Attentats : discours d’Anne Hidalgo devant le Conseil de Paris 

Retrouvez ci-dessous le discours prononcé par Anne Hidalgo, Maire de Paris, lors du Conseil de Paris du 16 novembre, en hommage aux victimes des attentats.

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« Mes chers collègues,

Monsieur le préfet de police,

Madame la préfète représentante du préfet de région,

Monsieur le directeur de l’APHP, cher Martin Hirsch,

Monsieur le médecin chef du Samu de Paris, cher Professeur Carli,

Monsieur le commandant de la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris, général,

Monsieur le président de la protection civile, cher Hervé Bidault de L'Isle,

Monsieur le représentant du directeur de la Croix rouge,

Monsieur le maire de Saint Denis, cher Didier Paillard,

Monsieur le président du Conseil Général de la Seine Saint Denis, cher Stéphane Troussel,

Mesdames et Messieurs les parlementaires de Paris et d’Ile de France,

Monsieur le maire de Brazzaville, cher Hughes Ngouelondele, qui représente ce matin les maires du monde entier qui nous ont témoigné leur solidarité,

Mesdames et Messieurs les représentants des organisations syndicales de la ville,

Moins d'un an après les terribles attentats du mois de janvier, notre ville est à nouveau frappée en plein cœur par un terrorisme ennemi de toute humanité. Paris est de nouveau ensanglantée par le déchainement d'une violence bestiale dépourvue de la moindre trace de sentiment humain – une violence où s'exprime la haine de la vie de la détestation de la liberté.

Vendredi soir, cette haine viscérale est venue défier ce qu'elle déteste le plus : la vie cosmopolite, généreuse, insoumise et bruyante de Paris dans ses dixième et onzième arrondissements. C'est dans des quartiers où cohabitent toutes les générations, toutes les langues et toutes les cultures que les terroristes ont cherché par les armes à nous imposer le silence – à nous interdire de vivre et de vibrer, de parler et d'écouter, d'échanger et de partager.

Ce qu'ils ont voulu abattre, c'est notre liberté – et je ne parle pas ici d'une liberté abstraite, mais de l'air que nous respirons, de la langue vivante que nous parlons, du sang qui bat dans nos veines. C'est le sang de Parisiens libres et c'est le sang de la liberté que les terroristes ont fait couler pour nous signifier à quel point ils détestent ce que nous sommes.

Mes chers collègues, nous devons cette vérité à nos concitoyens décédés et blessés – et cette vérité fait d'eux nos héros : héros de notre liberté desquels nous ferons mémoire et auxquels nous ferons justice.

Au nom des Parisiens réunis et au nom de notre assemblée unie, j'adresse d'un cœur déchiré à leurs familles et à leurs proches les condoléances de notre ville. Et, dans le même esprit, je souhaite aux nombreux blessés de guérir pour vivre cette vie infiniment précieuse dont les terroristes ont voulu les priver.

Aux morts comme aux vivants, aux endeuillés comme aux blessés, à ceux qui savent qui ils ont perdu et à ceux qui sans connaître aucune victime ont l'impression d'avoir perdu une part d'eux-mêmes, je ne veux pas parler de solidarité : je veux parler de communion. Tous les Parisiens communient et communieront au deuil et à la peine qui vous ont été infligés.

Où votre cœur défaille le grand cœur de Paris le soutiendra. Où votre cœur souffre le grand cœur de Paris l'apaisera. Où votre cœur désespère le grand cœur de Paris le consolera.

Mes chers collègues, nous témoignons ce matin de cette communion et de cette union également sacrées face à ceux qui voulaient nous apeurer, nous diviser et nous dénaturer.

C'est donc encore en notre nom à tous et au nom de tous les Parisiens que je dis solennellement à la face du monde : nous n'avons pas peur. Aujourd'hui nous n'avons pas peur. Et au fond de notre cœur, nous le savons, nous serons plus fort, et nous vaincrons nos ennemis.

Ces ennemis, nous ne les craignons pas davantage que nous ne les respectons – mais nous devons craindre les sentiments qu'ils pourraient nous inspirer : le sentiment de la peur qui dénature, de la colère qui défigure et du doute qui divise.

Nous ne leur ferons pas l'honneur de la peur mais ils nous trouveront sur nos gardes. Nous le leur ferons pas l'honneur de la colère, mais ils nous trouveront implacables. Nous ne leur ferons pas l'honneur de douter, mais ils nous trouveront attachés à ce dialogue démocratique qu'ils détestent.

Nous resterons debout et nous resterons nous-mêmes, nous continuerons à assumer à la face du monde notre identité collective de Parisiens, c'est-à-dire l'identité de citoyens attachés pour eux-mêmes comme pour l'humanité entière à la liberté, à l'égalité et à la fraternité – attachés à notre singularité dans le monde autant qu'à notre ouverture sur le monde – attachés enfin à notre art de vivre passionnément en paix.

Bien-sûr nous sommes blessés et bien-sûr la blessure est profonde. Mais j'affirme que nous ferons mieux qu'y survivre : nous continuerons à vivre. A vivre en honorant nos idéaux, en souscrivant à nos valeurs et en assumant notre culture. À vivre dans la paix et dans le respect. À vivre comme nous l'entendons dans une société qui est socialement, culturellement, religieusement cosmopolite et où les idéaux savent descendre de leur piédestal pour nourrir le vivre ensemble.

Cette société, c'est la société parisienne dont nous voyons depuis trois jours la dignité, la générosité, et la détermination à rester debout et en mouvement face à ceux qui la rêvaient inertes.

Je pense au formidable mouvement de solidarité qui a répondu aux attaques vendredi soir – aux témoignages qui ont fleuri partout samedi malgré la sidération – et aux Parisiens innombrables que j'ai croisé hier dans nos rues et sur nos places. La place de la République, les grands boulevards, le parvis de Notre Dame ont vu défiler toute la journée de dimanche des Parisiens attachés à vivre par-delà la souffrance et par-delà la peur.

Je pense également aux mairies d'arrondissement, aux écoles et à tous les équipements ouverts dans les quartiers martyrs pour échanger, conseiller, et consoler.

Je veux ici saluer tous ceux qui nous protègent et qui depuis trois jours se relaient sur le front de cette guerre qui ne dit pas son nom : les policiers, les pompiers, les militaires, les soignants et tous celles et tous ceux que l'horreur n'a pas paralysés mais mobilisés.

Permettez-moi de me tourner une nouvelle fois vers les représentants de ces femmes et de ces hommes d’exception pour leur dire la gratitude de Paris : Monsieur le préfet de police, mon général, Monsieur le directeur de l’APHP, Monsieur le chef du Samu, Monsieur Messieurs les présidents de la Protection Civile et de la Croix Rouge, recevez ce matin notre immense reconnaissance et notre soutien le plus absolu.

Cette reconnaissance et ce soutien vont également au procureur de la République qui n’a pas être parmi nous ce matin mais dont l’engagement a été déterminant.

Je veux saluer également les agents de la ville qui sont autant de sentinelles dressées pour défendre et faire grandir la cohésion de la société parisienne. À celles et ceux qui nous permettent quotidiennement de vivre ensemble, je redis notre confiance dans ce moment décisif de notre Histoire.

Ils sont nombreux et infiniment respectables, les femmes et les hommes qui s'engagent depuis vendredi soir pour que la société parisienne résiste au choc qu'elle a subi.

Nous nous inclinons devant leur professionnalisme et la passion avec lesquels ils nous servent et nous les assurons à la fois de notre reconnaissance et de notre soutien également inaltérables. Avec eux, c'est l'ensemble de la société parisienne qui s'est rassemblée dans l'épreuve – et c'est sur ce rassemblement que je voudrai conclure, en formant le vœux qu'il soit plus fort que tout et qu'ils détermine, ces prochains jours et ces prochaines semaines, nos paroles et nos actes.

C'est la tête haute et le cœur serré que je reprends les mots de Jules Vallès à l'occasion de l'inauguration en 1882 de l'Hôtel de Ville où nous nous trouvons :

Je voudrais que tous les gens de cœur se fissent le mutuel serment de défendre Paris (…) sans distinction de nuance ou de drapeau, et jurassent de n'écouter, aux heures de grosses décisions à prendre, toute politique mise au rancart, que la voix de ce Paris-là, tel qu'il est, avec ses vices et ses vertus, son esprit et son cœur, ses gaietés et son enthousiasme.

Ce Paris-là est notre Paris – il souffre – mais il est debout et regarde droit devant lui – il est en vie – et il vivra.

Vive la République ! Vive la France ! Et vive Paris ! »

Anne Hidalgo

Maire de Paris

Dernière mise à jour le mardi 24 novembre 2015

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