chez les Paris RollerGirls, on s’assume, on se révèle, on est libre d’être qui on veut, une belle philosophie sur le terrain et dans la vie.

Dernière mise à jour le mercredi 6 avril 2016
Crédit photo : Copyright Paris Roller Girl

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